LL MUSE IC
(1715-1774) ; les louis aux écussons carrés, l’essai de Vécu , dit de Galonné , gravé par Droz, à F effigie de Louis XVI (1774-1789). C’est sous ce régne que, par édit du 30 octobre 1783, fut fixé le rapport légal de 15 et demi entre l’or et l’argent.
Écu de Louis XVI, dit de Galonné (1786); argent. — Écu constitutionnel, an IV (1792); revers (argent). — Pièce de 5 francs (an X); argent. — Pièce de 20 francs de Marengo, République Piémontaise (an IX); or. — Pièce de 5 francs de Bonaparte, premier consul (an XI) ; argent.
La période constitutionnelle du régne de Louis XVI marque la transition entre l’ancien système monétaire et le système actuel.
Les lois du 10 vendémiaire an II (7 octobre 1793), 28 thermidor,
L'IIOTEL DES MONNAIES
an 111 (15 août tl 795), 3 brumaire an V (24 octobre 1796) furent complétées par la loi du 7-17 germinal an XI (28 mars-7 avril 1803) qui reste la base principale de noire système monétaire moderne,
Pièce de 20 francs (or), par J. -G. Chaplain.
(Musée de la Monnaie.)
et qui, par ses dispositions maintint le rapport légal de 1 à 15 et demi entre For et F argent, rapport établi en 1785.
Pièce de 10 centimes (bronze), par J. -B. Daniel-Dupuis.
(Musée de la Monnaie.)
En ce qui concerne les monnaies d'or, des pièces de 40 et 20 francs furent frappées depuis 1 an XI (1802-1803); la pièce de 40 francs
Pièce de 2 francs (argent), par L.-O. Roty.
(Musée de la Monnaie).
cessa d'être fabriquée en 1840 ; la pièce de 10 francs apparut en 1850 ; celle de 5 francs en 1854 et celles de 100 et 50 francs en 1855.
Pour l'argent, la pièce de 25 centimes fut supprimée en 1849;
LE MUSEE
une pièce de 20 centimes fut alors frappée jusqu’en 1869 (quelques exemplaires ont été fabriqués en 1889).
Les nouveaux types monétaires comprennent les pièces de 20 francs et 10 francs en or, gravées par M. J. -G. Ghaplain (1899 et suiv.) ; les
Pièces de 25 centimes (nickel), ancien et nouveau types, par A. Patey.
(Musée de la Monnaie.)
pièces de 2 francs, 1 franc et 50 centimes et l’essai de la pièce de 5 francs, dont les modèles son! de M. O. Roty (1897 et suiv.). C’est à J. -B. Daniel-Dupuis, que l’on doit les sujets de la série de bronze 10, 5, 2 et 1 centime (1898 et suiv.).
Les pièces récentes en nickel, de 25 centimes (rondes et à 22 pans) sont l’œuvre du graveur de la Monnaie, M. A. Patey.
Monnaies des colonies françaises. — Les monnaies des colonies forment un ensemble intéressant par leur diversité. Anciennes
Bon de Caisse de la Martinique, par A. Borrel. (Musée de la Monnaie.)
monnaies et monnaies actuelles de la Tunisie, conformes au système français (20 fr., 10 fr., en or, 2 fr. 1 fr., 50 cent, en argent; 10, 5, 2 et 1 centime en bronze) ; monnaies d’argent et de bronze de la Grande Gomore, des Iles de France et de Bourbon ; bons de Caisse (1 fr. et 50 cent, en nickel) de la Réunion (gravées par Lagr ancre) .
Séries des colonies d’Amérique : lies sous le Vent, Saint- Domingue, Cayenne, La Martinique (Bons de Caisse en nickel, 1 fr. et 50 centimes, gravés par A. Borrel), La Guadeloupe (Bons de Caisse en nickel de 1 fr. et de 50 centimes, gravés par A. P a te y.).
Monnaies de Idmle française et de lMndo-Chine (piastre, l/50e, 1/20® et 1 /1 0e de piastre en argent, 1 /1 00e de piastre et sapéque en bronze) ; cette série indo-chinoise se termine par la nouvelle sapéque en zinc, frappée en 1905 à la Monnaie (-1 /600e de piastre).
Petite salle, conduisant aux autres salies du Musée (ancien Cabinet
Aux murs sont accrochés deux plaques en cuivre, sur lesquelles sont frappés les poinçons de la marque d’or et de la marque d’argent sous la régie de Jean-Baptiste Clavel et sous la régie de Jean-Baptiste Fouache (xviii6 siècle) ; une gravure donnant la vue extérieure de
Piastre de l'Indo-Chine, par Barre.
(Musée de la Monnaie.)
Cent de l’Indo-Chine, par J. -B. Daniel-Dupuis. (Musée de la Monnaie.)
LE MUSEE
l’Hôtel des Monnaies et de la vue de la grande salle au xvin0 siècle (Ecole Royale des Mines), par Née, d’après Meunier. On pourra se rendre compte que la décoration de cette belle salle n’a subi presque pas de modifications depuis cette époque.
Portraits de Pierre Grassin, directeur général des Monnaies (gravure de Lépicié, d’après Largillière) ; de Jacques Roëttiers, graveur et orfèvre du Roi (gravure de Saint-Aubin (1771), d’après Gochin) : de Robert de Cotte, architecte du Roi, père de Jules-Robert de Cotte, directeur de la Monnaie des Médailles (gravure d’Antoine Trouvai n d’après Tortebat).
Plan manuscrit des fondations de l’J Intel des Monnaies (xvine siècle) ; épreuve en étain du sceau de Louis XVIII, par N. -P. Tiolier, graveur général des Monnaies ; aquarelle reproduisant d’anciens instruments monétaires (par Tiolier, 1833).
Salle des médailleurs antérieurs à la Révolution. — Dans cette salle sont réunies toutes les séries de médailles françaises (épreuves assez anciennes, mais non du temps) classées chronologiquement, depuis le xvC siècle jusqu’à la fin de l’ ancien régime; les originaux ont été frappés à la Monnaie du Moulin, puis à la Monnaie des Médailles, au Louvre, et constituent l’admirable histoire métallique , qui nous a conservé le souvenir des événements célèbres de la monarchie.
Différents souvenirs des temps passés ont été réunis dans cette salle : un joli balancier de l’époque de Louis XV T ; une belle pendule du temps de Louis XIV ; deux beaux portraits, ceux de Nicolas de Launay, le célèbre directeur de la Monnaie des Médailles à la fin du xvne siècle et au commencement du xviiT, et de Pierre Rousseau, directeur général des Monnaies ( 1683-17 17), et un intéressant tableau du xvue siècle, représentant l’illustre graveur Jean Varin montrant une médaille à l’effigie d’Alcibiade à Louis XIV enfant: il est signé : F. Marias pingebat ; Fauteur est sans doute ce François Lemaire, «lit le petit Lemaire , qui mourut en 1688.
Ce tableau fut acheté en 1812 pour la Monnaie des Médailles, en vue d’orner le Cabinet dans lequel les coins étaient exposés.
Deux gravures anciennes reproduisant les portraits de Nicolas de
Launay, directeur de la Monnaie des Médailles (gravure de Fr. Chereau (1719), d’après Hyacinthe Rigaud), et de Joseph Roëttiers, graveur général des Monnaies (gravure de G. Vermuelen (1700), d’après Largillière).
Toutes les médailles sont exposées dans des vitrines blanches, de style Louis XVI, qui les mettent en valeur et qui permettent d’apprécier le talent souple et varié des nombreux graveurs qui
Jean Varin montrant une médaille à Louis XIV enfant. (Peinture de François Lemaire ?).
(Musée de la Monnaie.)
ont travaillé à la Monnaie du Moulin et à la Monnaie des Médailles.
Nous citerons les pièces principales de ces séries, dont l’ensemble permet d’étudier le développement de Fart de la médaille française pendant près de trois siècles.
Règne de Charles VIII (1483-1498). — Conquête du royaume de Naples.
Règne de Louis XII (1498-1315). — Louis XII, duc de Milan. — Le cardinal d’Amboise.
Règne de François Ier (1515-1547). — Le Concordat. — Bataille de Marignan (1515). — Traité avec l’Angleterre.
