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LE SALON DES CARIATIDES

Le troisième paysage est de M. Billotte, et représente une Vue de la Seine au pont de Solférino. Sur un ciel jaunâtre et brumeux d'hiver parisien, les monuments des rives de la Seine se profilent en masses sombres. Au premier plan, les eaux grises et sales glissent vers un horizon triste et maussade, barré par la ligne noire du pont.

Ces six œuvres ont été commandées directement à leurs auteurs.

La partie ornementale, confiée, ainsi que la précédente, à M. G. Dubufe, apparaît comme étant d'une plus grande richesse que la première, à le prendre au sens de sa valeur intrinsèque, puisque les fonds des coupoles, des arcatures, et des tympans y sont couverts de l'or le plus éclatant. Sur ces fonds, se détachent des portiques à jour sous lesquels des amours et des génies, de couleur tendre, symbolisent La Peinture et La Poésie, entourés de guirlandes, de rubans et de fleurs.

Toute cette décoration de M. G. Dubufe sera certainement, après sa terminaison, l'une des curiosités de l'Hôtel de Ville; elle lui a été payée la somme de 28.000 francs pour les deux galeries.

Le salon des Cariatides est une pièce d'une gracieuse architecture, située au-dessus du péristyle des deux grands escaliers des Fêtes, sur lesquels s'ouvrent deux baies circulaires permettant de suivre, de ce salon, la montée des invités. Son côté Ouest est percé de trois ouvertures à frontons cintrés, sculptés en pierre, ouvrant sur la salle de la Commission de voirie, quand celle-ci est transformée en salon. Trois autres ouvertures semblables, font communiquer son côté Est avec la grande salle des Fêtes et en son milieu. De chaque côté des deux grandes baies des escaliers, sont deux portes rectangulaires, à

frontons également sculptés, permettant l'accès des pourtours. Séparant ces baies et ces portes, se dressent des demi-colonnes accouplées, cannelées, à chapiteaux composites, soutenant les voussures. Au-dessus de ces dernières, régnent des tribunes dont les balcons sont formés de balustres en pierre, sur lesquels reposent les dix-huit cariatides, également en pierre, qui ont donné leur nom au salon. Ces cariatides, œuvre intéressante de M. Cugnot, sur lesquelles s'appuie le plafond vitré, sont des figures en pied, de femmes drapées à l'antique. (Pl. 5o).

Le beau vase en jaspe de l'Oural, offert à la Ville de Paris, en 1893, par le tsar Alexandre III, a été placé, avec grand renfort de charpentes — il pèse 4.000 kilogrammes et mesure 3 mètres de hauteur — dans le centre de la pièce. Il porte les armes de Russie et celles de la Ville de Paris, appliquées en bronze sur ses deux côtés. Les anses, de même métal, symbolisent, par deux têtes de femmes, la France et la Russie, ainsi que les mots Cronstadt-Toulon, qui rappellent lesgrandes manifestations maritimes des deux Etats.

La décoration picturale du salon des Cariatides avaitété attribuée directement, dès 1888, au célèbre peintre Cabanel, qui avait déjà travaillé pour la même salle, dans l'ancien Hôtel de Ville. Depuis le décès de cet artiste, et après celui de M. Emile Lévy, qui devait le remplacer, la commande est restée sans titulaire, sauf, pourtant, que M. l'architecte Formigé a été chargé d'étudier un nouveau projet, non encore suivi d'exécution.

Ce salon possède, comme éclairage, quatre grands lustres en cristal, dont deux sont suspendus dans les arcatures donnant sur les grands escaliers, et les deux autres, aux côtés opposés.

Les galeries du premier étage, caractérisées par des vitraux

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