‹ L'hôtel de ClunyChapitre 48 sur 84 · XXII · texte numérisé non relu

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Autre pièce sans date (même carton) indiquant pour l'Hôtel de Cluny une redevance de | dix deniers oboles parisis. — (Archives Nationales. Q! 1303. Titres domaniaux. Quartier j Saint-André, Université).

re

Même carton. — 10 novembre 1642. — Vente d’une maison, sise rue des Mathurins, au cardinal de Richelieu, laquelle tient d’une part à la Sorbonne, pour être démolie. On a vu que Richelieu était abbé de Cluny. Ce détail est à rapprocher de cette pièce.

Histoire de l Académie royale des Sciences, avec les Mémoires de mathématiques et de physique pour la même année.

Ces Mémoires sont précieux. L’idée que nous avons eue de les consulter nous a permis de restituer avec précision toute la phase presque ignorée de l’histoire de l'Hôtel, alors que ce bâtiment servait d’Observatoire.

On en trouvera le récit dans la chronologie, mais il est bon de signaler ici quelques passages de ces Mémoires.

Observation de l’éclipse totale de lune, du 13 décembre 1750 au matin, faite à Paris dans l'Hôtel de Clugny, par M. de l'Isle (p. 343, 2 pages).

Cet astronome dit que, d’un certain côté, il n’a pas l'horizon bien libre pour ses observations. On ne trouve pas d’autre appréciation sur le bâtiment.

Le 27 juillet 1748, M. Delisle était encore au Luxembourg où il faisait une observation de l’éclipse de soleil.

Observation pour la conjonction de Jupiter avec la lune, du 29 décembre 1751 au soir, faite à Paris dans l'Hôtel de Clugny, par M. de l'Isle (p. 90).

Observation de l’éclipse de lune, du 2 décembre 1751 au soir, faite à Paris dans l'Hôtel de Clugny, par M. de l'Isle (p. 273).

« J'ai été fort incommodé, dans l'observation de cette éclipse, par les nuées, le brouillard et le vent; l’orage des jours précédents avait rompu les fenêtres du midi, d’où le vent soufflait. »

Observation de l'étoile p du Verseau et conjonction de l'étoile 0 avec la lune, le 2 novembre 1754 au soir, à Paris, dans l'Hôtel de Clugny, par M. de l'Isle (p. 382).

En 1755, M. de la Lande fait ses observations au Luxembourg.

DÉLIBÉRATION DU CONSEIL MUNICIPAL DE PARIS AU SUJET DE L'HÔTEL DE CLUNY.

M. Charles Read, l’ancien chef du Service des Travaux historiques de la Ville et ancien directeur du musée Carnavalet, nous écrit la lettre et nous communique les documents cidessous, que nous sommes heureux de pouvoir reproduire, afin de les sauver de l'oubli.

« Alors que je proposais et préparais (il y a justement vingt ans!) l’acquisition de l'Hôtel Carnavalet par la Ville de Paris, je fis des recherches dans les Délibérations du Conseil municipal, pour y recueillir des précédents. J’en trouvai un bien curieux concernant cet Hôtel, que je publierai un jour ou l’autre. — Et, chemin faisant, je relevai quatre délibéra-

CR es

tions relatives au Palais des Thermes et à l'Hôtel de Cluny. Je viens d’en retrouver la copie chez moi, parmi mes papiers. C’est ce qui les a sauvées des néfastes incendies de 1871, où les originaux et tant d’inappréciables trésors et documents historiques ont été anéantis avec notre vieil Hôtel de Ville! J'étais aussi parvenu à retrouver un document important , que l’on considérait depuis longtemps comme perdu. C'était l'original du remarquable mémoire historique et technique que M. Albert Lenoir avait adressé, en 1833, au Préfet de la Seine (M. de Rambuteau), tendant à la conservation des ruines du Palais des Thermes. M. Lenoir avait été très heureux de cette découverte, car il n’en possédait pas de minute, et il en avait vivement regretté la perte. Les plans qui accompagnaient son travail ne s’étaient pas retrouvés, mais enfin son mémoire si intéressant et si honorable, comme œuvre d’initiative, subsistait. 11 a péri pour toujours, dans les cendres de mon cabinet, le 26 mai 1871.

Cuarzes READ.

Voici le texte de ces délibérations :

Demande de réunir dans les salles du Palais des Thermes les restes d'antiquités parisiennes. Délibération du Conseil municipal de Paris du 10 juillet 1820.

