LE MUSÉE D’ARTILLERIE
La porte qui donne accès à ce musée sous les portiques, est accompagnée de quatre canons aux devises de Louis XIV, dressés contre le mur. D’autres pièces du même genre sont sous le vestibule.
Dans les deux anciens réfectoires, l’ordre des objets est ainsi réglé. Des armures sont dressées en file le long des murs : au milieu se succèdent, face à l’entrée, d’autres armures sur des socles et diverses vitrines.
Galerie ou réfectoire de droite. — Au mur de
droite, non loin de l’entrée, est une armure (G 79) du duc de Bouillon père de Turenne, provenant du château de Sedan. Plus loin, du même côté, une autre (G 107) qu’on a cru celle du baron des Adrets, mais qui n’a appartenu qu’à son gendre, richement ornée. Au mur de gauche une armure (G i32) de reîire ou de lansquenet, avec une bourguignotte pour habillement de tète.
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La première vitrine du milieu contient (G 563) une selle et un chanfrein de cheval provenant de l’empereur Maximilien II, gravés de rinceaux parfaits dorés à plein : l’aigle impériale y est représentée, avec l’écu écartelé de Hongrie et de Bohême. A droite et à gauche sont (G 181-182) deux armures à tonne, la première milanaise, l’autre allemande, de la première moitié du xvi® siècle.
Sur le socle derrière, est une armure (G 167) du même prince, portant les aigles et la toison d’or. La selle au-dessous (G 555) est d’une provenance différente. Au mur de gauche est une armure (G 148) milanaise, sur le plastron de laquelle est gravée la Vierge avec l’Enfant Jésus. Dessus est un casque ou cabasset (H 244) italien orné de bandes et de médaillons gravés, du commencement du xviE siècle.
La vitrine au milieu en face montre une selle de harnais civil (G 546) en bois, du xvi® siècle : pièce curieuse, entaillée de sujets inconnus et bordée de cuivre autrefois doré, qui se termine par une fleur de lis.
La vitrine plate qui suit offre un grand nombre de dagues de toutes dimensions, et superbement ornées. Dague dite cinquedea (J 777) dorée à or rasé : le sujet visible représente le Jugement de Paris. Autre dague (J 779) du même genre et du meme décor. L’or rasé consiste à dorer à même au brunissoir les hachures qui forment le dessin et à l’user ensuite par frottement sur les saillies.
Dans la même vitrine (J 802), un petit poignard
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français avec son petit couteau, la gaine de Tun et de l’autre finement travaillée en ivoire ; dans Tun,
\énus avec 1 Amour, dans l autre une Folie ; le lourreau, enivoire aussi, a une Minerve etun Amour ; 1 ouvrage est de la lin du xvF siècle. Une dague (J 855) dite de main gauche, espagnole, finement
ciselée et d’une grande richesse, du commencement du XVII® siècle. Une autre (J 856) du même genre, un peu plus moderne. Une troisième (J Autre main gauche espagnole (J 83o) du xvi® siècle, provenant de la collection des Mazis, avec le chiffre J. H. S. Une dague allemande à fusée (ou poignée) damasquinée d’or; le fourreau, en fer repoussé, représente d’un côté un guerrier, de l’autre une figure nue.
Viennent ensuite deux vitrines en hauteur. Dans celle de droite est (J 26) une épée de connétable de France du xv® siècle : les fleurs de lis qui la décorent y sont placées sur la poignée dans le même sens que la lance, signe que l’épée n’était jamais mise au fourreau, mais portée droite par un héraut devant le connétable. Dans la vitrine à gauche, une épée espagnole (J 70) du xvi® siècle, finement damasquinée, avec des inscriptions arabes, ouvrage sans doute d’ouvriers maures. Autre (J 71), également damasquinée, dans le plus beau style moresque-espagnol. Belle épée (J 127), dont le pommeau en fer ciselé représente un combat de fantassins et de cavaliers. Autre (J 129) sans doute italienne, à émaux cloisonnés, le pommeau décoré de rinceaux et de figures émaillées, l’une des pièces les plus rares de la collection ; au talon, cette inscription : Cornes. Une épée (J 80) dont la poignée est à fond d’or avec quatre têtes de bélier en relief, pièce d’un goiVt charmant.
