‹ L'horticulture dans les cinq parties du monde;Chapitre 299 sur 331 · I. — Action de l'État · texte numérisé non relu

I. — Action de l'État

Sans remonter au delà du siècle dernier, le Gouvernement de Wurtemberg a toujours encouragé l'Horticulture.

Le duc Charles de Wurtemberg, amateur passionné de pomologie, favorisait la création de pépinières et la plantation des arbres à fruits.

Sous son administration, le major Schiller, père du poète célèbre, dirigeait avec succès une École de jardinage très fréquentée, au château de La Solitude, près de Ludwigsburg.

Le roi Frédéric vint ensuite, ordonnant que toutes les routes du pays fussent bordées d'arbres fruitiers.

Un autre édit punissait le propriétaire riverain qui se refuserait à accomplir ce travail.

La loi est toujours en vigueur.

A la même époque, il était de tradition que tout citoyen qui contractait mariage devait planter deux arbres fruitiers à même sur le terrain communal. Il en jouissait jusqu'à sa mort ; les arbres appartenaient ensuite à la commune.

Dès l'année 1843, le professeur Edouard Lucas était appelé aux fonctions d'inspecteur des plantations royales de Hohenheim, où il dut renouveler les collections ; sa seconde mission, de démontrer dans les provinces les principes de l'arboriculture fruitière et de la pomologie rationnelle, modifièrent sensiblement les habitudes contractées et étendirent le champ des amateurs.

Sous cette influence et avec la direction du maître, fut organisé le service de cantonniers gardiens d'arbres, Baumwârter, dépendant de l' administration .

Il en résulte, aujourd'hui, que les municipalités ont réclamé, à leur service, des cantonniers chargés de la plantation et de l'entretien des arbres de la commune et des particuliers. Ces modestes et utiles fonctionnaires sont placés sous le contrôle du gardien arboriculteur du District, aux frais de la caisse du District.

Le Ministère de l'Agriculture décerne des prix aux vergers bien plantés, aux propriétaires des arbres les mieux soignés.

Lors du grand hiver 1879-1880, où tant de vergers ont été flagellés ou détruits, l'Etat a distribué des secours en argent aux propriétaires ou aux tenanciers les plus éprouvés, et n'a pas hésité à faire planter neuf millions d'arbres fruitiers dans tous les districts.

Le Wurtemberg est ainsi devenu « Le Verger de l'Allemagne »,

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