‹ L'horticulture dans les cinq parties du monde [microforme]Chapitre 240 sur 356 · PRIT · texte numérisé non relu

PRIT

Raves.

Rave rose longue saumonte, Rave rose hâtive.

SALSIFIS et SCORSONÈRE.

Salsifis noir, Tomarss.

Tomate perfection.

“— J'ouge naine hâtive, — Roi Humbert

mes

Salsitis blanc,

Tomate rouge grosse, — l'ouge grosse hâtive, — très hâtive, de pleine terre,

Cultures forcées,.

Primeurs de légumes et de fruits.

Lors de l'Exposition universelle de l'Administration supérieure, nous développions, au Trocadéro, un sujet d'actualité : l'Horricuzrure FRANÇAISE, ses progrès et ses conquêtes, depuis x 789, ettraitions ainsi la question des Primeurs : € Non seulement le jardinier a supprimé la jachère, c'est-à-dire le repos du sol, mais il a su intervertir les saisons et en atténuer les rigucurs; d'abord au moyen d’abris, principalement des abris vitrés, cloches. bâches, châssis ; puis, sous l'influence d'une chaleur factice Pl'o\oquée par des couches de fumier ou des appareils de chauffage,

; L'eau d'arrosage est distribuée plus rapidement avec le concours de E procédés mécaniques où manuels, Singulitre coïncidence ! Le

1889, répondant à l'appel de

système d'arrosage avec réservoir aérien, conduite souterraine et lance projectrice, actionné par le manège à cheval, a été imaginé, vers 1860, à la fois par Isidore Ponce, maraîcher à Clichy, et par Louis Boulat, maraicher à Troyes. A cette date, celui-ci inventait et perfectionnait le châssis à double versant, qui est déjà répandu dans toute la France où la culture sous verre a pu pénétrer et s'imposer,

« Au xvue siècle, on commence à parler de primeurs, mais seulement chez les « grands ». Déjà Jean de La Quintinye (1626-1688),

‘créateur du Potager de Versailles, ne procurait-il pas au «Roi-Soleil »,

qui l'avait anobli, des légumes venus hors saison, par ses soins, alors que Louis XIII avait dû se contenter du Melon de couche, cultivé par son jardinier Claude Mollet ?

« En 1735, le 24 décembre, Lenormand, successeur de La Quintinye, offrait à Louis XV, gourmand de Fraises, les premiers fruits d'Ananas récoltés en France ; aussitôt Gondoin, jardinier au château royal de Choisy, obtient, avec la bâche à fourneau, l’'Ananas, la Patate et le Melon. En 19764, Tassère, jardinier du duc d'Orléans, cultivait les primeurs à Bagnolet, et, quelque temps après, Noïisette père offrait, dans les premiers jours de mai, des Melons mûrs à son seigneur ct maitre, le comte de Provence, résidant au château de Brunoy.

« Les maraichers de profession entrent alors en lice. En 1756, Legrand, qui chauffait ses Rosiers sur place, avec du vitrage et des couches de gadoue, produit des Fraises en hiver et vend la première douzaine 24 livres, à un oflicier de bouche du roi, Quelques années plus tard, Fournier adopte les panneaux vitrés, dans son marais, en même temps que Debille, Ebrard et Vallette obtiennent des Concombres sous châssis. A son tour, dès 1788, Decouflé force Pois, Haricots et Carottes; en 1791, Stainville entreprend la Chicorée Frisée, et Quentin, l'Asperge blanche, en 1792 ; huit ans après, Marie y ajoute l'Asperge verte ; vers 1811, Besnard choisit le Chou-fleur, avant que Lenormand n'ait créé la race à Pied Court; la Romaine vient ensuite avec Marcès, Dulac et Chemin ; le Haricot Flageolet commence avec les fils de Quentin, en 1814, et la Carotte Courte avec Gros, en 1820.

« À partir de 1830, les surfaces vitrées s'étendent et gagnent la banlieue — même la province — à mesure que les embellissements de la capitale exproprient les jardiniers de son enceinte. Les anciennes familles de la inaraicherie parisienne prononcent avec respect les noms de Autin, François, Jaulin, Piver, Robert, Boudier, Roussel, Josseaume, Flantin, Daverne, Moreau, Noblet, Banier, Baudry, Brout, Godard, Natalis, Fondrain, Musson, Sautier, Sanguin, Cauconnier, Poisson, Dagorno, Debergue, et les noms précédemment

cités : la culture forcée leur doit de notables améliorations.

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« L'art du primeuriste, lent à se développer, retardé par la tourmente révolutionnaire et les guerres européennes, avait donc repris son essor, Un puissant auxiliaire arrivait à point, le chauffage à l'eau, découverte éminemment française, suivant le mot de François Arago. Inventé par Bonnemain qui l'utilisait, en 1777, à l'incubation artificielle, essayé en 1816, au Muséum, installé au Potager de Versailles, en 1828, par Masse y, Inspecteur des jardins de la Couronne, décrit par Poiteau, le thermosiphon ne tarde pas à se perfectionner sous la conduite de primeuristes tels que les frères Grison, Gontier, Pelvilain, Crémont, Bergman. La province a suivi le mouvement, et le jardinier, tout en augmentant sa fortune, a grandi en considération.

