‹ L'Hôtel des monnaiesChapitre 7 sur 17 · DE MESSIRE JACQUES DENIS ANTOINE, ARCHTE DE LA MONIE DE PARIS · texte numérisé non relu

DE MESSIRE JACQUES DENIS ANTOINE, ARCHTE DE LA MONIE DE PARIS

NICOLAS IOACH1M HEBAN ME FONDEUR A PARIS.

Comme tout palais royal de l’ancien régime, l’Hôtel des Monnaies avait une chapelle. On y accédait par un petit porche donnant sous l’arcade qui sépare la cour d’honneur à droite, d’une petite cour dans laquelle on peut pénétrer actuellement par l’impasse de Conti.

Cette chapelle, décorée intérieurement de colonnes peintes et de divers motifs en grisaille, était terminée par une coupole, ornée de caissons peints, au centre de laquelle se trouvait un vitrage, le seul »our qui l’éclairait.

Elle existe encore, mais assez modifiée; elle a été partagée en deux étages, par un plancher, et des fenêtres ont été percées pour donner le jour nécessaire au bureau du secrétariat qui l’occupe

aujourd'hui ; ajoutons cependant que, au cours de ces remaniements, la décoration ancienne a été respectée dans la mesure du possible et qu’elle pourrait être facilement rétablie dans son état ancien.

Dans une cour latérale, communiquant avec la cour d’honneur, à gauche, se trouve une pyramide en pierre, une méridienne, qu’une inscription nous apprend avoir été calculée, en 1777, par Pingret et Jeaurat, membres de l’Académie des Sciences.

L’extrémité est de la façade principale forme pavillon sur la rue Guénégaud : un autre pavillon du même genre, construit a l’autre bout de Parle en façade sur la rue Guénégaud, est occupé actuellement par le service de la Garantie.

Les statues des quatre Eléments ornant F avant-corps du bâtiment qui réunit ces deux pavillons, sont dans l’ordre suivant, en venant du quai Gonti : Le Feu, 1 3 Air, Y Eau et la Terre. Nous avons pu vérifier les signatures qu’elles portent ; celles du Feu et de la Terre sont signées : dvprez 1771 ; celles de l’Air et de l’Eau, qui se trouvent au milieu : j. j. caffieri 1771. Les modèles en terre cuite des statues de Caffiéri, célèbre sculpteur du xvme siècle, ont figuré sous les nos 249 et 250 au Salon de 1771 ; ils sont décrits en ces ternies dans le livret :

« Une nayade représentant l’Eau, l’un des quatre éléments.

« L’Air, son pendant, tenant un caméléon, que les anciens « croyaient ne vivre que d’air; un aigle est à ses pieds... »

Deux inscriptions latines gravées sur des plaques de marbre noir, placées entre les statues, sur Fattique, font allusion aux sujets représentés ; elles se composent chacune de quatre vers.

Une troisième plaque, également en marbre noir, se trouve entre les deux statues du milieu ; elle devait porter, sans doute, une inscription à la gloire du roi, inscription qui a dû être effacée à la Révolution.

La première inscription est conçue en ces termes :

Turbine inexhausto stridens sese mentit (sic) AEH, ditibus aspirans virnque animamque focis.

Jam rerum domitor massam jubet ire liquentem, atque, utinam faustas, parturit IGNES opes.

L'IIOTEL DES MONNAIES (QUAI G O N T I

La seconde :

Omniparens TELLUS yenis innata metalla,

Augustos vultus exhibitura dedi.

Ast ego LYMPHA rudes squalenti e viscere glebas,

Usque sequax, puris abluo fluminibus.

On pourrait ainsi traduire les deux inscriptions :

L'AIR se meut en sifflant dans un tourbillon incessant,

Aspirant sa force et son souffle par des foyers toujours puissants.

Déjà le FEU, dompteur de la matière, fait qu elle se transforme en une

[masse liquide,

C'est ainsi qu’il enfante des richesses ; puissent-elles être heureuses !

Moi, la TERRE, mère de toutes choses, j'ai fourni les métaux, fruits de

[mes veines,

Qui produiront des effigies augustes.

Mais moi, PEAU, dans ma course constante,

Je lave de mes ondes pures, les glèbes de mes rudes et noires entrailles.

Ajoutons que les statues ont été restaurées eu 1897.

Les contemporains furent assez sévères sur le mérite artistique de ces statues ; en ce qui concerne les œuvres de Caffîéri, nous trouvons l’écho de ces critiques dans les Mémoires secrets de Bachaumont (t. VI), critiques d’ailleurs justifiées.

« On vient déposer [29 novembre 1771] à l'Hôtel des Monnaies, « sur la principale porte de la rue Guénégaud, deux figures en pied, « de grandeur naturelle, c’est-à-dire de six pieds environ , qui accoma pagnent les deux autres déjà placées et représentent ensemble les « quatre Elémens. Ces deux dernières sont Y Ea u et Y Air. La pre- « mière est une nayade qui, la tête inclinée, tient un vase dont « s’écoule un jet d’eau. La draperie de cette nymphe n’est pas « ondoyante, comme il faut la supposer, et le fluide qui sort de « l’urne, n’a ni le transparent ni le mobile d’un liquide ; tout l’en- « semble en est matériel : on ne trouve rien de gracieux, rien d’élé- « gant dans cette figure. Celle de Y Air a quelque chose de plus « swelte. Elle est caractérisée par un pélican à ses pieds, oiseau << fabuleux qu’on prétendoit se nourrir de ce fluide, el que les poètes « et les artistes ont adopté pour son emblème allégorique ; la nymphe « a les yeux tournés vers le ciel et déjà, le pied gauche levé, elle

« semble disposée à s’élancer dans le vague de l’atmosphère, mais « sa draperie ne flotte pas assez et n’a, pas plus que celle de la precc mière figure, la légèreté, le jeu, la souplesse qu’elle devroit avoir. « Ces ouvrages sont de M. Caffîéri, sculpteur estimable, qui s’est « distingué au Sallon dernier. »

Parmi les nombreux plans de l’époque qui nous ont été conservés, le plus intéressant et le plus précieux est certainement celui qui a été offert au Musée de la Monnaie, par M. L. Sudre, ancien chef des Travaux ; on y voit indiqués les divers services occupant le rez-de-chaussée ; l’hôtel de Laverdy (ancien petit hôtel de Conti), qui manque sur les documents du temps, car il ne faisait pas partie, avant la Révolution, des bâtiments de l’Hôtel des Monnaies, y est figuré dans tous ses détails ; c’est probablement le plan original dressé par l’architecte Antoine, lors de l’installation des ateliers quai Conti.

Un autre plan doit être aussi mentionne; c’est celui qui fut adopté par Louis XV ; il fait partie du dossier provenant de la succession d’Antoine, actuellement déposé au Cabinet des Estampes, à la Bibliothèque Nationale.

Un recueil fort utile aussi, est le volume de Plans des divers étages et coupe de V Hôtel des Monnaies à Paris , publié chez Bance, en 1826; on y trouve aussi l’indication des services occupant les diverses parties du bâtiment. Dans son genre, il présente un grand intérêt, car il nous renseigne sur la destination des locaux et des ateliers peu d’années avant la réunion de la Monnaie des Médailles à l’Hôtel des Monnaies. Les vues qu’il donne reproduisent d’anciennes gravures ; ainsi celle de la façade, gravée par Poulleau, est complétée par le parapet du quai, tel que l’avait conçu l’architecte, et non tel qu’il était en 1826.

L’aspect monumental et la situation si heureuse de l’Hôtel des Monnaies, ne laissèrent pas indifférents les peintres parisiens de la fin du xviii6 siècle.

L’un d’eux, Pierre de Machy, exposa successivement aux Salons de 1775 (n° 48 du livret), de 1781 (n° 60 du livret) et de 1783 (n° 43

du livret), des vues de Paris, prises du Pont-Neuf, représentant la façade de l’Hotel des Monnaies, ainsi que les monuments voisins et ceux construits sur la rive droite de la Seine.

M. F. Engerand a publié dans la Chronique des Arts (numéro du 28 novembre 1896), un document concernant cet artiste, qui avait la spécialité des vues de Paris ; c'est le mémoire d’un tableau fait pour le Roi, sur l’ordre du comte d’Angiviller, en 1783 ; il représentait « une vue de Paris prise de dessus le Pont-Neuf, « présentant d’un côté la colonnade du Louvre et la Gallerie, et de a l’autre, l’Hôtel des Monnoyes et sa bordure ». Ce mémoire s’élevait à la somme de 2 000 livres. Il s’agit du tableau qui ligura au Salon de 1783 ; les dimensions indiquées dans le mémoire et le livret diffèrent fort peu.

M. F. Engerand a identifié cette peinture avec le tableau de Pierre de Machy, représentant une vue prise du Pont-Neuf, conservé actuellement au Musée de Versailles (n° 783).

Un autre tableau analogue portant la signature de cet artiste a figuré dans la vente Destailleur, en 1896 (n° 391 du Catalogue).

Ajoutons aussi qu’un dessin à la plume, rehaussé d’aquarelle, œuvre d’un dessinateur inconnu de la fin du xvin° siècle, se trouvait dans la vente du baron Jérôme Piclion, en 1897 (n° 133 du Catalogue de dessins et estampes).

Les estampes donnant la reproduction de tout ou partie de l’Hôtel des Monnaies sont fort nombreuses. Il n’y a de vraiment intéressantes <[ue celles qui sont contemporaines de la construction. Parmi ces dernières, nous devons citer en premier lieu la belle vue de la façade gravée par Poulleau, et dédiée par Antoine, l’architecte du monument, à l’abbé Terray, contrôleur général des Finances, chargé par Louis XV de le représenter à la cérémonie de la pose de la première pierre. Le parapet du quai projeté y est représenté ; cette gravure fut reproduite dans le recueil de plans, publié en 1826, par Rance, dont nous avons parlé plus haut.

La vue la plus pittoresque est l’estampe, avec des légendes anglaises, gravée par Thomas Vivarès ; ce n’est plus, comme la précédente, un simple dessin d’architecte, c’est un véritable tableau, qui nous montre une partie vivante d’un vieux quartier de la capi-

taie, peut-être plus animé qu’en réalité, avec des embarcations de plaisance sur le bras de la Seine qui borde le quai Conti.

Une autre mérite encore d’être signalée : elle est presque contemporaine de la Révolution et nous offre en même temps qu’un souvenir d’un épisode de la vie parisienne, un aspect assez intéressant du monument; c’est l’œuvre d’un graveur de talent, Cl. Niquet. Gravée d’après un dessin de Vény et Girardet, elle représente un rassemblement sur le Pont-Neuf, le 16 septembre 1788. Le peuple force les passants à saluer et à se mettre à genoux devant la statue d’Henri IV « qu’il croyait avoir été le meilleur des Rois ». Dans le fond du champ, la façade de l’Hôtel des Monnaies.

Cette gravure a été reproduite dans la suite.

Signalons enfin, la petite vue gravée par F. Jourdan, que Thiéry a donnée en 1787 dans son précieux Guide , pour illustrer la notice si intéressante qu’il a consacrée au nouvel atelier monétaire.