LE MUSÉE
Règne de Henri II (1547-1559). — * La gloire du Roi. — Alliance avec F Allemagne. — Ligue contre Charles-Quint. — Conquêtes de de Henri IL — Diane de Poitiers. — Défense de Metz (1552). Catherine de Médicis. — Le connétable Anne de Montmorency. Mariage du Dauphin (François II) avec Marie Stuart).
Portrait de Pierre Rousseau, directeur général des Monnaies (1683-1717).
(Musce de la Monnaie.)
Règne de François II (1559-1560). — Paix avec l’Angleterre. - Antoine, roi de Navarre.
Règne de Charles IX (1560-1574). — Devise du Roi. — La Saint- Barthélemy (1572). — - Elisabeth d’Autriche, reine de France. — Henri, duc d’Anjou, roi de Pologne Henri III).
Règne de Henri III (1574-1589). — Devise du Roi. — Louise de Lorraine, reine de France. — Le chancelier de Birague. — Le cardinal de Guise. — Fondation de l’ordre du Saint-Esprit (1579). —
Le chancelier Hurault de Cheverny, — Renouvellement de l’alliance avec les Suisses (1582). — Paix avec la Ligue.
Règne de Henri IY (1589-1610). — Le cardinal de Bourbon (Charles X). — Bataille d’tvry (1590). — Maximilien de Béthune, duc de Sullv, grand-maître de l’Artillerie de France. — Naissance du Dauphin (Louis XIII . — Sacre de la reine Marie de Médicis (1610).
Ri îgne de Louis XIII 1610-1643). — Régence de la Reine Mère. — Le cardinal de Richelieu. — Vœu de Louis XIII. — Naissance du Dauphin (Louis XIV) 1638. — Le Val-de-Grâce. — Mort de Louis XIII (1643).
Règne de Louis XIV (1643-1715). — Régence de la Reine Mère,
Anne d’Autriche (1643). — Bataille de Rocroi 1643). — Prise de trente villes 1644). — Prise de Dunkerque (1646).
— Prise d’Ypres (1648). — Paix de Westphalie (1648). — Le Val-de-Grâce 1650). — Majorité de Louis XIV (1651).
— Retour du Roi à Paris (1652). — Villes remises sous l’obéissance du Roi (1653). — Prise de Belfort (1654). — Sacre du Roi 1654 . — Etablissement de l’Hôpital Général (1656). — Réception de la reine Christine de Suède à Paris (1656). — Prise de Valence-surde-Pô (1656). — Prise de
Montmédy (1657). — Entrevue de la Bidassoa et traité des Pyrénées (1659-1660). — Mariage du Roi avec Marie-Thérèse (1660). — Arrivée de la Reine à Paris (1660). — Le Roi prenant la direction des Aftaires 1661 . — Assiduité du Roi aux Conseils (1661). — Hommage lige rendu à Louis XIV par le duc Charles de Lorraine pour le comté de Bar 1661). — La naissance du Dauphin 1661). — Les édits contre les duels 1662). — Les excuses présentées par les ambassadeurs espagnols au sujet du droit de préséance (1662).- — Libéralité du Roi pendant la famine (1662). — Acquisition de Dunkerque (1662). — Devise du Boi : un soleil avec la devise : Nec pluribiis impar. — Prise de Marsal (1663). — Institution de l’Académie royale des Inscriptions et des Médailles (1663) . — Audience du Légat du Pape
Louis XIV, par Thomas Bernard.
(Musée de la Monnaie.)
LE MUSÉE
(1664). — Encouragement aux arts par la création de manufactures royales (1664). — Mort de la reine Anne d’Autriche (1666). — Reprise de l’île de Saint-Christophe (aux Antilles) sur les Anglais (1666). Règlement pour les houes et les lanternes de Paris (1666). — L Observatoire de Paris (1667). — Institution de h Académie royale de Peinture et de Sculpture à Paris et à Rome (1667). — Prise de Douai (1667). — Prise de Lille (1667). — Canal des Deux-Mers (canal de la Garonne au port de Cette, réunissant la Guyenne au Languedoc) 1667 . — Prise de Besan-
çon (1668). — Prise de Dole 1668). — Paix d'Aix-la-Chapelle (1668). — La
Réduction de Strasbourg ( 1 G 8 1 ) .
(Musée de la Monnaie.)
Franche-Comté rendue à l’Espagne
(1668). — Conquête de la Lorraine 1670). — Rétablissement de
la Marine 1670). — Institution ture (1671). — Passage du Rhin de l’Yssel pendant la guerre de
de l’Académie royale d’Architec- 1672 . — Prise des retranchements Hollande (1672). — L’Académie
Réception des ambassadeurs du Siam (1G86). Institution de l’ordre militaire de Saint-Louis (1693). (Musée de la Monnaie.)
française au Louvre (1673). — Seconde conquête de la Franche-Comté (1674). — Défaite des Hollandais à la Martinique 1674). — Tranquillité des Mers (1674). — Vains projets des Hollandais (1674) . - Les Allemands chassés de 1 Alsace ( 1673). — Levée du siège de Maastricht (1676). — Bataille de Cassel 1677. - Prise de G and 1678).
— Bataille de Saint- Denis en Hainaut (1678). — Mariage de Marie- Louise d’Orléans avec Charles II d’Espagne (1679). — - Mariage du Dauphin avec Anne-Marie de Bavière (1680). — Réduction de Strasbourg (1681). — Naissance du duc d’Anjou (1683). — Victoire sur les Algériens ou le bombardement d’Alger par Duquesne (1683). — Prise de Luxembourg (1684). — - Soumission de la République de Gènes (1683). — Révocation de l’édit de Nantes (1685). — Réception des ambassadeurs du Siam (1686). — Jacques 11, roi d’Angleterre, réfugié en France (1689). — Batailles de Fleurus (1690) et de Staffarde (1690). — Combat de Steinkerque (1692). Institution de
La Famille du Grand Dauphin (1693).
Avènement de Philippe, duc d’Anjou, au trône d’Espagne (1700). (Musée de la Monnaie.)
l’ordre militaire de Saint-Louis (1693). — La famille du Grand Dauphin (1693). — La Marine florissante (1693). — Victoire navale remportée sur les Anglais et sur les Hollandais à Brest (1694). — Paix deRyswick (1697).’ — Mariage du duc de Bourgogne et de Marie- Adélaïde de Savoie (1697). — Avènement de Philippe, duc d’Anjou, au trône d’Espagne (1700). — Prise de Nice (1706). — Levée du siège de Toulon (1707). — Prise de Tortose, en Espagne (1708). — Renonciation du droit de la France au trône d’Espagne (1713). — Traité de Rastadt (1714). — Louise, baronne de Sceaux, duchesse du Maine. — Le maréchal de Villars (1714).
Règne de Louis XV (1715-1774). — Déclaration de la Régence, (à l’effigie du Régent, Philippe d’Orléans) (1715). — Entrevue de Louis XV et de Pierre le Grand (1717). — Nicolas de Launay, direc-
LE MUSEE
leur de la Monnaie des Médailles (1719). — Audience de l'ambassadeur de Turquie (1721). — - Sacre de Louis XY 1722). — Médiation de la France entre la Russie et la Turquie (1724). — Mariage de Louis XY avec Marie Leczinska (1725). — Naissance du Dauphin (1729). — Bataille de Guastalla (1734). — Réunion de la Lorraine
Portrait de Nicolas de Launay, directeur de la Monnaie des Médailles.
(Musée de la Monnaie.)
à la France (1737). — Paix avec Y Allemagne (1738). — Alliance avec la Suède (1738). — Médiation de la France entre T Allemagne, la Russie et la Turquie (1739). — Mariage de Louise-Élisabeth de France avec Philippe, infant d'Espagne 1739). — Nouvelle audience de l'ambassadeur de Turquie (1742). — Passage du Rhin (1744). — Prise de Fribourg-en-Brisgau (1744). - Premier mariage du Dauphin avec Marie-Thérèse d’Espagne 1745). - — Bataille de Fontenoy (1745).
(Face.)
gne, du duc d’Aquitaine et du duc de Berry (Louis XVI) .
