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L’ÉGLISE DU DÔME

L’ancienne église royale des Invalides, de tout temps nommée église du Dôme, compose à cette maison, du côté de Grenelle, une façade beaucoup plus belle que celle de Lhôtel proprement dit. Par le dessin général, par les proportions et par l’exécution, c’est un des plus grandioses, en même temps que des plus exquis chefs-d’œuvre de Fart français.

Hardouin-Mansard, second des architectes de ce nom, en a dessiné, ainsi que je l’ai dit, toutes les parties. A l’intérieur comme à l’extérieur, tout est de son ordonnance ; les peintres et les sculpteurs, tant de figures que d’ornements, y furent requis et disposés par lui : par l’effet qu’il en a tiré, on peut voir ce que le grand maître ajoutait d’entente de la décoration à ses talents professionnels.

Le dehors de l’église du Dôme a deux ordres superposés : l’un dorique, l’autre corinthien, porté sur des piédestaux. Le second a dans son développement deux colonnes de moins que le premier ;

l’église du dôme

ii les remplace par des pilastres. Ces pilastres, venant sur les ailes en retrait du morceau principal,

Photo Neurdein.

Vue de l'Eglise du Dôme, par Mansakd.

donnent à l’ensemble une grande légèreté, et le soin qu’a pris l’architecte de maintenir ses extré-

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mités nues, sans colonnes ni pilastres d’aucune sorte, fait un effet de grandiose simplicité.

Le dessin des diverses parties, surtout des corniches, est parfait. 11 y avait autrefois sur les corniches, tant du premier cpie du second ordre, différentes statues debout, et, aux rampants du fronton, deux statues assises, qui ont disparu. De chaque côté du corps principal au rez-de-chaussée, dans des niches, on voit encore les deux belles figures en marbre de Charlemagne et de saint Louis : l’une de Goysevox, l’autre de Nicolas Goustou, d’après le modèle de Girardon. Dans le second ordre, à l’aplomb de ces statues, sont des trophées sculptés par Pierre Legros père. A droite et à gauche sur la corniche sont les quatre figures de la Prudence, de la Justice, de la Tempérance et de la Force, par Mazeline.

Les ornements de l’entablement dorique sont de Bourderel et de Granier. Dans le fronton, l’écu de France gratté est accompagné de palmes sculptées par Goysevox.

L’édifice est terminé élégamment par une terrasse à la romaine, autrefois orné de statues. Au-dessus de cette terrasse s’élève le dôme.

Le tambour du dôme est composé d’un ordre corinthien de colonnes engagées et d’une attique. Il forme huit ressauts, que les colonnes soutiennent, et qui supportent à la hauteur de l’attique un amortissement en enroulement. Entre les colonnes s’ouvrent douze fenêtres dont la corniche porte en bas-relief un vase accosté de deux anges, par Gra-

l’église du dôme 4^

NIER. Devant les enroulements, sur la corniche de

Vue de l’Église du Dôme a l'intékieuk, pak Mamsakd.

hordre, étaient seize statues, maintenant détruites. Les enroulements sont sculptés par Barrois ; les

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piliers de Fattique ont des têtes de chérubins et portent des vases à leur aplomb ; les fenêtres ont des guirlandes de fleurs par Francard.

La coupole est remarquable par sa forme, plus allongée que celle de Saint-Pierre de Rome, de Sain-Paul de Londres, ou du Val-de-Grâce. Elle est divisée en douze côtes qui portent des trophées dorés, œuvres de Varin, de Langlois et de Monier, Le comble est formé d’un lanternon à quatre faces, qui se présente par l’angle, et surmonté d’une pyramide. Tel est l’ensemble à la fois orné, simple et majestueux qui, mieux qu’aucun autre ouvrage du temps, présente l’état de l’architecture française en un temps où la grandeur du règne s’alliait à des élégances sveltes, promesse de la Régence et du siècle prochain.