L’Hôtel des Monnaies occupe actuellement un emplacement plus vaste que celui qui fut mis à la disposition de l’architecte Antoine. La Révolution enleva à la famille du contrôleur général des Finances, François de Laverdy, la jouissance du petit hôtel de Conti, qui avait pris le nom de celui à qui il avait été concédé.

L’hôtel de Laverdy fut réuni à l’Hôtel des Monnaies et il n’en fut pas disjoint, à la Restauration, malgré la réclamation que formulèrent, à cette époque, les héritiers de Laverdy : la marquise de Belbeuf et Mmes de la Briffe et de Sesmaisons, ainsi qu’il appert d’un dossier conservé dans les Archives de la Monnaie.

La partie du terrain située derrière l’ancien petit hôtel de Contv et où se trouvent actuellement l’atelier des médailles et ses divers services fut annexée à une époque postérieure ; cet emplacement n’était pas compris, sur les plans du xvme siècle, dans l’enceinte de l’hôtel de Conti et de ses dépendances.

Nous ne pouvons terminer la description de l’Hôtel des Monnaies sans dire quelques mots de l’architecte auquel on doit ce beau monument.

Jacques-Denis Antoine, né le fi août 1733, était le fils d’un menui-

sier parisien. D’abord entrepreneur de bâtiments, il acheta une charge d’expert entrepreneur ; il devint ensuite architecte de la Monnaie de Paris et cette fonction fut sans doute pour lui un titre précieux, lorsqu’il concourut pour la construction du nouveau palais, destiné à remplacer l’édifice délabré de la rue de la Monnaie.

Architecte de grand talent, novateur hardi, digne émule et contemporain de Louis ei de Gabriel, nous savons, par les biographies rédigées de son temps par ses admirateurs, qu’il devait être doué d’une rare activité. Ainsi il construisit à Paris, l’hôtel de Jeaucourt, rue de Varenne (aujourd’hui n° 47 de cette rue) : rue Saint- Honoré, la maison des Feuillants (actuellement disparue ; le bâtiment des anciennes Archives du Palais de Justice; route de Sceaux, prés de l’ancienne barrière d’Enfer, l’hospice actuel de La Rochefoucauld : à Nancy, l’église des Filles Sainte-Marie ; à Madrid, l’Hôtel de Berwick ; à Berne, l’Hôtel des Monnaies.

Une scrupuleuse intégrité était un des traits du caractère du célèbre architecte. L’un de ses biographes, Joachim Lebreton, nous en donne un exemple par l’anecdote suivante.

Les entrepreneurs de la Monnaie, que la construction de ce monument devait enrichir, tout en se contentant de bénéfices légitimes, voulurent lui faire un présent. Antoine résista à leurs tentatives répétées; cependant lorsqu’il commença à se former une bibliothèque, les entrepreneurs revinrent à la charge, et pour ne pas les désobliger, il accepta d’eux un exemplaire de Y Encyclopédie . Mais, peu de temps après, ceux-ci s’étant plaints à Antoine d’un de ses inspecteurs, qui, d’après eux, leur refusait des pierres qu’ils considéraient comme saines, l’architecte promil de leur rendre justice; il alla sur les chantiers, refusa plus du double de pierres que l’inspecteur et renvoya Y Encyclopédie . 11 n’y eut plus de plaintes dans la suite.

Pendant la Révolution, bien qu’il n’y eût aucune raison pour qu’il fût considéré comme suspect, Antoine n’en fut pas moins arrêté et conduit à la prison de La Force; il fut relaxé peu de temps après son incarcération.

Nommé membre de l’Académie royale d’Architecture, en 1776. il entra à l’Institut en 1799.

11 ne jouit pas longtemps de cette juste récompense de son talent, car il mourut le 24 août 1801, âgé de soixante-huit ans.

Malgré les éloges, fort mérités, que les contemporains décernèrent à l’architecte qui avait embelli la capitale d’un nouveau palais, certaines critiques, assez vives, furent faites sur son œuvre. Nous en avons l'écho dans la notice formant la préface du recueil des Plans... de F Hôtel des Monnaies , que nous avons cité plus haut. « On lui reproche de n’avoir pas donné à sa façade principale assez « d’austérité pour un grand atelier monétaire...

« La critique eût été plus juste, si elle avait reproché aux ateliers « des travaux de force, d’être trop resserrés, et pour cela même « incommodes ou insuffîsans ; l’artiste se serait probablement dis- « culpé sur ce qu’il n’avait pas pu créer l’espace et le blâme serait <( tombé justement sur le ministre qui, au lieu de l’agrandir, comme « il le pouvait sans peine, en retrancha une partie, pour s’y faire « bâtir un hôtel qu’il habita jusqu’à l’époque de la Révolution, plus « de vingt ans après sa sortie du ministère... »

Le premier reproche adressé à Antoine sur le manque « d’austérité » de la façade, est assez singulier, car un grand établissement comme un Hôtel des Monnaies, s'il doit répondre par son installation intérieure au but auquel il est destiné, doit aussi par son aspect extérieur contribuer à l’embellissement de la ville dans laquelle il se trouve, et en particulier lorsqu’il s’agit d’une capitale comme Paris, où tout monument public est tenu de présenter un cachet artistique.

En ce qui concerne le manque de place pour les ateliers, il est certain que l’architecte ne devait pas en être rendu responsable; il ne pouvait utiliser que l’espace mis à sa disposition, espace qui, lors de la construction, était singulièrement plus restreint qu’ aujourd’hui, surtout par suite de la réserve faite du petit hôtel de Conti, dont Louis NY avait accordé la jouissance au contrôleur des Finances, François de Laverdy. Il faut reconnaître cependant que, pour les amis du Vieux Paris, cette réserve eut un heureux résultat, celui de soustraire à la destruction un hôtel intéressant du xvne siècle, qui n’aurait certainement pas été conservé, lors de la démolition de l’hôtel de Conti.

L’œuvre d’Antoine ne fut pas complètement exécutée; nous voyons,

L’IIOTEL DES MONNAIES (QUAI G O N T I

par les plans et surtout par les gravures de l'époque, qu'il avait formé le projet de transformer le quai, en avant du monument. Thiéry, dans son Guide nous en parle en ces termes : « L’architecte « à qui nous sommes redevables de ce monument, avoit projetté « de refaire la partie du quai en avant de ce vaste édifice. La décote ration dont il revêtoit le parapet ajoutoit encore à la noblesse de « son bâtiment, et formoit un ensemble magnifique ; ce qui nous « fait regretter qu’il n'ait pas eu son exécution. » Nous ne pouvons que nous associer aux regrets exprimés par l'auteur du Guide , car il est certain, si nous en jugeons d'après les gravures que nous avons reproduites (p. 1 et 56), que l'aspect du monument aurait singulièrement gagné en magnificence par l'exécution et la décoration de ce parapet, donnant le recul nécessaire pour mieux apprécier l'heureuse harmonie de cette belle construction.

Un graveur en médailles à sa table de travail.

(Gravure de l'Encyclopédie du xvme siècle.)

LE MUSÉE

1° L'École royale des Mines. — Le maître des Requêtes, Yaldec de Lessart, ayant proposé à Necker la création d'une chaire de chimie docimastique (essai des minerais, pour connaître la qualité et la quantité des métaux qu’ils contiennent), le Roi, par arrêt du Conseil du 11 juin 1778, l'institua à la Monnaie, considérant que cet établissement était tout désigné, vu l'étroit rapport entre les monnaies et les minéraux.

Le titulaire de cette chaire fut Balthazard-Georges Sage, membre de l'Académie des Sciences.

Quelques années plus tard, Joly de Fleury, contrôleur général des Finances, lit rendre un arrêt du Conseil (19 mars 1783), qui créait, à la Monnaie, une École royale des Mines, dont la direction lut donnée au professeur Sage et à son collègue de l'Académie des Sciences, Duhamel.

LE MUSÉE

La grande salle affectée à la nouvelle Ecole avait cependant eu auparavant une autre destination. Un article paru dans le Journal cle Paris (numéro du 2 avril 1772), nous renseigne à ce sujet.

« [L'escalier] conduit au premier étage à un vaste salion d’assemblée, dont la grandeur a pour objet et la décoration et la nécessité. Il est convenable qu’un édifice aussi imposant à l'extérieur, où se rendent tous les princes et seigneurs étrangers, quand ils viennent contempler les beautés de cette capitale, contienne une pièce décorée magnifiquement et relative à la richesse des dehors. De plus, ce salion peut devenir nécessaire dans le cas où MM. les commissaires du Roi pour la Monnaie, se transporteroient sur les travaux pour y appeller les officiers. C'est d’après ce point de vue que l'on a placé, aux angles de ce salion, quatre cabinets, dont deux destinés pour MM. les Premier Président et Procureur Général de la Cour des Monnoies, le troisième au Greffe de la Commission et le quatrième servant de lieu de réunion dans les assemblées peu nombreuses.

« Ce salion, par sa magnificence, répondra à celle de l'escalier qui y conduit. Tout y caractérisera les différens travaux de la Monnoie. Ils y seront représentés dans des bas-reliefs. Plusieurs allégories analogues à l'objet embelliront cette vaste pièce. »

Sage avait transporté dans la grande salle du Musée actuel, les remarquables collections minéralogiques qu'il avait mis vingt-sept années à former; le Roi, sur la proposition de d’Ormesson, successeur de Joly de Fleury, estimant qu'une collection de ce genre était indispensable pour les travaux de la nouvelle Ecole, la fit acheter à son possesseur. On en publia le catalogue en 1784; un supplément parut en 1787.

Le célèbre contrôleur des Finances Calonne, qui s'intéressait particulièrement à cette création, désirant former à la Monnaie la collection la plus complète des minéraux du Royaume, voulut qu'elle fût classée suivant un ordre géographique et dans des conditions permettant facilement l'étude de ces séries précieuses et intéressantes. L’aménagement exigeait des dépenses élevées et ce fut grâce au désintéressement du professeur Sage que I on parvint à donner à ces collections une installation répondant au but poursuivi.

11 existait, en 1784, dans le Garde-Meuble de la Couronne une

énorme quantité cT anciennes tentures, hors d usage, qui contenaient beaucoup dor et d'argent; — il s'agissait peut-être de tapisseries du xvc et du xvrc siècle, peu appréciées à l’époque. — Il en avait été offert une somme de 60 000 livres par des marchands. Mais Sage, en ayant signale la valeur, bien supérieure à cette offre, obtint de les faire brûler; cette opération produisit 440 000 livres et le Roi, vou-

Un cours de l’École royale des Mines au xvme siècle, dans la grande salle du Musée.

(Gravure de Née. — Musée de la Monnaie.)

lant récompenser le savant avisé, lui offrit une gratification de 40 000 livres, gratification qui ne fut acceptée par Sage, que sous la réserve que le montant en serait affecté à l’aménagement des collections de l’Ecole et à la décoration de la salle des cours. Louis XYI voulut alors participer à la dépense pour la somme de 70000 livres.