Naissance du comte de Provence ( Louis XViil). —
Alli an ce avec Marie- Thérèse (1756). — Naissance du comte d'Artois (Charles X) (1757) . — Paix avec I Angle terre (1763).
— Statue équestre du Roi sm* la place Louis XV (Place de la Concorde) 1763).
— Mariage du Dauphin (Louis XVI) avec M arie - A n to i -
— Prise de Tournai et de Bruxelles p aile maréchal de Saxe (1745-1746).— Prise de six villes de Flandre (1746). — Bataille de Rocoux (1747). — Révision des lois (1747). — Bataille de L awfeld (1747). — Second mariage du Dauphin (1747). — Paix d’Aix-la-Chapelle (1748). — Stabilité des monnaies (1750). — Naissance du duc de Bourgo-
( Revers.)
Sacre de Louis XV (1722).
(Musée de la Monnaie.)
LE MUSEE
nette d'Autriche (1770). — Construction de l'Hôtel des Monnaies (1770). — - Commerce de Marseille avec l’Afrique (1774). — Mort de
Bataille de Fontenoy (1745).
Paix d'Aix-la-Chapelle (1748).
(Musée de la Monnaie.)
Louis XV (1774). — Visite de Pierre le Grand à la Monnaie des Médailles (1717).
Règne de Louis XVI (1774-1789). — Sacre de Louis XVI (1775). — Prise de Boston; médaille à l'effigie de Washington (1776). -
Les frères Montgolfier (1783).
(Musée de la Monnaie.)
Naissance du duc de Normandie (Louis XVII), 1785.
(Musée de la Monnaie.)
Louis XVI et Marie-Antoinette (1781). — Naissance de Madame (Marie-Thérèse-Charlotte) (1778). — Paul Jones, amiral américain (1779). — Bataille de Cowpens (1781). — Naissance du Dauphin (1781). — Canal du Centre (1783). — Paix avec l'Angleterre (1783). — Les frères Montgolfier (1783). — Naissance du duc de
.ouis XVI et Marie-Antoinette, par Benjamin Duvivier (1781). (Musée de la Monnaie.)
LE MUSEE
Normandie (Louis XYIt) (1785). — Canal de Bourgogne (1785). — Mines d'Allemont (1786). — Benjamin Franklin (1786). — Jean Duvivier, graveur en médailles (1687- 1761) (médaille gravée par B. Duvivier).
Règne de Louis XYI (Période constitutionnelle). — Décoration des vainqueurs de la Bastille (1789). — La Fayette. — Necker. — Abandon des privilèges (1789). — Arrivée du Roi à Paris, le 6 octobre 1789 (médaille par B. Duvivier et beau médaillon doré, par Andrieu). — Confédération des Français (1790). — Anniversaire de la prise de la Bastille, 14 juillet 1790 (grand médaillon en étain).
République Française (1792-1795). — Silvain Bailly, premier maire de Paris. — Lavoisier. — Le général Alexandre Beaubarnais.
Salle Napoléon. — Le milieu de cette salle est occupé par une réduction, en bronze, de la colonne Yendôme (au l/24e), faite, en 1831, par Brenet, graveur en médailles; les développements en cire de tous les bas-reliefs reproduisant l'épopée impériale se trouve placé en face. L'empereur est en costume romain, comme il était, à l'origine, en haut de la colonne ; on sait que cette statue, œuvre du sculpteur Chaudet (posée en 1810), fut enlevée en 1814 au retour des Bourbons, puis remplacée sous le règne de Louis-Philippe en 1833, par un Napoléon en uniforme et portant le petit chapeau (du sculpteur Seurre), et enfin rétablie sous le règne de Napoléon III (1863), telle qu'elle était à l'origine (statue de A. Dumont).
Dans cette salle se trouvent réunis d'autres souvenirs de l'époque impériale : une réplique, en marbre, du buste de Canova, représentant Napoléon Ie1' sous les traits d'un empereur romain; une épreuve en bronze du masque funèbre moulé par le Dl‘ Antommarchi et tondu par L. Richard et Quesnel; le médaillier de Napoléon Ier contenant la collection des monnaies d'or, d'argent, de billon et de bronze circulant dans le royaume d'Italie en 1806 (donné par Napo-
Jean Duvivier, graveur en médailles, par B. Duvivier.
(Musée de la Monnaie.)
léon III) ; un modèle en bronze de la médaille gravée par Oudiné, d’après le plafond d’Ingres (ancien Hôtel de Ville de Paris), représentant le triomphe de Napoléon Ier; les coins et poinçons des médailles et jetons du Consulat et du premier Empire exposés dans des vitrines droites, enfin, la série des médailles de cette époque.
Portrait de Bertrand Andrieu, graveur en médailles (1761-1822).
(Musée de la Monnaie.)
Voici l’énumération de quelques pièces, parmi les plus intéressantes qui figurent dans les vitrines.
Directoire et Consulat 1795-1804). — Les Conseils des Anciens et des Cinq-Cents. — Bataille de Montenotte (1796). — Traité de Campo-Formio an VI). — Conquête de la Basse-Egypte et de la Haute-Egypte (an Nil. — - Avènement au Consulat (18 brumaire an VIII . - Passage du Saint-Bernard; bataille de Marengo (1800).
LE MUSEE
— Mort du général Desaix et du général Kléber. — Rétablissement
de la République Cisalpine (an V-ni) . — Attentat à la vie de Bonapar te (an IX). — Paix de Lunéville (an I X . — - Rétablissement de l’ancienne République italienne (1802). — Paix d’Amiens (1802). —
Rétablissement du culte (1802). — Le Code civil 1804). “
Règne de Napoléon Ie'
(1804-1815). — Institution delà Légion d' Honneur (1 804) . — Le Camp de Boulogne (1804). — Couronnement de Napoléon Ie1' (1804). -
Deux beaux médaillons en étain représentant l'Empereur et l'Impératrice Joséphine, par B e r I r a n < I A n d i* i e i 1 , épreuves d’artiste, sous verre, dans des cadres dorés. — La Ligurie réunie à la France. — Capitulation d’Ulm et de Memmingen (1805).
— Prise de Vienne et de Presbourg (1805).
— Bataille d’Austerlitz 1805). — Députation des maires de Paris à Schœnbrunn (1805). - — Paix de Presbourg (1805). — Colonne de la Grande Armée (1805).
(Revers. )
Baptême du roi de Rome (1811), par Bertrand Andrieu.
(Musée de la Monnaie.)
— La Dalmatie conquise (1806). — Conquête de Naples (180(1). — L’Istrie conquise (1806). — Louis-Napoléon, roi de Hollande. — Confédération du Rhin (1806). — Bataille d’Iéna (1806). — Entrée à Berlin (1806). — Alliance avec la Saxe (1806). — Bataille d’Eylau (1807). — Bataille de Friedland (1807). — Campagnes de 1806 et 1807. — Paix de Tilsitt (1807). — Le grand-duché de Varsovie (1807).
— Réunion de l’Etrurie à la France (1808). — Bataille de Somnio- Sierra (1808). — Académie de France à Rome (1808). — La Banque de France (1809). — Batailles d’Abensberg et d’Eckmühl (1809). —
Entrée à Vienne (1809). — Réunion de l’Etat romain à FEmpire (1809). — Batailles d’Essling et de Wagram (1809). — Paix de Vienne (1809). — Conquête de l’Illyrie (1809). — Paix de Schœnbrunn (1809). — Mariage de l’Empereur avec Marie-Louise d’Autriche (1810). — Naissance du roi de Rome (1811). — Baptême du roi de Rome (1811). — Bataille de la Moskowa (1812).
— Entrée des Français à Moscou (1812). — Retraite de Russie (1812). — Batailles de Lutzen et de Wurchen 1813). — Visites à la Monnaie des Médailles de l’Impératrice, de la reine llortense, de la princesse Pauline Borghèse, de la princesse Elisa et de Caroline, reine de Naples. — Départ de l’Empereur pour la campagne de France (1814). — Batailles de Champaubert et de Montereau (1814).
— Abdication de Fontainebleau (1814).
