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VII. — Culture fruitière

Nulle part, dans l'Ancien Monde, la culture fruitière n'est aussi importante qu'en France,

La variété des sols, la diversité des climats, la différence des situations ont permis de produire et de faire croître la grande majorité des arbres fruitiers, en dehors, bien entendu, de la Pomone intertropicale qui trouvera sa place au chapitre suivant, consacré aux COLONIES FRANÇAISES.

Si les Sociétés horticoles, les expositions, les congrès, les conférences, la presse et les ouv ‘ages spéciaux ont aidé à vulgariser les bonnes espèces de fruits, on peut dire que les grands marchés, créés en vue de la consommation ou des transactions, alimentés par les voies de transport faciles et rapides, ont suscité la création de vergers et de stations fruititres, pourvoyeuses de ces centres d'affaires, et l'installation d'établissements industriels, transformant ou conservant les fruits frais, au moyen de pressoirs, d'alambies, de séchoirs, d'étuves ou de bassines.

À de rares exceptions, confirmées par les plantes originaires de la zone méridionale, tels que le Pêcher cet la Vigne qui réclament l'abri du mur ou de la serre vitrée, dans les climats contraires, presque tous les genres fruitiers réussissent dans tous nos départements.

Nous les passerons en revue et signalerons les principaux licux de production, leur importance culturale ou commerciale,

L'indication des variétés plus profitables pourrait servir de guide au planteur.

ABRICOTIER. — L'Abricotier, préférant les situations chaudes ou abritées, qui favorisent la lignification de ses tissus et la maturation de son fruit, a établi ses quarticrs généraux : d'abord sur toute la zone méridionale, de Nice à Bordeaux, stationnant assez souvent dans les départements des Bouches-du-Rhône, de Vaucluse, du Gard, de Tarn-et-Garonne, des Pyrénées-Orientales; de là, ses premiers fruits deviennent une primeur pour le nord de la France :

Puis, dans la région lyonnaise, destiné à fournir Lyon, St-Étienne, et'autres grandes villes — même Paris:

À Clermont-Ferrand, doté d'usines qui réduisent son fruit en pâte d'Abricots ;

Dans l'Anjou et le Saumurois, d'où son produit vient alimenter Paris, la Bretagne et la Normandie. Le département de Maine-ct- Loire à des récoltes de 300,000 kilogr. d'Abricots: le prix de vente alleint 80 fr. et 100 francs les 100 kilogy,

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Enfin, à Triel et à Bennecourt, de Seine-et-Oise, où les Abricots Commun, Royal, Pêche, dominant les champs d'Asperges, de Pois et de Haricots, procurent aux cultivateurs de chaque commune un revenu qui dépasse 100,000 francs.

Variétés d'Abricots recommandées sous un climat tempéré : Asnicor Commun. Asnricor Hatif du Clos,

— de Boulbon. — Luizet.

— de Saint-Jean, — Pêche, — Desfarges, — Précoce deMontplaisir, — du Chancelier, — Royal.

La Provence a ses variétés précoces et locales : Fin rosé, Rouge hâtif, Musqué, Pointu de Roquevaire, et le Bordelais adopte l'Abricot de Hollande, à amande douce, pour la confiture,

’aris reçoit 1,200,000 kilogr, d'Abricots dans une année moyenne,

AMANDIER.— La région de l'Amandier comprend les départements du Var, des Alpes-Maritimes, de V aucluse, du Gard, de l'Aude, des Bouches-du-Rhône, des Basses-Alpes, des Hautes-Alpes, de la Drôme, de l'Isère; ce qui n'empêche pas l'Amande d'être abondamment récoltée sur les coteaux calcaires bien exposés du Languedoc, du Lyonnais, de la Vendée, du Saumurois, du Quercy, du Roussillon,

Le Sud-Est a des amanderaies de 50 hectares, rapportant une moyenne annuelle de 20,000 francs.

Le commerce d'Amandes se centralise à Aix, et représente une valeur de trois millions de francs,

La Corse exporte trente millions de kilogrammes d'Amandes.

Les variétés à coque dure sont d'un revenu plus certain.

En général, l'Amandier à coque dure produit 1,000 kilogr, à l'hectare, et l'Amandier à coque tendre, 300 kilogr.

AMANDE à coque dure, AMANDE à coque tendre,

— à Flots, — à la Dame.

— Grosse verte, — Grosse tendre, — Matheronne (demi-dure). — Princesse.

— Molière (demi-dure). — Ronde fine.

La majeure partie des Amandes à coque tendre, du commerce, sont des coques dures ou demi-dures décortiquées à la vapeur.

CerisiER, — Franc de pied, ou greffé sur Merisier ou sur Mahaleb, le Cerisier prospère partout en France.