De hauts personnages protégeaient la nouvelle Ecole. L’un d’eux, Monsieur, frère du Roi, comte de Provence (le futur Louis YVI1I), envoya au cabinet minéralogique une collection des minerais d'or et d’argent d’Àllemont, en Dauphiné, collection qui avait été formée avec le plus grand soin par Scbreiber, directeur de ces mines.

LE MUSEE

Les dons ne cessant d'affluer, le ministre Galonné ordonna d'augmenter la place pour les exposer et les différents minéraux lurent disposés tant dans les vitrines de la grande salle, que dans des vitrines placées à l’étage supérieur, le long de galeries latérales.

Il v avait deux sortes de cours à l'Ecole Royale des Mines; ceux qui étaient destinés aux élèves et ceux qui étaient publics. Les élèves, pour être admis, devaient subir des examens d’entrée, conformément aux prescriptions de l’arrêt du Conseil du 19 mars 1783.

Bien que l'Ecole Royale des Mines eût quitté, en 1794, les batiments du ([uai Conti, les collections minéralogiques, installées à la Monnaie, sous l'ancien régime, y restèrent jusqu'à la mort de Sage, qui avait continué à y professer la chimie docimastique 9 septembre 1824.

A cette époque, on reconnut qu'un cabinet minéralogique aussi important n'était guère à sa place dans un établissement monétaire et les collections furent partagées entre l'Ecole des Mines, pour laquelle elles avaient été constituées, et le Muséum d' Histoire Naturelle.

2° Création du Musée delà Monnaie. Par suite de la suppression du Cabinet de Minéralogie, les salles et galeries affectées aux collections étaient devenues disponibles. On songea alors à leur donner une destination utile.

Le 19 juillet 1827, le comte de Susse, président d<* la Commission des Monnaies, sollicita l'Intendant général de la Maison du Roi, de mettre à sa disposition le mobilier nécessaire pour la grande salle, qui, suivant sa proposition, devait être convertie en une pièce d’honneur, permettant de recevoir dignement les souverains et les grands personnages honorant l’Hôtel des Monnaies de leur visite; cette demande ne fut pas accueillie favorablement.

Un autre projet fut alors présenté. L’Administration possédait un riche médaillier, provenant de l’ancienne Cour des Monnaies ; ce médaillier comprenait de nombreuses et précieuses séries <hi monnaies françaises et étrangères. Le comte de Sussv estima que ces collections, jointes aux modèles, aux coinset poincoins monétaires, aux

machines servant au monayage et aux instruments pour la garantie des ouvrages d’or et d’argent, pourraient, par leur réunion, former un musée spécial, dit Musée Monétaire , semblable à ceux qui existaient dans les autres Monnaies de l’étranger, et des plus utiles pour l’étude des différents systèmes monétaires et de toutes les questions qui s’y rattachent.

Le 12 septembre 1827, il écrivit au comte de Villèle, ministre des Finances, la lettre suivante, dans laquelle il exposait son nouveau projet.

« Monseigneur,

« J’ai déjà eu l’occasion d’entretenir Y. E. des réparations qu’il était urgent défaire à la grande salle de l’Hôtel des Monnaies, dans laquelle avait été établi un cabinet de minéralogie et une chaire de docimasie, dontla direction avait été donnée àM. Sage, ancien professeur de chimie et de physique des enfants de France

« L’Administration avait eu depuis longtemps, Mgr., le projet de réunir au lieu même où les métaux reçoivent leur plus noble et leur plus précieuse destination, un assortiment bien choisi des minerais dont ils se composent, tels que l’or, le platine, l’argent, le cuivre, le plomb, le mercure, le bismuth et le fer; l’exécution en avait été différée par la non disponibilité du local, qui était alors occupé par M. Sage. Aujourd’hui que l’Administration peut en disposer, Y. E. n’apprendra pas sans satisfaction l’établissement dans l’Hôtel des Monnaies, sans aucun frais pour son Ministère, d’une espèce de musée, semblable à ceux qui existent dans les autres Monnaies de l’Europe, et que je me propose de completter par la réunion :

« l°De tous les modèles et poinçons, coins, appareils et machines servant à la fabrication des monnaies de l’Etat;

« 2,J Des différents produits des travaux monétaires ;

« 3° De la collection générale des monnaies de France et de toutes les monnaies étrangères, et

« 4° Des instruments employés à la marque et à l’insculptation des poinçons pour la garantie des ouvrages d’or et d’argent.

LE MUSÉE

« La vérification que l'Administration a dernièrement été chargée de faire de la coquille d une épée supposée avoir appartenu au célèbre navigateur de la Peyrouse, démontre la nécessité de cette dernière collection.

« M. Darcet, membre de l'Institut et inspecteur général des essais, se charge de suivre près du ministère de l'Intérieur l’obtention de la collection déjà promise, des minerais et substances métalliques employées dans les travaux monétaires.

« La grande salle, devant égallement servir de pièce d’honneur où l’ Administration recevra les souverains et les grands personnages qui honorent quelquefois de leurs visites l’Hôtel des Monnaies, on m’avait fait espérer que je pourrais obtenir de l’Intendance générale de la Maison du Roi le mobilier nécessaire pour son ameublement, mais M. le baron de la Bouillerie, vient de me faire connaître que, d’après de nouvelles dispositions arrêtées, l’Administration du Mobilier de la Couronne ne doit plus meubler que les bâtiments dépendants immédiatement de la Maison du Roi... v>

Cette proposition reçut un meilleur accueil que J a précédente. Le comte de Sussy fut autorisé à la mettre à exécution et, pour parer aux dépenses d’installation, il lui fut permis d’y affecter une somme d’environ 5 000 francs provenant de la vente de vieilles matières hors d’usage (29 septembre 1827).

L’aménagement et la constitution du Musée Monétaire demanda plusieurs années. Le célèbre chimiste Darcet, inspecteur général des essais, avait été chargé d’organiser les collections minéralogiques concernant spécialement la fabrication monétaire, et de réunir les différents instruments servant aux essais des métaux.

Avant même l’achèvement de cette installation, le Musée devait se trouver considérablement accru et enrichi.

L’ordonnance royale du 24 mars 1832 ayant réuni à l’Administration des Monnaies, la Monnaie des Médailles, dépendant jusqu’à cette époque, de la Maison du Roi, la collection des coins et poinçons de médailles et de jetons anciens et modernes qu’elle conservait, collection unique au monde, fut jointe à celles du Musée Monétaire, qui devint dès lors tout à la fois un musée monétaire et un musée artistique, réunissant ainsi les anciennes espèces et les espèces courantes

de tous les pays, et les œuvres de nos médailleurs et des artistes étrangers, anciens et modernes.

Le nouveau Musée fut inauguré le 8 novembre 1833, par la famille royale. Le roi Louis-Philippe, accompagné de la reine Marie-Amélie, du roi des Belges Léopold 1er et de la reine des Belges, Louise d’Orléans, des Altesses Royales M1UCS Adélaïde, Marie et Clémentine, présida à cette solennité.

(Face).

Médaille commémorative de la visite de la famille royale à la Monnaie (1833).

(Musée de la Monnaie.)

Voici en quels termes le Moniteur universel du 9 novembre relate cette visite :

« LL. MM. le Roi et la Reine et LL. MM. le roi et la reine des Belges accompagnées de LL. AA. RR. Madame Adélaïde et les princesses Marie et Clémentine, ont honoré aujourd’hui [8 novembre] de leur visito l’Hôtel des Monnaies et le Musée Monétaire, où ils ont été reçus, à deux heures, par M. Humann, ministre des Finances, M. le comte d’Argout, ministre de l’Intérieur, et M. le comte de Sussy, pair de France, à la tète de la Commission des Monnaies et Médailles.

LE MUSEE

« LL. MM. et LL AA. RR. ont parcouru avec intérêt les nombreux ateliers de la fabrication des monnaies et médailles et ont daigné donner une attention toute particulière au Musée Monétaire, lequel s’enrichit tous les jours de précieuses collections de coins et de médailles, qui en feront bientôt le dépôt numismatique le plus remarquable et le plus complet de l’Europe.

« L’inauguration de ce bel établissement ne pouvait avoir lieu

(Revers.)

Médaille commémorative de la visite de la famille royale à la Monnaie (1833).

(Musée de la Monnaie.)

sous de plus heureux auspices. Une médaille commémorative de cette solennité et frappée en présence de l’auguste famille, dans l’atelier des médailles, a été offerte à S. M. ; une autre médaille, particulièrement relative à la visite du roi et de la reine des Belges, et frappée dans l’atelier du monnayage des espèces, a été accueillie par ces souverains avec la bonté et la grâce qui les distinguent... »

Les médailles commémoratives offertes aux souverains présentent d’un côté leurs effigies ; au revers, une inscription rappelle la date de la visite; elles portent la signature des graveurs Petit et E. Dubois.

Deux autres médailles, font aussi allusion à l’inauguration du Musée Monétaire; toutes deux sont de grand module; elles ont dû être gravées postérieurement à 1833, pour faire partie de la série historique.

L'une présente, dans des médaillons, les effigies des membres de la famille royale ; au droit, le roi et la reine des Français ; au revers, les princes et les princesses ; des figures allégoriques et des ornements dans le goût de l'époque forment le cadre de ces médaillons. C'est l’œuvre de Jacques-Jean Barre, qui, en 1813, devint graveur général des Monnaies, succédant à Nicolas-Pierre Tiolier.

Une inscription, sur une banderole, rappelle la date de l’inauguration.

L'autre médaille gravée par Caqué, reproduit le buste du créateur du Musée, le comte de Sussv; au revers se trouve une inscription commémorative.

Tels furent les débuts du Musée Monétaire. On exposa alors les diverses collections dans des vitrines en chêne massif, tant dans la grande salle, que dans les pièces qui leur furent affectées dans la suite.

Les coins et poinçons, provenant de l'ancienne Monnaie des Médailles, furent, pour la plupart, classés à l'étage supérieur du Musée dans les anciennes vitrines qui avaient contenu les minéraux de l'Ecole Royale des Mines; ils s'y trouvent encore aujourd’hui.

Depuis 1833, les collections du Musée Monétaire n’ont cessé de s'accroître, soit par le dépôt légal de deux exemplaires, établi pour les médailles frappées dans les ateliers, soit par les dons des artistes, des collectionneurs, des Administrations et par des acquisitions.

Sous le second Empire, une partie des richesses du Musée Monétaire lui fut enlevée. Un décret du 16 février 1861 autorisa le conservateur du Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Impériale à choisir dans les collections toutes les pièces dont les spécimens n’existaient pas dans le médaillier dont il avait la direction.

Le Musée Monétaire était ainsi privé d'une partie de l’héritage qu’il avait recueilli de l'ancienne Cour des Monnaies.

Depuis lors, grâce à l’intérêt que ne cessèrent de lui témoigner les différents directeurs depuis 1880, époque où la régie de l'Etat

LE MUSÉE

remplaça le système de l'entreprise, il réussit à reconstituer des collections précieuses et continua à s'enrichir par des dons multipliés.

De nouvelles salles avaient été ouvertes, mais l'organisation et l'aménagement ne répondaient plus aux nécessités actuelles ; le mobilier, datant de la création, ne permettait pas de mettre en valeur les œuvres de nos médailleurs contemporains et des temps passés et les séries numismatiques, qui, malgré de nombreuses lacunes, ont un intérêt et une valeur incomparables.