Plusieurs médailles, relatives à la période dite des Cent Jours , et d’autres qui furent gravées postérieurement, viennent compléter Fbistoire métallique de Napoléon Ier. Nous devons citer : Retour de File d’Elbe (1815). — Napoléon Ier donne son lils à la France (1815).
— Napoléon à bord du Bellérophon (1815). — Séjour de Napoléon 1er à Sainte-Hélène. — Mort de Napoléon Ier (1821). — Statues de Napoléon Ier sur la colonne Vendôme (celle de 1810, en empereur romain,
Louis XVIIf et Charles X, par E. Gatteaux:. (Musée de la Monnaie.)
LE MUSEE
Avènement de Napoléon 111 (1852), par E.-A. Oudin
(Musée de la Monnaie.)
et celle de 1833, en uniforme et portant le petit chapeau). — Mort du duc de Reichstadt (1832).
Sous le règne de Louis-Philippe furent gravées neuf médailles, représentant les princes de l’Empire, que l'on ajoute à. la série napoléonienne : Joseph-Napoléon, roi de Naples, puis roi d’Espagne. — Louis-Napoléon, roi de Hollande. — Joachim-Napoléon Murat, roi des Deux-Siciles. — Eugène-Napoléon de Beauharnais. — Camille Borghèse. duc de Guastalla. — Talleyrand-Périgord, duc de Bénévent. — Cambacérès, duc de Parme. — Lebrun, duc de Plaisance. — A. Berthier, prince de Neuchâtel.
Dans les autres salles du Musée, en voie d’organisation, on se propose d’exposer les médailles françaises du règne de Louis NV1II au règne de Napoléon III, les riches séries de monnaies étrangères, anciennes et modernes, et différents objets intéressant, à des titres divers, l'Hôtel des Monnaies de Paris.
L'Impératrice Eugénie, par A. Bovy.
(Musce de la Monnaie.)
Le balancier.
(Gravure de Y Encyclopédie du xvhi° siècle.)
IY
FABRICATION et administration
La fabrication des monnaies autrefois. — Jusqu’au milieu du
xvic siècle, la fabrication des monnaies françaises, est restée immuable. Les procédés employés étaient à peu près les mêmes que ceux de l’antiquité classique, et l’on doit reconnaître que l’art monétaire était tombé en décadence, car les monnaies du moyen âge et de la première moitié du xvi° siècle sont loin d’égaler les œuvres des graveurs et des monnayeurs grecs et romains.
Pour la frappe, on se servait du marteau . La rondelle de métal, préparée pour recevoir les empreintes monétaires, le flan . était placée entre les deux coins, la pile et le trousseau ; la pile était fixée dans un billot, nommé cépeau , et le nïonnayeur, tenant le trousseau
d’une main, donnait de F autre main plusieurs coups de marteau sur ce trousseau , pour imprimer, en relief, sur le flan, les empreintes gravées en creux sur les deux coins.
Les coins étaient soit gravés directement, soit obtenus à l’aide de poinçons , instruments reproduisant en relief les différentes parties du sujet et les lettres des légendes.
Abot de Bazinghen, dans son précieux Traité des Monnoies (1764), nous renseigne d’une façon précise sur les diverses opérations de la frappe des espèces au marteau ; les indications qu’il donne, ont été singulièrement mises à profit par Àngot Desrotours, l’auteur de la notice si souvent citée, sur le Monnayage > de Y Encyclopédie méthodique (t. Y, 1788). Angot Desrotours a, en partie aussi, copié l’article consacré au monnayage par Boizard, dans son Traité des Mono y es.
Voici en quels termes s’exprime Abot de Bazinghen :
« L’alliage et la fonte sont les premières façons...
a A l’égard de la fonte, si c’est de la monnoie d’or, elle se fait dans des creusets de terre, crainte que l’or ne s’aigrisse; si c’est de l’argent, du billon ou du cuivre, on se sert de creusets de fer fondus en manière de petits seaux sans anses...
« Quand l’or, l’argent ou les autres métaux sont en bain, c’est-àdire entièrement fondus, on les brasse avec des cannes ou brassoirs , de terre cuite pour l’or, et de fer pour le reste; en cet état ils se coulent dans les moules ou châssis pour faire les lames...
« Les modèles (sic) des monnoies sont des hunes de cuivre, plates, longues d’environ quinze pouces, et à peu près de l’épaisseur des espèces à fabriquer...
« La seule différence qu’il y ait entre la manière de jetter l’or en lames et celle dont on se sert pour les autres métaux, c’est que ces derniers se tirent des creusets avec de grandes cuillers à long manche pour les verser par le jet du moule, et que pour l’or on se sert des tenailles à croissans faites comme celles des fondeurs, avec lesquelles on porte aussi comme eux le creuset, tout plein de l’or en bain, pour en remplir les moules.
« ... Les lames d’or, d’argent ou de cuivre ayant été tirées des moules ou châssis,... on les étendoit sur l’enclume après les avoir
FABRICATION ET ADMINISTRATION
fait recuire, ce qui s’appelloit battre la chaude. Ayant été raisonnablement battues, elles se coupoient en morceaux, ce qu’on nommoit couper carreaux; ces carreaux étoient ensuite recuits et flatés, c’està-dire recuits et étendus avec le marteau appellé flatoir , puis ajustés: ce qu’on faisoit en coupant les angles avec des cizailes ; après quoi en les coupant et les arrondissant, on les réduisoit au poids des deneraux suivant les espèces: ce qu’on appelloit approcher carreaux; enfin on les réchauffait sur l’enclume, c’est-à-dire qu’on achevoit de les arrondir avec un marteau nommé rechauffoir , qui abatoit les pointes qui restoient encore à la tranche; en sorte qu’on les réduisoit au volume des pièces qu’on vouloit fabriquer, ce qu’on appelloit adoucir et quelquefois flatir.
« Les carreaux en cet état se nommoient flaons : ils étoient ensuite portés au blanchiment... et enfin donnés au monnoieur pour les frapper au marteau.
« Pour cette dernière opération, qui achevoit la monnoie, on se servoit de deux poinçons ou coins; l’un nommé la pile et l’autre le trousseau ; tous deux étoient gravés ou creux : la pile portoit l’écusson, le trousseau l’effigie du Prince, ou la croix, et Pun et l’autre leur légende, le grènetis, le millésime, rie.
« La pile qui avoit environ huit pouces de hauteur, avoit une espèce de talon au milieu, et finissoit en pointe ; elle avoit cette figure pour être plus facilement enfoncée et plus solidement attachée au billot, nommé ceppean , sur lequel se battoit la monnoie.
« Le monnoieur ayant mis le flaon horizontalement sur la pile et le couvrant ensuite du trousseau qu’il tenoit ferme de la main gauche, il donnoit dessus ce trousseau plusieurs coups d’un maillet de fer qu’il tenoit de la main droite, plus ou moins, suivant que l’empreinte des coins étoit plus ou moins gravée profondément.
« Si le ilaon, après ces premiers coups, n’avoit pas été suffisamment frappé, on le rengrénoit , c’est-à-dire qu’on le remettoit entre la pile et le trousseau, jusqu’à ce que les empreintes de l’un ou de l’autre fussent parfaitement marquées ; ainsi s’achevoient les diverses espèces de monnoies au marteau... »
Ce procédé était assez primitif et les monnaies d’une même fabrication étaient toutes différentes d’aspect, n’étant jamais parlai-
tement rondes ; de plus, le type d’une même espèce, surtout lorsqu’il s’ agissait d’une effigie, n’était jamais identique, car les coins n’étaient pas l’œuvre d’un seul artiste; le graveur de chaque atelier provincial interprétait à sa façon les sujets à reproduire.
Ainsi l’effigie de François Ier de certains testons, sortis des hôtels monétaires provinciaux, présente souvent un caractère grotesque.
Lorsque les pièces composant la brève , avaient été vérifiées par l’essayeur, le maître de la Monnaie n’était autorisé à les mettre en circulation qu’après la délivrance ou autorisation que lui donnait le juge garde. En outre, le juge garde devait mettre dans une hoîte un spécimen de chaque espèce fabriquée, ou denier de boite , qui, envoyé à la Chambre des Monnaies de Paris, était essayé et pesé ; ce qui permettait aux généraux des Monnaies de vérifier si les pièces se trouvaient dans les remèdes , c’est-à-dire dans les tolérances de poids et de titre ou loi.
