C.— ÉCOLES D'HORTICULTURE
À tous égards, le Premier rang appartient à l'École nationale d'horticulture de Versailles, exclusivement administrée par l'Etat, Nous examinerons ensuite les ét
ablissements fondé par des administrations dé
s ou entretenus Partementales, lières.
Municipales ou Particu-
École nationale d’horticulture de Versailles. nationale d'horticulture de Versailles. véritable l'Horticulture, dépend du Ministère de
actuel est M. Jules Nanot, ingénieur-agronome. publiciste horticole.
Instituée par la loi du 16 décembre 1873, l'École est établie au Potager de Versailles, organisé, de 1659 à 1683, par le Jean de La Quintinye, jardinier de Louis XIV.
Le promoteur de la loi fut Pierre Joigneaux, député de Ja Côte-d'Or. Déjà, à sa session de février 1852, le Congrès de la Société des agriculteurs de F ance avait, sur notre Proposition, émis le vœu de la fondation d'une École nationale d'horticulture à l'ancien Potager du roi, à Versailles,
L'Association amicale des d'horticulture de Versailles a témoigné sa re rant le titre de Membre d'honneur Joigneaux et Charles Baltet.
Lors de sa création, l'École fut pl SaVant Auguste Har rassembler tous le londie de ]
— L'École Ecole normale de l'Agriculture. Son Directeur
célèbre
anciens élèves de l'École nationale
Connaissance, en conféde l'Association à MM. Picrre acée sous la direction habile du dy, jardinier en chef du Potager, S éléments nécessaires à la ce a science qu'elle
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1 hectare 59 ares par les arbres fruitiers dressés à l'air libre ! 35 ares 28 centiares par l'école de botanique.
Les serres de culture et de forçage, l'orangerie, le jardin d'hiver
couvrent une surface de 30 ares; une petite pépinière modèle a 31 ares. Les végétaux ligneux d'ornement de plein air, l'école d'arbres fruitiers (contre-espaliers doubles), les Rosiers, les plantes vivaces et autres avec leurs nombreuses et riches collections, les châssis, les allées, les terrasses, les bâtiments, les cours, etc.,
occupent le surplus du terrain.
Une station météorologique est établie dans le jarcin pour : qui intéressent
permettre aux élèves de faire toutes les obse
la végétation.
Bur pe L'Écose. — L'École nationale d'horticulture a pour but de former :
{ 1° Des jardiniers capables et instruits. possédant toutes les 1 connaissances théoriques et pratiques relatives à l’art horticole 1 fl 2 Des chefs de culture pour l’enseignement horticole dans les | écoles pratiques d'agriculture et dans les écoles normales :
3° Des professeurs d'horticulture et des architecies-paysagistes ;
4° Des agents instruits et capables pour les divers services
ublics où privés (services départementaux municipaux, établis- ? ,
sements horticoles, Jardins d'essai aux colonies, ete.) ; 5 Des horticulteurs, des pépiniéristes, des maraichers, etc.
L'Ecole, depuis 20 ans qu'elle est ouverte, a reçu 684 élèves appartenant à 78 départements et à 13 pays étrangers, Le nombre des élèves présents le 1° janvier 1893 était de 109.
Voici le programme de l'enseignement, tei qu'il a été prévu à la fondation de l'École :
Arboriculture fruitière de plein air ou de primeur ; Pomologie ; Arboriculture d'ornement et multiplication des végétaux ; Culture potagère de plein air ou de primeur ;
Floriculture de plein air et de serre;
Botanique ; Pépinière:
Architecturo des jardins et des serres ;
Physique et météorologie :
Chimie, minéralogie et géologie ;
Zoologie et entomologie horticoles ;
Arithmétique ; lever de plans, nivellement ; Géométrie ; Dessin linéaire de plantes et d'instruments de jardinage ;
Langue française ; langue anglaise ; Comptabilité,
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théorique et pratique, L'enseignement théor nomenclature ci-dessus, Les cours sont complétés par des exercice sur le terrain par les professeurs, L'enseignement pratique e tous les travaux de j durée,
— L'enseignement est à la fois
ique Comprend les cours désignés dans la
8 où des démonstrations
st manuel et raisonné,
Il s'applique à ardinage, quelles que soient leur
nalure et leur
Afin de rendre cet enseignement plus facile aux élèves, il a été Spécialisé ; la
celle des primeurs, ce
et plus profitable culture des arbres fruitiers, Ile des plantes de serre, la floriculture de plein air et l'arboriculture d'ornement, enfin la culture Potagère forment autant de sections dans lesquelles les élèves passent successivement, Cl par roulement, une Quinzaine de jours. Ils sont guidés dans leurs travaux journaliers Par six jardiniers Principaux, chefs de pratique, et un chef des ateliers pour le travail du bois et du fer.
