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Le petit balancier porte les mêmes inscriptions : la date seule varie : mdcxgviii. Les académiciens décidèrent que les quatre
figures qui devaient l’orner représenteraient « plus particulièrement l’art d’inventer et de fabriquer les jetons et les médailles ».
Le Génie ou Y Invention devait être figuré par Apollon tenant sa lyre ; le Dessin, par un jeune homme ayant auprès de lui un buste du Roi ; Y Art de graver , par un jeune graveur, tenant un ciselet d’une main et de l’autre une médaille à l’effigie royale.
Les prescriptions de l’Académie ne furent pas complètement suivies. Ainsi le Génie ou Y Invention est représenté par une femme tenant une lyre et une trompette : le Dessin , par un jeune artiste dessinant et appuyant son carton sur un torse antique ; Y Art de graver, par un jeune homme gravant avec un ciselel un coin à l’effigie de Louis XIV, dont il a le modèle devant les yeux. On a ajouté Y Art du monnayage , symbolisé par une femme s’appuyant contre la barre d’un balancier.
Ce petit balancier, actuellement rebuté, est conservé dans une
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des dépendances de la Monnaie. Tl a figuré, dans sa forme primitive, avec la barre terminée par deux boules, au centre des vitrines de
I Administration des Monnaies, à l’Exposition Universelle de 1900. Ainsi que nous 1 avons déjà dit, ces deux balanciers excitèrent
l’enthousiasme des contemporains. Germain Brice, dans sa Description de la ville cle Paris , vante leur masse et leur aspect décoratif.
Le Guide de Thiéry, (1787), nous dit que les curieux et les artistes admirent spécialement à la Monnaie des Médailles « les deux grands balanciers de bronze qui pèsent vingt-six milliers ».
Ils ont été transmis presque intacts à r Administration des Monnaies, n’ayant subi qu’une mutilation, à la Révolution : le martelage de l’écusson royal qui les décorait.
Dubois de Saint-Gelais, dans son Histoire journalière cle Paris (1716-1717) et le Mercure (juin 1717), nous ont conservé le souvenir des visites du tsar Pierre le Grand à la Monnaie des Médailles, au Louvre, le 12 et le 20 juin 1717. Ce qui causa particulièrement son étonnement, fut la beauté et la masse des deux nouveaux balanciers construits sous la direction de Nicolas de Launay.
C’est le plus grand, destiné à la frappe des médailles, qui donna les empreintes à la pièce en or, à l’effigie de Pierre le Grand, offerte au tsar avec une collection d’autres médailles d’argent et de bronze en souvenir de sa visite ; le coin de la face avait été gravé par Jean Duvivier et celui du revers par un artiste, d’origine danoise ou norvégienne, Rôg, attaché par Louis XIY à la Monnaie des Médailles.
Ce même balancier frappa, le 7 octobre 1896, la médaille commémorative remise à LL. MM. l’Empereur Nicolas II et l’Impératrice Alexandra, dans l’atelier des médailles, alors nouvellement installé, lorsqu’ils honorèrent l’Administration des Monnaies de leur auguste visite.
On voit que ce beau balancier est tout à la fois un instrument remarquable et vénérable, une œuvre d’art, par suite de sa décoration, et une pièce historique précieuse pour l’Hôtel des Monnaies.
Patine des médailles. — Les médailles, une fois frappées, sont passées à la machine à sabler , pour préparer la surface du métal à recevoir la patine , qui est obtenue à l’aide de bains spéciaux. A la suite de la patine, les médailles sont brossées et amenées à la couleur voulue ; elles ne sortent de l’atelier, qu’après vérification, et sont versées au bureau de vente ; elles sont alors livrées aux personnes
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qui en ont fait la commande, ou si elles font partie des collections que le public peut acquérir, elles sont mises à sa disposition dans le magasin à l’Hôtel des Monnaies ou dans la succursale du Boulevard des Italiens.
L'atelier des médailles comprend un service chargé de la confection et de la reproduction des instruments de frappe ; il possède plusieurs tours à réduire , permettant d'obtenir, d'après un grand modèle en fonte, les poinçons qui seront enfoncés dans les blocs d’acier qui deviennent les coins.
L'Administration des Monnaies, depuis la Révolution jusqu’à l’époque actuelle. — La Cour des Monnaies fut entraînée, comme toutes les institutions royales, par la tourmente révolutionnaire.
Un décret du 11 septembre 1790 décida qu'un comité formé de sept membres, pris dans l'Assemblée Nationale, serait chargé spécialement de s'occuper de tout ce qui aurait rapport à la législation des monnaies, à leur titre, à leur poids et à la proportion qui devait être établie entre leurs valeurs respectives.
Les attributions judiciaires de l’ancienne Cour avaient été attribuées aux tribunaux ordinaires.
Un nouveau décret, du 3 avril 1791, ordonna que les directeurs des Monnaies seraient placés sous la surveillance d une commission composée du ministre de l'Intérieur, de huit commissaires, d'un secrétaire général et d'un garde des dépôts ou comptable.
