‹ L'horticulture dans les cinq parties du monde;Chapitre 98 sur 331 · II. — Écoles d'horticulture · texte numérisé non relu

II. — Écoles d'horticulture

Les établissements d'enseignement horticole en Belgique sont fondés et subventionnés par l'Etat, par des administrations publiques ou des Sociétés particulières.

L'Institut agricole supérieur de Gembloux et des institutions secondaires propagent les connaissances horticoles ou botaniques, mais d'une façon accessoire.

L'École d'horticulture de l'État, à Vilvorde, a été fondée en 1849, dans les pépinières de Laurent de Bavay, d'un commun accord entre le propriétaire et le Gouvernement.

Aux fonctions de Directeur se sont succédé MM. Laurent de Bavay, Xavier de Bavay, Joseph de Brichy, L. G. Gillekens et G. Bouillot.

Le programme comprend toutes les branches de l'horticulture d'utilité ou d'agrément : l'arboriculture fruitière ; la pomologie ; le maraîchage ; l'art du pépiniériste ; la floriculture ; la dendrologie ; l'architecture des jardins et des serres.

Un parc, un jardin fruitier, une pépinière, un potager simple ou irrigué avec les eaux- vannes de Bruxelles, un jardin fleuriste, des serres, etc., font partie du champ de l'enseignement. La durée des cours est de trois ans.

Les Conseils provinciaux ou communaux y entretiennent des boursiers.

A la sortie de l'École, des diplômes de capacité sont décernés aux élèves, après examen, par un jury officiel.

Plusieurs centaines d'élèves diplômés de Vilvorde occupent des situations honorables dans les diverses branches de l'horticulture. L'École d'horticulture de l'État, à Gand,a été créée en 1849 dans l'établissement Louis Van Houtte, à Gentbrugge, sous le nom d' « Institut royal d'horticulture de Gand, » avec le concours du Gouvernement. Louis Van Houtte en eut la direction.

Transportée au Jardin botanique de Gand, en 1870, l'École eut pour Directeur le botaniste Kickx. Actuellement, ces fonctions sont confiées à un érudit, M. Emile Rodigas. Parmi le personnel enseignant, MM. Frédéric Burvenich et Edouard Pynaert occupent leurs fonctions respectivement depuis 36 et 34 ans.

Le programme des études diffère quelque peu dans les deux Écoles. La nuance dominante, plus apparente que réelle, serait en faveur de l'arboriculture et de la culture maraîchère à Vilvorde, de la floriculture et de la botanique à Gand.

BELGIQUE . l83

Les deux Institutions ont un enseignement théorique et pratique aussi développé que possible sur toutes les branches de l'horticulture. Le caractère commercial du début a disparu.

Le public est admis aux conférences et aux cours publics donnés par les professeurs.

Aujourd'hui, on rencontre de nombreux élèves diplômés de Gand, parmi les professeurs, les conférenciers, les horticulteurs commerçants, les jardiniers exploitants ou chefs de culture.

La France, les Pays-Bas, l'Angleterre, l'Allemagne, l'Amérique, les colonies en possèdent de brillants sujets.

L'École d'arboriculture et d'horticulture de Tournai, fondée en 1860 sous les auspices de la Société royale d'horticulture et installée dans son jardin de l'Athénée, est devenue Institution communale ; elle a été transportée boulevard Léopold.

Des subsides lui sont alloués par l'Etat, par la ville, par la province et par la Société d'horticulture. Notre compatriote, M. Etienne Griffon, est le Directeur et l'un des professeurs de l'établissement.

Les cours d'arboriculture institués le dimanche pour les jardiniers sont des mieux suivis. La moyenne des auditeurs dépasse 200.

D'après certains rapports officiels, les leçons de culture maraîchère et de forcerie seraient basées sur l'industrie dite parisienne, et la chaire de sylviculture s'inspirerait des méthodes suivies à l'Ecole forestière de Nancy.

Les sciences naturelles et l'art des jardins sont inscrits au programme des études.

Depuis la création de l'École, près de 200 diplômes ont été décernés aux auditeurs des cours publics.

L'École professionnelle d'horticulture de Mons a été fondée en i863 par la Société d'agrément, d'horticulture et de zoologie du Waux-Hall, avec le concours de la ville de Mons. La Société du Waux-Hall mettait à la disposition de l'École les vastes jardins qu'elle avait créés l'année précédente, ainsi que les constructions qu'elle avait édifiées.

Vingt ans après, l'Ecole fut réorganisée, limitant son programme à l'arboriculture, la culture maraîchère, la floriculture, les forceries, le tracé des jardins, la botanique.

M. D. Laurent en est le Directeur.

La population laborieuse du Hainaut apprécie les bienfaits de cet enseignement du jardinage, en y faisant participer la jeunesse urbaine ou rurale.

Le Gouvernement vient d'accorder son patronage à l'École et lui alloue un subside.

l84 BELGIQUE

L'Orphelinat horticole dlxelles, créé le 3o novembre 1876, reçoit les orphelins de père et de mère, âgés de cinq à quatorze ans.

Ces enfants fréquentent l'école communale et, après avoir terminé leur première classe, ils sont occupés aux travaux du jardin et des serres à plantes ou à vignes.

Le chef de culture, élève diplômé de l'École d'horticulture de Vilvorde, leur donne des leçons théoriques et pratiques sur l'arboriculture et la maraîcherie.

Après trois années de travail, les élèves passent, avec facilité, leur examen d'arboriculture, pour se placer ensuite en maison bourgeoise ou de commerce, où ils sont appréciés.

Pendant leur séjour à l'orphelinat, ils reçoivent annuellement, d'après les services qu'ils ont rendus, à titre de gratification, des sommes variant de 25 à 7 5 francs, qui sont versées à leur profit à la Caisse d'épargne et de retraite.

La plupart de ceux qui partent, après l'âge de dix-huit ans, possèdent déjà un livret de 200 à 3oo francs et reçoivent, avec le certificat de bonne conduite, un vêtement complet.

Les élèves qui font preuve de dispositions exceptionnelles, sont placés à l'École d'horticulture de Vilvorde, aux frais des hospices d'Ixelles, avec l'intervention de la province et du Gouvernement.

Signalons, ici, l'École des réformes de Ruesselede ; les enfants abandonnés ou délinquants ont une section de jardinage qui leur ouvre la carrière.

L'École professionnelle agricole et horticole de jeunes filles, à Bouchout (province d'Anvers), est créée avec l'appui du Gouvernement, du Conseil provincial d'Anvers, de la Commission provinciale d'agriculture, et sous le patronage d'un comité de Dames.

L'enseignement est donné en langue flamande. Les cours sont gratuits ; les élèves ne paient que leur nourriture.

Agées de quinze ans à leur entrée, elles préparent elles-mêmes leurs repas et entretiennent le service de la lingerie.

M. P. Wauters, ingénieur agricole et professeur à l'École d'horticulture et d'agriculture de Vilvorde, est chargé de la direction de l'École de Bouchout.

Déjà, un établissement de ce genre, à Gysegem (Flandre Orientale), est dirigé par l'abbé Vanderschueren.

A l'École de laiterie, à Wevelghem (Flandre Occidentale), les jeunes filles ont un cours d'arboriculture, de culture maraîchère et d'apiculture, par M. Frédéric Burvenich père.

BELGIQUE l85

Page 1