‹ L'hôtel de ClunyChapitre 14 sur 84 · Pièces justificatives, n° VIII · texte numérisé non relu

Pièces justificatives, n° VIII

En 1447, nous retrouvons confirmation de la vente faite en 1440, et relatée plus haut, de l’Æscu de Bretaigne. L'acte de 1447 contient, en effet, à son égard, cette désignation caractéristique : « qui fut à l'Abbé de Clugny. » Mais la Ville n’ayant sans doute pas trouvé d’acquéreur, il était « demouré par criée à la dicte Ville » qui le loua à Simon Chasteau' pour le prix de 4 livres parisis.

L’Abbé de Cluny possédait en 1456 un hôtel nommé Palais des Termes? et contigu aux derrières des propriétés de Guillaume Potier désignées par l'enseigne du Berceau et par l'enseigne de la Marguerite. Ces dèux dernières étaient limitées d’un autre côté par l'enseigne de la Pomme. Ainsi les Abbés de Cluny, qui avaient dü se défaire de leur maison à l'enseigne de la Marguerite et de celle à l'Ecu de Bretaigne, n'avaient aliéné qu'une partie de leur propriété. Ils possédaient la résidence connue sous ce nom de palais des Thermes, probablement le même que celui dont il est question dès 1378 comme domicile des Clunisiens. Les actes de 1456 l'établissent*. Nous voyons encore qu’en 1456“ et 1457° « Jehan Varrognier, laboureur », occupe dans la rue de la Harpe « où soulait pendre l'enseigne de lescu de Bretaigne » un logis « estans sous la partie de l’hostel de Clugny et sur laquelle partie a ung jardin par haut ».

Le Oo d À la même époque, Guillaume Potier, « à présent Adam Chennevote tavernier, » occupait l’autre hôtel de Cluny, à l'enseigne de la Marguerite’, qui était contigu à la maison de l'abbé nommée Palays des Termes.

Le 2 novembre 1455 mourut Ode II de la Périère. Jean II de Bourbon, qui lui succéda l’année suivante, resta jusqu’en 1480 à la tête de l'Abbaye. Les auteurs, qui ne commencent qu'ici l'histoire de l'Hôtel de Cluny,

désignent ce personnage comme en ayant jeté les fondations. Une phrase

Pièces justificatives, n° IX.

èces justificatives, n° X.

justificatives , n° X.

justificatives, n° XI].

Justificatives, n° XI.

Pièces justificatives, n° X.

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== D — très douteuse a servi de base à leur conjecture. La Gallia Christiana dit, en effet, « qu'il fit construire l’Lospitium ou habitation de Cluny à Paris, près les Thermes'.» Les auteurs des monographies, ayant laissé de côté cette histoire des hôtels de Cluny primitifs, ont tout naturellement pensé que la construction dont il est fait mention dans l'acte se rapporte à l’hôtel actuel. Ils n’ont point songé que la mention de la Gallia Christiana pouvait se rapporter à l’une des habitations antérieurement établies sur ce même emplacement. D'ailleurs, la leçon ne leur paraissant pas certaine, ils ont glissé sur ce point, d'autant que l'Hôtel n’est point mentionné par la chronique de Cluny parmi les travaux dont elle reporte le mérite à cet abbé. De plus, Pierre de Saint-Julien et Claude Malingre disent formellement que cette demeure fut construite par Jacques d'Amboise. Enfin ses sculptures ne contiennent que des allégories au nom de Jacques. L'une d'elles, le chapiteau de la salle basse de la chapelle, est ornée du K couronné de Charles VIIT. Son règne ayant duré de 1483 à 1408, cette sculpture, en fixant la date de sa construction, l’attribue à l’abbé élu en 1485, c’està-dire à Jacques d'Amboise.

En outre, M. Albert Lenoir nous a raconté que

la tradition rapporte qu'une statue de saint Jacques

se trouvait dans la niche qui couronne le dessus de

Pig. 13. — Chapiteau de la salle basse sous la Chapelle.

te or. >ecalier e elle Le Ke quan vr Là Porte du grand escalier en tourelle. fixe la date de la construction.

Il nous semble donc probable que la phrase de la Gallia Christiana se rapporte à des remaniements opérés par Jean IL, à l'exemple de ses prédécesseurs, sur l’un de ces Hôtels de Cluny primitifs. Rien n'établit qu'il ait travaillé à la construction actuelle, tout au plus

aurait-il contribué à ses premiers fondements ; encore est-ce fort incertain.

1. Tome IV, page 1158 et 1159. Voir Pièces justificatives, n° XI.

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L'honneur parait donc en revenir à son successeur. Nous sommes amenés de la sorte à considérer Jacques d’Amboise comme le véritable fondateur du monument que nous décrivons ici : hâtons-nous de proclamer qu'il le fit élever dans des conditions qui ajoutent à la gloire de sa famille. Les charmes de cette résidence ont contribué pour beaucoup à en faire le théâtre des évènements si intéressants dont le spectacle va se dérouler

devant nous.

Fig. 14. — Puits dans la cour d'entrée de l'Hôtel de Cluny.

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