‹ L'Hôtel de Transylvanie, d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 2 sur 6 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

« I. Comment le diable qui se faisait appeler prince du monde « s'est fait chasser. — IL Martyre de saint Marc, évêque « d'Aréthuse en Syrie, sous l'empereur Julien l'Apostat, la « bannière de nostre Sauveur s'en allant au Calvaire mourir. (( — III. Les blazons des nations et roys de la terre bien « différents de ceux de Jésus-Christ...., etc., etc. »

L'œuvre peint Thomme et tel fat le fondateur de l'hôtel qu'on voit encore aujourd'hui.

La première pièce du volumineux dossier dont nous avons parlé nous apprend que Jacques de Hillerin habitait avec son neveu, Jean de Hillerin, seigneur châtelain de Putillier, conseiller et maître d'hôtel ordinaire du roi, trésorier général de France à Poitiers, lequel avait épousé une demoiselle Hélène de Heuez ou Dehevez. Cette pièce, datée du 14 août 1630, est une convention, entre les susnommés et le voisin de la rue des Petits-Augustins, de ne pas élever « plus haut que la seconde plaincte » de la maison des Hillerin le mur qui sépare leurs deux cours. Cette servitude altius non tollendi, quoique un peu modifiée, existe encore aujourd'hui au profit du voisin.

En 1649, Jacques de Hillerin, se sentant vieillir, se démit de sa charge de conseiller, et, en 1650, par acte signé des deux notaires Legay et Sainct-Vaast, fit donation pure et simple, à son neveu Jean de Hillerin, de son hôtel « consistant en deux corps de logis, cour, jardin, écurie et autres dépendances, te-

nant d'un côté à l'hôtel de Brienne, d'autre à la rue des Religieux Augustins réformés, par derrière à un autre hôtel appartenant aussi au donateur » qui transmettait, par le même acte, le « droit de chapelle » dans l'église des Augustins, à la charge d'y être inhumé, droit qu'il possédait en qualité de fondateur, et à cause d'une rente annuelle de cent livres qu'il payait aux religieux.

Cette donation comportait substitution au profit du fils aîné issu d'un « loyal mariage » de son neveu, de mâle en mâle, etc., etc., et ce « pour assurer la conservation du nom et armes de sa maison, » à la condition de porter le nom et les armes du donateur.

Le jardin dont il est question dans cette donation a disparu aujourd'hui, sans que cette disparition figure dans aucune des pièces que nous avons eues entre les mains. Il se pourrait aussi qu'il eût été fort petit, et employé depuis à construire le corps de bâtiment qui est adossé à l'immeuble voisin. Le deuxième corps de logis^ mentionné dans la donation, aurait pu être simplement celui qui est en façade sur la rue Bonaparte, et qui semblerait n'avoir été composé primitivement que de communs et d'écuries; ce qui pourrait le faire croire, c'est une poulie qui existe encore à une petite fenêtre de la rue Bonaparte, et qui servait probablement à monter les fourrages. C'est pendant cette période que les abords de

l'hôtel des Hillerin subirent une importante modification. En effet, ce fut le 21 juin 1669 que Simon Lambert fut nommé adjudicataire des travaux de continuation du revêtement du quai Malaquais, depuis la rue des Petits-Augustins jusqu'à la culée du Pont- Rouge. Ce rivage, dit Germain Brice dans sa 'Nouvelle description de la ville de Paris, n'était auparavant qu'un terrain fort incommode, rempli d'immondices, que la rivière endommageait tous les ans par ses débordements.

Quoi qu'il en soit, Jean de Hillerin mourut sans postérité mâle, et après beaucoup de contestations, la propriété de l'hôtel fut dévolue par substitution à un collatéral, Pierre de Hillerin, chevalier, seigneur de Bue, La Touche et autres lieux, capitaine et chef du vol pour le champ dans la grande fauconnerie du roi. Ce Pierre de Hillerin avait épousé une demoiselle Marie Fornier, et il eut pour fils aîné Jean-Baptiste de Hillerin, chevalier, seigneur de Boistissandeau qui, en 1688, hérita de l'hôtel du quai Malaquais. Pierre de Hillerin, le chef du vol, n'habita guère la maison.

11 est fait mention, dans les titres de propriété, d'un

bail en date du 17 février i68é, entre Pierre de Hillerin, propriétaire, et messire Camille de La Baume d'Hostun, comte de Tallard.

C'était un locataire de marque et un curieux personnage : il était né le 14 février 1652, et il était lieutenant général en 1693. Après la paix de Rys-

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