‹ L'hôtel de ClunyChapitre 15 sur 84 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

E lecteur a vu par suite de quelles circonstances les Abbés de Cluny furent amenés à rechercher l’emplacement actuel pour y construire leur habitation et comment ce terrain tomba entre leurs mains. À quel moment fut élevée la construction que nous admirons aujourd'hui et quelles furent ses vicissitudes jusqu’à

* ce Jour ?

Et d’abord quelle fut la part de Jean de Bourbon, 42° Abbé de Cluny, de

1456 à 1480, dans l'édification de l'hôtel actuel? Nous avons déjà répondu

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à ces questions dans le précédent chapitre. En tous cas, même en admettant que Jean de Bourbon en ait jeté les premiers fondements, l’honneur de l'avoir élevé revient à son successeur, Jacques d’Amboise.

Il convient de donner à présent sur la fondation des détails plus complets que nous ne l’avons fait plus haut.

Pierre de Sainct Julien l’attribue à Jacques d'Amboise, qui fut Abbé de l'Ordre, de 1485 à 1510. Mais nous possédons à cet égard un document précieux que nous avons signalé dans le précédent chapitre : c’est le chapiteau de la salle basse située sous la chapelle; il est orné du K couronné du roi Charles VII, qui régna de 1483 à 1498. Il est donc probable que cette demeure fut édifiée à partir de 1485, et certain que la partie inférieure de la chapelle, tout au moins, fut élevée sous Charles VIII, c’est-à-dire avant 1498.

Le témoignage de Pierre de Sainct Julien n’est que le troisième en date des documents que nous ayons sur cette construction, mais il est le premier qui nous fournisse à son égard des indications détaillées. Nous jugeons donc très utile de reproduire le passage qu'il lui consacre dans son livre paru en 1588, sous le titre de Melanges paradoxalles. Voici ce fragment* :

« Il n’y avait faute d'hommes qui eussent mieux aimé estre Abbé de » Cluny que Roy d'Écosse. A ce propos, j'ay apprins de bonne part que » frère Jaques ou dom Jaques d’Amboise, Evesque de Clermont et Abbé » de Cluny, par un compte de trois années, receut de son Receveur (car de » fermier, cesier, ou admodiateur, il n’estait aucune nouvelle entre les » d’Eglise : et ceste corruption est certaine appendice de la nomination que » nos Roys ont voulu avoir aux bénéfices électifs) cinquante mille angelots » des dépouilles d'Angleterre lesquels il employa à la réparation du Collège » de Cluny, situé entre les Jacobins et la Porte St Michel à Paris : à

» l'édification et bastiment de fond en cime, de la superbe et magnifique

1. Arts au Moyen-Age, t. 1, p. 145. 2. Pierre de Saint-Jullien, dans ses Melanges paradoxalles parues à Lyon en 1588, consacre un

chapitre à établir « que présentement en France les abbez commanditaires doivent etre équiparez » aux abbez titulaires, etc. », page 98.

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