Une installation moderne s’imposait. A l’occasion de la visite de LL. MM. le roi et lareine d'Italie, le 16 octobre 1903, l’aménagement de la grande salle avait été transformé pour recevoir dignement le souverain numismatiste ; plusieurs vitrines en acajou, de style Louis XYI, s'harmonisant avec la décoration de la pièce, contenaient les plus beaux spécimens de notre art national de la médaille, ainsi que nos monnaies françaises et celles de la nation sœur et amie, réunion faite à l’occasion de cette auguste visite.

Cette disposition provisoire ayant paru digne du merveilleux cadre artistique dans lequel elle se trouvait, l'Administration décida de transformer complètement l'aménagement de cette belle salle et de changer le mobilier des autres salles, les collections devant être exposées dans des meubles de stvle Louis XYI. de genre différent, suivant la décoration des diverses pièces.

Cette nouvelle organisation, qui se poursuit activement, donnera au Musée un caractère tout à la fois moderne et pratique, en harmonie avec le beau cadre décoratif et architectural que l’on doit au talent du constructeur de l’Hôtel des Monnaies, J.-D. Antoine.

3° Musée Monétaire ; description. - L’entrée principale de l’Hôtel des Monnaies se trouve dans l'arcade du milieu de l’avant-corps, sur le quai Conti ; on pénètre par une porte, située à gauche de cette entrée ; on se trouve alors dans une espèce de vestibule divisé en trois galeries décorées de vingt-huit colonnes doriques cannelées et posées sur un socle. La galerie centrale mène à la cour d'honneur.

Cette disposition est très heureuse : 1 v Journal de Paris numéro du 2 avril 1777) nous parle, en ces termes, de cette partie du bâtiment :

« Parla principale porte, on entre sous un péristyle orné de vingthuit colonnes doriques. Ce faisceau de colonnes et leur heureuse combinaison entre elles offrent à la vue un aspect très nouveau et des effets très piquans, lorsque la lumière y circule. »

Sur la droite se présente le grand escalier, se partageant en deux au premier palier, et conduisant au premier étage ; les rampes de

Péristyle conduisant au Musée et aux Ateliers.

[ escalier sont décorées de couronnes de laurier, au milieu desquelles se trouvaient, avant la Révolution, les fleurs de lis royales. Du second palier partent deux galeries conduisant à F appartement du directeur des Monnaies. Seize colonnes ioniques, cannelées, supportent une voûte, décorée de caissons peints en grisaille et percée dans son milieu d’un vitrage.

Cet escalier, par lequel on accède au Musée, a un aspect solennel, qui correspond bien au caractère que F architecte a cherché à lui donner.

LE MUSÉE

Escalier conduisant au Musée.

Les archivoltes des galeries au-dessus des fenêtres sur le quai, ainsi que les deux portes et la fausse porte qui leur font pendants, sont ornés de deux bas-reliefs répétés deux fois, représentant chacun une femme et un petit génie, avec divers attributs symboliques :

De jolies sculptures et des motifs décoratifs d'un style du meilleur goût, ajoutent à cet ensemble un cachet très artistique.

la Chimie et la Richesse ; deux autres bas-reliefs figurent deux enfants suspendant des guirlandes de fleurs à une lyre.

Des guirlandes sont sculptées au-dessus des quatre portes situées aux extrémités des deux galeries ; quatre trophées composés d’un caducée posé en pal sur une massue et un aviron en sautoir et noué par un ruban à deux branches de chêne, sont placés dans des cases renfoncées, au-dessus des grandes tables saillantes de la cage de l’escalier, de chaque côté de la porte d’entrée de la grande salle et de la fausse porte ornée de glaces qui lui fait pendant.

La décoration de tout cet escalier est restée presque intacte ; les fleurs de lis ont disparu des couronnes de laurier, sur les rampes de l’escalier ; deux lampadaires ont dû être ajoutés pour permettre un éclairage exigé par les nécessités modernes, mais, l’ensemble n’a pas perdu sa belle unité et les sculptures ornementales font apprécier l’habileté de l’artiste, à qui on en est redevable, Antoine, le jeune, un des collaborateurs les plus actifs de l’architecte, dont il était peut-être parent.

On peut dire que cet escalier monumental est une des parties les plus réussies du monument et les contemporains de l’architecte Antoine le prisaient fort, ainsi qu’en témoigne le Journal de Raids, que nous avons déjà cité plus haut :

« A droite est un grand escalier, éclairé du haut, environné de chaque côté de galleries d’ordre ionique, exécuté avec beaucoup de précision et de magnificence. Les connoisseurs citent cet escalier comme une des plus belles parties de ce bâtiment. »

Avant de pénétrer dans la grande salle, on passe par un porche lermé de deux portes sur ses côtés : cette pièce, haute, mais assez étroite, et dont l’éclairage n’est guère satisfaisant, est décorée d’une frise représentant les écussons peints de toutes les villes de France qui ont possédé un atelier monétaire.

Le jour assez défectueux ne permet pas d’apprécier, comme il le mérite, le joli bas-relief représentant deux anges tenant une couronne au-dessus d’un globe, jadis orné de fleurs de lis, exécuté, en partie en pierre de Gonflai'. s, par Antoine, le jeune.

Les fleurs de lys furent supprimées pendant la Révolution.

LE MUSEE

Une lettre écrite par la Commission des Monnaies, à P architecte Antoine, le 18 août 1792, transcrite dans un registre conservé à la Monnaie, est relative à cette mutilation :

« Il nous paraît nécessaire que vous fassiez ôter les armes qui se « trouvent au-dessus de la porte d’entrée du Cabinet de Minéralogie; « vous mettrez la couronne de Y Immortalité à la place de celle qui

Grande salle du Musée.

« y est, et dans l’écusson, l’inscription suivante : Cabinet de Miné- « ralogie. »

La couronne fut transformée, conformément à ces prescriptions ; nous ignorons si le soleil rayonnant qui remplace actuellement les armes royales, fut substitué, dans la suite, à l’inscription mentionnée dans la lettre écrite à l’architecte Antoine, ou si ce motif décoratif date de l’époque de la Révolution.

Ce bas-relief, d’un fort joli goût, se trouve au-dessus de la porte qui sépare ce porche de la grande salle. Deux portes, aux extrémités du porche, communiquent avec deux petits cabinets de forme

L’flOTEL DES MONNAIES

ovale, dont l’un prend jour sur le quai et l’autre sur la cour d’honneur.

En entrant dans la grande salle, le visiteur est frappé par son caractère imposant et la richesse de son ornementation. C’est un spécimen remarquable, peut-être même le seul qui nous ait été conservé, d’un vaste ensemble architectural et décoratif de l’époque de Louis XYI, resté presque intact depuis sa construction ; malgré ses dimensions, 45 pieds de longueur (14“. 50 environ), sur 35 pieds ( 1 1 m , 30 environ) de largeur et 40 pieds d’ élévation (13 mètres environ), son aspect est à la fois grandiose et harmonieux.

Cette belle salle occupe sur le quai la plus grande partie de l’avantcorps du milieu de la façade : par derrière, elle donne sur la cour d’honneur, en face de l’atelier du monnayage.

Elle est divisée, dans sa hauteur, par une galerie dont le plan est presque octogone, quoique celui d’au-dessous soit un parallélogramme et que celui de l’attique au-dessus, ait une forme ellyptique, avec quatre culs-de-four dans les angles.

La réunion de ces plans si différents produit des effets variés et fait le plus grand honneur à l’architecte de talent, qui sut tirer un si heureux parti de remplacement dont il disposait.

Vingt colonnes d’ordre corinthien engagées forment le principal motif de la décoration ; elles sont surmontées d’un entablement dont toutes les parties sont enrichies de motifs sculptés du goût le plus délicat. Toutes ces colonnes sont en stuc ; le fût imite le marbre jaune de Sienne ; la base, le marbre blanc statuaire : des plaques de marbre rouge veiné de blanc de Languedoc ont été appliquées sur le socle : la frise qui court au-dessus des colonnes, sous la galerie, est également en stuc, imitant aussi le marbre jaune de Sienne.

La porte d’entrée, à l’intérieur de la pièce, est surmontée d’une arcade, entourant une niche placée au milieu d’une couronne de feuillage, soutenue de deux branches de chêne. Un buste en plâtre de Louis X VI, probablement de l’époque de la Restauration, occupe cette niche et remplace celui du contrôleur des Finances, Galonné, dont le puissant patronage avait été si précieux pour faciliter l’aménagement et le développement des collections minéralogiques réunies à l’Ecole Royale des Mines. Ce buste de Calonne était

LE MUSEE

l’œuvre de Gois, sculpteur du Roi ; nous ignorons à quelle époque il disparut de son emplacement.

Au-dessus de l’imposte de l’arcade, on voit deux ligures allégoriques, drapées à l’antique, qui personnifient l Abondance et l'Histoire ; elles ont été aussi exécutées par Gois.

Une seule modification a été apportée dans cette salle, depuis l’époque de Louis XVI : la forme de la cheminée a été changée. Voici d’ailleurs quelle était la disposition primitive, d’après une description faite en 1787, par Thiérv, dans son Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris :

« La porte d’entrée, placée dans le milieu d’un des côtés de la « pièce, est comprise dans une arcade répétée du côté opposé, « où est la cheminée pour les opérations chymiques. La forme de « cette cheminée est un demi-cercle d’un genre remarquable par la u manière dont il est composé : on y monte par plusieurs degrés en cc marbre. Deux figures égyptiennes < 1 < ‘ proportion naturelle sup- « portent la corniche qui décore l’espèce de manteau de cette che- « minée, au-dessus duquel est un bas relief d’enfans qui tiennent « divers instruinens de cliymie. Toute cette décoration imitant le « bronze antique, et dans un style qui convient au sujet, a été peinte « par M. Renou, peintre du Roi.

« On a placé le buste du Roi au-dessus de l’imposte de l’arc oii ce est pratiquée la cheminée. Les Renommées qui sont sur l’archicc volte, et tiennent des couronnes de laurier, ont été exécutées par cc M. Gois , sculpteur du Roi... Toutes les sculptures d’ornemens cc sont de M. Antoine le jeune. .. »

Cette disposition se voit sur la gravure du xvui0 siècle, qui représente l’intérieur de la salle, pendant un cours de l’Ecole Royale des Mines (voir p. 82).

Il nous est difficile de préciser l’époque à laquelle l’aspect primitif a été modifié ; il est vraisemblable que l’on dut supprimer la cheminée pour les cc opérations chymiques », après la mort du professeur Sage et lors de la création du Musée Monétaire, car elle devenait sans objet.

Une cheminée moderne en marbre blanc a remplacé celle du .\viiie siècle : une glace la surmonte. Tout le reste de la décoration a

été conservé intact ; toutefois un buste de Louis XVIII en plâtre occupe la place de celui de Louis XVI, qui se trouvait, avant la Révolution, faire pendant au buste du contrôleur des Finances, Galonné.