A la fin de chaque quinzaine, les élèves remettent au Directeur une rédaction sur les divers travaux qu'ils ont exécutés, Indépendamment des excursions, deg conférences € réglementaires, des visites aux Principaux 6 culture Permettent de mettre sous le exemples de la Pratique horticole €
L'enseignement est encore facilité par les ressources de l'É tomprennent des albums de plantes, des collections de graines, de bois coupés, d'animaux et d'insectes utiles ct nuisibles, des outils de Jardinage, des fruits moulés, un herbier, ete,
Une bibliothèque, recevant tous les
t des cours tablissements d'horti- S Yeux des élèves Les meilleurs t arboricole,
cole qui
ouvrages importants publiés en France ct à l'étranger sur l'horticulture, est à la disposition des jeunes gens de l'École.
Ajoutons que les élèves sont initiés à l'instruction militaire par des sous-ofliciers du génie,
LAsoraroins pr RECHERCHE de récente création, d'histoire naturelle
$ HORTICOLES, — Dans ce laboratoire, les professeurs de physique, de chimie et font, sous les yeux des élèves, des de leurs cours, En outre, ilg Y Poursuivent l'étude questions scientifiques qui se rattachent à l’ar lesquelles il convient de citer :
Les propriétés physique r'scs sortes de terre et des CoMmposts utilisés dans les jardins et les serres :
La composition chimique
applications de nombreuses t horticole, parmi
set chimiques des dive
des divers organes des plantes :
4 physiologie Végétale appliquée à la Production du sol j
Les maladies des plantes et les divers traitements à appliquer pour les combattre ;
L'utilisation et la conservation des produits du jardin ;
L'emploi des engrais en horticulture ; l'essai des graines, etc,
Une autre innovation consiste dans l'installation d'un atelier de charpente et d'un atelier destiné à la forge et à l'ajustage.
Les élèves s'y rendent à tour de rôle, sous la conduite d'un chef
qui leur apprend à travailler le bois et les métaux, à faire et à ‘accommoder l'outillage, le matériel, les accessoires de culture, à sulfater les bois et les paillassons, et à étendre sur la toile ou sur les bois les enduits de goudron et de bitume.
Quelques notions de maçonnerie sont également enseignées aux élèves pour la construction des bâches.
Un local spécial est consacré à la fabrication des étiquettes.
Durée Des Érupes. — Lu durée des études est de trois ans.
Chaque année, les cours théoriques sont suspendus pendant deux mois, du 1° août au 1° octobre, Pendant cette période, des congés temporaires peuvent être accordés aux élèves qui en font la demande,
ÊXAMENS ET DIPLÔME. — Le travail et les progrès des élèves sont constatés :
1° Par des examens particuliers et par l'appréciation de tous les travaux et exercices pratiques ;
2 Par des examens généraux qui ont lieu à la fin de chaque année d'études,
Les notes ainsi obtenues servent à établir le classement des élèves à la fin de chaque année scolaire.
Ceux d'entre eux qui sont reconnus trop faibles pour passer à une division supérieure cessent de faire partie de l'École.
Les moyennes de ces trois classements annuels servent à établir le rang de chaque élève dans le classement général de sortie, et à dresser la liste des élèves reconnus aptes à obtenir le Diplôme de l'École nationale d'horticulture, qui est délivré par le Ministre de l'Agriculture.
STAGE. — Les élèves sortis parmi les premiers peuvent obtenir, si le degré de leur instruction et leurs aptitudes justifient cette faveur, un stage d’une année dans de gands établissements horticoles de la France ou de l'étranger,
Une allocation de 1,900 francs est affectée à chacun de ces stages, dont le nombre ne peut être supérieur à deux par année.
Toutefois, le stage n'est pas acquis de droit aux élèves classés les premiers ;— il est accordé, dans le cas seulement où les notes des examens de sortie démontrent qu'ils sont capables de tirer un bon
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éférence, — à ceux nscignement et le désir de Les élèves classés après les stagiaires Peuvent recevoir, s'ils ge leur bonne conduite ct leu travail : Le premier, une médaille d'or; le second, troisième, une médaille de bronze,
sont fait remarquer par
une médaille d'argent ; le
RÉGIME DE L'ÉCOLE. — Le régime de l'É
Le Directeur de l'École indique, aux f établissements d'instruction et des élèves peuvent prendre pension, certaine surveillance.