Malgré les précautions prises pour garantir la bonté des espèces, Féloignement des ateliers de province, la difficulté des communications^ encourageaient et facilitaient les malfaçons, et bien souvent les maîtres dépassaient les remèdes admis, encourant ainsi les pénalités si rigoureuses é Idées contre les fraudeurs en matière de monnaies.
Certains instruments de monnayage des temps passés nous sont parvenus et sont conservés dans diverses collections publiques. Plusieurs sont exposés dans les vitrines du Musée.
On voit figuré sur un chapiteau du xie siècle, de l’abbaye de Saint-Georges-de-Boscherville (Seine-Inférieure) un monnayeur s’apprêtant à frapper avec un marteau un trousseau qu’il tient au-dessus d’une pile. Des vitraux de la cathédrale du Mans (xme siècle) nous
Il en existe aussi des représentations
S&Ny anciennes. Ainsi un denier et une obole dÇf ' de Louis le Pieux (814-840), frappés à * Melle, en Poitou, et un denier de Charles
le Gros (880-887), d’un atelier indéterminé, donnent une idée de cet outillage. ,yage.) Sur ces trois pièces se voient deux coins
Denier de Louis leTieux (814-840) frappé à Melle.
(Au revers, instruments de monnayage.)
placés entre deux marteaux.
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montrent des changeurs venant recevoir les espèces nouvellement monnayées.
Comme documents français du même genre, nous devons citer les méreaux ou laissez-passer des monnayeurs, et une médaille à l’effigie d'Henri 1Y. frappée en lo91 à la Monnaie de C halons-sur-M arne , sur laquelle les divers instruments servant au monnayage sont représentés.
Une gravure de l'ouvrage d ' H a 1* t m a n n Schopper De omnibus illiber alibm sive mechanicis artibus , Francfort- sur-Mein , 1574) , nous montre un monnayeur , monetarius , frappant une pièce de monnaie.
En France on ne paraît pas avoir cherché avant le règne de Henri II à apporter quelques perfectionnements à cet outillage rudimentaire. En Italie, de grands artistes, tels que Bramante, Benvenuto Cellini et Léonard de Vinci avaient voulu perfectionner le procédé antique du marteau, mais sans arriver à un résultat décisif.
Nous avons dit, en parlant de la Monnaie du Moulin (p. 26 et suiv.) comment Henri H lit établir en France, dans une partie de son palais, 1 ensemble des instruments de fabrication mécanique, dont il avait fait acheter le secret à un orfèvre d'Augsbourg.
Chapiteau de l'abbaye de Saint-Georges-de-Boscherville (xie siècle) représentant un monnayeur.
Moulage. — Musce de la Monnaie.
Cet outillage comprenait des laminoirs , des filières , des décou pozrs ou conpoirs, des presses ou balanciers et des tenailles.
C’était une transformation complète dans la fabrication. Les lames de métal, une fois sorties des moules, étaient passées entre les
rouleaux du laminoir ;
I orsqu’elles étaient arrivées à l’épaisseur requise, les découpoirs y découpaient les flans, qui étaient ensuite frappés au balancier. Les.
opérations du recuit et du blanchiment étaient toujours nécessaires , comme pour la au marteau.
L'instrument p ri ne i pal était le balancier.
Abot de Bazinghen, que nous avons cité plus haut, nous en donne une intéressan te description :
« Les principales parties du balancier sont la barre ou fléau, la visse, l’écrou, la platine «‘I les boëtes d’en baut et d’en bas ; toutes ces parties, à la réserve de la barre, sont contenues dans le corps du balancier, qui est quelquefois de fer, mais plus ordinairement de fonte ou de bronze ; ce corps, qui est très massif pour soutenir l’effort du travail, est porté par un fort billot ou bloc de bois, de marbre ou de fer fondu, tel que sont ceux de la Monnoie des Médailles; la barre qui est placée horisontalement au-dessus du corps du balancier, est de fer quarré, à six ou à huit pans, garnie à chaque bout d’une boule de plomb plus ou moins forte, suivant la longueur
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et grosseur de la barre et du corps du balancier. Les plus grosses sont du poids de trois cens livres les deux, et les plus foibles d environ cent livres. C est dans ces boules que consiste 1a. principale force du coup qui marque les monnoies. Ces boules sont garnies d’anneaux oii sont attachés les cordons avec lesquels on lui donne le mouvement. Dans le milieu de la barre est enclavée la
Manège des laminoirs.
(Gravure de Y Encyclopédie du xvme siècle.)
visse: elle s’engrenne dans l’écrou qui <i s t placé dans le milieu du corps du balancier, et presse la boéte coulante, ou d’en haut, par le moyen d’un collier garni de deux jumelles et d’un boulon, lequel collier embrassant le bout de la visse et le boulon traversant ladite boëte coulante ou d’en haut, enlève le tout ensemble et lui fait faire son effet.
<( Cette boëte coulante ou d’en liant, qui est un gros marteau de.
fer quarré ou massif, traverse le milieu de la platine, qui est un autre morceau de fonte retenu dans le balancier par des tenons et coulisses, et sert à empêcher ladite boëte d’en haut d’avoir aucune variation.
« À un des bouts de ladite boëte est une ouverture quarrée dans laquelle s’introduit l’un des deux quarrés servans à frapper les monnoies, qui est retenu par le moyen de quatre visses.
Un laminoir.
(Gravure de l 'Encyclopédie du xviue siècle.)
(( Enfin, la boëte d’en bas plus petite que la boëte d’en haut, est introduite dans le bas du corps du balancier, auquel elle est retenue par un bout de fer d’environ trois pouces quarrés ; elle est aussi percée d’un trou quarré dans lequel se place le second quarré à frapper lesdites monnoies, qui y est pareillement retenu par quatre visses. A cette seconde boëte est ajoutée une espèce de porte-ressort, «lans lequel s’introduit une petite lame mince en forme de croissant par le bout, et qui s’ajuste sur le bord du quarré pour retenir l’espèce, ce qui s’appelle ressort; ce ressort retient l’espèce, et sert par la force du coup à la détacher et la chasser de dessus le quarré qui lui a donné l’empreinte. »
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On doit à Aubin Olivier, le premier conducteur de la Monnaie du Moulin, rinve'iition de la virole brisée, qui permettait d'obtenir une inscription sur la tranche, procédé qui fut abandonné, on ne sait pourquoi, au xviie siècle.
Nous avons dit comment, à la fin du xvie siècle, la frappe des espèces au balancier fut arrêtée, par suite de l’opposition de la Cour des Monnaies. Mais lorsque le monnayage au marteau eut été définitivement supprimé, en 1645, Varin,le célèbre graveur, ayant perfectionné l'outillage de la Monnaie du Moulin, put accomplir la refonte générale des monnaies et la fabrication de nouvelles espèces, réforme commencée à la fin du règne de Louis XIII.
La virole brisée n'étant plus en usage, on se servit, à partir de 1685, dans les ateliers monétaires, de la machine à marquer , inventée en Angleterre et perfectionnée par un ingénieur du Roi, Gastaing; cette machine, qui permettait d'imprimer sur la tranche soit un cordon, soit une inscription en creux ou en relief, était composée de deux lames d’acier, en forme de règles, portant la gravure de l'inscription ou du cordon, moitié sur l'une et moitié sur l'autre; une de ces lames était fixe, et l’autre, mobile, était actionnée par une manivelle ; le flan, posé horizontalement entre les deux, était entraîné par la lame mobile et il se trouvait entièrement marqué sur la tranche lorsqu'il avait fait un demi-tour.
A la fin du règne de Louis XYI, en 1786, un graveur et mécani-
cien suisse, qui s’était établi en France et qui devait devenir un important fonctionnaire de la Monnaie des Médailles. Jean-Pierre Droz, proposa de rétablir l’ancien système et de frapper les tranches des monnaies en virole brisée : ce qui ne fut pas adopté.
On connaît le bel essai de l’écu d’argent, dit de Calonne , que l’on doit à cet habile artiste.