La gravure que nous avons reproduite (p. 82) donne l'aspect de la grande salle, avec ses armoires vitrées contenant des collections minéralogiques ; au centre, un vaste amphithéâtre elliptique, pouvait, d’après Fauteur que nous avons cité, Thiéry, contenir deux cents personnes.

Les divers modèles de machines, les balances d’essais et autres instruments avaient été placés dans quatre belles vitrines, en bois précieux, décorées de feuilles de laurier en plomb doré, dans les entrecolonnements, du côté de la cheminée et de la porte d’entrée. Ces vitrines, restées en place depuis l’époque de Louis XVI, sont de ravissants spécimens de Fart mobilier de la fin duxvnF siècle ; le haut des vitrines, se terminant en dôme, s’harmonise avec la décoration du panneau, composée d’un vase d’une forme élégante, d’un aigle aux ailes déployées, tenant un foudre dans ses serres et de divers autres motifs; décoration ornementale exécutée par Antoine, le jeune.

C’est encore au sculpteur Antoine que l’on doit les modèles des aigles aux ailes étendues, dans les couronnes de chêne, qui ornent les écoinçons du dessous de la galerie.

Aux angles de la salle se trouvent quatre portes, richement décorées ; au-dessus de chacune, un médaillon, contenant un chiffre, est soutenu par deux petits génies occupés à diverses opérations chimiques. A première vue, la présence de sujets de ce genre ne se comprendrait guère et on ne s’expliquerait pas leur rapport avec des collections numismatiques. Mais il faut se souvenir, ainsi que” nous l’avons dit, que toute la décoration a été faite pour répondre, par son caractère, à la destination de la pièce, sous Louis XVI, c’est-à-dire à celle d’une salle de cours et d’un cabinet minéralogique.

Les quatre chiffres composés des lettres DA — LB — DF — DO, ont donné lieu à deux interprétations différentes.

On pourrait y voir les initiales des quatre intendants des Finances qui firent rendre l’arrêt du Conseil du 11 juin 1778, instituant la chaire de chimie docimastique dont Sage fut le titulaire : d’Amelot, L. Boutin, de Fourqueux et d’Ormesson.

LE MUSEE

D’autre part, d’après un des registres de construction, conservé dans la Bibliothèque de la Monnaie, ces chiffres seraient ceux des hauts fonctionnaires de l’administration financière, de P Averdy, La Boulai, de Fleury et d’Ormesson.

Ces identifications nous paraissent peu satisfaisantes, car il faudrait tenir compte, en ces deux cas, de l’initiale de la particule, dont la présence est anormale dans la composition d’un chiffre.

Les portes aux angles de la salle, sont en menuiserie, avec panneaux supérieurs en fonte ajourée ; elles conduisent à quatre petits cabinets, ceux qui se trouvent à feutrée forment pendants aux extrémités du porche ; fun d’eux, celui du Nord, est décoré d’un dessus de porte peint, représentant une scène mythologique qui date probablement de l’époque de la Restauration.

L’une des portes, du côté de la cheminée, conduit aux salles du Musée qui donnent sur le quai ; l’autre mène à l’escalier conduisant à la galerie.

Les inscriptions que l’on remarque au-dessus des portes, Médaillier9 Coins des monnaies , Galerie des coins des médailles , Cabinet des essais , ont été conservées, bien que ces indications ne soient plus toutes exactes.

Thiéry nous décrit cette partie du monument, telle qu’il put la voir à la veille de la Révolution. Le passage de son Guide nous paraît intéressant à reproduire:

« Ces portes donnent entrée à des cabinets dont un renferme les « analyses des objets déposés dans celui de minéralogie, et une <( suite d’expériences des deux autres règnes, qui offrent un tableau « unique. Les bas-reliefs imitant les camées qui ornent ce cabinet, « sont de M. Forty . Par un autre de ces cabinets, l’on arrive à ( l’escalier qui conduit à la galerie. Sur le premier palier de cet « escalier, ingénieusement pratiqué, et d’une exécution soignée, est <( un eippe, imitant le granit, sur lequel est posé le buste en « bronze de M. Sage , fait par M. Riocourt. Ce sont MM. les élèves cc de l’École Royale des Mines qui ont fait faire et poser ce buste, « au-dessous duquel on lit cette épigraphe :

Discipulorum pignus amoris.

L’IIOTEL DES MONNAIES

« Cette galerie est couverte d'armoires qui renferment les échan- « tillons des mines, trop considérables pour être déposés à la suite « des minéraux qui composent le premier cabinet d'étude.

« La coupole ellyptique qui s'élève au-dessus de la corniche de ce l'attique est enrichie de caissons peints et rehaussés d'or, terni i- « nés par une grande bordure sur le même plan, et surmontée « d'une corniche sous le plafond.

« Quatre portes en glaces conduisent à des galeries latérales d'une « étendue immense, destinées à placer les productions minérales ce de la France, rangées par ordre de départements... »

Cette description est encore presque exacte ; la création du Musée Monétaire en 1827 a apporté cependant quelques changements et suppressions. Ainsi le buste de Sage, sur le premier palier de l'escalier, a disparu, ainsi que son cippe ; cet escalier conduit actuellement aux galeries où sont conservés les coins et poinçons des médailles, qui ont remplacé, dans les vitrines, les riches collections minéralogiques exposées au xvmc siècle.

Les « bas-reliefs imitant les camées... deM. Forty », qui, d’après Tliiéry, se trouvaient dans le cabinet sur le quai, doivent être ces quatre ovales, peints en grisaille, représentant des vases, que l’on voit en haut des trumeaux, dans le cabinet conduisant à la galerie. Nous savons, d’après les comptes de construction, que Forty, « peintre décorateur », fut un des artistes qui travaillèrent à la décoration de l’Hôtel des Monnaies.

Tliiéry n’a pas signalé dans son Guide une autre grisaille placée dans une arcature, sous la voûte de l'escalier, à l'extérieur de ce cabinet : un lion posant une de ses pattes sur une boule. Cette grisaille est d'ailleurs dans un emplacement où elle n'est guère visible.

Bien que des sommes considérables eussent été dépensées pour la décoration de l'Hôtel des Monnaies, et en particulier pour le « Cabinet de l'Ecole Royale des Mines », on avait jugé inutile de la compléter en commandant à un peintre un plafond destiné à la coupole: peut-être n’avait-on pas prévu cette dépense. Jusqu'en 1892, une toile peinte, d'un caractère banal, déparait le bel ensemble décoratif.

LE MUSEE

Le plafond qui La remplacée, est une composition du peintre J. -J. Weerts, symbolisant le triomphe de l’Exposition Universelle de 1889 ; le point de vue est pris du pont d'Iéna, sur lequel se trouvent de nombreux visiteurs, parmi lesquels on remarque les principaux collaborateurs de l’Exposition. Un vaisseau sort de l1 arche du pont ; des ligures allégoriques s'y trouvent groupées ; l'une symbolise la Ville de Paris, qui, inspirée par le génie de la France, amène tous les arts à l’Exposition et est acclamée par toutes les nations. Dans le ciel, le Travail et la Paix répandent la fortune sur notre pays.

En terminant la description de cette salle, nous ne pouvons mieux faire, pour rendre à l'architecte Antoine le juste tribut d’éloges qu’il mérite, que de reproduire encore un passage du Guide de Thiéry : « La décoration et la distribution de ce cabinet très capital cr et traité dans le plus grand goût, fait infiniment d'honneur à ce M. Antoine, architecte du Roi, qui en a conçu le plan. Cet objet ce complète l'ouvrage de cet artiste, dans l'ensemble de l'Hôtel des a Monnaies construit sur ses dessins, et où il a la satisfaction d'avoir « mis la dernière main. »

Les autres salles du Musée donnent sur le quai, entre l'avantcorps de la façade et la rue Guénégaud ; l'une d'elles, consacrée aux souvenirs numismatiques du premier Empire, est décorée de l'initiale napoléonienne. D’autres salles sont en voie d’organisation. Avant leur annexion au Musée, elles étaient affectées, depuis le xvm° siècle, aux appartements de hauts fonctionnaires de l’Administration, ce qui explique comment leur décoration n’a pas été mise, par l'architecte Antoine, en harmonie avec la somptuosité du « Cabinet » de l’Ecole Royale des Mines.

4° Description des collections. Vestibule d’entrée. — Grandes vitrines. — Vitrine de gauche. — Balances diverses pour peser les monnaies (époque de Louis XVI et postérieures). — Essais de Lucy pour la pièce de 10 centimes, poinçons et coins (1838). — Plaque de plomb portant des empreintes de coins monétaires poitevins des xc et xic siècles, au type du monogramme carolingien et à la

légende metvllo ; trouvée dans les fouilles des anciens remparts de Saintes en 1887 (don de Mgr Julien Laferrière). — Cachetbreloque des monnayeurs de ia Monnaie de Paris, xvme siècle (don de M. A. de Barthélemy). — Cachet de Childéric (reproduction). — Modèle de lingotière (système Levol). — Spécimens d'alliages. — Modèle de Fessai de monnayage en virole brisée par les sieurs Mahault (1815). — Modèle ancien de presse pour l'emballage des monnaies dans des tonneaux, etc.

Vitrine de droite. — Balances chinoises pour peser les monnaies ; lingots ou sabots chinois (moulages). — Ligatures de sapèques. — Ancien petit laminoir en fer et creusets trouvés dans l'abbaye des Templiers, commanderie des Epaux (commune deMeurzac, Charente- Inférieure, don de M. Bouchemousse) . — Moules et creusets trouvés dans les combles de la sacristie de l’église de Gassicourt, en 1902 (don de M. E. Grave). — Spécimens de la fabrication des médailles et des monnaies d’or, d'argent et de bronze (lingots, lames, flans, pièces frappées). — Plaques de cuivre avec empreintes monétaires des rois de Suède, Charles XII (1711), Frédéric Ier (1747) et Adolphe- Frédéric (1759). Ces plaques, connues sous le nom de plalmynt , furent mises en circulation par le gouvernement suédois, pour aider à écouler les produits des mines de cuivre.

Dans le même vestibule se trouvent deux intéressants instruments monétaires, un modèle d'ancien mouton et un balancier du commencement du xixe siècle. Ce balancier porte deux inscriptions gravées : 1° INVENTÉ EN l’an 1805 PAR PH. GENGEMBRE INSPECTEUR GÉNÉRAL DES MONNAIES ; 2° BRONZE DES CANONS PRIS SUR LES RUSSES A AUSTERLITZ,

2 XBRE 1805.

Ainsi que le font connaître ces inscriptions, ce balancier, inventé par Philippe Gengembre, un mécanicien célèbre de son temps, a été fondu avec le bronze de canons pris pendant la campagne de 1805. Nous savons dans quelles conditions plusieurs instruments analogues ont pu être fabriqués.

Gaudin, duc de G acte,, ministre des Finances sous le premier Empire, raconte dans le Supplément de ses Mémoires un entretien qu’il eut avec le vainqueur d’Austerlitz.

LE MUSEE

« Les bulletins de l’armée, qui donnaient l’état des prises énormes d’artillerie faites sur l’ennemi, me firent naître l’idée de m’appliquer une faible partie de ces dépouilles. Je n’eus donc, au retour de l’Empereur, rien de plus pressé que de le prier de m’abandonner une vingtaine de canons.

