‹ L'horticulture dans les cinq parties du monde;Chapitre 29 sur 331 · IV. — Jardins botaniques et d'études · texte numérisé non relu

IV. — Jardins botaniques et d'études

L'Allemagne compte seize universités complètes et quelques académies ; elles ont chacune leur jardin botanique ou d'études.

Plusieurs grandes villes possèdent un enclos consacré à l'étude scientifique des végétaux : Hambourg, Dresde, Francfort, Carlsruhe, sont de ce nombre.

Le plus grand jardin botanique, le mieux distribué, celui de Berlin, est doté d'un personnel érudit. Quoiqu'ayant un caractère moins mondain que les parcs et les squares de la ville, il n'est pas moins visité par les habitants et par les étrangers.

Breslau, Leipzig, Halle, Heidelberg ont aussi des jardins; l'organisation en est savamment entendue et suivie.

Ceux de Bonn, de Kiel, de Kœnigsberg, d'Erlangen, de Fribourg, de Marbourg, de Giessen, de Greifswald, de Neustadt méritent d'être cités; à la tête de chacun d'eux sont placés un directeurprofesseur et un inspecteur.

Tous ces jardins rendent service à la science par l'instruction donnée aux jeunes gens, et à l'horticulteur qui vient y étudier les plantes, leur nomenclature, leur végétation.

La jeunesse est d'ailleurs préparée à cet enseignement par les jardins annexés aux écoles communales ou professionnelles.

Des cultures expérimentales organisées à Proskau, à Geisenheim, et récemment à Dresde, attirent et intéressent les associations, les groupes d'étudiants et le public stationnaire ou nomade.

D'autres localités se contentent d'un modeste carré pour s'y livrer à l'étude des nouveautés horticoles. Il en est qui ajoutent à leur budget la vente des multiplications supplémentaires, par exemple Darmstadt, — ce qui leur permet d'étendre le champ de leurs essais.

Les parcs paysagers ou urbains, les promenades et les squares se sont perfectionnés dans leur caractère et leur ordonnancement. On a surtout transformé en jardins publics les anciens remparts et fossés de plusieurs villes autrefois fortifiées.

Le style qui a rendu célèbre Sckell, le prince Pùckler-Muskau, Lenné, Meyer, Niepraschk, Jager, etc., s'est sensiblement amélioré en s'inspirant des conceptions des grands ingénieurs paysagistes français et anglais, tout en conservant une tendance manifeste à exagérer la minutie des détails,

Francfort, Hambourg, Cologne, Mayence, Hanovre, Hcidelberg, Gotha, Weimar, Breslau, Dresde, Leipzig, Eisenach, etc., fournissent les preuves de la faveur que les parcs publics ont conquise en Allemagne.

Actuellement, Berlin dépense près d'un million de francs pour ses plantations arbustives, ses parterres de fleurs, ses boulevards et ses promenades, occupant une assez vaste superficie.

Les domaines des souverains confédérés et des personnages de marque sont nombreux et curieux à visiter. Les villas sur le Rhin, les jardins des villes d'eaux ont un aspect pittoresque ou fleuri et ne manquent pas d'égayer le parcours du touriste, qui explore un pays souvent monotone et habité par un peuple agricole et travailleur.

Enfin, nous pouvons citer un fait assez récent, qui prouvera tout l'intérêt porté à l'horticulture par l'aristocratie allemande et quelles peuvent être les conséquences d'une Exposition publique.

Pendant l'année 1892, à Garlsruhe, le Grand-Duché de Bade célébrait la quarantième année du règne du grand-duc Frédéric; à cette occasion, une Exposition internationale d'horticulture eut lieu. Tous les jardins étaient en liesse, entre autres le parc du château Grand-Ducal, où les Orangers sont plantés en pleine terre dans un vaste bâtiment, où la Nymphéacée Victoria regia nage en plein bassin du jardin botanique. La Souveraine, le Ministre d'État et le Président du Conseil étaient à la tête de la cérémonie. L'horticulture y a gagné : i° la session normale des « Amis des Roses» ; 20 un congrès tenu par les « Connaisseurs des Conifères » ; 3° une troisième réunion provoquée par la Société générale des horticulteurs allemands ; 4° fondation de la Société de Dendrologie, et 5° un Congrès des Rosiéristes fut projeté à Lubeck en i8o3, d'accord avec le cercle belge des Rosiéristes d'Anvers.

Rappelons la grandiose exposition internationale qui eut lieu à Hambourg en 1869, ne le cédant en rien aux splendides floralies d'Erfurt, ouvertes quatre ans plus tôt. Nous avons gardé le souvenir des arcs de triomphe dressés sur les places des deux cités ; et chaque rue, chaque maison était décorée de verdure et de fleurs ou pavoisée des couleurs nationales de tous les Etats européens qui avaient pris part à la fête !

A Hambourg, on avait très judicieusement transformé à cette occasion en parc accidenté une partie des anciens fossés de la ville ; ils ont été conservés depuis et constituent une promenade publique des plus pittoresques.

Page 1