Le grand portail est magnifique. La console et les guirlandes au-dessus sont de Francard. Sur les vantaux, au dedans et au dehors, un semis de fleurs de lis et des initiales de saint Louis, gratté à la Révolution, a été restauré depuis. Ce semis, ainsi que la chiffre de Louis XIV et les autres parfaits ornements, sont du dessin de Rourdy et Amand. Nourrisson en acheva la partie intérieure. Audessus de la porte du même côté, sculpté dans la pierre de l’édifice, est Fécu de France avec les deux anges pour suppôts, par Yanclève.

Cette pierre est d’un beau grain et d’une très grande blancheur, qui donnent aux ornements sculptés dans cette église la même beauté que s’ils étaient en marbre.

l’église du dôme

Le plan de l’église est une croix grecque, dont la symétrie fait une majesté qui manque aux autres

Entrék de la chapelle de la A iekge, par Mainsard.

églises, OÙ les coupoles s’élèvent à la jonction de deux nefs inégales. Celles-ci se coupent suivant

quatre arcades ouvrant sur des enfoncements égaux. Huit colonnes corinthiennes adossées séparent deux à deux chacune de ces arcades, et portent sous leurs retombées un entablement en ressaut qui se poursuit, soutenu de pilastres seulement, dans tout le pourtour de l’édifice.

Entre ces deux colonnes est une arcade nichée, dont le tympan est sculpté d’un génie en bas-relief. Ces génies, au nombre de quatre, tiennent divers attributs de la puissance royale et de la monarchie française. Celui qui tient le casque est de Coysevox ; celui qui porte l’écu de France, de Nicolas Cous- Tou ; un troisième porte la sainte Ampoule et est d’AxTOiNE Flamen ; le quatrième, qui porte l’étendard fleurdelisé, est de Vanglève. Sur l’entablement entre les arcades, quatre pendentifs offrent les quatre Evangélistes : saint Luc, saint Marc, saint Mathieu et saint Jean, peints d’une manière grande et d’un coloris brillant, par Lafosse.

On remarquera que, comme à la chapelle de Versailles, la peinture n’est employée qu’au-dessus du premier ordre et dans la partie élevée de l’édifice. Ce parti hardi, dont l’effet est très grand, ne peut se soutenir que grâce au haut degré de perfection où était montée la sculpture d’ornement. Les noms de Dugoulon, de Coupy, de Poirier, de Belan, pareillement signalés à Versailles et au vœu de Louis XIII, se rencontrent parmi les auteurs de ces sculptures. Raon et Vigier s'y trouvent aussi.

Une profusion de ces sculptures admirables est

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répandue dans les chapelles. Ces chapelles sont au nombre de deux principales, accompagnant à droite et à gauche le chœur, auquel Feutrée fait vis-à-vis. Ces quatre espaces pareils laissent place entre deux pour quatre chapelles rondes plus petites, dont Fentrée est sous le dôme par l’arcade nichée. La décoration des plus grandes consiste dans les arcs doubleaux ornés de trophées et de devises, œuvres de Robert, Eloy, Legrand, Guyot, Renard, Maubourg, Messon et Zéphyrin Adam ; et de bas-reliefs au-dessus des deux portes latérales qui mènent dans les chapelles rondes. Ces basreliefs représentent la vie de saint Louis. Au-dessus de chacun est un trophée; au-dessous, des têtes de chérubins. Dans les grandes chapelles à droite et à gauche, sur le vitrail maintenant muré, sont quatre figures de Vertus assises, les deux de gauche par Lapierre, les deux à droite par Philippe Magnier.

Le chœur était en outre magnifiquement orné par l’ancien baldaquin, dont Guillaume Coustou père et Vanglève avaient modelé les ornements. Le moderne, d’une exécution à la fois pédante et grossière, n’en a pas moins été dessiné de manière à remplacer à peu près l’ancien. Au fond, au-dessus de Fouverture qui communique avec l’église des Soldats, est un tympan décoré de peintures. D’autres peintures à la voûte du chœur et dans les voussures de deux fenêtres qui donnent la lumière à cette partie de Fédifice, font un effet des plus magnifiques.

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La coupole. — Le tamboLir de la coupole est percé de douze fenêtres moulurées par Frân- GARD, qui répandent le jour à l’intérieur. Entre ces fenêtres est un ordre corinthien de pilastres accouplées ; le piédestal de cet ordre court sous les fenêtres et porte douze médaillons des rois de France dans un réseau fleurdelisé.