Vitrine suivante. Chanfrein (G. du cheval de Philippe 11, roi d’Espagne : pièce capitale, ornée de
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larges bandes repoussées et ciselées ; le fond est noir damasquiné en or ; l’écu d’Espagne^ brisé
CllAîNFKEIJ^ (G 597) .
d’un lambel montre qu’elle est antérieure à l’avènement du roi. Poire à poudre (M 2029) du xvP siècle, en corne de cerf sculptée de la Conversion de saint Paul. Autre (M 2026) en ivoire sculpté de la
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Résurrection du Christ, et d’un portrait en médaillon derrière.
Grand mousquet (M 162) du xvii® siècle, le bois est orné d’incrustations de cuivre excellentes. Une paire de pistolets (M 1625) du xvi® siècle, tout ornés d’entrelacs. Une arbalète (L 68) à cric, couverte de plaques d’ivoire gravées et sculptées de divers sujets de l’Ancien Testament et du Nouveau; environ l’an i5oo. Un chanfrein (G 597) italien, magnifiquement orné; le style exquis, l’exécution parfaite.
La vitrine ensuite renferme une rondache ou bouclier (1 74) italien du xvT siècle, couverte d’ornements et de deux médaillons: David portant la tête de Goliath ; Judith portant celle d’Holopherne. Rapière (J 233) espagnole, dont la coquille à grands rebords, entièrement repercée etciselée à jour, est absolument remarquable, xviL siècle. Autre rapière (J 239) du même genre. Dans les gorges d’évidement delà lame, le nom de l’armurier, la date et la provenance : En Toleclo ano 1613. De Hortuno de A g aire.
Dans la même vitrine par derrière est une targe ou bouclier (I i) allemand du commencement du xv° siècle, peint d’un Saint Georges terrassant le dragon. Une muserolle de cheval (G 608) allemande du xvT siècle, et un manteau d’armes (G 532), pièce de protection sur laquelle glissait le coup de l’adversaire, de même provenance. Une rapière (J 232) recomposée de trois pièces : coquille espagnole du xviT siècle, pommeau etfusée d'une épée, lame d’un estoc du xvL siècle.
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Vitrine suivante. On y voit une rondache (I 67) en cuireiselé et gaufré avec un sujet à personnages.
Hausse-col de Lolis XIII (G 249). -
Un boulier ovale (I 79) italien du xvU siècle, bordé de tritons et de monstres marins en relief. Une
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rondache (I 78) italienne en cuir bouilli, ornée de sujets au repoussé. De l’autre côté de la vitrine, autre rondache (I 66) avec Hercule combattant l’hydre de Lerne, gaufré. Autre (I 68) aussi en cuir gaufré, très belle.
Autre vitrine. Une rondache de parement (I Ôp) italienne avec le Triomphe de Galatée imité de Raphaël. Un hausse-col (G 241) en cuivre repoussé et ciselé à sujets. Un autre (G 248) d’une admirable exécution. Sabre (J 180) allemand monté sur lame orientale. Cartouchière (M 2141) du temps de Louis XV. Autre (M 2076) en acajou sculpté garni de cuivre. Epée de parement (J 122), dont la lame est allemande et la poignée du plus beau travail italien. Tous les objets de cette vitrine ont été légués par le baron des Mazis.
Des deux vitrines en hauteur qui viennent ensuite, celle de droite expose deux paires de pistolets (M 1781) à canon bruni incrusté d’or et d’argent ; le fût et la crosse en ivoire sculpté ; sur le corps de plâtre: Acquis Graiii, Une paire de pistolets (M. 1713) hollandais, canons damasquinés, manche en ivoire sculpté avec cette signature : Jean Lauroux Maestî'icht.
Dans la vitrine de gauche estime très belle arquebuse à rouet (M 70) de la fin duxvT siècle, dont le canon est enrichi de bandes découpées et ciselées à fond d’or.
Dans la suivante et dernière enfin, est une armure (G 61) du connétable Anne de Montmorency, provenant de la galerie autrichienne d’Ambras. La
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boiirguignotte ou casque placée sur le socle était ^portée par le connétable à la bataille de Saint-Denis, oii il fut tué. On remarque à la mentonnière le trou de la balle qui lui brisa la mâchoire. Cette balle était de celles qu’on appela des stuardes, ayant été fabriquées par un gentilhomme écossais du nom de Stuart, qui fut Fauteur de cette mort.
L’armure auprès (G 8), appartint au fils du connétable, Henri comte de Damville et duc de Montmorency. Elle provient également de la galerie d’ Ambras.
Galerie ou réfectoire de gauche. — Sur le premier socle au milieu se voit (G i) l’armement complet des célèbres compagnies d’ordonnance instituées par Charles YIl. L’armure du cheval provient de l’arsenal de Strasbourg. A gauche (G i5) est une armure du type dit maximilien, répandu en Allemagne entre 1490 et i53o. A droite, une armure (G 4) de la fin du règne de Charles YIL
Au mur un bouclier ou pavois (1 2) du xv® siècle, couvert de peau peinte à l’huile.