« Vingt canons! Et pour quel usage ? Est-ce que vous auriez, ajouta-t-il en souriant, l’envie de me faire la guerre ? — Oh ! assurément, non, lui dis-je, la partie ne serait pas égale; je voudrais seulement généraliser l’usage du nouveau balancier qui nous réussit si bien, ici, et dont Votre Majesté connaît les avantages. Il est, comme Elle le sait, tout de cuivre, et mon budget n’est pas assez riche pour supporter cette dépense. Toute difficulté disparaîtrait si Votre Majesté voulait bien accueillir ma prière. — Eh mais, Ministre, vingt canons, c’est beaucoup ! — J'estime qu’il ne m’en faudrait pas moins. Mon projet, continuai-je, est d’appeler mes nouveaux balanciers des Austerlitz et de les ceindre d’un collier sur lequel on lira : Cuivre pris à A usterlitz sur ï ennemi.

« Ah! me dit l’Empereur du ton le plus aimable, vous me prenez par la vanité ! Eh bien, vous aurez vos canons. — Ministre de la Guerre ! dit-il alors au général Berthier qui était présent, ainsi que mes autres collègues, vous donnerez des ordres pour que vingt canons, hors de service, soient mis à la disposition du ministre des Finances. »

Grande salle. — Cette grande salle est une salle d’exposition, dans laquelle se trouvent réunies les principales richesses du Musée : la collection des monnaies françaises et des monnaies coloniales, des œuvres des médailleurs contemporains français et étrangers, et quelques séries numismatiques intéressantes au point de vue de l’art ou de la curiosité.

La plupart des vitrines modernes ont été exécutées dans le style Louis XVI ; elles sont soit en bois blanc et doré, soit en acajou, enrichi de cuivres dorés. Ces derniers meubles s’harmonisent avec les merveilleuses vitrines, décorés de rinceaux en plomb doré, faites à l’époque pour l’emplacement qu’elles occupent encore, entre les colonnes, de chaque côté de la porte d’entrée et de la cheminée.

Ainsi que nous F avons dit, ces vitrines de F ancienne École Rovale des Mines, précieux héritage du xvme siècle, sont dans un état parfait de conservation.

Deux grands vases bleus, en porcelaine de Sèvres, sont placés devant les fenêtres principales qui donnent sur le quai et sur la cour d'honneur.

Nous allons passer en revue les différentes vitrines de cette salle.

Vitrines droites entre les colonnes. — 1° Instruments divers servant à la gravure des coins ; procédés divers du monnayage ancien et moderne.

2° Affinage de For et de l'argent ; analyse des métaux.

3° Étalons, poids, mesures, déneraux (poids de monnaies) français et étrangers ; deux matrices (poids) de 16 marcs de la Cour des Monnaies de Lyon (1706 et 1753) ; boîte contenant une balance avec des déneraux ; boîte de déneraux de la Cour des Monnaies de Lyon (1706).

4° Instruments pour la Garantie (marque des ouvrages d'or et d'argent) ; bigornes et instruments pour la contre-marque.

Médailleurs français contemporains. — Les nombreuses œuvres de notre école contemporaine, que leur haute valeur a su faire apprécier en France et a rendues célèbres à l’étranger, sont classées par artistes dans les vitrines de la grande salle et des deux petits cabinets, à droite et à gauche du vestibule d'entrée. Nous les énumérerons successivement, en commençant par les quatre maîtres auxquels nous devons nos nouvelles monnaies : J. -G. Chaplain, qui a gravé les pièces d'or de 20 francs et de 10 francs ; O. Rotv, Fauteur de la série d'argent, au type si connu de la Semeuse; J. -B. Daniel-Dupuis, le médailleur mort il y a quelques années, après avoir terminé les coins des pièces de bronze, enfin A. Patey, graveur de la Monnaie, qui a créé les sujets des premières espèces françaises en nickel (25 centimes). Ensuite, pour plus de facilité, nous classerons les artistes par ordre alphabétique. Nous ne citerons que les médailles et les plaquettes qui présentent un intérêt particulier, soit au point de vue de Fart, soit au point de vue du sujet.

LE MUSEE

1° Œuvres des graveurs des nouvelles monnaies françaises

Chaplain (J.-C ). — Les Présidents Mac-Mahon, Carnot, Casimir-Périer, Félix Faure, Émile Loubet. — Expositions universelles de 1867, 1878 et 1900. —

Visite en France de LL. MM. Nicolas II, empereur de Russie, et de l’impératrice Alexandra fl896), par J.-C. Chaplain. (Musée de la Monnaie.)

Siège de Paris (1870-1871) . — Réédifîcation de l’Hôtel de Ville de Paris. — Con-

Talari de Ménélik, empereur d’Éthiopie, par J.-C. Chaplain. (Musée de la Monnaie.)

grès et Exposition internationale d’Électricité (1881). — Inauguration de l'école des arts industriels de Roubaix (1890). — Visite de l’escadre russe à Toulon

(1893). — Visite de S. M. Nicolas II et de l'impératrice Alexandra en France et à la Monnaie de Paris (1896). — V isite en France de LL. MM. Victor-Emmanuel 111 et la. reine Hélène (1903). — Université de Paris. — Paisse d'épargne de Paris. — Avoués près la Cour d'appel de Paris. — Phare d'Eckmühl. — Portraits de Jules Ferry, Gambetta et Victor Hugo. — Portraits de Marcelin Berthelot, Joseph Bertrand, A. Cornu, Charles Garnier, Ch. Dermite, A. Hcrvé-Faye. M. Lannelongue, Gustave Larroumet, Louis Liard, directeur de l'Enseignement supérieur, F. Ravaisson-Mollien, Barthélemy Saint-Hilaire, Albert Sorel, H. Wallon. — Portraits du Dr Ch. Bouchard, du l)1' Alfred Fournié, du D1 Pozzi. de J.-L. Pascal, architecte.

Roty L -O.). — Exposition internationale d’électricité (1881). — Union franco-

américaine (1886). — Compagnie des chemins de fer de FEst-Algérien (1886). — Expositions française à Moscou (1891), internationale de Chicago (1893), coloniale de Rouen (1896), universelle de 1900 et d’Hanoï (1902-1903). — Funérailles de Carnot (1894). — Inauguration du musée social (1893). — - Visite des souverains russes à Versailles (1896). — Cinquantenaire de l'École d'Athènes (1898). — Congrès des valeurs mobilières (1900). — Centenaire de la Banque de France (1900). — Agents de change de Paris, de Lille. — Chambres de Commerce de Paris, Lyon et Saint-Nazaire. — Congrès pénitentiaire international ( 1 895) . — Œuvre des libérées de Saint-Lazare. — Prisons de Fresnes- lès -Rungis (1898). — Médailles du Ministère de l’Intérieur (actes de dévouement, administration pénitentiaire, sapeurs pompiers). — Médailles de Madagascar, de l’Instruction primaire et des Sociétés de secours mutuels. — Club alpin. — Union centrale des arts décoratifs. — Enseignement secondaire des jeunes filles. — Association pour l'avancement des Sciences. — Art appliqué à l'industrie. — Université de Californie. — Académie de Lyon (Prix Jean Chazière). — Plaquette du cinquantenaire de la maison Ghristofle. — Compagnie des chemins de fer P.-L.-M. — Mines de Lens. — Bracelet (centenaire de 1789). — Pièce de mariage (exemplaire serti dans une monture ornée d’émaux translucides de haut-relief, par M. le comte du Suau de la Croix). — Sujets religieux : Jeanne cl’Arc, Sainte Geneviève, Vierge, Ange gardien. — Maternité. — In labore quies (plaquette de souvenir). — Portraits de Chevreul, de Gambetta, de Pasteur et de Léon Say. — Portraits de Jules Gambon, gouverneur général de l’Algérie, de 11. Lozé, préfet de Police, d'Em. Demagny, secrétaire général du Ministère de l’Intérieur, de Stéphane Dervillé, président du Tribunal de Commerce, de G. Boutmy, directeur de l’École des Sciences politiques, de H. Bouley, président de l'Académie des Sciences, duD1 Brouardel,

Plaquette du Club Alpin, par L.-O. Roty.

(Musée de la Monnaie.)

LE MUSÉE

doyen de la Faculté de Médecine de Paris, d’E. Rousse, membre de l'Académie française, du Dr Léon Gosselin, membre de l'Académie des Sciences, d'Alfred Riche et de Ch. Périer, membres de l’Académie de Médecine, de L.-H. Farabeuf, professeur à la Faculté de Médecine, de J. -R. Lépine, professeur de clinique médicale, de la famille Engel et Koechlin. de Mariani.

Daniel-Dupuis (J. B.) (1849-1899).

— Élection de Jules Grévy (1879).

— Centenaire de la Révolution française (1889). — Exposition universelle de 1889, médaille commémorative et médaille de l’Administration des Monnaies et Médailles. — Pose de la première pierre du pont Alexandre III, à Paris (1890). — Exposition universelle de 1900, plaquette d'identité et médaille de la Monnaie de Paris (l'Histoire). — Congrès intcrna-

Funérailles de Carnot (1894), par L.-O. Roty. (Musée de la Monnaie.)

Congrès international de Numismatique, par J. -B. Daniel-Dupuis.

(Musée de la Monnaie.)

tional de Numismatique (1900). — Chambre des Députés. — Secrétariat général des Droites. — Conseils généraux de la Seine, de Seine-et-Oise et de la Gironde. — Conseil d’arrondissement de la Seine. — Conseil municipal de Paris. - Médailles militaires. — Assistance publique. — Alliance française. — Automobile Club. — Horticulture. — La Source. — Le Nid. — Jeanne d'Arc. — Plaquette de mariage. — Menus. - Portraits du médailleur par lui-même, de Mme Félicité Dupuis, d’Ernest Barrias, statuaire, d'A. Boucher, ministre du Commerce, de Me1' de Bonnechose, archevêque de Rouen, de Jules Cavelier, statuaire, de Paul Doumer, ministre des Finances.

Patey (A.), graveur de la Monnaie. — Les ballons dirigeables (1885). — Les habitants de Chantilly à S. A. R. Me1' le duc d’Aumale (1889). — Expositions universelles de Lyon (1894) cl de Hanoï (1902-1903). — Les fondeurs; jeton de la Monnaie

de Paris (1900). — 25e centenaire de la Fondation de Marseille (1900). — Avoués près du Tribunal de première instance de la Seine. — Caisses d’épargne d’Angers, de Nevers et du Rhône. — École supérieure de Commerce de Lyon. — Conservatoire des Arts et Métiers. — Société de tir de Lyon, — Portraits du roi de Siam et du schah de Perse. — Portraits de Barye, sculpteur, de Pasteur, de Roty, médailleur, du t)1 Léon Labbé et de Georges Perrot, directeur de l’École normale supérieure.

Les ballons dirigeables (1885), par A. Patey, (Musée de la Monnaie.)

2° OEuvres des autres médai lueurs français contemporains.

