RECONSTRUCTION OU RESTAURATION
A la suite de ce rapport, l'Assemblée votait une allocation de trois millions pour les opérations préliminaires de reconstruction.
Durant plusieurs séances, au commencement de l'année 1872, le Conseil municipal discuta sur la question de savoir si le vieux monument serait entièrement reconstruit, ou si certaines fractions paraissant encore solides devraient être conservées. A la suite de nombreuses discussions, la délibération suivante était adoptée, sur la proposition de M. Nadaud :
« Une commission de dix membres, nommée en séance générale, fera une enquête pour constater quelles parties de l'ancien édifice peuvent être utilisées; elle fera faire, si bon lui semble, des expertises par telles personnes qu'il lui plaira. »
MM. Ohnet, Vauthier, Watel, Nadaud, Binder, Cantagrel, Delzant, Callon, Dupuy et Férot furent ensuite désignés pour composer cette Commission, dans les séances des 1 3 et 20 janvier 1872.
De son côté, l'Administration municipale avait confié au Conseil d'Architecture du départementde la Seine, dont M. Duc fut le rapporteur en cette circonstance, le soin d'étudier un projet.
Deux questions de principe se posèrent immédiatement devant cet aréopage :
« i° Faut-il relever l'Hôtel de Ville tel qu'il était avant l'incendie du 24 mai, c'est-à-dire de manière à ce qu'il puisse contenir, réunis comme par le passé, les grands appartements de réception, l'appartement privé du Préfet, le Conseil municipal, ainsi que tous les services administratifs ?
« 2° Faut-il, au contraire, en conservant religieusement toutes les parties de l'ancien Hôtel de Ville de François I e ', réunies à celles que l'on conservera de l'œuvre de MM. Godde et Le-
sueur, composer un édifice historique, principalement consacré aux fêtes et aux réceptions municipales ? »
Bien entendu, le second projet fut tout d'abord repoussé. Il eût été, en effet, extraordinaire, de voir un concile d'architectes préconiser la conservation d'un ancien monument au lieu de demander à en construire un neuf.
Cette double question d'art et d'histoire étant écartée du débat, le Conseil d'architecture songea à s'adjoindre la Commission des Beaux-Arts et des Travaux historiques. Pour infiniment amusante que soit cette procédure, le fait n'en est pas moins authentique et consigné dans le rapport de M. Louis Binder, du 5 janvier 1872.
Voici donc les deux organismes fonctionnant de compagnie, repoussant l'idée de concours pour la désignation du futur architecte par un jury, et aboutissant au projet dont les grandes lignes peuvent se résumer ainsi :
« i° Reconstruire l'Hôtel de Ville en réunissant les appartements du Préfet, le Conseil municipal et les services administratifs ;
« 2 0 Restituer dans son intégralité première l'antique maison de François I er , rechercher les moyens de la mettre plus en honneur et en faire valoir le caractère et les exquises proportions.
« 3° Conserver l'œuvre de MM. Godde et Lesueuren façade sur la place Lobau, comme beau spécimen de l'architecture du règne de Louis-Philippe. »
Reconstruire, après l'avoir démolie, la façade de la Renaissance, et conserver à l'admiration des générations futures un spécimen de l'architecture de Louis-Philippe, telle était la caractéristique du plan élaboré.
Dans sa séance du 25 mai 1872,1e Conseil municipal repous-