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Les contreforts rocheux du Caucase sont boisés de ces diverses essences ; des futaies magnifiques, hautes de 40 mètres, sont garnies de Clématites, de Vignes sauvages, de Smilax et autres lianes. A leur ombre, prospèrent l'Azalée pontique, le Rhododendron caucasien, le Laurier de Colchide, la Bourgène de l'Iméritie, etc., formant un épais sous-bois et servant d'abri aux ours, aux sangliers, aux cerfs, aux chacals qui foulent inconsidérément un tapis fleuri de Cyclamens, d'Epimédiums, de Scilles et de Roses de Noël.
Des Noyers énormes et de grands Buis, appelés Palmiers du Caucase, disparaissent peu à peu, enlevés par l'industrie. Au bord des rivières, des Ptérocaryas soutiennent les rives par leur lacis de racines, et les loupes du tronc sont recherchées par l'ébénisterie.
De beaux Sapins, Abies Nordmanniana et Leioclada, élèvent leur tige gigantesque, en groupes sombres contrastant avec le front neigeux de l'Elbrouz, et se détachant, quand vient l'automne, sur le rideau empourpré des taillis de Sumacs.
En résumé, si nous examinons la composition des forêts russes, nous trouvons les Conifères en majorité.
Le Pin figure dans la proportion de 35 0/0, et le Sapin, de 25 0/0.
La part attribuée aux essences feuillues s'élève à 40 0/0, dont 10 0/0 au compte du Bouleau et 9 0/0 en faveur du Chêne.
La moitié de la production des résineux sera convertie en bois de construction ; le quart seulement des coupes d'autres espèces se trouve affecté à cet usage.
Près des deux tiers de cette surface boisée appartiennent à l'Etat ou font partie des domaines de la Couronne.
La direction en est confiée à un personnel distingué, instruit aux Ecoles de sylviculture citées pages 676 et suivantes.
Il faut dire aussi que les propriétaires forestiers, soucieux de leurs intérêts, suivent les cours des Ecoles et en appliquent les méthodes rationnelles.
D'ailleurs, l'Administration forestière, représentée dans chaque Gouvernement par un Comité technique, placé sous la présidence du Général-Gouverneur, s'occupe attentivement des propriétés particulières, en règle l'aménagement et surveille ou empêche les déboisements inutiles ou dangereux qui, jadis, ont été si funestes à l'économie rurale.
Par ses soins, des steppes à perte de vue, debroussins et d'herbages de maigre valeur, ont été transformées en boisements lucratifs.
Son exemple a suscité l'organisation de Sociétés privées à Saint- Pétersbourg, à Moscou, à Riga, ouvrant des congrès sur divers points de leur circonscription, et ne ménageant ni leurs conseils, ni leurs
démarches pour la conservation et l'ordonnancement de la propriété forestière.
Subventionnées par l'Etat, ces associations ont su inspirer la confiance des exploitants. Partout, en Russie, on a compris que la sylviculture était une des branches principales de la fortune publique.