RÉPARATIONS ET LOUAGES DE L'HÔTEL AU XVI‘ SIÈCLE
M. A. Bruel, chargé de publier pour l'Etat le Recueil des Chartes de l'Abbaye de Cluny, a bien voulu nous adresser la communication suivante :
« Voici ce que je trouve dans un /nventaire général des Titres de l'abbaye de Cluny, rédigé en 1682 par Claude Locquet, secrétaire de la Chambre abbatiale :
« Hostel de Cluny à Paris.
« Visite des réparations de l’Hostel de Cluny, rue des Mathurins, à Paris, du 22 may 1590. Signé de Verdun.
« Louage dud. Hostel de Cluny à M. Jean Leguier, lieutenant civil, par le sieur Des Roziers, agissant pour le sieur abbé de Cluny, moyennant 300 escus d’or par an. Du 12 avril 1594. Signé de Saint-Vaust.
« Ratification de Claude de Guise, abbé de Cluny, du susd. louage, du 6 décembre 1594.
« Quittance pour réparations faites à l'Hostel de Cluny en 1594-95 et 96.
« Congé de l’Hostel de Cluny donné par la veuve du sieur lieutenant civil. »
Que sont devenues ces pièces ? Je l’ignore, et c’est tout ce que renferme l’Inventaire de 1682 sur l'Hôtel des Abbés de Cluny à Paris.
Nous avons dit que les amateurs de cette époque employaient souvent les artistes aux divers bâtiments qu’ils faisaient élever. Le cardinal d’Amboise a donc peut-être employé dans la construction de l'Hôtel de Cluny quelqu'un des artistes qui élevèrent pour son frère le château de Gaillon. C’est à ce titre que nous les donnons ici. En tous les cas,
nous sommes heureux d’avoir occasion de vulgariser des noms trop peu connus !.
Architectes (maïtres-macons) ayant travaillé à Gaillon pour le chäteau.
Guillaume Senault. Jehan Gifart.
François Senault. Raulin Boudin.
Jehan Fouquet. Jehan Guignant.
Jehan Moulin. Jehan Decaux.
Michellet Loir. Pierre Fain.
Toussaint Delorme. Pierre Delorme.
Jehan Gaudars. Bertrand de Meynal.
Mathieu Litée. Geraulme Pacherot.
Guillaume Mainville. Colin Byard.
Martin Arrault. Pierre Valence.
Henry Neauldet. Roulland Leroux.
1. D’après Deville, Comptes de Gaillon (Documents inédits sur l'Histoire de France).
{ll | | | | | | D LU Ut a | | | Peintres. : | Jehan Barbe. Jehan Dyacre.
Pierre Loys. Jacques Leguerleux. JL Robert Morin. Henry Lequié. | | Richard du Hay. Henry Aciez.
Voir suite, p. CXXVIII. | | | Charpentiers du château de Gaillon. ?
b Jehan Vallés. Denis Fremievre. | Gieffroy Thibault. Henry Vidié. nur Guyot Morisse. Richard Eudes. || Louis de la Haye. Richard Jouy. | Guillebert le Cousturier. * Jehan Dumouchel.
Jehan de la Haye. Martin Desperroiz.
Raulin de la Haye. Jehan Avisse. (ll Imagiers.
| Hance ou Jean de Bony. Denis le Rebours.
Guillaume de Bourges. Michault Conlombe. | Michelet Descombert. Anthoine Just, occupé en 1508 et 1509 || LL LR Pierre le Masurier. au château. | Conlombe, l’auteur du tombeau de François Il, à Nantes, sur lequel il signa Michel | Columb. | qu Fondeurs. Plombiers. | j LS Jacques Billon. Nicolas Dupuis. | Jehan Helot. Pierre Houel. | Benoist Huart. Robert Devaux. | à Serruriers. Maréchaux. | | ; | nl | Jehan Piesseval. Bertrand. IL | Pierre Lejeune. Guillaume Hervieu. | | Gilles Dumesnil. | Michel Leserf.
Orbatteurs. | il) Jehan de Bartreville. Guillaume de Ronnesalles. | Il Nicolas Delaplanche. Nicolas Leseigneur. | | | Nicolas Dubense. Nicolas de Ronnesalles. dl | Robert Dumonchel. Guillaume de Lamare. {I Geoffroy Louvet. |l 11 fl | {fl | (|| nul (fl
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L'un ou l’autre d’entre ces artistes a pu être employé par le cardinal à son Hôtel de Cluny. Ils furent parfois appelés à d’autres travaux du cardinal.
Ainsi, vers 1506, le maître des œuvres de Gaillon, Guillaume Senault, de Rouen, fut mandé à Bourges pour donner son opinion sur la tour neuve de l’église Saint-Etienne.
Pierre de Lorme vint huit jours à Paris pour y faire des achats (p. 354).
XVIIT
\ PROPOS DU MARIAGE À L'HÔTEL DE CLUNY DE JACQUES AVEC MAGDALENE. (ANNALES D’AQUITAINE , reuiLcer CCXVIII.)
