‹ L'hôtel de ClunyChapitre 8 sur 84 · RETOMBÉE DES VOUTES DE LA SALLE DU FRIGIDARIUM · texte numérisé non relu

RETOMBÉE DES VOUTES DE LA SALLE DU FRIGIDARIUM

Ces retombées de voûtes sont le souvenir le plus ancien du navire qui orne les armes de la Ville de Paris. — Ces proues représentent des galères à un rang de rames. Des tritons décorent les faces de la proue. Ces galères portent des armes et des marchandises derrière leurs bordages en bois croisés. Les pointes relevées des proues, dirigées vers la salle, ont pu porter des ornements en métal dont on voit les trous de

ellement. (Voir sur le rôle du métal dans les constructions antiques, Ch. NORMAND, Essai sur l'existence d'une architecture métallique antique. Paris, in-4°, 1883.)

Les dessins ci-dessus sont établis d’après des documents anciens, car ces retombées de voûtes sont actuellement très dégradées.

Philippe-Auguste donna à Henri, son chambellan, comme récompense et sous certaines conditions, les Thermes ou plutôt la partie des Thermes qu’il

habitait, car en 1292 le roi abandonna aux bourgeois la seigneurie du

ri — Palais des Thermes et de la plus grande partie des terrains qui en dépendaient . Le monument romain devint ensuite la propriété de Jehan de Courtenay et de divers propriétaires qui s’établirent dans la rue du Palais percée peu antérieurement à l'an 1292 sur les jardins des Thermes?, Une charte de 1324 prouve qu'une partie des Thermes fut vendue à l’évêque

de Bayeux, par Jehan de Courtenay,

et que ses héritiers confirmèrent cette

vente en 1331. C’est alors que le nom de

nes Cluny intervint pour la première fois à sg. 11.

propos des 7ermes, en 1331. Les Abbés

Relombée de voites Arc en briques et en pierres (3)

de Cluny acquirent cet emplacement, par l'achat qu'un Abbé de l'Ordre fit d’une partie des ruines romaines,

afin d'y établir une demeure pour son propre usage et celui de ses succes-

seurs “. L'Hôtel des Clunisiens se nomme alors Maison des Thermes. On

a souvent regretté de ne pas avoir le texte même de l'acte par lequel une partie notable de l’ancien Palais vint entre les mains des Abbés de Cluny. Mais nous possédons du moins, à cet égard, deux autres documents. L'un nous est fourni par la Chronique de Cluny; elle nous apprend que Pierre de Chaslus, ou de Chastelux, 31° Abbé de Cluny, acquit la demeure qu'on appelle Palais des Thermes’. Son

abbatiat ayant duré de 1322 à 1344, c’est dans cet intervalle qu'il

1. Du Sommerard, d’après l’historiographe Bonamy. Mémoire sur la célébrité et l'étendue de Paris avant les ravages des Normands, t. XV, édit. in-4° des Mémoires de l'Académie des Inscriptions ; t. XXIV, p. 108 de l’édition in-12.

2. La rue du Palais fut percée un peu avant l'an 1292 sur l'emplacement des jardins du Palais romain. — Voir Leroux de Liney, appendice n° 2,

3. Les clichés relatifs au Palais des Thermes sont empruntés à la collection de gravures de nos monuments parisiens, publiés sous la direction de M. Charles Normand, dans le Bulletin de la Société des Amis des Monuments Parisiens. Les gravures relatives au monument romain sont établies d’après les relevés de M. Albert Lenoir.

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