‹ L'Hôtel de Ville de ParisChapitre 5 sur 67 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Le Nouvel Hôtel de Ville. — Restauration ou reconstruction. — La mise au concours. — Démolition intégrale des anciens bâtiments. — Inauguration.

Le 4 août 1871, le Conseil municipal de Paris, librement élu par la population après la répression de la Commune, mais sans asile, par suite de la destruction de l'Hôtel de Ville, était installé avec la plus grande simplicité, dans le Palais du Luxembourg, par M. Léon Say, Préfet de la Seine.

« Messieurs et chers Collègues, disait le Président Vautrain dans son discours d'ouverture, le 4 août 1 871, la première séance que nous tenons en ce moment est un événement capital dans l'histoiredes libertés municipales de Paris. Nous sommes appelés à renouer les traditions de l'antique cité, à reprendre la gestion de nos affaires sous la protection de la loi, dans l'ordre et la liberté. Nous avons une tâche bien grande à remplir; nous avons des ruines à réparer.... »

Cette allusion dernière, ou tout au moins une partie de cette allusion, s'adressait assurément à la réédification de l'Hôtel de Ville, de l'antique Palais des franchises communales, théâtre grandiose sur la scène duquel s'étaient déroulées, à travers les siècles, les grandes phases de l'histoire parisienne.

La première pensée, on le voit, de la nouvelle assemblée et aussi, il faut le dire, des Services municipaux placés à côté d'elle

pour administrer Paris, fut donc pour le relèvement immédiat de la Maison Commune.

Dès l'installation du Conseil municipal, en effet, M. Léon Say Préfet de la Seine, membre de l'Assemblée nationale, dans son projet d'emprunt destiné à réparer les désastres de toutes sortes qui avaient assailli Paris, prévoyait le vote d'un crédit destiné à cette réédification :

« Mais je crois, disait-il dans son Mémoire, que vous serez de mon avis, si je dis qu'il est nécessaire d'y ajouter une somme à valoir pour la reconstruction de l'Hôtel de Ville. Il y a là une ruine qui attriste la vue et le cœur des Parisiens, et si je ne puis vous convier à poser la première pierre d'une reconstruction définitive, du moins, puis-je vous demander d'apporter le premier écu des fonds qui seront nécessaires à cette reconstruction.

« Quel plan devra-t-on suivre ? Fera-t-on une reproduction fidèle de ce qui existait, ou fera-t-on une restauration, sur une moins grande échelle, de l'Hôtel de Ville primitif ? C'est ceque vous aurez à décider plus tard ; mais quel que soit le plan que vous adopterez, la somme de 3 millions, que je fais figurer dans l'emprunt, n'est évidemment qu'un premier acompte. »

A ces sages paroles, M. le Président Vautrain répondait du haut de la tribune, le ioaoût 1 871 , par la déclaration suivante, insérée dans son rapport sur le projet d'emprunt :

« De plus, M. le Préfet demande au Conseil d'ajouter une somme à valoir sur la reconstruction de l'Hôtel de Ville. La Commission, sans préjuger en aucune façon le mode de reconstruction de l'Hôtel de Ville, admet unanimement la nécessité de réédifier, sur son ancien emplacement, le Palais municipal auquel se rattachent tant de souvenirs de notre histoire, et surtout la tradition des franchises municipales de Paris... »

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