Sur l’art. 4 dudit chapitre (chap. 20)

LE Cowsziz

Invite M. le Préfet à faire les diligences nécessaires pour réunir dans les salles du Palais des Thermes les restes d’antiquités parisiennes épars dans différentes localités, et qui peuvent avoir quelque intérêt historique.

Signé au registre :

Bessox, président ; PRescuEz, secrétaire.

Délibération du 16 juillet 1841. — Palais des Thermes. — Antiquités.

Le Cowseit,

Vu le vœu déjà émis touchant le Palais des Thermes au budget de l’exercice 1841, invite avec une nouvelle instance M. le Préfet à faire toutes les diligences nécessaires pour la conservation de ce palais, le plus vieux monument de Paris, et pour recevoir dans ses salles les restes d’antiquités parisiennes, épars dans différentes localités, et qui peuvent offrir quelque intérêt historique.

Signé au registre H. Gammérox, président ;

PRescnez, secrétaire.

Délibération du 6 janvier 1843. — Palais des Thermes, sa conservation.

Le Coxseir,

Considérant que le Palais des Thermes est un monument d’antiquité dont l’administration municipale doit protéger la conservation, Invite M. le Préfet à entrer en négociations pour acquérir cet immeuble et à s'occuper de lui donner une destination convenable.

Signé au registre :

Besson, président ; Cocn, secrétaire.

Délibération du 28 janvier 1848. — Cession à l'Etat du Palais des Thermes. — Concession au sujet de l'Hôtel de Cluny.

Le Const,

Vu le mémoire du 5 janvier 1843, par lequel M. le Préfet de la Seine lui rend compte de l'intention où serait M. le Ministre de l’intérieur de proposer aux Chambres l’acquisition de l'Hôtel de Cluny et de la collection Dusommerard, pour la création d’un Musée d’antiquités nationales, à la condition d’un concours par la Ville de Paris, et demande au Conseil, comme moyens de concourir à cette fondation :

1° De faire cession gratuite à l'Etat du Palais des Thermes ;

2 De relever l’Hôtel de Cluny de la servitude de voirie à laquelle il est soumis au profit de la Ville, en vertu d’une clause domaniale du 17 pluviôse an VIIT;

3° De voter l'élargissement d’une partie de la voie publique aux abords de l'Hôtel de Cluny ;

Vu la lettre de M. le Ministre de l’intérieur, du 22 décembre 1842, par laquelle, en annonçant l’intention de fonder un Musée d’Antiquités nationales, au moyen de l’acquisition de l'Hôtel de Cluny et de la collection Dusommerard, il demande à la ville de concourir à cet établissement, en cédant à l’Etat le Palais des Thermes, en relevant l'Hôtel de Cluny de la servitude de voirie qui le grève, et en dégageant, par des opérations de voirie, le nouvel établissement ;

Vu le mémoire supplémentaire de M. le Préfet de la Seine, en date du 26 janvier 1843, par lequel il propose d'élargir deux des quatre ilots, du côté gauche de la rue des Mathurins, par voie d’expropriation =

Vu le rapport à l’appui de ladite proposition, présenté par M. Charles, architecte-voyer

divisionnaire, le 25 janvier 1843, lequel évalue à 615.697 fr. la dépense de l'élargissement, à 12 mètres, par voie d’expropriation des quatre ilots composant le côté gauche de la rue des Mathurins-Saint-Jacques ;

En ce qui concerne le principe du concours de la Ville à la création d’un Musée d’Antiquités nationales à fonder dans le Palais des Thermes et l'Hôtel de Cluny;

Considérant que ce projet se recommande à la fois sous le rapport de l’art, de l’archéo-

logie, de l’histoire du pays, et même de la gloire nationale; qu'il fera renaitre ce Musée des Petits-Augustins, dont la dispersion excita tant de regrets dans le public, et surtout parmi les artistes et les savants; qu’il ne saurait être mieux placé que dans les vastes salles, les cours et jardins du Palais des Thermes et de l'Hôtel de Cluny; l’un, le plus vieux monument de Paris et un des plus antiques du royaume; l’autre, le dernier édifice de ce genre qui existe dans la capitale; tous deux recommandables par de grands et nombreux souvenirs historiques, et offrant dans leur ensemble, unique dans le monde, presque tous les différents âges de l’architecture ;