Sur le second socle est l’armure de fonte (G 166) de l’empereur Maximilien II, du plus beau style allemand. Elle porte Faigle éployée de l’empire, les briquets (ou bâtons noueux) de Bourgogne, la Toison d’or et le chiffre MM (^Maximilien et Marie d’Autriche). Gomme on a cru que la seconde initiale signifiait Marie de Bourgogne, on a faussement restauré cette armure en celle de Maximilien refaisant le manteau d’armes, le lambrequin de bride.
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le caparaçon de cheval et tout le vêtement sur les anciennes estampes du Triomphe de cet empereur. A droite (G 38) belle armure allemande, à gauche (G 717) sarrasine.
Le troisième socle derrière offre (G 4^) une armure bavaroise datée de i533.
Au quatrième rang sur un piédestal est l’armure (G 117) de François On dit que Fempereur Charles-Quint l’avait commandée pour ce roi dans le temps où la maison d’Autriche était en paix avec la France, et que, la guerre survenant, elle ne fut jamais remise. Elle figurait au temps des guerres de l’Empire dans la collection d‘Ambras à Vienne, d’où on la rapporta alors. Quoique le roi ne l’ait jamais portée, elle n’en est pas moins faite à sa mesure, et permet de se faire une idée de sa grande taille.
A droite de cette armure est une armure (G 53) allemande d’un beau travail, ornée de bandes gravées avec un médaillon à gauche. Devant cette dernière en est une autre (G i3) italienne, également ornée.
Au mur à gauche est un grand bouclier (I 12) ou pavois, tel que les allemands attardés à l’ancienne mode en portaient encore au xvF siècle. Voici le sens de l’inscription allemande : (( L’an du Seigneur i5o4, le samedi après le jour de l’élévation de la sainte Croix, lorsque l’empereur Maximilien gagna la bataille contre les Bohémiens devant la ville de Ratisbonne, ce pavois et un drapeau furent pris dans cette ville. »
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Après Farmiire de François P" commencent les vitrines, dont la première contient (G ii8) un des chefs-d’œuvre de Part de l’armurerie, doublement précieux pour sa beauté et pour le souvenir historique : c’est l’armure de Henri II, autrefois exposée au musée des Souverains au Louvre. Elle est en fer noirci, ornée de larofes bandes où des incrustations d’argent figurent les devises du prince et divers entrelacs. On ne peut voir rien de plus beau quant au dessin, ni rien de plus parfait quant à l’exécution.
L’habillement de tête estime boLirguignotte; sur le timbre est une couronne de laurier, repoussée, ciselée et dorée.
L ne vitrine joignant Armure de Henri II (G 118).
celle-ci contient l’armure (G 1 19) du roi François II, provenant du musée des Souverains, toute gravée et dorée. Celle (G 120) du roi Charles IX, provenant du même lieu, ornée
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de même. Celle de Henri III (G 121), tirée du même
musée.
Au mur de gauche est l’armure (G 40 prétendue d’Albert de Brandebourg, archevêque de Mayence, et qui peut-être appartint à Adolphe de Bourgogne, descendant du Grand Bâtard. Les bâtons noueux, emblème de cette maison, sont représentés sur les tassettes.
Au-dessus, dans une armoire vitrée (P 896), figurent deux drapeaux de cet archevêque, œuvres merveilleuses du xv!!"" siècle.
Sur le socle qui vient ensuite, est une armure d’homme et de cheval (G 124) ayant appartenu à Louis XIII. Autre armure (G 128) de ce prince, provenant de l’ancien musée des Souverains. A droite, armure de Henri lY (G 122) de même provenance. Derrière celle-ci, très belle armure (G i2 5) de Louis XIY gravée en son milieu d’une Prise de Lille, et tout autour, d’ovales couchés représentant différentes places des Flandres, des combats, des chasses, etc. Cette armure fut offerte au roi par la république de Yenise après la conquête des Flandres. Le nom de l’armurier est sur une lame de la braconnière : Franciscus Garbagnaiis Brixiæ fecit 1668. Elle était autrefois au Musée des Souverains.
Dans la vitrine ensuite est une armure (G 188) d’enfant de la fin du xv*" siècle. Autre (G 197) donnée par la ville de Nancy au duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV. Elle provient du Cabinet de France. Autre (G 196) supposée de