‹ L'hôtel de ClunyChapitre 63 sur 84 · FLAT · texte numérisé non relu

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nr curieux détail de construction nous est offert par les entailles pratiquées

-dans le sens de la hauteur des dalles, au droit des joints verticaux. On

avait pratiqué, en effet, dans l'épaisseur de la dalle, de chaque côté du

joint, une entaille de 4 centimètres sur 3 centimètres; ces longues

entailles étaient remplies de tuileaux qui servaient à assurer aux assises leur

cohésion. Elles doivent peut-être à ce détail d’avoir résisté. On a muni

d’une tige, en 1886, la cheminée A (p. 125) qui couronne la chapelle. Les

cheminées en briques À, B, C, (p. 125) ont été également refaites lors des travaux conduits par M. Bœmvillwal en 1885-1887.

Il ne restait des cheminées intérieures d'autrefois que celles qu’on voit dans la partie orientale qui sert de dépôt aux parapluies. On retrouva le profil des autres cheminées sur les murailles en enlevant les tentures modernes. Pour donner une idée du style dans lequel elles avaient dü être conçues, nous avons relevé la cheminée donnée sur la planche intitulée cheminée du xv* siècle ; elle présente, en effet, une grande analogie avec l'esprit de la décoration de l'Hôtel et remonte à la même époque.

Il est utile de savoir que, selon l'usage du xv® siècle, toutes les cheminées étaient conçues de manière à se porter mutuellement les unes les autres d'étage en étage, depuis le rez-de-chaussée jusqu’au sommet de l'édifice, différentes en cela des nôtres qui ne reposent dans leur saillie que sur des planchers. Les cheminées anciennes occupaient donc toute la hauteur des pièces afin de former une suite non interrompue par les divisions d’étages.

‘Lorsqu'une salle de grande dimension et suffisamment chauffée par un seul foyer était surmontée de plusieurs pièces nécessitant chacune sa cheminée, alors de vigoureuses consoles ornées, placées dans la grande salle inférieure, là où les cheminées faisaient défaut, en remplissaient l'office; elles formaient le support de celles de l'étage supérieur. Tel était le but de la console qu'on voit à l'Hôtel de Cluny, dans la grande salle du milieu, au premier étage. Nous le donnons à la page 113. Des fragments ont permis de la rétablir en entier lors de la restauration de M. Lenoir.

Les tuyaux destinés à la fumée étaient pratiqués dans l'épaisseur des

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murs, non côte à côte comme nous les placons aujourd'hui, mais accolés (IA l'un devant l’autre; d’étroites dalles de pierre les séparaient. Il résulte de ce système que les souches ne prenaient pas, comme de nos jours, une extension illimitée, qu'elles pouvaient ainsi présenter au dessus des toits d’agréables proportions et se décorer plus facilement. Toutefois, dans des constructions divisées en nombreux étages, l'épaisseur limitée des murs est un obstacle à ce système |.

Telles se présentaient les dispositions anciennes de l'Hôtel de Cluny à

l'égard des moyens de chauffage. Lorsqu'il fallut le convertir en Musée, ou

ne pouvait prendre d'autre parti que de rester dans la même voie et de

décorer les salles diverses de vastes cheminées analogues à celles qui s’y

trouvaient autrefois. Plusieurs furent acquises sur divers points de la France ; (|

Console ornée décorant le plafond d'une des salles du premier étage et destinée à supporter la cheminée [ll qui se trouve au dessus. |

elles sont d’époques différentes : les deux qui se voient au rez-de-chaussée, ainsi que celle de la grande salle centrale au premier étage, datent de la Renais-

sance. Etant plus ou moins mutilées par les déplacements et l'abandon, on a

dû les restaurer en les rétablissant. Les deux autres qui occupent la partie || |

4. Albert Lenoir, Revue de l'Architecture, dirigée par M. Daly.

occidentale du Musée offrent des dispositions plus anciennes que les premières et rappellent le xve siècle, ce qui les met en parfaite harmonie avec l’architecture de l'Hôtel de Cluny. Ces deux cheminées étaient démontées depuis longtemps et gisaient dans un jardin de la ville du Mans lorsqu'elles furent reconnues et signalées par M. Denuelle, peintre. L'administration s’empressa de les acquérir ; leur conservation était parfaite, les traces de couleur qui se voyaient sur les sculptures permirent de faire la restitution complète du décor qui fut exécutée par M. Denuelle, sous la direction de M. A. Lenoir. C'est cette dernière qui est représentée sur la planche faite d’après notre aquarelle. Cette gravure ne reproduit pas la couleur qui fait partie intégrante

de sa décoration.

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