Les cerisaies à :raude culture existent aussi bien en Picardie et en Provenc:, :::.: je Languedoc ou l'Orléanais.

La Bourgogue et le Lyonnais en sont bondés; des finages de 100,000 francs de produits n'y sont pas rares, Là, c'est la Cerise

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Anglaise; ici, c'est le Bigarreau Jaboulay qui domine. Les communes de Saint-Bris et Quennes (Yonne), de Couzon (Rhône), atteignent et dépassent ce chiffre.

Les Ardennes et la Marne chargent des trains entiers avec la Cerise Belle de Sauvigny, genre de Montmorency à courte queue, et encaissent jusqu'à 150,000 francs par village producteur,

La Provence a des vergers à demi-tige, échappant aux vents de mer; elle expédie à Paris, Bruxelles, Londres, Saint-Pétersbourg ses variétés précoces et locales.

Dans ces conditions, l'emballage abandonne le panier rectangulaire pour la caissette en bois blanc, garnie de papier dentelle et livrée, ainsi agrémentée, à raison de 15 francs le cent aux expéditeurs. La gare de Solliès-Pont charge ainsi plus de 60,000 kilogr. de Cerises en caissettes, de la variété locale dite Guigne de Bâle,

Les coteaux ou la plaine des environs de Paris ont des lignes séparatives ou intercalaires de Cerisiers en buisson ou élevés sur tige qui, ne réclamant aucun soin de culture, viennent accroître le revenu du champ de petits fruits rouges ou de légumes,

Le Guignier fournit les Cerises de première saison. Le Griottier, termine la série de maturité; son arbre résiste aux grands hivers.

Variétés recommandables :

Cerise Anglaise hâtive. BiGarREAU à Gros fruit blanc.

— Belle de Châtenay. — — rose.

— — de Choisy. — — rouge,

— Grosse Transparente. — — noir.

— Montmorency. — Jaboulay, noir,

— — courte qücue, — Marjolet, rouge.

— Reine Hortense. — Napoléon, rose,

— Nouvelle Royale. GuIGNE d'Annonay.

— Impératrice, — Beauté de l'Ohio, Griorre du Nord. — Pourpre hâtive,

— Noire. — Précoce noire.

On rencontre de bonnes Cerises localisées, telles que d'Olivet, de Belleu, qui se propagent par le greffage ou le drageonnage,

L'entrée annuelle des Cerises à Paris est fixée à 1,500,000 kilogr.

Cerises à Kirsch. — Le Guignier et le Merisier, par leurs variétés Rouge des Vosges, Noire des Vosges, Marsotte, Bichat,etc , ainsi queles ccrisaies à Kirsch, constituent une branche fructueuse de l'agronomie française dans les départements des Vosges, du Doubs, de la Haute- Saône, du Jura, de la Meuse et de la Haute-Savoie,

l'altitude des plantations, faites par massifs ou en lignes, varie de 400 à 700 mètres dans les vallées on sur le flane des collines,

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Un arbre, âgé de vingt à trente ans, peut produire de 30 à Gokilogr, de fruits estimés de 00 à 40 francs les 100 kilogr,, suivant la rareté ou l'abondance,

À Bains, un verger de 27 arcs, âgé de quarante ans, complanté de vingt-quatre Cerisiers, a produit, en 189r, pour 800 francs de Kirsch,

Quand le cultivateur ne distille pas, il vend le fruit « égrené » ou « à la queue » aux usines.

À elle seule, la Franche.Comté produit 12,000 hectolitres de Kirsch. Or, ii faut dix-sept livres et demie, suivant la formule, pour obtenir un litre de Kirsch,

CHATAIGNIER. — Le Châtaignier est l'arbre du centre montagneux de la France. Il couronne les plateaux ou boise les hautes vallées et les flancs granitiques de l'Auvergne, du Limousin, du Dauphiné, du Forez, du Vivarais, du Quercy, du Roussillon, de la Savoie, de la Corse, sur les Montagnes des Maures de la Basse-Provence et sur les collines du Bas-Bugey, du Languedoc, de la Guyenne, du Périgord, du Berry, du Poitou, de la Bretagne, de la Vendée, du Morvan.

La Corrèze et la Dordogne sont les départements où les châtaigne. raies occupent les plus grandes surfaces, La Dordogne exporte 570,000 quintaux de Châtaignes.

Pour les plus fortes récoltes de 1892, on enregistre :

1° La Dordogne une production de 2,465,000 quintaux, représentant une valeur de 22,80r,250 francs, le quintal estimé à 9 fr. 25,

2 La Haute-Vienne, 339,000 quintaux à 7 fr. 38 le quintal,

: La Corse, 315,000 quintaux à 8 fr. 19 le quintal.