« Ladicte année mil cinq cent trente-six, le Roy d’Escosse nommé Jacques espousa madame Magdalene de France, aisnée fille du Roy. Ce roy d’Escosse estoit un prince jeune, beau, de moyenne stature, et bien formé et accomply de choses appartenantes à ung Roy. Les nopces furent à Paris, en grand triumphe et magnificence. »
Recueil des Gazeites Nouvelles. Relations extraordinaires et autres récits des choses avenues toute l’année 1634. Dédié au Roy par Théophaste Renaudot, conseiller et médecin de Sa Majesté, maistre et intendant des Bureaux d’Adresses de France. Du Bureau d'Adresses, au Grand-Coq, rue de la Calandre, près le Palais, à Paris. (In-4°, Bibliothèque
Nationale.)
On lit p. 540, dans le n° 133 de la Gazette, en date du 2 décembre 1634 : « Le 26, le seigneur Mazarin, vice-légat d'Avignon et nonce extraordinaire de Sa Sainteté en cette cour, estant, il y a 15 jours, arrivé en cette ville incognito, fut rencontré au couvent des religieux pénitens du tiers-ordre de Saint-François, au village de Piquepuce, par le comte d'Alaiz et le sieur de Bautru, de la part de Sa Majesté, où se rendirent aussi le Nonce ordinaire et presque tous les prélats qui estoient ici. Il fit son entrée par la porte Saint- Anthoine, dans le carosse que le Roy lui avoit envoyé, devancé de ses gentils hommes et pages à cheval, et de quantité d’estafers et laquais richement vêtus de ses livrées, et suivi d’un cortège de cent à six vingts carosses, la plus part à six chevaux, que la Reine, les cardinaux, princes, seigneurs de cette cour et ambassadeurs, lui avoient aussi envoyés, entre lesquels estoit remarquable celui dont le cardinal Antonio lui fit présent à son départ de Rome. {{ alla descendre à l'hostel des Nonces, où il fut visité le lendemain, de la part du Roy, par le sieur de Liencourt, et, de la part de la Reine, par le comte d’Orval , tous deux chevaliers
de l'Ordre. »
| || L | | | ; nl!
| 3 Le IN LENT HS IIS | {l | L — 83 — DL | Il| 2 | ALL L | XX HAL | (LUI MAZARIN EST CHERCHÉ AU NOM DU ROI ET DE LA REINE. — RÉCIT DE L'ÉPOQUE. (ll | | | De Paris, le 9 décembre 1634. Hal TU « Le 5,'le comte d’Alaiz et le sieur de Bautru furent, avec les carosses du Roy et de la lil || Reine, prendre le seigneur Mazarin, qu’ils conduisent à Saint-Germain, où il eut une | 19 ; 5 0 SR : MAMIE favorable audiance de Leurs Majestez; qui se conjouirent avec lui du changement de son ls habit. 11 fut de là à Ruel, où il eut pareille audiance du Cardinal Duc. » (1d., p. 555, Gazette | (ll n° 137, du 9 décembre 1634.) (L | QUE LUE DIE JS XXI Le WIR Êee oi : | N- 25 juillet 1789. — LETTRES PATENTES CONFIRMANT UN BAIL EMPHITÉOTIQUE DE L'HOTEL DE CLUNY AFIN |k | A PARIS, CONSENTI PAR M. LE CARDINAL DE LA ROCHEFOUCAULT AU S' MOUTARD. | AL 4 z £ - à É. Le s l | Nous avons relevé aux Archives Nationales (Titres domaniaux, Q1 1303) la pièce suivante : |
seillers les gens tenans notre Cour de Parlement à Paris, salut. | « Notre très cher et bien aimé cousin le cardinal de La Rochefoucauld, archevêque de | Rouen, abbé de Cluny, nous a fait exposer qu’en cette dernière qualité il possède à Paris
une maison appelée l'Hôtel de Cluny, située rue des Mathurins-Saint-Jacques, que les abbés
« Louis, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre, à nos amés et féaux con- | |
de Cluny ne font pas dans leur ville un séjour assez long pour veiller par eux-mêmes aux DUUIDEL
réparations de cette maison, qu’en conséquence il s’est déterminé à céder ledit Hôtel, à Li) | : : se à a EN titre de bail emphitéotique pour 99 années, aux S' et D° Moutard, par un acte du 7 mars Ù | |
dernier, moyennant une redevance de 4.500 “, et en outre aux autres charges, clauses et {ll conditions imposées audit acte, mais, comme il ne peut avoir d’exécution sans notre auto- [il ILE risation, notre sieur cousin nous a supplié de lui accorder une lettre patente pour ce néces- HUE saire. À ces causes, de l’avis de notre Conseil, qui avait ledit acte de bail emphitéotique, |] | lequel est ci attaché pourle contrecel de notre chancellerie, nous avons confirmé et, par ces [Et présentes signées de notre main, confirmons ledit acte; voulons qu’il soit exécuté suivant ALU
sa forme et teneur, aux charges, clauses et conditions y contenues. Donc vous mandons HU
que ces présentes ayiez à enregistrer, du contenu en icelle faire jouir et user notre cher | cousin et ses successeurs de ladite abbaye, car tel est notre plaisir. Donné à Versailles
le 25° jour de juillet, l’an de grâce 1789, et de notre règne le 16°. » - ll