De nouveaux décrets des 21 mai et 30 août 1791, 18 septembre 1792 et 14 février 1794 (26 pluviôse an II), etc., apportèrent de nouvelles modifications à l'organisation monétaire. L’atelier de Paris fut seul maintenu.
La loi des 22-28 vendémiaire an IV 14 et 20 octobre 1795) rétablit huit ateliers. L'Administration se composait de trois administrateurs, sous la présidence de l'un d’eux, élu chaque mois par ses collègues.
A la suite de la loi des 7 et 17 germinal an XI (28 mars et 7 avril 1803), un arrêté du 10 prairial an XI (30 mai 1803) réglementa définitivement l'Administration des Monnaies.
L'Administration fut comprise dans les attributions du ministre des Finances ; elle se composait alors de trois membres nommés par
le Premier Consul. Son rôle était de surveiller et de contrôler la fabrication des espèces, ainsi que de maintenir P exécution des lois concernant lés monnaies et la garantie des matières d'or et d’argent.
Le personnel de l'Administration comprenait : un inspecteur général des monnaies, un inspecteur des essais, un vérificateur des essais et deux essayeurs, un graveur, un secrétaire général, garde des archives et dépôts.
Les fonctionnaires de chaque atelier étaient au nombre de quatre : un commissaire, un directeur de la fabrication, un contrôleur du monnayage, un caissier.
Le directeur, véritable entrepreneur, se chargeait, moyennant un tarif déterminé, de la fabrication dans tous ses détails.
L'ordonnance royale du 26 décembre 1827 remplaça les trois administrateurs par un président et deux commissaires généraux ; un décret du 10 janvier 1871 supprima ces trois fonctionnaires et institua un directeur et un sous-directeur.
L'organisation monétaire fut complètement transformée par la loi du 31 juillet 1879, qui a substitué la régie à l'entreprise et par les décrets des 31 octobre et 20 novembre 1879, rendus pour l'exécution de cette loi. A partir du 1er janvier 1880, un directeur général et dans la suite un directeur, fut à la fois chargé de la surveillance du service et de la fabrication des monnaies et médailles, sous le contrôle d'une Commission monétaire, dont les attributions ont été déterminées par la loi précitée du 31 juillet 1879.
Les ateliers monétaires situés sur le territoire français, remis en activité par l'arrêté du 10 prairial an XI, étaient au nombre de treize, qui tous fonctionnèrent jusqu'en 1837 ; ils conservèrent leur ancien différent ou lettre monétaire : Paris (A) ; Bordeaux (K) ; Lille (W) ; Lyon (D) ; Marseille (lettres A et M liées) ; Rouen (B) ; Strasbourg (BB) : Bayonne (L) ; La Rochelle (H) ; Limoges (I); Nantes (T) : Perpignan (Q) ; Toulouse (M).
Le nombre des ateliers, dans les pays conquis, fut porté à cinq :
Gènes (CL) ; Genève (G) ; Rome (la lettre R couronnée) : Turin (U : Utrecht (un mât).
Il y avait eu ainsi dix-huit ateliers monétaires en activité sous le
FABRICATION ET ADMINISTRATION
Le 1er janvier 1838, les Monnaies de Bayonne, La Rochelle, Limoges, Nantes, Perpignan et Toulouse furent supprimées ; Lille, M arseille et Rouen, en 1857; Lyon en 1858. Il ne restait plus que les hôtels monétaires de Paris, Strasbourg et Bordeaux ; ce dernier continua à fonctionner jusqu’en 1878.
A partir de cette époque, la Monnaie de Paris a été le seul atelier national et a centralisé toute la fabrication, tant des espèces françaises que des espèces étrangères que les divers Etats out fait frapper dans notre pays.
Actuellement, P Administration des Monnaies, sous l’autorité d'un directeur, comprend les services suivants :
1° Secrétariat et Musée: 2° Bureaux du change et de la vente des médailles (deux bureaux pour les médailles, quai Conti, et un magasin, boulevard des Italiens) : 3° Service des essais; 4° Service des travaux; 5° Service de la gravure; 6° Service des machines; 7° Contrôle .
Garantie des matières d’or et d'argent. Indépendamment de la fabrication des monnaies et des médailles, l’Administration a dans ses attributions une partie du service de la Garantie des matières d’or et d’argent. Aux termes de l’ordonnance du 5 mai 1820, cette Administration est chargée « de donner toutes les instructions relatives à 1 exactitude des essais et de diriger la confection, l’envoi, Y application et la vérification des poinçons ». On sait, en effet, que tous les ouvrages d’orfèvrerie, de bijouterie, de joaillerie, etc., en or ou en argent, doivent être à l’un des titres réglementaires, et que ces objets sont, conformément à la loi du 19 brumaire an Y 8 (9 novembre 1797), soumis aux vérifications des agents du service de la Garantie, qui les poinçonnent, après constatation de la régularité de leur titre.
Balancier de 1698.