Considérant qu’à tous ces titres, et quoique ce Musée doive être marqué d’un cachet éminemment national, la Ville de Paris ne peut que s’honorer en concourant à sa fondation ;

En ce qui concerne les moyens de concours proposés ;

1° Relativement à la cession gratuite, à l'Etat, du Palais des Thermes :

Considérant que, bien que cet édifice, acquis le 5 avril 1836, moyennant environ 72.000 francs, et incessamment restauré depuis ce temps, coûte aujourd’hui plus de 100.000 fr. à la Ville, et que celle-ci ne cède pas sans regret à l'Etat un monument qui témoigne de son antiquité, qui était, dès le mm° siècle, le siège de l'autorité suprème dans les Gaules, et sur lequel elle avait des vues municipales, néanmoins, comme le projet de l’administration supérieure ne saurait se réaliser sans cette cession, il y a lieu de l’autoriser, mais à la condition que le Palais des Thermes devra continuer de subsister avec son caractère actuel :

2° Relativement à la servitude de voirie dont on demande de relever l'Hôtel de Cluny:

Considérant que la clause en vertu de laquelle existe cette servitude autorise à prendre sans indemnité sur l'Hôtel de Cluny, dans toute l’étendue de sa façade, tout le terrain nécessaire à l’élargissement de la rue des Mathurins ; que cette rue n’a pas plus de 5 mètres de largeur devant l'Hôtel de Cluny; que la circulation qui y a lieu ne permet pas de l’aligner à moins de 12 mètres; que si l’on relève l'Hôtel de Cluny de cette servitude, tout le terrain nécessaire à l'alignement devra être pris de l’autre côté de la rue qui est entièrement bâti; qu'il en résultera pour la Ville une dépense considérable, mais que, quelque forte que soit cette dépense, et attendu que la mutilation de l'Hôtel de Cluny, qui résulterait de l'exécution de la servitude, serait incompatible avec le projet conçu par M. le Ministre de l’intérieur, la Ville est disposée à consentir à ce sacrifice, mais à la condition toutefois que cet Hôtel subsistera dans son entier avec l’architecture qui lui est propre;

3° Relativement à l'élargissement de la voie publique, aux abords de l’Hôtel de Cluny :

Considérant que, quoique la Ville ait déjà beaucoup fait pour améliorer la voie publique dans ce quartier par le percement de la nouvelle rue Racine, par le dégagement de l’entrée du Palais des Thermes, par la mise, à l’alignement d’une maison vis-à-vis ce palais, par l'élargissement de la rue de la Harpe sur toute la longueur du Collège Saint-Louis, et le reculement d’une maison non loin de là dans la rue de l’Ecole-de-Médecine, par la démo-

lition de quatre maisons, qui a lieu actuellement en face de la rue des Mathurins, et enfin par le vote tout récent d’une rue qui, partant de l’Ecole polytechnique, relie cette Ecole au Collège de France; néanmoins, voulant favoriser autant qu'il est en elle la création projetée d’un Musée d’Antiquites nationales, elle est disposée à s'engager à porter à 12 mètres, par voie d’expropriation pour cause d'utilité publique, l'élargissement de toute la rue des Mathurins, avec des pans coupés vis-à-vis la porte de l'Hôtel de Cluny, aux angles de la rue de Sorbonne, mais seulement dans un espace de six ans, à compter de la date de

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us, OR

Ordonnance royale qui autorisera l'alignement, à cause de la dépense considérable que doit entrainer cet élargissement, et de l’état des finances de la Ville, engagée dans un grand nombre d'entreprises coûteuses et de longue durée;

Délibère :

Arr. 4%.

Il ÿ a lieu, par la Ville de Paris, d’acquiescer à la proposition de M. le Ministre de l’intérieur de concourir à la fondation d’un Musée d’Antiquités nationales dans l'Hôtel de Cluny et le Palais des Thermes;

Arr. 2.

Pour le concours de la Ville de Paris, le Conseil consent à céder gratuitement à l'Etat le Palais des Thermes et à relever l'Hôtel de Cluny de la charge dont il est grevé au profit de la Ville, en vertu d’une clause domaniale du 17 pluviôse an VIII, à la condition, néanmoins, que ces deux monuments continueront de subsister, le premier avec son caractère actuel, le second avec l'architecture qui lui est propre ;

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