Au début du premier Empire le mécanicien Philippe Gengembre, inspecteur général des Monnaies, inventa un nouveau balancier, dont la cage, en bronze, était faite avec le métal provenant des canons pris à Austerlitz, en 1805 : il en a été question, plus baut, au sujet d’un de ces instruments exposé dans une des salles du Musée.
Gengembre, modifiant le procédé de Castaing, frappait les espèces en creux sur la tranche, avec une virole pleine ; mais ses coussinets étaient circulaires et permettaient une plus grande rapidité clans le travail qu’en se servant de la machine de Castaing.
C’est à la tin du règne de Charles X, en 1830, que le mécanicien Moreau, qui devint contrôleur de la Monnaie de Bordeaux, fit adopter à nouveau la virole brisée ; grâce à un mécanisme ingénieux, dont il est l’inventeur, on pouvait, en l’adaptant au balancier, frapper tout à la fois les deux côtés de la pièce, la face et le revers, et imprimer en même temps sur la tranche une inscription en relief.
Malgré ses perfectionnements, le balancier devenait insuffisant ; après avoir été en usage, d’une façon intermittente, pendant' près de trois siècles, il devait être remplacé, pour les monnaies, par un autre instrument, dont l’inventeur était aussi un Allemand, comme l’orfèvre d’Augsbourg auquel le roi Henri II acheta le secret de ses « engins », instrument qui fut aussi, comme le balancier, perfectionné et rendu pratique par un Français.
Si l’ancien balancier cessa d’être employé pour les espèces, on continua et on continue encore, avec certaines modifications, à s’en servir pour la fabrication des médailles et des plaquettes ; l’on peut voir à l’atelier des médailles un des anciens balanciers du temps de Louis XIV, fait sous la direction de Nicolas de Launay, qui, modifié, transforme, comme sous le règne du Grand Roi, en pièces historiques et en œuvres d’art, les flans que l’ouvrier place entre les deux coins sous la vis qui doit leur donner l’empreinte.
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Un mécanicien allemand, Uhlhorn, de Grevenbroich, près de Cologne, inventa, pour la fabrication des monnaies, une presse , dont le mécanisme est tout différent de celui du balancier. îs inspirant du principe d Ulilliorn, un Français, 1 bonnetier, établit une nouvelle presse, qui, construite par la maison Derosne et Cail, lut installée à la lin du règne de Louis-Philippe, en 184à, à I Hôtel des Monnaies de Paris. Des machines à vapeur du système de Wolff furent alors substituées à la force obtenue précédemment à bras d'hommes.
Machine à marquer sur la tranche, par Castaing. (Gravure de F Encyclopédie du xvuic siècle.)
Le procédé delà presse Thonnelier consiste principalement dans la substitution d’une pression par un levier à la percussion produite par la vis du balancier. Un organe articulé, dit main-poseur , amène mécaniquement entre les deux coins les flans empilés dans un godet ; après avoir reçu en un seul coup les empreintes de la face et du revers et l’inscription ou le grènetis sur la tranche, grâce à la virole brisée, ces flans sont chassés automatiquement, par cette même mainposeur, dans un conduit aboutissant à une sébille ou à un panier.
Des presses du système Thonnelier sont encore presque seules
en usage aujourd'hui pour frapper les diverses monnaies fabriquées dans notre atelier national. Il sera question plus loin, au sujet des ateliers, des diverses opérations qui précèdent et qui suivent la frappe des espèces et des médailles,
L'Administration des Monnaies avant la Révolution. — Jusqu’en 1358 le contrôle de la fabrication des monnaies royales dépendait des généraux des Monnaies, officiers de la Chambre des Comptes. A cette date, fut constituée une Chambre des Monnaies, qui, en 1552 fut érigée en Cour jugeant en dernier ressort, tant au civil qu’au criminel, toutes les affaires concernant la fabrication monétaire et l'emploi des matières d’or et d’argent.
La Cour des Monnaies était tout à la fois une administration et une juridiction souveraine. Ses attributions étaient fort étendues.
1° Enregistrement des édits, arrêts, lettres patentes, etc,, concernant les monnaies.
2° Contrôle de la fabrication, du poids et du titre des monnaies.
3° Contrôle des adjudications faites pour les baux des différents ateliers monétaires.
4° Contrôle et juridiction sur tous les officiers dépendant de son administration, sur tous les marchands de matières d’or et d’argent et sur tous ceux qui les mettaient en œuvre : changeurs, affineurs, batteurs et tireurs d’or et d’argent, orfèvres, joailliers, graveurs, fondeurs, etc.
5° Surveillance de la marque et contremarque des ouvrages d’or et d’argent.
6° Appels de tous les jugements rendus, par les officiers de son ressort tant au civil qu’au criminel, sur toutes les affaires de sa connaissance.
7° Juridiction concurrente et cumulative avec les juges royaux, des délits concernant les matières d’or et d’argent, des crimes de fabrication et d’exposition de fausses monnaies, de l’altération et du transport des espèces, de la vente et du commerce des instruments destinés au faux monnayage, enfin des infractions aux ordonnances sur le cours des monnaies françaises et étrangères.
Afin de faciliter le jugement des affaires relatives aux monnaies,
FABRICATION ET ADMINISTRATION
Louis XIY créa, en 1704, une Cour des Monnaies à Lyon, comprenant dans son ressort les ateliers de Lyon, Bayonne, Toulouse, Montpellier, Riom, Grenoble et Aix: elle fonctionna concurremment avec la Cour des Monnaies de Paris, sans cependant être complètement indépendante.
L’organisation de la Cour des Monnaies de Paris se maintint avec quelques modifications seulement, jusqu’à l’époque de la Révolution. Voici d’ailleurs de quels officiers elle se composait à la fin de l’ancien régime, d’après Y Almanach royal de 1789 :
Un premier président et six présidents; un président honoraire.
Trois conseillers d’honneur; vingt-neuf conseillers; treize conseillers honoraires.
Gens du roi : un procureur général ; deux avocats généraux et un avocat général honoraire ; deux substituts du procureur général ; un greffier en chef et trois commis du Greffe.
Un receveur des amendes ; seize huissiers audienciers ; quatre secrétaires (du premier président, du procureur général et des avocats généraux).
Un aumônier, un médecin et un chirurgien.
Chaque Hôtel des Monnaies avait une administration particulière. Un adjudicataire de la fabrication, sous le nom de maître ou fermier, puis de directeur, exploitait, à ses risques et périls, et moyennant certains droits déterminés. A côté de lui, se trouvaient divers officiers, chargés du contrôle, et tout le personnel nécessaire à la fabrication.
L’atelier monétaire de Paris était naturellement le plus important du royaume. D’après Y Almanach royal , le personnel était le suivant, en 1789 :
Commissaires du Conseil : le premier président de la Cour des Monnaies, le procureur général et un greffier.
Officiers généraux : un trésorier général, un essayeur général (Besnier de Vallière) ; un graveur général (Benjamin Du vivier).
Un premier commis de l’Administration des Monnaies (Angot des Rotours) .
Un inspecteur général des essais et affinages (Tillet, membre de
l’Académie des Sciences); un adjoint (Darcet, membre de l’Académie des Sciences) ; un inspecteur général des monnaies (Condorcet, membre de l’Académie des Sciences) ; le directeur et contrôleur de la Monnaie des Médailles (J. -Fr. de Cotte).
Un aumônier.
Les officiers particuliers de la Monnaie étaient les suivants : deux juges gardes, le directeur et trésorier particulier (Du Peiron), un contrôleur au change, un contrôleur contre-garde, un essayeur, un graveur (François Dernier) et un inspecteur du monnayage.
Il existait à la date ci-dessus, à Paris, 32 monnayeurs et 32 ajusteurs, et leurs officiers : un prévôt et un lieutenant des monnayeurs, un prévôt et un lieutenant des ajusteurs; puis, un greffier et un syndic receveur.