Poirier, Hurtrelle, Anselme Flamen, Garnier, Vanclève, Lapierre, et Nicolas Goustou avaient exécuté ces médaillons. Leur ouvrage fut détruit à la Révolution, puis rétabli après i8i5, dans l’état où on le voit aujourd’hui. Les médaillons sont : Clovis par Bosio, Dagobert par Taunay, Pépin le Bref par Gartellier, Charlemagne par Rutxhiel, Louis le Débonnaire par Bosio, Charles le Chauve par Gartellier, Philippe Auguste par Taunay, saint Louis par Rutxhiel, Louis XII par Taunay, Henri IV par Rutxhiel^ Louis XIII par Bosio, Louis XIV par Gartellier.

Au-dessus de la corniche de Tordre, soutenue de consoles par Mazière, commence la coupole, de tout temps fort louée pour sa construction, et qui, si Ton compte la toiture, est à trois étages. Un grand espace sépare cette toiture de la coupe proprement dite, laquelle prend naissance un peu audessous de la corniche de Tattique extérieure. Du pied de cette coupe, communiquant avec les ouvertures de Tattique, partent douze fenêtres cintrées qu’on ne voit pas, et qui n’ont pour objet que d’éclairer la peinture dont cette coupe est décorée.

L’étage inférieur les dérobe à la vue. Il repré-

Pendentif de la. coupole, par Lafosse.

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sente une coupole percée vers son sommet d'un espace rond, par où s’aperçoit le fond de la voûte.

Ce vide est bordé d’une corniche dorée, d'un dessin admirable, sous laquelle court un gros cordon

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orné de pampre de vigne par Lange et Sébastien Slodtz. L’espace au-dessous, ou coupole tronquée/ est divisée dans sa longueur par douze arcs doubleaux également dorés, à caissons, œuvre de Boutet et de Guyot, entre lesquels figurent douze peintures de Jouvenet représentant saint Jacques le Majeur, saint André, saint Paul, saint Pierre, saint Jacques le Mineur, saint Philippe, saint Thomas, saint Jean, saint Jude, saint Simon, saint Mathieu, saint Barthélemy.

Le fond de la coupole, auquel ces figures servent de cadre et d’accompagnement, représente saint Louis dans la gloire remettant son épée à Jésus- Christ. On commanda d’abord cette peinture à Mignard, qui en entreprit les esquisses en 1690. Mais la mort de cet artiste, survenue en i695,fitheureusement passer l’ouvrage aux mains de Lafosse. On l’a restauré en i85i.

Jointes à celles des pendentifs, toutes ces peintures font un des plus beaux ensembles qui soient au monde. « Il n’y a personne, dit Félibien, qui ne se sente comme ravi hors de soi en regardant à la fois, du milieu du Dôme, toutes ces peintures. Elles paraissent ne former ensemble qu’un même sujet de triomphe pour Jésus-Christ, d’adoration pour la Sainte Trinité, de gloire pour la sacrée Vierge et de béatitude pour saint Louis, pour les apôtres, pour les évangélistes, et pourtant d’esprits célestes qui les accompagnent, et qui, portés par des nuages, semblent s^élever de toutes parts et quitter la terre pour habiter le ciel. » On remarquera que cet

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ouvrage émane des memes peintres dont on admire

Chapelle Sai.nt-Ambkoise, par Maasard.

le rapprochement dans la chapelle de Versailles, et qui nous font assister au rajeunissement de l’école française par l’imitation de Rubens et par

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rintroduction du coloris flamand. Ce charme nouveau se présente à nos regards en même temps qu’un emploi réduit de la peinture, et qu’un essor soudain de la sculpture d’ornement. Plus d’éclat, comme plus de légèreté, sont l’agréable effet de ces nouveautés. En même temps que la Régence et le règne de Louis XV, elles annoncent jusqu’à la décoration d’appartement, telle que devaient la constituer bientôt, avec l’aide des menuisiers artistes, De Cotte, BofFrand etOppenord, tous trois élèves d’Hardouin-Mansard.

