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LES FÊTES MUNICIPALES

paré, et que les cuisines sommaires du Palais municipal suffisent à réchauffer. Souvent, à l'issue du banquet, une réception est ouverte en l'honneur des convives, et à laquelle sont invitées des personnes, soit de leur entourage, soit de leur nationalité, si ce sont des étrangers, dont on suppose que la présence sera agréable aux hôtes fêtés. C'est ainsi qu'à la suite du grand banquet de 540 couverts, offert le 19 octobre i8g3, aux officiers de l'escadre russe, fut donnée une réception artistique, principalement organisée pour la colonie parisienne de cette nation, et dans laquelle on entendit les premiers artistes de l'Opéra, de l'Opéra-Comique, de la Comédie-Française, ainsi que les chœurs du Conservatoire.

D'autres grandes soirées, purement musicales et dramatiques, sont restées célèbres dans l'histoire des fêtes édilitaires, par le choix des artistes, l'intérêt des représentations, la richesse du décor. Ajoutons que les programmes, menus, invitations aux cérémonies, exécutés par des artistes de talent, soit en gravure, soit en couleurs, sont souvent de fort jolies œuvres d'art, très recherchées déjà par les collectionneurs.

Il convient également de parler du très grand nombre de réceptions plus intimes, de Congrès, de Sociétés, de Corporations, que le Conseil municipal organise avec la plus grande cordialité et le plus gracieux accueil, dans les salons de l'Hôtel de Ville ou, quelquefois, plus simplement, dans le cabinet de son Président. Ces petites cérémonies se tiennent habituellement dans une aimable simplicité; elles ne consistent guère qu'en discours échangés entre les hôtes et leurs invités, avec une promenade dans les salons, terminée par un lunch final, Parfois, la musique de la Garde républicaine ajoute son concours harmonieux à l'harmonie des discours prononcés.

Rappelons aussi que, assez rarement il est vrai, le Conseil

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municipal fait à certaines personnalités, l'honneur de les recevoir dans la salie de ses délibérations, en séance solennelle. Pour cette circonstance, des fauteuils sont disposés dans l'hémicycle à l'intention des récipiendaires, tandis que les Conseillers occupent leurs places habituelles et que le Président, du haut de son fauteuil, souhaite la bienvenue et prononce le discours d'usage.

Une petite cérémonie annuelle, qu'il est juste de ne pas oublier ici, est celle de la réception, par le Conseil général de la Seine, des membres des Municipalités du département et des Conseillers d'arrondissements. Elle se faisait jadis en deux fois : l'arrondissement de Saint-Denis et l'arrondissement de Sceaux ; puis, elle se confondit en une seule, dans un plus vaste salon. On y prononce des discours et l'on y toaste à la prospérité de la banlieue parisienne. En 1908, M. le Président du Conseil général, Félix Roussel, en agrandit le cadre, et y fit inviter des dames. La cérémonie devenait ainsi plus mondaine et s'agrémentait d'un concert, d'un lunch et d'une décoration plus soignée de fleurs et de plantes vertes.

On trouvera aux annexes de cet ouvrage, la nomenclature, que nous croyons rigoureusement complète, de toutes les fôtes, réceptions, soirées, bals qui eurent lieu dans le nouvel Hôtel de Ville, depuis sa reconstruction. La première de ces cérémonies fut naturellement celle de l'inauguration de l'édifice.

Il nous faut nécessairement indiquer encore un autre genre de cérémonies, d'ordre plus joyeux, qui se reproduit tous les ans à l'occasion des fétes carnavalesques de la mi-carême. Elle consiste à recevoir dans le Palais municipal, ou tout au moins au seuil du Palais municipal, c'est-à-dire dans la salle des Prévôts, la visite des cortèges qui sillonnent Paris, en ce jour de réjouissance populaire. A cette occasion, une estrade volante est adossée contre la façade de l'Hôtel de Ville donnant sur la

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place, et, sur ses gradins, s'installent les invités de la Municipalité, curieux d'assister à ce défilé tintamarresque. Au moment du passage des chars royaux, les jeunes reines d'un jour mettent pied à terre et, galamment, sont introduites par leurs chevaliers servants, auprès des membres du Bureau du Conseil municipal. Un lunch réconfortant est alors servi à ces joyeuses majestés, souvent transiesde froid, et qui viennent de faire le tour de leur capitale, sous le vent et quelquefois sous la pluie. Mais hélas ! voici bientôt que le bout-de-selle des mousquetaires de l'escorte sonne le départ, et vient interrompre cette trop courte reposée. Et les petites reines, toutes rouges des compliments municipaux, et tout émues des attentions galantes de ces Messieurs du Bureau de Ville, de prendre congé, le sourire aux lèvres, avec, dans les bras, des fleurs enrubannées aux couleurs parisiennes, et un modeste bijou dans la main.

Cette petite fête, qui se reproduit fort exactement tous les ans, en rappelle une autre, oubliée depuis longtemps déjà, et qui jouissait, elle aussi, d'un grand succès auprès de la population. Nous voulons parler de la Revue annuelle des bataillons scolaires, dont le défilé avait lieu à l'occasion de la fête du 14 juillet, sur la place de l'Hôtel-de-Ville. Une estrade, semblable à celle que nous venons de décrire, était montée au même endroit, et bondée des invités que ce spectacle guerrier enthousiasmait. La revue des jeunes bataillons ne dura pas, à la vérité, pendant de bien longues années; l'institution, on le sait, créée en 1880, dans un moment d'engouement patriotique, n'eut qu'une existence éphémère et s'évanouit vers l'année 1890.

Mentionnons également un ancien usage, tombé depuis longtemps en désuétude, et qui avait été organisé en 1 883, pour le nouvel Hôtel de Ville. Il s'agit de la réception, par le Préfet de la Seine, à l'occasion du jour de Tan, de l'immense personnel

municipal, qui défilait d'une façon si pittoresque dans les salons et les couloirs.

En outre des relations imprimées des principales cérémonies dont il vient d'être question, un autre souvenir durable de chacune d'elles, est conserve par la Municipalité parisienne sous la forme de procès-verbaux consignés sur deux registres dénommés: Les Livres <for. L'un, est destiné aux Souverains et aux très grands personnages reçus à l'Hôtel de Ville ; l'autre, aux personnalités de moindre importance, mais dont le passage dans le Palais municipal doit laisser sa trace.

Le premier de ces recueils, qui remonte seulement à l'année 1900, est un grand volume richement relié, mesurant o", j5 sur o m ,6o, et intitulé : Réceptions officielles du Conseil municipal de Paris à f Hôtel de Ville. Il est formé de feuilles de papier bristol de couleur bleuâtre sur chacune desquelles vient s'encocher le vélin qui a été signé du personnage reçu. (Pl. 63). D'autres signatures suivent immédiatement cette dernière, qui sont celles du Président de la République, des membres du Bureau du Conseil municipal et du Préfet de la Seine. Ces signatures sont apposées au-dessous d'une mention de la visite, écrite demain de maître, par le calligraphe du Conseil municipal. Le registre en question est déposé à la Bibliothèque historique de la Ville, rue de Sévigné, où les feuilles de vélin sont envoyées après chaque cérémonie. On trouvera à la planche n° 63, le texte de l'une des réceptions enregistrées.

Les cérémonies qui y figurent sont les suivantes :

Le Président Krùger, 27 novembre 1900.

Don Carlos, Roi de Portugal, 4 novembre 1902.

Inauguration de la collection Dutuit (M. Loubet), 1 1 décembre 1902.

Pl. 63.

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