L’organisation des divers ateliers de province était la même, «[lie celle de Paris, tout en étant moins importante; le fermier, désigné, comme à Paris, sous le nom de maître, puis de directeur, était l’entrepreneur de la fabrication ; le juge garde avait le contrôle de la fabrication ; le contre-garde, le contrôle administratif; l’essayeur vérifiait si les matières destinées au monnayage et les pièces fabriquées étaient aux titres fixés par des ordonnances; le graveur reproduisait les coins pour la frappe, d’après les matrices et les poinçons qui lui avaient été envoyés de Paris par le graveur général des Monnaies. Antérieurement à la création de la charge de graveur général, en 1547, les graveurs particuliers ou tailleurs , exécutaient directement les poinçons et les coins nécessaires, et leur talent, fort inégal, causait une variété infinie dans les types d’une même monnaie émise dans les ateliers différents, ce qui facilitait singulièrement le faux monnayage.
Afin d’enrayer cette coupable industrie et pour qu’il fût possible de connaître l’atelier monétaire et le maître qui l’avaient émise , chaque espèce fabriquée dut, conformément à une ordonnance de Charles VI (1389), porter un signe spécial, ou point secret , placé sous une lettre déterminée des légendes; en comptant le nombre de lettres, on devait trouver soiis celle qui était lixée, le point indiquant la ville ; c’était le diffèrent de l’atelier. Ainsi le point placé sous la première lettre désignait Crémieu ; sous la deuxième, Romans, sous
FABRICATION ET ADMINISTRATION
la troisième, Mirabel, puis Embrun et Montélimar; sous la dix-huitième. Paris, etc.
En outre, le maître de la Monnaie mettait sa marque ou diffèrent sur chaque pièce.
Les points secrets désignant l'atelier monétaire furent remplacés sous François Ier. par édit du 14 janvier 1540. par des lettres dont l'usage s’est maintenu jusqu'à nos jours.
La fabrication était faite par les ouvriers et les monnayeurs , qui formaient un corps privilégié. Les ouvriers préparaient les flans et les monnayeurs leur donnaient les empreintes. Les ouvriers étaient aidés, dans leur travail, par les tailleresses, chargées d'arrondir avec des cisailles le flan destiné à la frappe. Lorsque l’usage du balancier fut définitivement adopté, le terme à’ ouvrier disparut et Y ajusteur, qui le remplaça, avait comme mission d’ajuster à leur poids exact les flans remis par le directeur.
Les monnayeurs et les ajusteurs ne formaient qu'un seul corps, tout en étant divisés en deux compagnies: chacune avait un prévôt et un lieutenant élus à vie parmi le corps, qui exerçaient la police sur les travaux et sur leurs collègues.
Les charges de monnayeurs et d’ajusteurs se transmettaient d une façon particulière. Le fils aîné était monnaveur : les cadets ajusteurs ; les filles, tailleresses : les tailleresses conservaient le droit pour leurs enfants mâles seulement, d’entrer dans ce corps : l’aîné, comme monnaveur et les puînés comme ajusteurs.
Les monnayeurs et ajusteurs, pour être reçus, n’avaient besoin de produire aucune lettre de provision du Roi : ils devaient seulement prêter serment devant le prévôt et le lieutenant, après une information de bonnes vie et mœurs, et après avoir établi qu’ils étaient d’estoc et de ligne, c’est-à-dire qu’ils descendaient de monnaveurs, d’ajusteurs ou de tailleresses.
Un curieux dessin à la plume, conservé à la Monnaie, reproduit le texte de ce serment, disposé dans un joli encadrement composé de sujets décoratifs et de figures allégoriques.
Le Serment de France comprenait tous les ouvriers — plus tard ajusteurs — et les monnayeurs des ateliers royaux, par opposition au
Serment de l'Empire qui englobait les villes ayant fait partie de l’ancien royaume de Bourgogne-Provence.
De nombreux privilèges avaient été accordés et confirmés aux monnayeurs et aux ajusteurs par les rois de France; exemption des tailles, des subsides, des aides, des emprunts, des corvées, etc., et en particulier des gabelles, des péages et des droits de passages, exemption pour la justification de laquelle les bénéficiaires étaient pourvus d’une pièce d’identité en forme de médaille, un méreau dont il nous est parvenu un certain nombre d’exemplaires.
L’oganisation de la Gourdes Monnaies fut radicalement transformée à la Révolution; les charges et les privilèges des officiers furent supprimées et la corporation des monnayeurs et des ajusteurs disparut comme toutes les autres corporations. La nouvelle administration devait perdre la partie la plus importante des attributions de la Cour des Monnaies, la juridiction, qui fut dévolue aux tribunaux; elle ne conserva plus qu’un contrôle sur la fabrication confiée à un entrepreneur.
La fabrication des monnaies et des médailles aujourd’hui. — Nous allons passer en revue les différentes opérations par lesquelles passent aujourd’hui les monnaies avant d’entrer dans la circulation et les médailles avant d’être mises en vente ou livrées aux clients de l’Administration des Monnaies.
Versement des matières à la Caisse. — Les lingots d’or et d’argent sont apportés à la Caisse avec une déclaration, signée du déposant, qui porte le numéro du lingot, son poids et le titre indiqué par un essayeur du commerce.
Le poids est contrôlé par les agents de la caisse et le titre vérifié par le service du Laboratoire.
Alliage. — Les lingots d’or et d’argent livrés aux ateliers sont mis dans des creusets avec le cuivre nécessaire pour l’alliage. Ces creusets sont composés d’un mélange de plombagine et de terre réfractaire ; ils peuvent contenir environ 67 kilos d’or, 250 kilos d’argent et 80 à 90 kilos de bronze. 11 sont mis dans des fours dont la température est portée de 1 000 à 1 100 degrés.
FABRICATION ET ADMINISTRATION 155
Coulée. — Le métal en fusion bon à couler en lames est versé
Pesée des Jingots.
dans des lingotières ou blocs rectangulaires de fonte creusés de deux ou trois rainures verticales, placées dans un chariot et maintenues par deux vis de pression; les rainures sont graissées avec de la vaseline pour For, et avec de l’huile de navette, pour F argent et le bronze. La solidification du métal dans les lingotières est presque immédiate.
Le creuset contenant For est enlevé du
four au moven d'un treuil terminé par une
. . Les fondeurs, par A. Patey.
happe ou espèce de pince, puis placé sur un (Musée de ïa Monnaie.)
brancard et soulevé par des ouvriers ; le
contenu est versé directement dans les lingotières. Les 67 kilos de métal donnent de 19 à 20 lames. Après la coulée, des peuilles sont prélevées sur les lie, 10e et 19° ou 20' lames et envoyées au Laboratoire, qui vérifie si elles se trouvent au titre requis.
Ayant la coulée de F argent, on prélève une goutte provisoire , en versant dans un moule une certaine quantité de métal; cette goutte, en forme de lamelle d’environ 10 centimètres est envoyée au Laboratoire qui en vérifie le titre et qui juge si les calculs d’alliage ont été correctement effectués: une deuxième goutte dite goutte définitive, est prélevée après la coulée, elle donne le titre officiel.
La coulée de l’or.
L’argent n’est pas coulé comme l’or; on prend dans le creuset, avec une poche en forme de cuiller, environ 5 ou 6 kilos de métal, ce qui donne trois lames environ ; on le verse ensuite dans les lingotières. Les 2o0 kilos que contient un creuset donnent de 110 à 1 30 lames environ.
Il n’y a pas d’essai provisoire pour le bronze; le prélèvement d’écbantillons se fait sur la lame laminée. Le creuset contenant le bronze est enlevé du four par un treuil et une bappe et posé sur un
FABRICATION ET ADMINISTRATION 157
verseur mécanique, qui se déplace el qui coule le métal dans les lingotières.
Une fonte de 80 à 90 kilos donne environ de 80 à 100 lames. Toutes les lames, au sortir des lingotières, sont é barbées, afin d’enlever les rébarbes et de régulariser les tranches.
Les lames d’argent sont seules recuites avant le laminage, pour rendre le métal plus malléable : elles sonl réunies en bottes de vingt environ, au moven de (ils de fer rl placées sur la sole d’un
Vue de la Caisse de l'or.
four à recuire, chauffé à la bouille; elles sont portées à la température du rouge cerise, puis retirées du four : on les laisse se refroidir naturellement.