, Les quatre chapelles secondaires sont rondes et couvertes en coupole, selon une disposition qui est comme un raccourci de celle du dôme. Le tambour de ces coupoles n’est qu’un simple piédestal à quatre ressauts, dans l’intervalle desquels sont des groupes d’anges ou de prophètes en bas-relief. A l’aplomb de ces groupes d’anges, la coupole est percée de deux fenêtres cintrées et de deux fausses arcades. Dans Tintervalle et sur ces fausses arcades sont six sujets de peinture. Toute cette partie se termine à une corniche circulaire, sur laquelle pose une calotte décorée de figures volantes et plafonnantes. Tout l’ornement de cette partie est doré.

Au-dessous règne un ordre corinthien, de dimension plus petite que celui du dôme, à cause d’un piédestal sur lequel il est porté, et à cause du sol plus élevé qui en diminue la hauteur. Cet ordre a huit colonnes engagées, entre lesquelles s’ouvrent deux fenêtres, trois portes et trois niches, autrefois garnies de statues. Sur ces niches, taillées

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par Lespingolâ, par Doisy, par Prou, par Bourde- REL et par Renard, sont des figures d’enfants de basrelief, œuvres de Rousselet, Legros et Prou. Jou-

Saim' Louis daxs la gloire, peixïure de la coupole par Lafosse d’après la gravure de Coehin.

VENET le sculpteur donna le modèle des corniches exécutées par Chauveau, Goupy, Legrand, Briouet, Taupin, Lalande, Maureuge et Renard.

D autres ornements sont dus aux frères Carlier et a Lei EVRE. La porte du milieu qui va au dôme est

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sans moulure, et surmontée d’un cartouche avec la figure d’une Vertu en bas-relief. Au-dessus des autres portes sont des sujets ronds, que deux Anges portés sur des nuages paraissent soutenir. Ces sujets, tirés de la vie de Saint Louis, font une suite aux bas-reliefs mentionnés ci-dessus. Toute cette sculpture, remarquable par le dessin, est d’une exécution infiniment précieuse^ qui fait de Tédifice en ce genre comme un musée de pièces rares et choisies.

Dans les trois niches de ces chapelles avaient été placées dès l’origine les modèles de plâtre dont j’ai parlé, qu’on devait copier en marbre. Mais cette besogne fut si bien retardée, que les sculpteurs auteurs des modèles moururent avant de l’avoir exécutée. Ce n’est que près d’un demi-siècle après, entre 174^ et 1768, qu’elle fut achevée par une nouvelle génération, qui semble n’avoir suivi que d’assez loin les modèles.

D’autres statues destinées aux chapelles principales, à droite et à gauche du chœur, eurent le même sort. Les plâtres originaux, mis en vente à mesure, ont disparu sans retour, et la Révolution a supprimé les marbres.

Chacune des chapelles rondes est consacrée à un Père de l’Eglise latine. En voici le détail, en même temps que des deux autres, en commençant à droite de la grand’porte.

Première chapelle ronde : Saint-Augustin. —

Les peintures à la voûte sont de Louis Boulogne ; en voici les sujets. La Conversion de saint Augus-

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tin. Saint Augustin reçoit de saint Ambroise le baptême- Saint Augustin prêchant devant l’évêque Valère. Saint Augustin sacré évêque. Saint Augustin confond les hérétiques Donatistes. Saint Augustin près de mourir guérit un malade. Dans la coupe est l’Apothéose du Saint.

Dans les trois niches se trouvaient autrefois : Saint Augustin, modèle de plâtre de Poulletier, plus tard en marbre par Pajou, ce marbre (sous Pattribution à d’Huez) est sans doute à Saint-Roch; Sainte Monique par Lefrançois, puis par Houdon ; Saint Alipe, par Mazière, puis par Gaffiéri. La niche du saint titulaire contient aujourd’hui une figure colossale de la Religion par Rousseau (faussement attribuée à Girardon) exécutée pour le salon de la Chapelle à Versailles et qui ne fut pas placée. La niche de Saint Alipe offre une statue de l’Abondance provenant de l’ancien tombeau du duc de Créqui, exécuté aux Capucines par Mazeline et Hurtrelle.

