SCENE VÏII
LES MÊMES, EDOU.\RD, entrant.
EDOUARD. Eh bien 1 eh bien!...
RIFOLARD. [ à Mélina, ) C'est un ami.
EDOUARD, regardant Aspasie. Que vois-je !
ASPASIE, regardant Edouard. Ciel!
Edouard. Rifolard, quel est ce jeune homme ?
RIFOLARD. Le petit commis de M. Lelièvre.
Edouard. Lelièvre! c'est bien cela... Aspasie!... madame, vous ici! SOUS ce costume !...
RIFOLARD. Monsieur s'appelle madame A.spasie!... Bonjoxir, madame...
ASPASiE. De grâce ! ne me trahissez pas...
EDOUARD. Vous trahir !... vous que j'aime depuis si longtemps, malgré votre cruauté !
RIFOLARD. Il l'aime !.., de même que j'adore ma Mélina , ma payse... Mais l'hôtel des z'Haricols a donc été créé et mis au monde pour le rapprochement des amoureux...
MÉLINA. Pas de folie, Rifolard... songez que c'est mon mari qui m"a fait venir ici.
RIFOLARD. Le sieur Gorot !...
EDOUARD. Mais , comment se fait-il ?..
MÉLINA. Il s'est muni d'avance d'une permission pour moi, afin que je passe la journée près de lui.
ASPASiE. C'est comme M. Lelièvre, qui m'a ordonné de me faire écrouer sous le nom de notre premier commis, condamné aussi à la prison.
KiFOLARD. Déguiser sa femme en moutard, pour lui faire
goûter de l'hiitel des z'Haricots... Pourquoi ça? je vous le demande...
ASPAsiE. M. Lelièvre est si jaloux... il me traite comme une esclave...
MÉLiNA. Et M. Gorot donc?... il n'a pas de confiance en ma vertu.
KiFOLABD. Vieux!... Rrrra.
EDOUARD. Des soupçons aussi outrageans !... mais il faut vous venger !
BiFOLARD, Oui ! oui ! vengeons-nous !
édocard, d Aspasie. Il faut m'écouter un instant... j*ai tant de choses à vous dire... et ici vous ne pourrez pas me fuir; nous sommes enfermés...
RiFOLARD. Et enfermés ensemble... dix-septième bienfait du palais des z'Haricots...
ASPASiE. Mais mon mari va venir... quelle sera sa colère !
MÉLiKA. Et le mien donc ! il est si ovirs !
RIFOLARD. Lais.sez-moi agir... je me charge des maris... Ça me connaît.. .