« Moreau et Daverne le constatent, dans leur Manuel pratique de la Culture maraïtchère à Paris, ouvrage qui obtint, en 1843, la grande médaille d'or de 1,000 francs de la Société royale et centrale d'Agriculture. Ces praticiens laborieux évaluaient à 200 francs la dépense en fumier d'un hectare de culture maraichère ordinaire, tandis que la même surface consacrée aux primeurs exigerait un matériel de 400 panneaux de châssis et 3,000 cloches, avec une dépense de 3,000 francs de fumier par an. Le thermosiphon a dû modifier encore ces chiffres.

« Du potager, la bâche chauffée à feu nu ou à l’eau, a gagné le jardin fruitier. Les Ananas et les Fraises ont vu s'installer à leurs côtés, dans la forcerie, le Pêcher, la Vigne, le Prunier, le Cerisier, le Figuier, l'Abricotier. Par ses écrits, Édouard Delaire (1810-1857) y a largement contribué. Depuis, le comte Léonce de Lambertye (1810- 1879), armé de la bêche et de la plume, à Chaltrait, s'est fait le champion de la culture forcée des légumes et des fruits.

« Le temps n’est pas éloigné où les gazettes glorifiaient le jardinier François-Alexis Jamain (1 787-1848), qui avait fourni des raisins mûrs au mois de mai, à la table royale, lors du sacre de Charles X, De nos jours, quel est le petit bourgeois qui ne puisse se payer un luxe pareil, sans trop fatiguer sa bourse ?

€ Le Nord de la France a commencé l'exploitation commerciale des fruits de primeur. Attendons-nous à voir bientôt, comme en Belgique eten Angleterre, — les lois protectrices aidant, — des palais vitrés ou de modestes vineries construites économiquement, rapporter en toute saison des chargements de Raisins. Ce ne sera pas un horsd'œuvre de dire que, jusqu'alors, le cépage qui a produit les plus sérieux résultats, récolte et revenu, est le Black Hamburg ou Frankenthal, bien qu'il prête le flanc aux ravages de l'Oïdium. Signalé, en effet, dès 1846 dans les « grapperies » anglaises, le CrYplogame fit son apparition en France denx années après, sur le

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Frankenthal des serres du château de Suresnes. Ajoutons que, répondant à l'invitation du Ministre Dumas, M. Duchartre étudie alors le mal et conclut au traitement par le soufre, recommandé par Kyle, jardinier anglais. M. Hardy en fait aussitôt l'expérience au Potager de Versailles, directement sur le cep ; Bergman, à Ferritres, répand la fleur de soufre sur les tuyaux du thermosiphon; Gontier invente le soufllet projecteur ; Rose Charmeux pratique le soufrage à sec sur les treilles de Thomery, en même temps que le fleuriste Marest, de Montrouge, l'applique au vignoble de grande culture, Ajoutons encore que depuis, en 1840, Eusèbe Gris (1799-1849) combat la chlorose des végétaux avec le sulfate de fer. Viennent ensuite Jules Ricaud, en Bourgogne (1884), et Millardet, dans le Médoc (1885), luttant contre le mildew et contre d'autres affections cryptogamiques des arbres fruitiers et des fruits, avec une combinaison de sels de cuivre.

€ Il faut reconnaître que le jardinier, qui a souvent offert une planche de salut au vigneron, avait su se défendre, lui-même, contre ses plus terribles ennemis, les intempéries, les végétaux inférieurs et les infiniment petits.

€ Aujourd'hui,la culture des primeurs, vignes, arbres fruitiers, plantes potagtres, est en pleine voie de prospérité: la chaleur concentrée des bâches, rivale du soleil de la Provence et de l'Algérie, permet de supporter la concurrence des courants chauds sous-marins qui attiédissent l'atmosphère des côtes de Bretagne et de Normandie. Le consommateur en profite. Les Halles reçoivent, tout l'hiver, des voitures ou des wagons de légumes et de fruits en vrac, en caissettes ou en paniers, vendus en gros ou en détail.

€ Le privilége des primeurs, fruits ou légumes, réservé jadis aux tables somptueuses, s'est démocratisé : il est de son temps. »

Depuis, les bâches à primeurs, même à Ananas et à Pêches ou à Cerises sur pied, se sont développées encore dans le marais du jardinier de profession, ou chez le propriétaire qui désire récolter lui-même ses primeurs, secondé par un personnel intelligent,

De nombreuses serres à vignes ont été construites dans le nord, le centre et le midi de la France. Il est à remarquer que les premiers frais d'installation des vinerics abritées, vitrées et chaufrées sont en partie couverts par une récolte anticipée de productions légumières, telles que Tomates et Fraises, en attendant que les plants de Vigne aient acquis force et âge pour fructifier ct donner profit,

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3. Ajoutons que, Duchartre étudie recommandé par l'expérience au nan, à Ferritres, siphon; Gonticr ique le soufrage que le fleuriste grande culture, 799-1849) combat liennent ensuite le Médoc (1885), cryptogamiques ison de sels do

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