Les prophètes dans le tambour sous les fenêtres, sont d’AxsELME Flamen. Les sujets ronds au-dessus des portes sont: Saint Louis faisant vénérer la croix, et le même rendant la justice, par Poulletier. La figure dans le cartouche est celle de la Religion et l’œuvre de Lapierre.

Ln sarcophage du roi Joseph, frère de Napoléon, défigure malheureusement cette chapelle par ses proportions colossales. 11 est de marbre et du dessin de l’architecte Crépixet, qui l’éleva par ordre de Napoléon III, en 1866.

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Chapelle Sainte-Thérèse. —La statue de la sainte, modelée en plâtre par Magnier, avait été exécutée en marbre par Jean-Baptiste Lemoyne. Elle était sur l’autel, au deux côtés duquel étaient des anges agenouillés par Jean-Louis Lemoyne et Lapierre.

Depuis, le monument de Vauban a remplacé toute cette décoration. On l’éleva en 1807 dans une forme différente de celui d’aujourd’hui. Une urne en haut d’une colonne de stuc noir, dont la base portait des attributs et des trophées, composait alors tout le monument, ouvrage de Trepsat. On l’a remplacé en 1847 pai'iin sarcophage de marbre noir qui porte la figure de Vauban à demi couchée, et aux côtés duquel sont les statues de la Science et de la Guerre. Tout cet ouvrage, fort mauvais, estd’ErEX.

Sur la porte qui va de cette chapelle à la chapelle Saint-Augustin, est la Prise de Damiette, par Hur- TRELLE ; sur celle qui va à la suivante chapelle de Saint-Ambroise, l’Institution desQuinze-Vingts, par Magnier.

Deuxième chapelle ronde : Saint-Ambroise. —

Les peintures à la voûte sont de Bon Boulogne. Ces peintures représentent : Saint Ambroise élu archevêque de Milan ; Saint Ambroise obligeant Théodose à rester à la porte de l’église ; Saint Ambroise convertit un arien ; le Corps de saint Nazaire trouvé par saint Ambroise ; Saint Ambroise guérit un possédé ; Mort de saint Ambroise. Dans la coupe: Saint Ambroise élevé au ciel.

Dans les trois niches étaient : Saint Ambroise,

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dont le modèle en plâtre par Sébastien Slodtz, avait fait place au marbre de Falconet ; Saint Satire, par Bertrand, puis par Gaffieri ; Sainte Marcelline, par Lepautre, puis par Pajou. La place de ces deux dernières est occupée par deux statues plus modernes, de sujet et de provenance inconnus.

Les anges dans le tambour sont de Nicolas Coustou, d’ANSELME Flamen et de Hardy. Les bas-reliefs dans les ronds représentent: Saint Louis lavant les pieds d’iin pauvre, par Poulletier, et Jésus-Christ se montrant à ce roi dans le sacrement de l’autel, par Magnier. Dans le cartouche au-dessus de la troisième porte est l’Humilité, par Lecomte.

Le chœur. — La voûte du chœur représente la Trinité ; dans le tympan de l’arcade au fond est peinte l’Assomption de la Vierge. Ces deux morceaux sont de Noël Coypel, et les plus importants qu’on ait conservés de lui. Malheureusement, le premier a été mal repeint. Dans l’embrasure des fenêtres, sont des Anges musiciens : ceux de gauche sont de Louis Boulogne, ceux de droite sont de Bon Boulogne.

Le maître-autel, relevé dans sa forme actuelle en 1802 par ViscoNTi, a quatre colonnes torses de marbre de Saint-Girons, qui supportent un baldaquin de bois doré. Ce baldaquin est de Marneuf et de Hubert. Les anges au-dessus sont de Feuchères ; les groupes d’enfants sur Fescalier sont de Husson, ainsi que les statues qui portent des flambeaux sur

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l’autel. Le grand crucifix est de Triquety, l’auteur des portes de la Madeleine.

Sous la grande arcade derrière l’autel, qui sépare Léglise du Dôme de l’église des Soldats, Boutet et Cornu ont sculpté toutes sortes d’ornements, avec le signe de la Trinité et deux Anges en adoration.

Les deux églises étaient autrefois séparées par une grille de fer, que remplace une glace sans tain. Une draperie rouge, dont les cordons passaient par des trous encore visibles à la voûte, a disparu avec la grille.

