‹ L'Hôtel-Dieu de Beaune, 1445-1880Chapitre 18 sur 72 · SALLES DE LA GALERIE SUPÉRIEURE · texte numérisé non relu

SALLES DE LA GALERIE SUPÉRIEURE

i^^ A\s la galerie supérieure on respire un air vif et pur, et les regards se reposent sur la cour d'honneur et sur le ciel. Prenant pour point de départ la Chapelle, examinons les appartements desservis par cette galerie.

: Au temps de Rolin, ces salles sont pavées de carreaux émaillès, portant les initiales de Nicolas et de Guigone, unies par un rameau de chêne et entourées d'une étoile et du mot Seule. Longtemps les archéologues n'ont vu là que la mélancolique devise de Guigone devenue veuve, tandis que c'est le cri de fidélité etde tendresse du bon Rolin. Vivant dans un siècle de chevalerie, où les devises galantes étaient en honneur, à la cour de Bourgogne, où Philippe le Bon, nouvel époux d'Isabelle de Portugal, avait adopté ce mot qu'il écrivait "pdstont: Aulti'e n'aurai, Dame Ifabel , le Chancelier, en donnant la main à sa seconde fernme, traduisit la

pensée de son maître par une Etoile et la devise Seule : signifiant par là que Guigone était l'unique dame de ses pensées, qu'elle serait désormais l'étoile de sa vie, et qu'il lui vouait fidèle et loyal amour. Quand Rolin,qui avait fourni quatre cents milliers de plomb pour émailler ce carrelage, le vit s'étendre dans les salles de l'Hôtel-Dieu, brillant comme un tapis d'écarlate, beau comme une mosaïque antique, il fut si content qu'il donna en gratification un florin du Rhin au fabricant , Géot d'Aubigny (i).

Visitons ces salles. La première, joignant la GKapelle, est « I'Estude ou petite librairie ». C'est la Bibliothèque, au temps de Rolin. Elle renferme cent-huit volumes traitant de médecine, de théologie, de philosophie, d'histoire, de littérature et d'ascétisme. Nous remarquons parmi eux :une Bible splendide, la Somme de saint Thomas contre les Gentils, les Constitutions de Clément Pape, des livres d'Aristote, des traités de médecine d'Avicen, la Légende dorée de Pierre de la Voragine, et « un beau Bréviaire en parchemin efcript à la main, enluminé d'or & d'azu, que feift faire leur Alardine, maîtreffe de l'Oftel-Dieu (2) ». Ces cent-huit volumes composeraient aujourd'hui un inestimable trésor, malheureusement la plupart ont disparu : les uns sont allés, au XVIP siècle, enrichir la bibliothèque Colbert et sont maintenant à la Bibliothèque nationale, et les autres sont perdus. Le

(i) Mémoire de M. Rossignol, dans les €Mcmcires de la Commission des Antiquités de 'Dijon, 18^6.

(2) Inventaire de i^oi.

SON INTÈRÎErUR 45

peu qui nous reste est de nature à nous faire regretter vivement tout ce qui a disparu.

L'Hôtel-Dieu conserve religieusement (.(une belle 'Bible en ■parchemin , bien efcripte en lettres de forme hiftoriée Sb lettres d'or, donnée par feu Madame d'Authume. » C'est un magnifique manuscrit sur vélin du XIIP siècle. Le texte est historié de fraîches miniatures ; la lettre capitale de chaque livre, de chaque chapitre est un bijou. Il y a là tout un musée biblique : les plus belles scènes et les principaux personnages de l'Ancien et du Nouveau Testament sont là, pleins dévie et de coloris, encadrés dans une lettre. Quelques-unes de ses majuscules renferment tout un poëme.

A côté de ce chef-d'œuvre, nous devons signaler un livre en écriture courante du XV" siècle : c'est le roman en prose de Gérard de Rouffillon ; il se recommande par sa rareté et son mérite littéraire. Cet exemplaire porte ce titre : « Croniques des faiz de feurent Monfeigneur Girard de Roffillon, à fon vivant duc de Bourgoigne & de dame Berthe fa femme (i).» On lit cette note sur les premières pages : « Martin Befançon de Beaune & Jaquecte Guigeon fa femme ont donné à Dieu, à la glorieufe virge Marie fa doulce mère & à Monfeigneur Saincl Jehan patron dugrant hofpital nagaires fondé au dicl Beaune par feu bonne mémoire Nicolas Rolin & dame Guigone de Salins fa compaigne,ce livre, à l'intention que jamais il ne foit dédié qu'à l'ufaige & paffe-temps des feurs, fans le