Baudichon (R.). — Chambre de Commerce de Blois. — Anciens élèves du lycée de Saint-Omer. — Semeur. — Premiers pas. — Noces d’argent. — Photographie. — Régates. — Dessin. — L'Étude.

Borgeaud (Mmc). — Société nationale d’horticulture de France. — Méditation.

Borrel (A.). — Expédition de Chine et de Cochinchine (1860-1862). — Régie des Monnaies (1879). — Centenaire de l'École des Langues Orientales (1895). — Ministères de l’Agriculture, du Commerce et de l’Industrie. — Ligue française de l’enseignement. — Colombophilie. — Pêche. — Portraits de Claude Bernard, de Paul Bert, d’Auguste Challamel, de Charles Forest, sénateur, de Henri Martin, de Charles Schefer, administrateur de l’École des Langues Orientales, de Victor Hugo. — Grande plaque pour le cinquantenaire de 31. et Mme L.-J. Desjardins.

LE MUSEE

Bottée (L.). — Guerre du Chili contre le Pérou et la Bolivie (1884). — Exposition universelle de 1889. — Progrès dans la fabrication des monnaies (1889). — Expositions de Québec et de Saint-Louis (1904). — Inaugurations du nouveau port de Calais (1889) et du port de Tunis (1893). — Muséum d'Histoire naturelle, centenaire (1893) ; inauguration des nouvelles galeries (1898). — Centenaire de l’Internat (1902). — Direction de l’enseignement primaire du département de la Seine. — Avocats au Conseil d’Etat et à la Cour de Cassation. — Comité français des Expositions à l’étranger. — Société des architectes diplômés. — Société

Victor Hugo, par A. Borrel.

(Musée de la Monnaie.)

des Parisiens de Paris. — A la Science. — Aux poètes sans gloire. — Portraits du D1 F. Guyon et du D1 Pli. Panas.

Bourgeois (Maximilien) (1839-1901). — Election de Jules Grévy (1883). de Carnot (1887) et de Casimir-Périer (1894). — Centenaire delà République française (1892). — Centenaire de l’École Polytechnique (1894). — Centenaire de la Chambre des députés au Palais-Bourbon (1898). — Médailles des sénateurs et des députés. — Portraits de Paul Uelisse, musicien, professeur au Conservatoire, de Victor Plessier, ancien député, de J. Thomas, statuaire.

Cariat (L.). — Canots automobiles. — Saint-Jérôme. — Saint-Hubert.

Chapu (A.) (1833-1891). — Grands médaillons fondus : Église du Sacré-Cœur à Montmartre; portraits d’Emile Trélat et de E. Vaudremer, membre de l'Institut.

Charpentier (Alexandre). — Société des amis de la médaille française. — Société des amis des livres (Portrait du duc d’Aumale). — Société d’agriculture, sciences et arts de Douai. — Cinquantenaire de la maison Larousse. — Peinture. — Maternité. — Maçons et tailleurs de pierre. — Portraits du D1' Ernest Besnier (Hôpital Saint-Louis) et du Dr Potain.

Coudray (L.). — Modèles et pièces frappées : Union coloniale. — Jeton des notaires. — Médailles pour la police municipale rurale et pour les employés de l’octroi. — Gallia tutrix. — Agriculture. — Automobiles. — Discobole. — Escrime. — Flore. — Orphée. — Soorts. — Viticulture. — Mutualité.

Croce-Lancelot (Mm0). — Portraits du président Loubet (1904), du roi Humbert Ier, de la reine d’Italie Marguerite de Savoie, du pape Léon XIII.

Degeorge (Ch.) (1837-1888). — Communications aériennes (1870-1871). — A la mémoire des élèves de l’École des Beaux-Arts morts pour la patrie (1870-1871). — Service des phares et balises. — Eglise Saint-Pierre de Montrouge. — Société des amis des arts de Lyon. — Chevaux. — La Musique.

Deschamps (Léon). — Médaille des députés. — La Pensée. — Portrait d’Emile Combes (1903). — Jean Fouquet. — Gutenberg.

Dubois (Alphée) (1831-1903). — Baptême du Prince impérial (1860). — Réception des ambassadeurs de Siam au palais de Fontainebleau (1861). — Inauguration de l’église Saint-Augustin (1868). — Centenaire de Napoléon Ier (1869). — Analyse des protubérances solaires. — Proclamation delà République (1870). — Mission scientifique au cap llorn (1882-1883). — Élection du président Carnot (1887). — Inauguration de la mairie du Xe arrondissement. — troisième centenaire des Gobelins (1901). — Portraits de François Arago, C. Becquerel, E. Chevreul, J. -B. A. Dumas, Camille Flammarion, Gréard, recteur de l’Université de Paris, J. Leverrier, H. Milne-Edwards, Pasteur, Ch. -Ad. Wurtz.

Dubois (Henri). — Exposition universelle de 1889 (Congrès internationaux). — Election du président Loubet (1899). — Médaille des sénateurs. — Médailles des villes de Bordeaux et de Nantes. — Caisse d'Epargne de Bordeaux. — Bracelet. — Sujets divers de sports, de chasse, d’agriculture, etc. — Portraits de R. Cagnat. membre de l'Institut. d’Alphée Dubois, médailleur, du président Krüger.

La Musique, par Degeorge.

(Musée de la Monnaie.)

LE MUSEE

Dupré (Georges). — Société de géographie commerciale de Saint-Étienne. — Hospices civils de Saint-Étienne. — Union des Sociétés de tir. — Centenaire des Mines de Bruay. — Salut au soleil. — Rédemption. — Angélus. — Méditation.

— Souvenir. — La gravure en médailles. — Centenaire d'Hector Berlioz (1903).

— Portrait d’Albert Coquillon.

Lagrange (J.), ancien graveur de la Monnaie. — Annexion de la Savoie et du comté de Nice a la France (1860). — Inauguration du Palais de Justice de Paris (187*). — Inauguration de l’Opéra de Paris (1875). — Instruction populaire.

— Semeur. — Ali Ion de Crotone. — Dessin. — Mineur.

Lechevrel (A ). — Tête de la République française. — Hommage aux graveurs. — L’Histoire enregistre les découvertes de l'Archéologie. — Portraits des présidents Félix Faure et Carnot. — Portrait de Roger Marx, inspecteur général des Beaux-Arts.

Lefebvre (H.). — Mutualité des Peigneurs (1896). — Société des Sciences de Lille (1902). — Institution des jeunes aveugles. — Chambres de Commerce de Lille, Roubaix et Tourcoing. — Création d’un nouvel hôpital à Roubaix. — Portraits de H. Schneider, des membres de la famille Agache. — 25e anniversaire du mariage de M. P. de Schlumberger et Marguerite de Witt.

Legastelois (J. -P.). — Foire de Paris. — Insigne des conseillers municipaux. — Enseignement. — Naissance. — Maternité. — Mutualité. — Canots automobiles.

Lemaire (Georges). — Inauguration de la caserne des Célestins, à Paris (1898). — Ville de Montélimar (Concours musical) 1902. — Médailles coloniales. — Portrait de Gustave Liotard-Vogt, directeur général de l’Enregistrement.

Levillain (F.) (*j* 1905). — Exposition Universelle de 1889. — Junon. — La Terre. — Sujets et scènes mythologiques. — Modèle de la marque de la Manufacture de Sèvres.

Moria (Mlle B.). — Au village.

Mouchon (L.-E.). — Lazare Carnot, organisateur de la Victoire. — Souvenir. — Sujets allégoriques du Printemps et de l’Automne (cendriers). — Portrait de la reine de Hollande Wilhelmine. — Portrait du négus Ménélik. — Médaillon de Charles Gerson (1899). — Portrait de J. de Selves, directeur général des Postes et Télégraphes.

Pillet (Cli.). — Exposition internationale du centenaire de la lithographie. - Chambre de Commerce de Cambrai. — Assistance publique (Enfants assistés).

— Chapelle de la rue Jean Goujon. — Agriculture. — Portraits de V. Corail et de Santos Dumont.

Ponscarme (H.) (1827-1903). — Annexion des communes suburbaines de Paris (1859). — Statue de Napoléon Ier sur la colonne Vendôme (1863). — Élection du président Félix Faure (1895). — Portraits de Charles III, prince de Monaco, de

Jules Brame, député, de Charles Lucas, membre de L Académie des Sciences morales, de Jules Méline, de Joseph Naudet, d'Edgar Quinet, de Charles Rameau, député.

Prud’homme (G.). — Troisième centenaire de l’édit de Nantes (1898). — Troisième centenaire de l'Académie de Montauban (1900). — Conseil municipal et Caisse d’Épargne de La Rochelle. — Concours musical (Ville de Paris). — Source et enfant pêcheur. — Portraits d'Émile Combes, du Dr J. -B. Duguet, de V. Ilanot.

Richer (D1 Paul). — XVe Congrès international de Médecine (1906). — Portraits du 1)1‘ Raphaël Blanchard, du i)‘ A. Chauveau, d'E.-J. Marey, de Bénédict Tcissier.

Roiné (J.-E.). — L'Exposition Universelle de 1900 (d’après le tableau de Besnard). — Cinquantenaire du Comptoir central de Crédit de Paris (1903). — Ligue des Droits de l'homme. — Mariage. — Naissance.

Soldi (Em.) (1846-1906). — A la mémoire des victimes de l'invasion (1870-1871). — Cinquantenaire de la photographie (1889). — Association générale des étudiants de Paris (1892). — Société des gens de lettres (La Pensée anime l’Univers).

Tasset (P.)- — Aéronautes du Siège de Paris. — - Médaille des Postes et Télégraphes. — Société pour l’étude pratique de la participation aux bénéfices, à l’effigie de Charles-Robert (1827-1899). — Statue de Gambetta, à Sèvres, près de Ville-d’Avray. — Portrait d’Edmond Hébert, membre de l'Institut.

Vernier (S.-E.). — Inauguration du monument de Gambetta sur la place du Carrousel, à Paris (1888). — Inauguration du monument d’Auguste Comte (d’après Injalbert) sur la place de la Sorbonne (1902). — Société des Amis des Livres (portrait d’Eugène Paillet, président). — Buste de la République Française. — L’Archéologie. — Dupleix, commandant des Établissements français de l’Inde (mort en 1763). — Portraits du Khédive d’Égypte, d’Urbain Souriant, directeur de l’Institut français d’archéologie du Caire, de Pierre Laffitte, directeur du Positivisme, du commandant Marchand, de Jacques de Morgan, directeur général des Antiquités de l’Égypte, d’Eugène Spuller. — Portraits d’enfants.

Vernon (F. de). — Centenaire de la Marseillaise (1892). — Quatorzième centenaire du baptême de Clovis (1896). — Mariage du duc d’Orléans (1896). — Arrivée de la flotte russe à Cherbourg (1896). — Centième anniversaire de la réunion de Mulhouse à la France (1898).

République Française, par S.-E. Vernier.

(Musée de la Monnaie.)