Au-dessus des portes des chapelles attenantes, les deux bas-reliefs de l’Histoire de saint Louis représentent : à gauche, ce prince servant les pauvres, par Legros ; à droite, les Missionnaires envoyés par saint Louis, par Sérastien Slodtz.

Troisième chapelle ronde : Saint-Grégoire. —

Les peintures de cette chapelle étaient dans l’origine de Michel Corneille. 11 n’en reste que les gravures de Cochin au livre de l’abbé Pérau (une copie du saint auquel apparaît Jésus-Christ, se voit à Saint-Jacques de Cornpiègne, dans une chapelle derrière le chœur). Comme l’humidité les avaitruinées, Carle VANLOOsechargea de les refaire, mais il mourut avant d’avoir commencé, et ce fut Doyen qui y pourvut. L’ouvrage de ce peintre est bien supérieur à ce que paraît avoir été Pancien. 11 est fâcheux que ces excellents morceaux, propres à donner la plus grande idée de l’artiste, soient

l'église du DOME

menacés, sans qu’on y pourvoie, de périr par les

Apparition de Jésus-Christ a Saint Grégoire, par Corneille (Ancienne peinture de la chapelle Saint-Grégoire) d’après la gravure de Gochin.

mêmes causes qui ont détruit les premières

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Les trois statues dans les niches étaient : Saint

Le Christ portaint sa choix, PAR Michel-Ange Slodtz d’après Michel-Ange.

Chapelle Saint-Grégoire.

Grégoire, d’abord de plâtre, par Barrois, avant d’ètre fait de marbre par Lemoyne, ce marbre (sous le nom de Saint Léon) est sans doute à Saint- Roch; Sainte Sylvie par Frémin, puis par Caffiéri ; Sainte Emilienne, par Lelorrain, puis par D’Huez.

La place de cette dernière est occupée par une seconde statue du tombeau du duc de Gréquy, autrefois pendant de celle de l’Abondance. Elle représentait la Religion ; mais le crucifix qu’elle tenait, ainsi que le bras droit, est perdu, et ce dernier a été remplacé par un bras portant un flambeau. La ni-

che en face contient une copie admirable faite à Rome en i^36 par Michel-Ange Slodtz d’après le Christ de Michel-Ange qui est dans Fé-

l’église du dôme 59

glise de la Minerve. Cette copie occupait avant la

chapelle de la Yiekge, daiss l’Eglise du Dôme d’après la gravure de Lucas.

Révolution le maître-autel dans l’église de Glioisy. Les Anges dans le tambour sont de Poulletier et

de Hardy; les bas-reliefs dans les ronds représentent: le Mariage de saint Louis, et Saint Louis prenant la Croix, par Lapierre. Au-dessus de la porte qui va au dôme est l’Espérance, de Lecomte.

Chapelle de la Vierge. — Le modèle de plâtre de la Vierge sur Tancien autel de cette chapelle avait été fait par Vanclève, ainsi que le devant d’autel. Un marbre de Pigalle la remplaça, aujourd’hui visible à Saint-Eustache dans la chapelle de la Vierge. Les anges à droite et à gauche étaient de Poirier et de Guillaume Goustou père.

Tous ces morceaux ont fait place au tombeau de Turenne, apporté delà basilique de Saint-Denis. Il est du dessin de Lerrun, et se compose d’un groupe du héros soutenu par l’Espérance chrétienne, de Tuby, d’un bas-relief qui représente la bataille de Turckheim, du même, et des statues assises de la Sagesse et de la Valeur, par les frères Marsy.

Sur les portes de cette chapelle, du côté de Saint- Grégoire, est SaintLouis touchant les malades, par Magnier; du côté de la chapelle Saint-Jérôme, ({ui suit, SaintLouis portant la couronne d’épines, par Vanclève.

Quatrième chapelle ronde : Saint-Jérôme. — Les peintures de cette chapelle furent d’abord confiées à PoERSON. Ce peintre les entreprit en 1702, en même temps que ses confrères, chacune des trois autres. Sa mort, qui suivit de près, obligea, comme pour la coupole, de rechercher un autre artiste. C'est à cette circonstance que Bon Bou-

l’église du dôme 6l

LOGNE doit d’avoir peint deux de ces chapelles au

riioto Neurdein.