Les élèves entrent à l'É
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amilles qui le désirent, des maisons particulivres où les tout en reslant soumis à une
cole, en été, à cinq heu hiver, à six heures ; ils en sortent à neuf heure temps est consacré
‘es du matin ct, en s du soir, Tout leur aux leçons, aux études et aux travaux pratiques, à l'exception de deux repos d’une heure et demie chacun, pendant lesquels ils vont au dehors prendre leurs repas.
CoNpiTioxs D'ADMISSION, — Les candidats doivent être F ‘ançais, de vingt-six ans au plus, au 1 octobre de l'année de leur entrée à l'école,
âgés de seize ans au moins ç
La demande d'admission, rédigée sur Papier timbré, est adressée
au Ministre de l'Agriculture par l'intermédiaire du préfet du département dans lequel réside la famille du candidat, Les candidats Porteurs du certificat d'instruction d'une école pralique d'agriculture ou d'une ferme - école, possèdent le certificat d'études primaire équivalent, sont admis sans examen, Sur le vu de leurs pièces,
ainsi que ceux qui $ Où un diplome au moins
qui doivent être légalisées, le Ministre prononce, s'il y a lieu, l'admission, où l'autorisation de se présenter à l'examen d'entrée.
L'instruction est donnée gratuitement, Toutefois les é tenus de verser, au moment de 30 francs pour garantir l'É cassés où perdus par cux.
Les épreuves écrites eltor:
lèves sont leur entrée, une somme fixe de cole du payement des objets détériorés,
iles de l'examen d'entrée ont lieu à l'École devant un Jury nommé par le Ministre,
L'examen d'entrée et l'ouverture des cours sont fixés au premier lundi d'octobre,
BOURSES DE L'Érar. — Des bourses, au nombre de six, d'une valeur de r,000 francs, et pouvant être fr:
iclionnées, sont accordées chaque année,
Tous les candidats aux bourses doivent subir l'examen d'entrée à leur arrivée à l'École, Ils sont âgés de 18 ans au plus, à moins qu'ils n'aient satisfait aux obligations de la loi militaire,
Les bourses sont attribuées par le Ministre de l'Agriculture, en tenant compte à la fois de la situation de fortune, de l'ordre de classement à l'examen d'entrée et de l’âge du postulant.
Bourses DbEs DÉPARTEMENTS, VILLES, Erc, — En dehors des élèves s'entretenant à leurs frais et des boursiers de L'État, l'École d'horticulture admet également des élèves envoyés par les départements, les villes, les associations agricoles, horticoles ou autres sociétés savantes et subventionnées par ces administrations.
Depuis la création de l'École, beaucoup de départements ont entretenu des élèves à Versailles. Le nombre des bourses de l'État étant limité à six par année, les candidats dont les ressources sont insuflisantes ont tout intérêt à solliciter une subvention de leur département ; ils y sont connus des Conseillers généraux et Les compétitions
sont nécessairement moins nombreuses que pour les bourses de l'État, celles-ci n'étant données que par voie de concours.
ÉrranGers. — Les étrangers peuvent, exceptionnellement, être reçus à l'École nationale d'horticulture, aux mêmes conditions que les nationaux ; ils doivent adresser leur demande au Ministre de l'Agriculture et, de plus, présenter un certificat émanant de leur agent diplomatique en France, Ils ne sont admis toutefois qu'autant que l'effectif total de l'École n’est pas atteint par les nationaux. Ils ne peuvent concourir pour l'obtention des bourses.
ASsOGIATION. — Depuis 1882, dans un but de mutuelle et franche camaraderie, les élèves de chaque promotion se sont réunis en Association des Anciens élèves de l'École nationale d'horticulture de Versailles, sous la présidence d'honneur du Directeur de l'École, d'abord M. Hardy, ensuite M. Nanot, qui lui a succédé.
Un bulletin annuel, fort intéressant, rend compte du mouvement de l'École et des observations recueillies par les sociét üres.
Chaque année, au lendemain de la Fête nationale, les membres se réunissent dans une agape fraternelle et traitent de leurs questions d'intérieur.
Le nombre des adhérents dépasse deux cents.
Plusieurs de ces jeunes gens ont déjà gagné les distinctions honorifiques du Mérite agricole et des Palmes académiques.
