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LES F ÊTES MUNICIPALES

invite de 12 à 14.000 personnes — mais elle s'y trouve satisfaite d'une étiquette peu rigoureuse, et y jouit du charmant anonymat que permettent les foules, et moyennant lequel chacun est libre de faire un peu ce qu'il veut. A l'occasion de ces bals, un orchestre est installé généralement dans la Salle des Fêtes, et un autre dans les Salons à Arcades. La Grande Salle à manger et la Salle de la Commission du budget sont réservées pour les buffets et aussi, assez souvent, la Salle des Prévôts, transformée alors en fumoir. Toutes les galeries, tous les escaliers, tous les salons, sont ouverts aux invités, et servent de dégagements et de promenoirs. C'est, pour les Parisiens, la seule occasion d'admirer, sous le ruissellement de l'éclairage électrique, les magnificences du Palais et les beautés de sa décoration.

Chacune de ces soirées, préalablement votée par le Conseil municipal, est organisée par son Syndic, assisté du Service administratif des fêtes de l'Hôtel de Ville. Elle coûte en moyenne de 5o à 60.000 francs.

Disons que, depuis plusieurs années, le principe des deux bals gratuits offerts aux collaborateurs de la Ville, semble être abandonné. Leur suppression, sans doute, n'est pas fermement décidée, mais les faits démontrent qu'il y a une tendance à les remplacer par d'autres fêtes plus caractérisées.

Le Palais municipal voit souvent aussi se dérouler, sous les lambris dorés de ses salons, les fastes de cérémonies plus grandioses et plus aristocratiques, à l'occasion des réceptions de souverains et de souveraines, en politesse avec le Gouvernement français. La Maison Commune, en ces jours de gala, prend alors l'allure grave et solennelle qui convient, et exhibe ses consignes les plus protocolaires. Le souverain est généralement reçu à la porte centrale du monument, aménagée en loggia; il traverse la salle des Prévôts, garnie de plantes tropicales

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fournies par les serres de la Ville, et pénètre dans la cour Louis XIV, transformée en un délicieux jardin d'hiver, même quand la réception a lieu en été. Rappelons, en passant, le succès toujours obtenu par la décoration de cette partie de l'édifice, couverte d'un riche vélum, ornée de fontaines jaillissantes, éclairée par des fleurs artificielles, laissant échapper de leurs pétales multicolores, une lumière tendre et discrète qui se répand sur un tapis vert semblable à un gazon. Souvent, aussi, nous l'avons dit plus haut, cette cour est augmentée d'un escalier démontable, permettant l'accès direct du cortège dans les grands salons du premier étage, en passant par la salle de la Commission de Voirie.

Signalons aussi que, à l'occasion de chacune des réceptions de souverains et de grands personnages, la Municipalité fait établir une relation imprimée, qui est, en quelque sorte, le procèsverbal de la cérémonie, et dans laquelle sont consignés tous les discours prononcés, avec les noms et qualités des invités. Quelques-unes de ces relations ont été établies avec un très grand luxe d'impression et de gravures, et prennent place dans la série des publications que la Ville édite à l'occasion des fêtes ou cérémonies qu'elle organise. On trouvera, dans la Bibliographie insérée à la fin de ce volume, la nomenclature des relations imprimées à l'occasion des fêtes de l'Hôtel de Ville.

Il faut aussi placer, dans le cadre de ces fêtes, les somptueux banquets offerts aux personnages considérables que l'édilité parisienne veut particulièrement honorer. Ces banquets sont servis, suivant le nombre des convives, soit dans la Salle des Fêtes, soit dans la grande salle à manger. Bien entendu, la Ville n'a pas à son service les cuisiniers et le matériel nécessaires pour la confection du festin; elle s'adresse à l'une ou l'autre des principales maisons de Paris, qui apporte le repas tout pré-

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