Laminage. — Les laminoirs sont actionnés par la vapeur, qui a remplacé le manège nécessaire autrefois pour mettre en mouvement le rouet et les lanternes qui faisaient tourner les rouleaux.
Le laminoir actuel est constitué par une cage contenant deux evlindres en acier qui tournent en sens contraire sur des coussinets de bronze. La lame est placée par un ouvrier entre les deux evlindres qui f entraînent par frottement, f amincissent et l’allongent. Un autre
ouvrier la reçoit, de l’autre côté du laminoir. On la fait passer successivement entre des cylindres dont la distance est progressivement diminuée.
Après une série de passages aux laminoirs dégrossisseurs , la lame est amenée à des laminoirs avant- finisseurs . A ce moment, Yajns-
La coulée de l’argent.
teur de lames termine le travail au moyen d’une dernière passe, au cours de laquelle il prélève, au milieu de la lame, un llan qu’il pèse au trébuchet , pour vérifier si le poids se trouve dans les tolérances légales. Si la lame donne un flan un peu lourd, elle est repassée à nouveau entre les cylindres et est amenée à l’épaisseur et au poids voulus.
Au cours du laminage, les lames travaillées sont soumises à des recuits qui varient suivant l’épaisseur des pièces à obtenir. Cette
FABRICATION ET ADMINISTRATION 159
operation est nécessitée par Y écrouissage ou défaut, de malléabilité de la matière causé par l'écrasement entre les cylindres.
Atelier du laminage.
Ces recuits ont lieu dans des fours^ en vases clos pour For, et à Y air libre pour l'argent et le bronze.
Découpage. — Les lames ajustées et amenées à l'épaisseur requise
L'JIOTEL DES MONNAIES
sont passées aux décoitpoirs, actionnés à la vapeur, qui peuvent chacun produire de 250 à 300 flans par minute. Les restes des lames dans lesquelles ont été découpés les flans, ou cisailles, sont mises en bottes au moyen d’une machine dite botteleuse ; ces cisailles sont refon dues.
Dccoupoirs des laines d’or.
Trémies. — ■ Les Hans découpés sont versés dans des trémies ou cylindres percés de trous de module inférieur à celui des flans ; les trémies tournent autour d’un axe horizontal et laissent tomber les flans incomplets, conservant à 1 intérieur ceux qui sont de forme régulière.
FABRICATION ET ADMINISTRATION
Balances automatiques. — Ces balances sont actionnées en partie à la vapeur et en partie à B électricité. Les flans sont amenés mécaniquement sur Fun des plateaux par une glissière et pesés automatiquement au moyen d'un mécanisme; un électro-aimant les répartit en trois catégories : lions, lourds et légers, qui viennent tomber dans des boîtes disposées sous la tablette supportant la balance.
Cordonnage. — L’ancienne machine à cordonner de Castaing a été remplacée par un instrument, mû à la vapeur, qui ndmprime pas d’inscription ou de cordon sur la tranche, mais la régularise et refoule un peu la matière sur les bords.
Cet instrument se compose d’un cylindre entraînant les flans et les serrant verticalement contre un bloc en acier, qui refoule la matière et régularise la tranche, ce qui facilite Fempreinte du grènetis et du listel, ainsi que de l’inscription sur la tranche; Fempreinte sur la tranche s’obtient actuellement, grâce à la virole brisée , en un seul coup de presse, en même temps que la face et le revers.
Blanchiment. — Après le cordonnage, les flans de tous métaux subissent un recuit, afin de rendre la matière plus malléable et de faciliter ainsi I opération de la frappe.
Les flans d’or sont, comme les lames, recuits en vases clos , ce qui permet de conserver à la matière sa couleur naturelle. Il n’en est pas de même pour les flans d’argent et de bronze, qui sont recuits, comme les lames, à Y air libre.
Les flans d’argent et de bronze, passent ensuite par le blanchiment . Cette opération a pour but d’enlever au métal toutes les traces d'oxydation qu’il a reçues au cours du recuit à l’air libre. Elle consiste à faire tourner, pendant vingt minutes environ, les flans d’argent recuits dans un cylindre percé de trous d’un diamètre moindre que les flans, au milieu d’un bain composé d’acide sulfurique, étendu d’eau, dans une proportion de 6 à 7 degrés.
Quant aux llans de bronze, ils sont placés dans des tonneaux en bois, contenant un mélange d’eau, d'acide sulfurique et de sciure de bois, dans lesquels on les fait tourner pendant environ quatre heures.
Les flans d’argent une fois blanchis, sont séchés dans des bassines chauffées à la vapeur et ensuite essuyés avec de la toile. Ceux du
L'IIOTEL DES MONNAIES
bronze sont séchés dans un cylindre qui tourne et qui contient de la sciure de bois.
Comptage des flans. — Après le blanchiment, les llans sont remis à batelier du comptage où ils sont répartis en plateaux (mannes ou sébiles), à l'aide de planches à compter , comprenant un certain nombre de rainures ; cette opération particulière a lieu pour le bronze ; pour l'or et l'argent, le comptage se fait par pesées.
Les plateaux comprennent un nombre lixe de flans suivant les coupures ; par exemple, 1 000 flans de pièces de 20 francs; 2 000 de pièces de 10 francs, 800 de piastres de l'Indo-Chine, 2 000 de pièces de 10 centimes, etc.
Un certain nombre de ces plateaux compose ce qu'on appelle une brève , qui, pour les pièces de 20 francs est de 10 000 pièces.
Tous les llans reconnus défectueux, à quelque titre que ce soit, sont éliminés et refondus.
Monnayage des espèces. — La frappe a lieu avec deux instruments différents, suivant qu'il s'agit de monnaies ou de médailles.
L'atelier actuellement affecté à la frappe des monnaies occupe le même emplacement qu'au xvme siècle, lors de la construction du bâtiment par Antoine. Au fond de l'atelier se trouve toujours une statue en stuc de la Fortune, par Mouchy, au même endroit où l'avait vue en 1717 le rédacteur du Journal de Paris , auquel on doit la description de l'Hôtel des Monnaies que nous avons reproduite en parlant de la construction.
L'exécution de la statue, d'après le modèle de Mouchy, avait été confiée au stucateur Wacker, qui reçut, le 12 août 1775, la somme de 240 livres pour la façon de la ligure et du piédestal.
En 1777, il ne se trouvait que neuf balanciers dans cet atelier; depuis lors, le nombre des instruments de frappe a été singulièrement augmenté et la place qui leur est affectée a dû, par suite, être considérablement accrue.
On peut voir actuellement fonctionner dans cet atelier :
28 presses Thonnelier ;
4 presses de systèmes divers (presses Ublborn et presses anglaises);
FABRICATION ET ADMINISTRATION
I nouvelle presse Thonnelier, construite comme les autres du même système, par les établissements Cail (1900).
II a été déjà question de la substitution, en 1845, au balancier , de la presse inventée par Uhlborn et transformée par Tbonnelier.
Lorsque les brèves ont été passées au mon noyage, dans des mannes, elles sont remises aux ouvriers chargés de la frappe; le poids en est constaté avant et après cette opération.
Ainsi que nous F avons dit en parlant de la presse Tbonnelier, l’ouvrier met les flans dans un godet; ces flans sont amenés par une main-poseur entre les deux coins, puis, après l’impression de la face, du revers et de la tranche, ils sont envoyés dans un conduit et tombent dans une manne placée au pied du monnayeur.
Au cours de l’opération , l’ouvrier vérifie si la frappe se fait régulièrement et si les instruments ne subissent aucune détérioration.
, Nouvelle presse Thonnelier,
Vérification des espèces. - construite par les établissements Cail (1900).
Les monnaies, une lois frap- (Atelier du monnayage,)
pées, sont remises à l’atelier
de vérification , où elles sont soumises à un examen qui consiste à voir si elles ont la sonorité requise et si les empreintes sont bien venues. Pour l’or, les pièces sont sonnées une à une sur un bloc d’acier.
1 outes les monnaies d’or et d’argent, après la trappe, sont pesées de nouveau aux balances automatiques ; ensuite elles sont mises en
sacs,
droit .
ses à la Caisse de la Monnaie et délivrées aux ayants