Ancienne rue des Mathurins-Saint-Jacques
2 Ancienne rue de la Harpe, nom qu’elle posséda dès 1450, ainsi que l’établit l’abbé Lebœuf dans son Histoire de Paris (t. 1, p. 337) en s'appuyant sur un manuscrit.
re pénétré ensuite dans le couvent des Mathurins, d'origine très ancienne, mais dont les constructions avaient été faites au xvur siècle. Il eût abrité les objets plus modernes. !
Ainsi, le visiteur aurait pu étudier les productions des diverses civilisations dans l’ordre naturel de leur évolution chronologique.
L'entrée actuelle a donc lieu par la rue Du Sommerard. Une porte cochère (1) ou porte charretière, comme on disait jadis, et une porte de piétons (2) ou poterne, percées dans le mur (2-1-30) qui sépare la propriété de la voie publique, donnent accès dans la cour d’honneur où furent brulées, sous la Révolution, les boiseries de la chapelle.
Le mur sur la rue est crénelé, il était muni d’un chemin de ronde en bois porté sur des corbeaux aujourd’hui détruits, et que M. Albert Lenoir a remplacés par des potences en fer.
Piganiol rapporte qu'on montrait, dans cette cour, le diamètre de la cloche appelée Georges d'Amboise, qui est dans une des tours de la cathédrale de Rouen; il est tracé sur la muraille, où l’on assure, dit-il, qu’elle a été jetée en fonte.
La notice qui précède le catalogue du Musée de Cluny fait remarquer que les registres capitulaires du chapitre de Rouen consultés par M. Ad. Lecocq, de Chartres, semblent contredire cette assertion. Ils mentionnent que, le 9 septembre 1500, Le sieur Castignoles, trésorier du cardinal d'Amboise, présenta audit chapitre, de la part de son maïtre, une somme de 2,015 ducats pour faire fondre, suivant l'intention du prélat, la plus grosse cloche qu'il serait possible de faire; elle devait être fondue à Rouen, au bas de la Tour neuve, dans la cour d’Albane, par Jehan le Macon, fondeur de Chartres.
Il est certain, du moins, qu'on voit sur le mur la circonférence que Piganiol donne comme étant celle de la cloche de Rouen. Elle se trouve sur le mur de clôture, à gauche de l'endroit marqué (31) sur le plan, derrière le puits (6) situé dans l'angle de la cour.
À gauche de la cour se trouve le bädtiment du concierge, dit suivant la
es
locution habituelle d'autrefois « 4 conciergerie » (3), auquel se rattache une galerte (5) dont le fond est constitué par le mur oriental (32) d’une salle des Thermes romains. Ce portique, complément de la plupart des des cours des grands hôtels de cette époque, donnait accès à la porte (41) qui existe toujours. On entrait ainsi dans les pièces du rez-de-chaussée dans lesquelles on pénétrait également par les escaliers (ro) et (15) ou par la petite porte (33). Le principal corps de logis (21-10-13) se trouve en face l’entrée; deux fenétres (21) datent de l'époque de l'installation du Musée qui nécessita ce surcroit de lumière; nous les avons supprimées de notre plan restitué, afin de présenter l'édifice dans son état primitif ; nous avons aussi dans le même but rétabli la petite porte (33) qui n'existe plus aujourd'hui. La porte (13) qui est aujourd’hui l’accès habituel du public était primitivement une fenêtre. On pénétrait alors dans le bâtiment par l'escalier en tourelle (10) qui fait saillie sur la cour et par l'escalier (15) auquel on n’accède plus par l'extérieur mais par l'intérieur de la pièce (16). Sur la face (40) du grand escalier on a tracé un cadran solaire ; on y lit : /VE sine nobis et la date 1674. A droite de la cour, se trouvent les cuisines (14) qui ont été transformées en corps de garde et en un passage (14-34) d’où l’on gagne le square (12) par la porte (34); on a rapporté en cet endroit une porte provenant d’un hôtel dit de la Reine Blanche qui se trouvait dans la rue du Foin.
Cette cuisine avec son perron et son escalier particulier (15) avait à la fois issue au dehors, sur le sol de la cuisine et dans la salle (36).
On arrive ainsi dans le jardin de l'hôtel (23), qui, jusqu’à l’organisation du Musée, était borné par un nur (24) aujourd'hui détruit; une simple grille établie sur son emplacement le sépare actuellement du square. Il mesure environ 17 mètres de largeur sur 35 mètres de longueur et des propriétés particulières l’entouraient autrefois.
La façade sur le jardin a été percée, aux endroits marqués (35), par
trois fenêtres modernes quoique de style ancien ; elles procurent au musée
la lumière nécessaire. Le retour d'angle (19-20) constitue la façade de la
chapelle, dont l'absidiole située au premier étage s’avance en saillie (20). Le dessous de l’oratoire forme la chapelle basse (20) qui permet de passer dans les Thermes (26) et qui constitue une salle ouverte, sorte de préau couvert sous la chapelle.
La pièce (19) forme retour sur le jardin ; au dessus de cette salle (19) se trouve la chambre de la reine Blanche, dite aussi chambre des abbes. Elle est desservie par un escalier spécial (22) ayant porte sur le jardin, porte sur cette pièce (19) et sur la galerie (17); cette pièce est également desservie par l'escalier (28) restauré pour la seconde fois en octobre 1887.
Une cour (9) donnait accès aux constructions romaines (26). On s'occupe en ce moment d'achever la décoration de cette cour que l’on va transformer en salle de musée pour la fin de l’année 1887. La pièce (8) est une salle antique. Viollet le Duc croit, non sans apparence de raison, que les écuries y étaient installées du temps des abbés.
Une étroite galerie (17) contenait à ses extrémités les lieux d’aisance (18); on y a disposé actuellement le charmant escalier qui provient de la Cour des comptes. Il permet au public de monter au premier étage du musée pour en redescendre par l'escalier (28) de la chapelle.
Ce livre ne traitant que de l'Hôtel de Cluny, nous ne décrirons pas les Thermes de Julien (26), ni le couvent des Mathurins (12), ni les anciennes maisons qui les encadraïent et auxquelles le square a succédé.
Nous indiquons leur emplacement par une teinte grise qui fera voir comment l'Hôtel de Cluny se trouvait primitivement entouré.
M. de Guilhermy a fait remarquer fort justement qu'il ne faut point chercher à l’intérieur de l'Hôtel de Cluny une distribution analogue à celle qui paraît aujourd'hui indispensable pour qu’un logis soit commode ou même habitable. L'architecte n’a point songé à ces dégagements, à ces corridors qui permettent d'accéder à chacune des différentes pièces d’un appartement sans traverser les autres. Ce sont ici de grandes salles qui se succèdent, occupant chacune la profondeur entière du bâtiment, et qui toutes « se
commandent », pour nous servir de l’expression consacrée. Les escaliers nous
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