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L'INCENDIE DE

Venot, Brion, Debay, Caudron, Desprez, Marneuf, Guersant, et Lemot.

Nous terminerons enfin cette longue nomenclature, en disant que le double escalier des fêtes partant, en sens opposé, de la salle Saint-Jean pour aboutir dans les deux salons des Prévôts, était orné de sculptures dues au ciseau de Duret, Brion, Dantan aîné, Gambard, Debay et Cavelier.

L'admirable monument, dont nous venons d'esquisser l'histoire, termina sa glorieuse carrière dans l'incendie de 1871. La Commune de Paris, qui l'occupait depuis le commencement de l'insurrection, avec de la garde nationale et un nombreux étatmajor, avait décidé, à la fin de mai, que le peuple devrait le défendre et s'ensevelir sous ses décombres. Le chef d'état-major de l'Hôtel de Ville, M. Rupprecht, de qui nous tenons ce récit

— et qui est aujourd'hui un modeste fonctionnaire de la maison

— avait fait entrer, à cet effet, des vivres pour 10 ooo hommes, lesquels vivres, avec les nombreuses munitions accumulées, devaient permettre desoutenir un siège de quinze jours. Des dispositions commencèrent à être prises à l'intérieur du monument, et aussi aux environs, où Parent, l'un des officiers de sa garnison, avait été chargé d'organiser des barricades de défense pour protéger l'édifice.

Soudain, le Pouvoir d'alors changea de tactique, et décida que tous les citoyens armés qui y étaient réunis, devraient quitter le monument et s'employer à la défense de leurs quartiers respectifs. A ce moment, Pindy était gouverneur militaire de l'Hôtel de Ville, Rupprecht, chef d'état-major, et Parent, commandant de place. Cette décision dernière fut considérée comme une trahison, par les soldats de toutes armes et de tout acabit qui bondaient alors la Maison Commune, y vivaient, y couchaient, faute d'autres abris en ville : enfants perdus de prove-

nances diverses, étrangers non enrégimentés, dissidents et mauvaises têtes des bataillons, déserteurs de l'armée de Versailles, etc.

Sortir de l'Hôtel de Ville sans savoir au juste où aller, était, pour ces éléments hétéroclites sans asile, courir à une mort certaine. Dès que la décision de la Commune fut connue, ce foyer d'indiscipline entra en ébullition et devint un centre d'anarchie devant lequel tout ce qui paraissait être une autorité, tout ce qui portait un galon, courait les plus grands dangers s'il tentait la moindre observation. C'était, nous disait M. Rupprecht, qui quitta son poste à dix heures du soir et un peu avant l'incendie, une véritable maison de fous furieux, n'écoutant plus rien, vociférant contre les Représentants, qui avaient, d'ailleurs, abandonné les lieux.

Ce fut dans cet état d'exaspération extrême que, au cours delà nuit du mardi au mercredi 24 mai, l'idée surgit parmi cette horde désorientée et surexcitée, qui avait conservé pourtant quelques officiers, Pindy et Parent, entre autres, démettre le feu au bâtiment. On réquisitionna dans les environs, du pétrole, lequel, avec les quantités formidables de munitions qui avaient été emmagasinées pour la défense, fut le principal aliment du dernier brûlot.

La destruction de l'Hôtel de Ville ne fut donc pas préméditée par le gouvernement de la Commune ; elle fut le cri de colère, la vengeance suprême de ses derniers défenseurs abandonnés à eux-mêmes.

Un ancien membre de ce gouvernement, M. Amouroux, qui siégea à l'Hôtel de Ville comme conseiller municipal, protesta, le 1 1 juillet 1 883, contre une allusion lancée de la tribune affirmant le contraire. Jamais, dit-il, l'idée de brûler l'Hôtel de Ville ne fut soulevée dans le sein de la Commune ; la seule

LES LIONS 1)K LA FAÇADK sCR LA RLE LOUAI', PAR M. JACQUEMART.

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