4° L’Ardèche, 310,412 quintaux à 14 francs le quintal.

Ici, ce sont les Marrons dits de Lyon et ceux de Vesseaux, destinés à l'industrie du Marron glacé, — comme la Groussaude, de la Corrèze, — qui augmentent la valeur marchande de la denrée,

Le marché de Saint-Fortunat, de l'Ardèche, vend pour 100,000 fr, de Châtaignes.

Nous n'avons pas besoin de dire que l'arbre ne réclame ni taille, ni culture, ni engrais; les espèces ou variétés, assez dilliciles à déterminer, sont reproduites par le greffage du plant, en fente, en couronne ou en flûte.

Les principales sortes adoptées en France sont :

CHATAIGNE Commune, Marron d'Agen.

— Grosse rouge, — d'Aubray. — Nouzillarde, —— de Luc.

— Verte du Limousin, — de Lyon.

Printanitre, de Lusignan,

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Parmi les variétés « de Paÿs », on recommande Bourrue, Exalade, de la Dordogne; Hâtive de mai, de la Corrèze : V crdalo, Soboiyo, du Cantal ; Boucharde, Clafarde, du Rhône ; Tejo, de la C »se.

COGNASSIER.— Le Cognassier, petit arbre de deuxième ou troisième ordre, a cependant ses exploitants dans l'Ouest, le Centre et le Sud do la France,

Le Cognassier de Portugal, greffé, a les Sympathies du planteur : son fruit y atteint le chiflre de 20 à 30 fr., même 4o francs les 30 kilog,

Le Cognassier d'Angers ot le type Commun, qui se propagent par le bouturage, rapportent, dans l'Orléanais, jusqu'à 450 litres de Coings par sujet,

Les préparations ménagères, l'industrie des confitures ou des

sirops et la pharmacie absorbent toute la production, Variétés recommandées :

CoNG Commun.

— (Champion,

CoiNG d'Angers.

— de Portugal,

CORNOUILLER.— Arbre de la région de l'Est, planté à proximité de l'habitation, approvisionnant le ménage de petits fruits acidulés et afraichissants, vers la fin de l'été; son habitat est restreint.

Los variétés sont à fruit roug ou moins hâtif ou tardif.

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liauier. — Le climat de Paris a cependant procuré au Figuier une station féconde à Argenteuil et à la Frette, Une cinquantaine d'hectares y produisent environ 400,000 fruits des variétés Blanquette, Dauphine et Violette apportés, avec soin, aux Halles de Paris.

Et les courants chauds sous-marins lui entretiennent une verte vicillesse sur les plages bretonne: où normandes,

Mais son véritable lieu d'adoption, c'est la Provence, ct toute la zone qui s'étend depuis les Alpes-Maritimes jusqu'à la Gironde. Le fruit frais constitue une nourriture agréable et un objet de commerce. Toutefois, le trafic s'exerce plutôt avec la Figue sèche, À 25 ans, l'hectare peut produire 800 francs nets, frais et déchets déduits, de ligues séchées et préparées pour la vente.

Au cap Corse, la Figue fait la base de la nourriture des habitants.

La nomenclature des Figues est diflicile à pénétrer, En général, on peut recommander les variétés suivantes :

Faure à Fruit blanc. FiGue Buissonne (bifère), — à Fruit violet, — Célestine — fe eu — Blanquette, — Dauphine — ji — Bellone. — d'Or —

— Bourjassotte, — de Versailles —

FRAMBOISIER. — Arbuste drageonnant, préférant l'air libre ou le demi-ombrage, le Framboisier pullule autour de Paris, côtoyant les carreaux de légumes ou de Fraisiers, et les lignes de Groseilliers.

La capitale absorbe cinq millions de kilogrammes de Framboises: or, par sa nature, ce fruit ne saurait faire de longs trajets.

En Lorraine et en Bourgogne, la Framboise seconde le Cassis dens la préparation des liqueurs de table, et donne, à la pressée, un jus rouge recherché à New-York et à Bordeaux, par certains négociants,

Le territoire de Dijon et des communes voisines : Daix, Fontaine, Plombières-les-Dijon, Talant, est inscrit pour 500,000 francs au tableau de production de la Framboise.

Le chiffre de 4o francs par are n’est pes exagéré.

Près de Lille, à Lomme, Lambersaert, Lompret, le cours de Ja Framboise rouge s'est tenu, en 1892, à 70 et 95 francs les 100 kilogr.

Le Framboisier remontant bifère ou des Quatre-Saisons est une ressource pour les desserts d'automne.

Voici quelques bonnes sortes :

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