Tombeau de Tureatse aux Invalides, par Lebrun, Tuby

ET LES ERÈRES MaRSY.

lieu d’une. Il commença celle-ci en 1704 Voici les

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différents sujets: Le Saint visitant le tombeau des martyrs. Son baptême. Son ordination. Jésus- Christ en personne reproche à saint Jérôme la lecture des auteurs profanes. Saint Jérôme occupé de la pensée des jugements de Dieu. Mort de saint Jérôme. Dans la coupe : son Apothéose.

Les trois statues étaient : celle de Saint Jérôme, d’abord en plâtre par Théodon, et dont le marbre, par Lambert Adam, est maintenant à Saint-Roch ; celle de Sainte Paule, plâtre par Garnier, marbre par Allegrain, terminé parMoucHV ; et celle de Sainte Eustochie, plâtre par Dedieu, marbre par Monnot.

Dans le tambour, des groupes de Prophètes sont l’œuvre de Nicolas Goustou et de Flamen. Les enfants qui soutiennent les cadres des peintures dans la coupole, sont de Barrois. Un des médaillons, sur les port(‘S offre : Saint Louis pansant les malades ; Pautre, ce roi ensevelissant les morts de la croisade : tous deux sont de Poulletier. Le basrelief au-dessus de la troisième porte représente la Charité, par Lefèvre.

Le tombeau du roi de Westphalie Jérôme, frère de Napoléon, occupe depuis 1862 une des niches de cette chapelle. Il est surmonté de sa statue par Guillaume. Dans la niche vis-à-vis est un modèle de bois, d’un tombeau projeté pour le prince Jérôme, fils aîné de ce roi. Le cœur delà reine Catherine sa femme repose dans la niche principale. Leur second fils, le prince Napoléon, mort en 1891, avait demandé qu’on lui permît de reposer dans cette chapelle. La permission ayant été refusée, il

1 AA É DE L Église du Dôme, par Lespingola, Fontenay et Audray

d'après la g^ravure de Lucas.

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est enterré à Supergue, dans le tombeau destiné à sa femme, la princesse Glotilde de Savoie.

Le souci d’honorer les cendres de ces personnages impériaux a fait dorer d’un or détonnant les bas-reliefs de marbre de cette chapelle.

L’espace commandé par l’entrée entre la chapelle Saint-Jérôme et celle de Saint-Augustin, est décoré, comme le chœur, de deux bas-reliefs de l’histoire de saint Louis, sur chacune des portes allant dans ces chapelles. Du côté de Saint-Jérôme est ce prince recevant la bénédiction du Pape, par LespiNGOLA ; du côté de Saint-Augustin, la Mort de saint Louis, par Yanclève.

Le pavé de l’église et de toutes les chapelles est en marqueterie de marbre, dans le genre importé en France par Bordoni à Fontainebleau et par les frères Mégliorini aux Gobelins. 11 est fait d'un grand nombre de compartiments de toutes formes, en partie remplis des chiffres de Louis XIV, ornés de rinceaux et de feuillages d’un goût parfait, combinés et mis en place avec un art exquis. Trois artistes ont concurremment fourni des dessins pour ce pavé : Lespingola le sculpteur, Fontenay le peintre de fleurs, et Audran, le maître de l’arabesque. Les ouvriers employés sont Ergot, Missou, Deschamps^ Lesqui, Tarlé, Desaigres et Derbais. L’ouvrage de tous ces maîtres rivalise avec ce que l’Italie et même le royaume de Naples a produit de plus beau en ce genre. Le dessin léger, sobre et charmant des ornements et des feuillages, le nuance-

l’église du dôme

ment des marbres, l’imitation discrète qu’il réalise des ombres et du modelé naturel, ne sauraient aller au delà. On ne peut trop déplorer, en voyant ce qui reste de ce chef-d’œuvre, que le motif du milieu ait été détruit ainsi que sa bordure, pour percer la crypte où se trouve le tombeau de Napoléon.

