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V. — Production de légumes

L'Allemagne a de vastes plaines fertilisées par les engrais et les boues de ville on des marais assainis consacrés à la culture potagère.

Les Choux de toute espèce, les Choux-raves, Rutabagas, Chouxfleurs et Choux verts, les Radis, les Navets, les Haricots, les Chicorées, les Betteraves, les Pois sont «n cultures extensives et alimentent les marchés et les usines aux légumes conservés, séchés ou salés. Leur étendue peut être évaluée à i5o,ooo hectares.

La Pomme de terre figure dans tous les districts sous plusieurs variétés ménagères, fourragères ou féculières. La statistique de i883 fixe l'importance de cette culture à 2,907,400 hectares, soit 5,4 % du territoire et la production {1249,000,000 de quintaux. Le rendement actuel a conservé sa moyenne de 769,14 par hectare.

L'art du primeuriste reste souvent réservé aux domaines de grands seigneurs, parce que les jardiniers marchands ne peuvent soutenir la lutte avec les primeurs naturelles de l'Algérie et de l'Italie.

Le matériel d'exploitation commence à se perfectionner. La question des engrais et des amendements se trouve mieux étudiée. Des rapports officiels sont attendus sur ce point à notre Ministère ; car il a nommé, cette année, au poste d'attaché technique agricole à Berlin un de nos jeunes Ingénieurs agronomes, qui a déjà fréquenté les laboratoires allemands, au titre de stagiaire. Espérons que ce pacifique système diplomatique appliqué à l'agriculture et à l'horticulture ne tardera pas à s'étendre et à porter ses fruits !

La sélection des espèces et variétés maraîchères a été une conséquence forcée du grand commerce de graines, qui s'est créé sur quelques points de l'Allemagne ; les centres renommés sont Erfurt, le premier à l'ancienneté, puis Quedlinbourg.

La fortune d'Erfurt a commencé avec Christian Reichardt ; le pays reconnaissant lui élevait une statue à l'occasion de l'exposition internationale de i865. D'après l'exemple du jardinier agronome, la plaine de Dreienbrunnen a été entrecoupée de canaux, et elle pouvait fournir en i865 trois millions de paquets de Cresson, 600,000 de Céleri, 5oo,ooo Choux-fleurs, 5oo,ooo Choux-raves, 100,000 Choux pommés frisés et 12,000 kilog. d'Asperges.

Il paraît que, déjà, au temps de Luther, la culture potagère était en vogue à Erfurt ; le Raifort parfumé était dirigé vers la Russie où il combattait le scorbut. Il y a deux cents ans, la graine de Chou-

fleur arrivait de Chypre, d'Angleterre ou de Hollande ; mais, pendant l'année 1862, certains établissements erfurtains vendaient à leur tour chacun 5oo kilogr. de semences de cette espèce recherchée, et la grande vitesse expédiait cent mille kilogr. de belles pommes blanches de Choux-fleurs. Erfurt compte actuellement 200 hectares de potagers, dont la moitié est consacrée à cette race recherchée.

Le Chou-fleur a gagné Zerbst ; le Chou blanc, Magdebourg et Schweinfurt ; le Chou frisé, Ulm, tandis que le Concombre et le Raifort se concentrent à Lirebbenau. — L'usine à conserves attire l'Asperge, les Pois et les Haricots autour d'elle ; le Hanovre, la Hesse, Bade, la Saxe, le territoire de Lubeck et l'Alsace en profitent. Brunswick fournit quatre millions de kilogrammes d'Asperges, dont les trois quarts aux usines ; ici l'industrie des conserves d'Asperges occupe jusqu'à i,5oo ouvrières.

Les plantes maraîchères fourmillent, pour ainsi dire, dans les champs d'épandage de Berlin ; elles s'étendent sur 7,600 hectares. Les terrains dits à légumes produisent par hectare jusqu'à 18,000 kilogr. de Choux rouges et de Choux blancs. Les eaux-vannes de Breslau, de Dantzig et de Fribourg-en-Brisgau ont pareil succès.

Par une conséquence des guerres qui, hélas ! désolent trop souvent les nations, les variétés de Pommes de terre cultivées en Silésie ont été propagées dans les pays riverains de la Prusse, comme certaines Graminées à fourrages, d'origine germanique, se sont ressemées autour de Sadowa et dans la vallée de la Loire, après 1866 et 1870. Une véritable Flore obsidionale !

Le va-et-vient des productions maraîchères en Allemagne a son importance aux douanes. En 1891, les territoires allemands ont exporté 44o,436 kilog. de légumes; 68,654 kilog. ont franchi nos frontières.

En 1892, l'exportation baisse à 211,342 kilog., et notre destination s'arrête à 4^,074 kilog.

L'importation de légumes en Allemagne a moins varié. En 189T, elle se chiffre par 517,670 kilog., dont 12,950 kilog. à notre crédit. L'année suivante, la statistique accuse 667,816 kilog. de légumes importés chez nos voisins, soit une valeur de 9,i33,75o francs; un dixième environ est de provenance française.

Un tableau de la production potagère en Allemagne, dressé par un consul général de France et transmis à notre Ministère de l'Agriculture, classe de la façon suivante les provinces qui s'adonnent à cette culture, en tenant compte de la surface territoriale et de la densité de la population.

En première ligne, le Schleswig-Holstcin, puis le Hanovre,

ALLEMAGNE 5o,

La Poméranie vient après, suivie de la Prusse orientale, de la Prusse occidentale, de la Westphalie, des provinces du Rhin.

Au troisième rang s'échelonnent la Hesse-Nassau, la Saxe, la Poméranie.

Enfin le Brandebourg, le Hohenzollern, la Silésie.

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