LE MUSEE

Palace-Hôtel de Paris .(1899). — Exposition Universelle de 1900 (plaquette des Sports). — XIIIe Congrès de Médecine (1900). — Banquet des maires (1900). - Inauguration des nouveaux bâtiments de la Bénédictine de Fécamp (1900).— Centenaire du Code civil (1900). — Exposition internationale de Glasgow (1901). — Inauguration des bains d’Évian (1902). — Congrès international de la Tuberculose (1905). — Médaille de la Cour d’ Appel. — Université de Paris. — Chambre de Commerce de Nantes. — Amis des Arts de Pau. — Société d’ Horticulture de Montmorency. — Solidarité. — Union des Yachts de France. — Cyclisme. — Ève. — Liseuse. - — Dé. — La nuit (cendrier). — Sujets religieux divers. — Portraits de la reine Louise de Danemark, d'E. Boutry, du D1 Charcot, de H. Danger, d’Ernestine Danjard et de Clémence de Vernon, de P.-P. Dehérain, membre de l’Institut, de Delaunay-Belleville, président de la Chambre de Commerce de Paris, de Y. Fraehon, d’Albert Gaudry, paléontologiste, d’A.-Ch. Grémiaux, de Bené Nagelmackers, de Marcel Renault, du Dr Albert Robin, du D1 Terrier, de W aldeck-Rousseau.

Yencesse (O.). — Répression du braconnage. — Minette et Manette. — Le Baiser (une mère embrassant son enfant). — Portraits de Joseph Magnin, d’Erîm. Piot, de Richard Wagner.

Médailleurs étrangers contemporains. — Dans quatre vitrines se trouvent des spécimens de l’art étranger, classés par pays.

Belgique. — OE livre de G. Devreese (Le roi Léopold II ; portraits du comte de Nédonchel, d’E. -J. Soil, d’A. Huart-Hamoir, bourgmestre de Schaerbeek, de Delarey, le héros boer ; l’Invention du Dessin, plaquette de la Société hollando-belge des amis de la médaille) : œuvres de Ed. Geerts , J. Lagae et Wolf ers, Lemaire.

Hollande. — OEuvres de B art, Kamp , Koehler , Jauger , Makking , Menger, Bander, Schammer, Wienecke , etc.; collection de médailles frappées sous la direction de M. Begeer, d’Utrecbt.

Autriche-Hongrie. — OEuvres d ’ Anton Scharff , Tautenhayn senior et junior, St. Schwartz-, Rudolf Marschall, X. Paulik , Kafka, Mylsbek, Andréas Neudeck, R. N cuber g er, Sucharda, Szarnowsky ,

I Vaktaw.

Allemagne. — OEuvres de A. Rœrsch , Rudolf Rosse It, J. Kowarzik. Suisse. — OEuvres de H ans Frei (village suisse à l’Exposition Universelle de 1900; portrait d’Ernest Stuekelberg) ; œuvres de J. Kaufmann , F. Landry.

Angleterre. — OEuvres de F. Boucher, K Allan Wyon.

Italie. — • OEuvres de D. Trentacoste .

Espagne et Portugal. — Médailles diverses.

Russie. — Médailles du Couronnement de Fempcreur Nicolas II (1896) ; médailles de la Monnaie de Saint-Pétersbourg1 (vue du monument); Oeuvres de Trojanowski.

Suède. — OEuvres de E. Lindberg , de S. Nikon.

Amérique. — OEuvres de V.-D. Brenner : portrait du peintre Whistler; transfert des cendres de l’amiral Paul Jones; portraits divers .

Médailles françaises diverses. — On voit exposé, dans une vitrine, un choix des plus beaux spécimens des médailles françaises, depuis le xvie siècle jusqu’à nos jours, ce qui permet au public de suivre, à travers les siècles, le développement de l’art de la médaille dans notre pays.

Une autre vitrine est consacrée aux reproductions de médailles et de sceaux français, choisis parmi les plus remarquables au point de vue artistique ou historique (Don de M. le comte de Beauchamp) ; on a joint à cette collection diverses médailles et des jetons français du xve au xvme siècle (originaux), ainsi que des épreuves en platine de médailles françaises du xixe siècle. r

Collections diverses de monnaies et médailles. — Une vitrine ovale est spécialement consacrée aux médailles des présidents de la République ; une autre contient des souvenirs numismatiques franco-américains : médailles françaises aux effigies de Washington, de Paul Jones, de Franklin, de Suffren, de Lafayette, médailles de la bataille de Cowpens, loutes entourant le médaillon du Deuxieme centenaire de la naissance cle Benjamin Franklin (œuvre de MM. Saint- Gaudens), exemplaire unique en or offert à la République Française par la Nation américaine.

Une vitrine en acajou, décorée de cuivres, de style Louis XVI, renferme une belle collection de lingots monétaires indo-chinois du règne de Kieng-Hung (1740-1786), au règne de Tu-Duc (1847-1883), ainsi que des médailles, des sapèques et d’anciennes monnaies du Cambodge.

On a réuni dans deux petites vitrines ovales, des monnaies chinoises ou circulant en Chine : curieux sabots sycee de Shanghaï et du Yangtsé ; chopped dollars ; monnaies de Canton ; nouvelles

LE MUSEE

sapèques (le cuivre ; monnaies chinoises en argent frappées à Tclientou, dans le Ssé-Tchouan, à l’effigie de l’empereur; ces pièces sont

Paul Jones, amiral américain (1779).

'Musée de la Monnaie.)

imitées de la roupie, de la demie-roupie et du quart de roupie de l’Inde anglaise et sont destinées à leur faire concurrence au Tliibet

Benjamin Franklin (1784).

(Musée de la Monnaie.)

(Don de JM . Bons d’Anty, consul de France en Chine) ; des monnaies du Japon (plaques d’or anciennes poinçonnées, lingots monétaires, monnaies courantes) ; de Corée (sapèques) ; du Siam (lingots monétaires ronds poinçonnés et monnaies courantes).

Monnaies françaises b — Deux belles vitrines de style Louis XVI, en acajou et ornées de cuivre, contiennent les différentes séries de

Monnaie gauloise de 1 Est (argent). — Tiers de sou d’or de Dagobert. — Denier d’argent de Charlemagne, frappé à Tours.

monnaies françaises. Cette collection comprend, pour l’époque la plus ancienne, quelques spécimens de monnaies gauloises, en argent et en bronze ; des tiers de sou d or mérovingiens portant les

Denier d’argent de Henri Ier, frappé à Chalon-sur-Saône. — Denier d’argent de Louis Vif,

frappé à Bourges.

noms de monétaires et de localités diverses de notre pays (Autun, Chalon-sur-Saône, Evreux, Laon, Nantes, Rouen, Troyes, Wic, etc.) : puis une intéressante suite de deniers carolingiens, en argent, frappés

Gros tournois de saint Louis (argent). — Agnel de Louis X (or).

dans Fatelier du Palais et dans différents ateliers, classés géographiquement d’après les divisions de la Gaule au xe siècle.

1 Nous donnons la reproduction des principaux; types monétaires, qui figurent dans la collection des monnaies françaises exposées au Musée de la Monnaie.

LE MUSEE

La collection devient plus riche et plus complète à partir de l’époque capétienne. Aux deniers et oboles des xe et xie siècles, qui

Florin Georges de Philippe VI (or). — Franc à cheval de Jean le Bon (or).

étaient les seules monnaies courantes, vient s’ajouter une nouvelle monnaie d’argent, le gros tournois de saint Louis, qui eut une vogue

Franc à pied de Charles V (or). — Salut de Henri VI. roi de France et d’Angleterre (or).

immense et fut imité dans toute l’Europe : il valait douze deniers tournois.

La monnaie d’or reparut sous ce règne, par la trappe du denier

d'or, dont on ne connaît que quelques exemplaires et qui n a pu encore figurer dans les collections du .Mu sec de la Monnaie.

Pendant les règnes suivants, en même temps que de nombreux types nouveaux de monnaie d argent, deniers tournois, doubles pansis

et doubles tournois , mailles , blancs, etc., on frappe successivement de nouvelles espèces d’or ; sous Philippe, le Hardi (1270-1285) et

Écu d’or au porc-épic de Louis XII. — Teston du Dauphiné de François Ier (argent).

sous Philippe IY le Bel (1285-1314), la masse, le petit royal, Yagnel; sous Philippe VI (1328-1350), le denier d'or à Vécu, ou écu d’or,

Double henri de Henri II (or). — Douzain de Henri II (1553) (billon).

le denier d'or au lion, ou lion d’or, le pavillon d’or, le double royal , l’ange , le florin georges, représentant saint Georges terrassant

Teston de Charles IX (1573); piéfort, face (argent). — Franc de Henri III (1577);

piéfort (argent).

le dragon, la chaise ; sous Jean le Bon (1350-1364), le mouton . le franc à cheval , le florin ; sous Charles V (1364-1380), le franc à pied ; sous Charles VI (1380-1422), le nouvel écu d’or, Vécu

LE MUSEE

heaume. Pendant la domination anglaise, sous Henri Y (1415-1422) et Henri VI (1422-1453) furent frappés des saints et des angelots. A partir de la fin du règne de Louis XII (1498-1515) apparaissent

Franc de Charles X (le cardinal de Bourbon), 1590 (argent). —

piéfort, face (argent).

Franc de Henri IV (1607) ;

les premières monnaies d’argent à flan épais, imitées des pièces italiennes, les testons , ainsi dénommés à cause de la teste du roi qui s’y trouvait représentée. Des spécimens de testons et demi testons de François Ier (1515-1547) présentent des types très différents

Écus de Louis XIII pour la France (1643) et pour la Catalogne ((1642) (revers) (argent).

de l’effigie royale ; cette variété est due à l’inhabileté des graveurs attachés aux divers ateliers provinciaux.

He nri II (1547-1559), fit frapper à la Monnaie du Moulin, oit il avait établi le balancier et les divers instruments achetés à un orfèvre d’Augsbourg, une nouvelle monnaie d’or, le henri, dont il existe des doubles et des demis.

Aux testons, le roi Henri III (1574-1589) substitua une nouvelle

pièce d'argent, le franc et ses divisions ; il lit également fabriquer des espèces d'argent, valant le quart et le huitième de l'ecu d'or.

On peut voir dans la vitrine un spécimen du franc de Charles X, le roi de la Ligue (1589-1590), et les piéforts du franc et du demifranc à l'effigie de son adversaire et successeur, Henri IV 1 589- 1610).

A la fin du règne de Louis XIII (1610-1643), eut lieu une transfor-

Écu aux trois couronnes de Louis NIV (1709) ; argent. • — Double louis de Louis XIV (1644) ; piéfort ; or. — Double louis de Louis XV, dit de Noailles (1716); or.

mation complète du système monétaire, par suite de la création du louis d’or et de Vécu d'argent, et de leurs multiples divisions, toutes pièces frappées au balancier du Louvre, sous la direction du graveur général Jean Varin et avec des coins dont il avait gravé les poinçons. De beaux exemplaires de ces monnaies se trouvent dans la collection du Musée, telles les pièces fie 10 louis et divisions de Louis XIII.

Pour les règnes suivants, mentionnons les piéforts d’or et d’argent des diverses espèces de Louis XIV (1643-1715) et les monnaies frappées pour la Flandre et à Strasbourg sous ce règne ; les louis dits de Noailles , à la croix de Malte et aux lunettes , de Louis XX

Page 1