Tombeau de Napoléon. — Ce tombeau fut élevé de 1843 à 1861. Le roi Louis-Philippe l’entreprit, pour répondre au vœu de l’empereur, exprimé en ces termes dans son testament : « Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine. » Ces cendres, enlevées de Sainte-Hélène le 18 octobre 1840, arrivèrent le 3o novembre suivant à Cherbourg d’où elles gagnèrent Paris par la Seine. Un bateau de triomphe dessiné par Visgonti les porta de Plaisons à Courbevoie. Les débris de ce bateau détruit ont été depuis utilisées dans la construction du bain Deligny.

Sur un char richement décoré, les cendres furent menées, le i5 décembre, par l’avenue de Neuilly jusqu’aux Invalides, où, en attendant l’achèvement du tombeau, elles prirent place dans la chapelle Saint-Jérôme,

ViscoxTi, qui lut avec Labrouste l’ordonnateur de toute la pompe, a donné le dessin du tombeau. Il consiste en un sarcophage colossal de granit qu’environne une galerie ronde soutenue de douze piliers carrés, au-devant desquels sont autant de Victoires. Ces Victoires sont l’œuvre de Pradier.

La crypte est découverte au-dessus du sarco-

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phage de manière à faire voir le monument d'en haut. Une balustrade de marbre, ornée de feuillages de chêne en bas-relief, fait le tour de cette ouverture.

Sous la galerie sont dix bas-reliefs par Simard, aidé de Petit, de Lanno et de M. Ottin. En voici les sujets : la Légion d’honneur, les Travaux publics, le Commerce et l’Industrie, la Cour des Comptes, l’Université, l’Eglise de France, le Code, le Conseil d’Etat, l’Administration, la Pacification des troubles. Tous ces ouvrages, dont la liste semble tirée d’un sommaire du Journal officiel^ ne sontpas moins pauvres de style que d'invention.

Au fond, dans une petite chapelle, est une statue de l’Empereur en marbre blanc, par Simard. Différents objets provenant de Napoléon, l’épée d’Austerlitz et le chapeau d’Eylau, sont conservés dans une sorte de reliquaire.

On descend à la crypte par un escalier de marbre qui est derrière le maître-autel. De chaque côté de cet escalier sont les cénotaphes ornés de deux colonnes, dé Duroc et de Bertrand. La porte de la crypte est accostée de deux statues colossales de Duret. Les vantaux sont l’œuvre de ^Iarneuf.

Le projet dont cet ensemble otfre l’exécution, obtint le choix dans un concours auquel prirent part, en même temps que Viscoiiti, plusieurs des architectes en renom d’alors. La volonté de dépasser en grandeur d’effet tous les monuments connus, dans un temps où toutes les sortes d’élégance étaient condamnées comme Ifivoles, fit naître des

l'église du dôme

projets ridicules par les proportions monstrueuses et par la chétiveté du dessin. En échappant à ce ridicule, celui-ci n’évite le reproche ni d’énormité ni de sécheresse.

Le sculpteur Etex rapporte qu’admis en i853 en

Photo Le Deley.

Tombeau de Napoléon, par Visconti.

audience de l’empereur Napoléon 111, il se permit de blâmer ce monument, disant que Napoléon chez Louis XIV faisait un assemblage qui «jure ».

« Oh ! c’est bien vrai, cela jure, dit NapoléonlII ». Et l’Empereur ajouta quelques plaisanteries sur l’effet malheureux que cette grande ouverture faisait au milieu de l’édifice. « Ce pauvre Visconti, ditil, je l’aimais beaucoup, mais il s’est complètement trompé cette fois. » Etex répondit qu'il y avait moyen d’améliorer l’effet du tombeau, qui était

de le changer en im monument franchement souterrain, en refaisant au-dessus le pavé de Féglise. ((Je crois que vous avez raison, fit TEmpereur. » Outre Turenne, Vauban, le roi Joseph, le prince Jérôme et son fils, la crypte des Invalides contient encore les corps des victimes qui périrent en i836 dans l’attentat de Fieschi, rangés sous le pavé de la chapelle Saint-Grégoire.

Vierge par Pigalle inainleiiant à Saint-Eustachc.

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