BATTERIE TRIOMPHALE ET BATTERIE TROPHÉE
A droite et a gauche de la grille d'entrée, quarante bouches à feu sont disposées : les unes, sur afïYit, au nombre de 18, constituant la batterie triomphale ; les autres, sur chantier, au nombre de 22, formant la batterie trophée.
1° Batterie triomphale.
Dès la fondation de l'Hôtel, cette batterie fut installée sur remplacement <[iiYHc occupe encore actuellement et fui appelée batterie triomphale, parce que ses salves devaient annoncer les grands événements n-lorieux ou heureux pour la France.
Sa composition fut plusieurs fois modifiée.
Le 13 juillet 1789, le peuple envahit l'Hôtel et enleva les canons, dont quelques-uns servirent h l'attaque de la Bastille.
En 1804, la batterie fut rétablie.
Sa composition varia encore fréquemment.
Elle n'est plus utilisée aujourd'hui pour les salves d'honneur, qui sont tirées, lorsqu'il y a lieu, par les batteries de la garnison.
Les 18 pièces qui la composent sont réparties de la manière suivante, à partir de l'allée centrale;
1° à droite, en regardant l'esplanade (côté est) : 2 canons autrichiens.
4 — prussiens.
1 — hollandais.
1. La description détaillée de ces batteries sera faite dans le nouveau tome A' du catalogue de la l re section (Musée d'Artillerie), qui doit être prochainement réimprimé.
HISTOIRE DE l'hÔTEI. DES INVALIDES
1 obusier russe.
1 mortier algérien.
2° à gauche (côté ouest) :
< 1 couleuvrine wurtenbergeoise.
1 canon vénitien,
4 — prussiens.
1 — hollandais.
1 obusier russe.
1 mortier algérien.
Les canons autrichiens et prussiens, la couleuvrine wurtenbergeoise et le canon vénitien ont été pris à Vienne à ta suite de la campagne de L805 et envoyés a l'arsenal de Strasbourg.
Ces pièces, particulièrement la couleuvrine wurtenberffeoise, artistement ciselées, sont de véritables œuvres d'art, plutôt que des pièces de combat; elles n'ont d'ailleurs jamais servi.
Les canons autrichiens ont été fondus à Vienne en 1580.
La couleuvrine ornée des armes de Wurtenberg a été fondue à Vienne; elle ne porte pas de date. Son fût octogonal est complètement ouvragé.
Le canon vénitien porte le lion de saint Marc et les armes du roi de Danemark, en présence duquel il fut fondu a Venise en 1708.
Les huit canons prussiens faisaient partie du groupe des douze canons que Frédéric III, électeur de Brandebourg, devenu premier roi de Prusse sous le nom de Frédéric I er , fit fondre en 1708, de poids égal (2 360 kg.) du calibre de 27, a la mémoire des 11 électeurs de Brandebourg ses ancêtres, et le douzième a son propre nom, comme l'indiquent les inscriptions latines. Ces pièces, remar-
IIISTOIltR DK L'HÔTEL DES INVALIDES
quables par leur ornementation, ne difFererit que par l'effigie et les titres tic l'électeur dont elles portent le nom.
Ces canons, appelés communément les douze apôtres, avaient été pris à Berlin, par les Autrichiens, après la bataille de Gorlitz en 1757.
Onze furent amenés à Vienne, où Napoléon les trouva après la campagne de 1805.
Ils fuient envoyés a l'arsenal de Strasbourg, où trois d'entre eux disparurent en 1814, ou en 1815, probablement fondus pour faire de la monnaie de siège. Les huit autres son! actuellement ceux des Invalides.
Les quatre canons placés à droite sont dédiés a :
Jean le Cicéron ; Jean Sigismond ; Frédéric III \ Georges Guillaumc ,
él ceux de erouche à :
Frédéric-Guillaume ; Joachitn I er le Nestor; Frédéric I er et Joachim Frédéric .
Ceux qui manquent étaient dédiés à :
Frédéric II Dent de fer; Albert V Achille; Joachim II V Hector et Jean Georges.
Les canons hollandais, fondus a La Haye en 1800, proviennent de la prise de la citadelle d'Anvers (23 décembre 1832).
Les obusiers russes, atteints par des projectiles dont ils gardent les traces, ont été pris à Sébastopol en 1855.
Les mortiers algériens, fondus a Alger de 1775 à 1780, calibre de 24, portant des gravures et des inscriptions arabes, proviennent de la prise d'Alger en 1830.
HISTOIRE DE LHOTEL DES 1NVAL1D1S
2 Batterie trophée.
Les vingt-deux pièces de la batterie trophée sont partagées en deux groupes.
Celui de droite (côté est) comprend, à partir de l'allée centrale :
1 canon français (le Thésée).
<S — algériens.
1 — cochinchinois.
1 — chinois.
Celui de gauche (coté ouest) :
1 canon français (le Sanglier).
2 — chinois.
8 — algériens.
Les deux canons français, le Thésée et le Sanglier du calibre de 12, faisaient partie de l'équipage de siège de Saint-Jean-d'Acre (1799), ou ils furent abandonnés.
Ils ont servi ensuite à armer un vaisseau égyptien détruit à la bataille de Navarin (1827) et ont été restitués à la France en 1854 par le gouvernement grec.
Les seize canons algériens, du calibre de 24, proviennent de la prise d'Alger en 1830.
Le canon cochinchinois a été pris a Tourane en 18G0 et les canons chinois h Canton en 1858.