CoxczusION.— En résumé, Versailles est un établissement modèle, organisé sur de solides bases, doté d'un enseignement élevé ct formant des jeunes gens instruits. Les futurs professeurs on
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praticiens qui suivent ses cours pendant trois ans ont un champ \dmirable d'études et deviennent, facilement, avec un peu de travail, d'habiles horticulteurs, ayant acquis des connaissances scientifiques sérieuses et approfondies : sur la conduite des jardins de toute sorte, sur les cultures potagères, les cultures fruitières et forcécs, sur l’arboriculture d'ornement, la floriculture, l'installation et l’entretien des pépinières et des serres, sur le dessin des pares et jardins,
Les services rendus par notre École nationale d'horticulture sont déjà considérables et hautement appréciés.
L'École des pupilles de Villepreux (Scince-et-Oisc), créée ct subventionnée par le Conseil général du département de la Seine, recucille des enfants assistés qui ont séjourné à la campagne ou qui se trouvent dotés du certificat d'études primaires, et manifestent le désir d'apprendre le jardinage,
Le jardin fruitier, le potager, les serres occupent 4 hectares,
L'enseignement est théorique et pratique.
L'École prend part à certains concours, fait des excursions utiles et n'hésite pas à soumettre son œuvre au verdict des Sociétés d'horticulture.
Le directeur, M. Guillaume, y déploie une grande activité.
École municipale et départementale d’arboriculture de ja ville de Paris. — La ville de Paris, ayant reconnu l'urgence de former de bons jardiniers pour les travaux libres ou administratifs, a créé sur les terrains de son «Jardin d'études et vignoble modèle» de l'avenue Daumesnil, à Saint-Mandé, une École municipale et départementale d’arboriculture d'alignement et d'ornement, ayant pour but, dit l'arrêté, «de donner gratuitement l'instruction théorique et pratique nécessaire aux jeunes gens qui désirent devenir jardiniers de plantations urbaines ou départementales, ainsi que des pares et jardins publics ou particuliers. »
Les candidats doivent être français et habiter Paris ou le département de la Seine; ils sont âgés de quatorze ans accomplis, et présentent les conditions d'aptitude physique aux travaux horticoles constatés par une visite médicale; le certificat d'etudes primaires est obligatoire.
La direction de l'École est confiée à M. Chargueraud, professeur d'arboriculture de la ville de Paris, déjà placé à la tête des collections arbustives de Saint-Mandé.
Le recrutement de l'École comprend les ouvriers et les garçons jardiniers occupés aux travaux de la Ville de Paris, du Muséum, :
etimême travaillant chez des particuliers,
Le verger aménagé autrefois par le professeur Alphonse Dubreuil et les collections dendrologiques sont de précieux auxiliaires de l'enseignement, confié à un professeur émérite,
Le régime de l'École est l'externat; les élèves-apprentis reçoivent gratuitement le déjeuner et le goûter, La durée des cours est fixée à trois ans.
L'enscignement théorique et pratique comprend les matitres et
les travaux ci-après :
PREMIÈRE Leçons théoriques :
Éléments de botanique et de physiologie végétale, Principes élémentaires de culture, Géométrie, Écriture, Orthographe,
DEUXIÈME Leçons théoriques :
Études des lois naturelles de la végétation, Terres, engrais, Théories des cultures spéciales, Dessins de jardins, Nivellement, Arithmétique, Géométrie,
TroisièME Leçons théoriques :
Lois générales de l'ornementation des jardins, Choix des végétaux, dispositions, groupement, Architecture des pares et jardins,
ANNÉE
Leçons pratiques :
Premiers travaux de culture, Labour, Règlement du sol, Semis, Repiquage, Reconnaissance de végétaux,
ANNÉE
Leçons pratiques :
Floriculture, Décoration de jardins, Culture potagère, Pépinières, multiplications diverses, Garnilures d'appartement,
ANNÉE
Leçons pratiques :
Arboriculture d'ornement et d'ali.
gnement, Arboriculture fruitière, Bouquets et ornementations, Serres, Lever de plans. Devis,
Un certificat d'études horticoles est délivré, après examen, à la clôture des études: 27 élèves l'ont obtenu aux examens des 3 et
4 juillet 1893, et 28 en juin 1894.
L'Etat subventionne et protège une trentaine d'Orphelinats, de Colonies, d'Asiles, Refuges, ete., où l'enseignement du jardinage prend une des premières places, (Voir page 298.) En ce moment, signalons les maisons qu s'occupent plus spécialement d'horticul.
ture.
L'Orphelinat horticole de Beaune est une école de jardinage,
dépendant de l'établissement des Hospices de Beaune, et installé dans une de ses propriétés comprenant bâtiments ct jardins. L'Administration des Hospices qui possède à sa tête, au titre de vice-président, un homme dévoué à l'horticulture, M. Jules Ricaud, affecte à l'Orphelinat les revenus de plusieurs donations, L'État lui
accorde en outre une subvention,
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