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I. — Rôle de l'Etat

La Tunisie est placée sous le protectorat français.

Par arrêté du Résident général, en date du 19 mars 1892, une Chambre consultative d'Agriculture a été créée, à Tunis, pour représenter directement auprès du Gouvernement les intérêts agricoles de la Régence.

Composée de douze titulaires élus par tous les membres de la colonie française, la Chambre étudie les questions culturales ou fiscales qui lui sont soumises par l'Administration, ou qui lui paraissent dignes d'être examinées et discutées au profit de l'agriculture et de l'horticulture.

Elle publie les procès-verbaux de chaque session ; ces assises se renouvellent plusieurs fois dans l'année. Elle reçoit de l'Etat une subvention annuelle de i5,ooo francs.

Parmi les derniers vœux émis par la Chambre consultative, nous rappellerons :

L'enseignement agricole et horticole rendu obligatoire dans les Écoles primaires tunisiennes ;

Création d'une École coloniale agricole ;

Annexion d'un jardin d'essai aux Écoles franco-arabes;

Distribution de semences et de plants fruitiers ou forestiers aux indigènes et aux colons ;

Introduction de la culture du Sumac des corroyeurs, arbrisseau rapportant net, en Sicile, i3o francs par hectare. (En 1893, l'Italie vendait pour trois millions de francs de feuilles de Sumac à la teinturerie lyonnaise);

Subvention du Gouvernement aux Jardins d'essais de Tunis et de Sfax, qui rendent d'importants services aux régions du Sahel et du Sud;

Exonération de l'impôt, pendant vingt ans, des nouvelles plantations d'Oliviers et de Dattiers ;

Constructions de routes et de voies ferrées, de canaux ;

Réforme de l'impôt sur la vente des légumes et des fruits ;

Encouragements aux reboisements ;

Exemption de l'impôt pour les Oliviers sauvages qui seraient greffés ;

Autorisation d'exporter les Olives fraîches ;

Réforme de la dîme sur les huiles ;

Recherches et utilisation d'eaux ; barrages et irrigations.

Ces vœux, favorablement accueillis par le Résident, ont déjà, pour la plupart, obtenu satisfaction auprès du Gouvernement beylical.

La Chambre réclame également l'abolition de l'impôt de capitation medjba appliqué à tous les Musulmans tunisiens ou autres.

Par un effet de cette taxe, l'immigration des ouvriers nègres arrivant de l'Afrique centrale s'est ralentie. Pormi ces peuplades au nord du lac Tchad, les Fezzani travaillaient aux champs tunisiens, les Touati aux jardins, et leur salaire était modique.

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