‹ L'horticulture dans les cinq parties du monde;Chapitre 35 sur 331 · PÉPINIÈRES · texte numérisé non relu

PÉPINIÈRES

Les pépinières allemandes se sont développées, et quelques-unes atteignent une étendue considérable ; ainsi la maison Spath, fondée en 1720, exploite à Rixdorf, près de Berlin, 160 hectares de pépinières fruitières, forestières ou d'ornement, et occupe 35o ouvriers.

Quelques établissements envoient des explorateurs aux États-Unis, au Canada, au Caucase et au Japon, pour y rechercher des espèces inédites, mais robustes au climat de l'Europe Centrale ou Septentrionale.

Les principales pépinières sont installées sur les territoires de Rixdorf, Nieder-Schœnweide, Berlin, Lubeck, Trêves, Bergedorf, Hambourg, Zœschen-Mersebourg, Weener en Ostfriesland, Kamenz et Dresde (Saxe), Celle (Hanovre), Hofheim, Ehrenfeld- Cologne, Praust-Dantzig, Gelnhaussen, Stralsund ; et non loin de la capitale : Biesenthal, Lorberg, Marienfelde, Steglitz, Tempelhof, Treptow.

Les plantations routières en arbres fruitiers ont provoqué la multiplication de variétés propres à cet usage.

Les pépinières cultivent des arbres d'ornement, des conifères, des arbrisseaux, des plants forestiers et beaucoup d'arbres à fruits de table, de pressoir, de séchage ou de distillation.

Dans les localités froides de l'Allemagne, le bouturage et le greffage de jeunes plants se pratiquent à la maison, pendant l'hiver.

La greffe des Groseilliers à grappes ou à maquereau, sur tige de Ribes aureum, est une spécialité chez quelques horticulteurs.

La culture des Rosiers s'est fixée en se localisant, et elle a atteint Un développement extraordinaire.

Les plus grands établissements de rosiéristes sont à Trêves, à Steinfurth-Nauheim, à Hambourg, à Lubeck, à Dresde, à Koestritz, à Nieder-Walluf, à Rixdorf, à Potsdam, à Schœnweide, à Berlin, à Ërfurt, à Genthin, à Unna, à Wiesbaden, à Augsbourg, etc. Les nouveautés proviennent surtout de la France, de l'Angleterre, des Etats-Unis ; quelques-unes, de l'Allemagne et du Luxembourg.

Le greffage du Rosier se fait sur tiges ou sur racines. Les plantes destinées au forçage sont hivernées en cave, dans les localités très froides; les autres sujets, d'espèce robuste, restent en pleine terre*

Tous les établissements de pépinières sont bien tenus. Il y a d'anciennes maisons qui se sont succédé de père en fils.

La culture du sol se fait en bonnes conditions ; les transports sont facilités par l'administration.

Presque tous les jardiniers font partie de la Société de prévoyance qui, moyennant une redevance mensuelle d'un mark et demi, assure aux titulaires, en cas de maladie, une indemnité journalière de 3 marks (3 fr. jo).

Le personnel fixe ou libre est moins coûteux qu'en France. Parmi les chefs de culture, les uns ont suivi les conférences publiques, d'autres sont d'anciens élèves des Écoles d'horticulture.

Beaucoup de jeunes gens voyagent d'un établissement à un autre pour mieux s'instruire. Une fois leur service militaire accompli, quelques-uns émigrent vers l'Amérique, où déjà la population allemande constitue un effectif relativement prodigieux ; un plus grand nombre d'entre eux revient au pays, après un stage chez les Anglais, les Belges ou les Français.

FLORICULTURE.

Tandis qu'autrefois chaque horticulteur cultivait une collection de toutes plantes variées, aujourd'hui, seuls, les petits jardiniers qui vendent sur les marchés conservent cette méthode hétérogène, et les établissements en renom prennent chacun leur spécialité de plantes à beau feuillage ou à fleurs, de serre ou de pleine terre ; le producteur y gagne, l'amateur aussi.

La fleur « coupée » pour bouquets et parures, figure au tableau de l'exportation de 1891 pour 2,65o quintaux évalués 760,000 francs ; mais elle arrive de l'Autriche (Trieste), de l'Italie, de la Suisse et de la France, par i6,55o quintaux évalués 3,6oo,ooo francs.

Plantes de Serre.

Dans ces dernières années, les Orchidées ont eu la préférence des amateurs. Leur culture pour la vente se fait principalement à Berlin, à Hambourg, à Breslau, à Brieg, à Erfurt, à Bonn, à Wiesbaden, etc.

Les jardins botaniques et de nombreux jardins particuliers possèdent de remarquables collections d'Orchidées.

Les Palmiers et les plantes à feuillage, de serre chaude ou de serre froide, sont, en beaucoup d'endroits, l'objet principal de la culture et de l'exportation ; tels sont : Leipzig, Dresde, Leisnig (Saxe), Altenbourg, Hambourg, Berlin, Mayence, Darmstadt, etc,

La culture des Azalées, des Camellias, des Rhododendrons et aussi des Bruyères est depuis longtemps l'apanage de Dresde, où l'on cultive au moins un million et demi d'Azalées, 800,000 Camellias, 200,000 Rhododendrons, par bouture, greffe ou marcotte.

La culture des Cyclamens est devenue d'une grande importance.

Le Dracœna, le Ficus, FAralia se fabriquent par centaines de mille.

On cultive beaucoup de plantes destinées à meubler les corbeilles et les plate-bandes du jardin : Pélargoniums, Fuchsias, Bégonias, Œillets, Cannas, Pétunias, Verveines. Les espèces dites du Cap et de la Nouvelle-Hollande et les plantes variées ou d'assortiment, sans être par collections de genres, se trouvent à Stuttgart, à Carlsruhe, à Neu-Ulm, à Munich, à Baden-Baden, à Mannheim, à Francfortsur-le-Mein, à Cassel, aussi en Saxonie, à Herrenhut, etc., et à Erfurt, qui possède la plus forte maison de production.

Les Cycas sont tenus en serre pour la vente des palmes.

Les cérémonies de famille et le champ du repos offrent un grand débouché au commerce des plantes.

Plantes de pleine terre. — Plantes d'été.

Les Reines-Marguerites, les Giroflées, les Résédas, les Pétunias, les Phlox, etc., dont la culture se fait à Erfurt et à Quedlinbourg, sont classés par espèces et par variétés sur des superficies immenses. A l'époque de la floraison, le coup d'œil est ravissant.

Les Pensées y sont aussi cultivées, de même qu'à Oschersleben, à Lùnebourg, etc.

L'exploitation du Dahlia ou Georgina se pratique en grand à Erfurt, Koestritz, Zerbst, Nordhausen, Arnstadt, Stuttgart, Berlin, Elbing, etc.

Les rhizomes de Muguet vont, par 100,000 kilog., en Angleterre et aux Etats-Unis, alimenter les forceries.

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