(i) Ce livre vient d'être édité par M. Léonce de Montille. Beaune, impririe Batault, 1880.

meclre hors le di6l hofpital. Tefmoing le faing du di6l Martin, cy mis le premier jour de mai M.IIIP L & dix. »

Parmi les manuscrits de la « petite librairie, » signalons encore deux Livres d'Heures, enluminés avec tout le luxe artistique du moyen âge. Les pages qui commencent la messe et chacune des heures de l'office divin sont encadrées par de caîpricieuses arabesques qui étalent avec un art infini leur feuillage d'or et les vives couleurs de leurs fleurs et de leurs fruits. On ne se lasse pas d'admirer tant de fraîcheur et d'éclat après quatre siècles écoulés. Mais ce qui fait surtout la gloire de ces charmants manuscrits ce sont les sujets peints en tête de chaque office ; tous répondent à la pensée dominante dé la fête. Pour les diverses solennités de Notre-Seigneur et de la Vierge, ce sont : l'Annonciation, la Visitation, la Naissance du Sauveur, l'Ange et les Bergers, l'Adoration des Mages, la Présentation au Temple, la Fuite en Egypte ; pour l'Office de la Croix, c'est un Calvaire; pour celui du Saint-Esprit, c'est le Cénacle avec les Apôtres; pour celui de la Trinité, c'est le Père avec son Fils crucifié et la^Colombe symbolique. Aux heures du Saint-Sacrement, c'est un calice avec une -hostie rayonnante ; à celles de saint Jean-Baptiste, c'est le Précurseur tenant un livre ouvert sur le^ quel repose l'Agneau m.ystique. A l'office des Morts, c'est une procession de moines entourant une fosse où gît un cadavre à demi couvert de son linceul. Il y a dans ces petits tableaux tant de grâce pieuse et naïve et un si grand charme de coloris

que, pour les peindre, on dirait que l'artiste aurait emprunté les pinceaux et la palette de Fra Angelico.

Après Rolin, la « petite librairie » s'enrichit de précieux incunables ; aujourd'hui l'hospice n'en possède plus que quatre : un volume des Décréta- Us, un volume de théologie pratique et deux livres d'Heures.

Les Heures de Damoifelle Jeanne Dumont sont en ce genre ce que l'Hôtel-Dieu a de plus remarquable comme typographie, comme gravure et polychromie. Le texte des 164 pages de parchemin qui composent ce volume est d'une netteté et d'une élégance parfaites. Ses encadrements sont d'une richesse incomparable ; leur composition est des plus savantes, et des plus variées : tantôt ce sont des scènes pastorales d'une grâce virgilienne ; tantôt c'est la vie de Notre-Seigneur retracée avec une suavité évangélique ; tantôt c'est l'Apocalypse et ses mystères ; tantôt ce sont les touchantes histoires de Joseph et de la chaste Suzanne ; tantôt ce sont les sybilles et leurs oracles prophétiques, les vertus chrétiennes et leurs gracieux attributs ; tantôt c'est la Vierge et une longue légende de ses miracles. L'office des Morts a pour cadres les signes précurseurs du Jugement dernier et une danse macabre.

Ce qui ajoute aux magnificences de ce chefd'œuvre typographique, sorti vers 1508 des presses de Simon Vostre, imprimeur parisien, ce sont vingt-deux vignettes rappelant les principales scènes de la vie du Sauveur et de sa sainte Mère.

Quelle pureté dans la gravure ! quelle richesse dans le coloris! comme l'artiste, tout en prodiguant l'or, a bien su le marier aux couleurs les plus variées! La gravure de ces miniatures délicieuses et de ces encadrements est digne du burin d'Albert Durer, et leur peinture ferait honneur à un élève du Pérugin. Ce livre est un véritable écrin tout rempli de diamants : seulement nous regrettons que le pinceau de l'artiste ne soit pas toujours chaste, et qu'il y ait là quelques rares nudités qui révèlent l'art païen de la Renaissance.

Tout en perdant le reste de ses anciens livres, qui maintenant sont au cabinet des archives de l'Hôtel-Dieu, « la petite librairie » a conservé son ancienne destination : c'est là que se trouve la bibliothèque des sœurs ; elle est exclusivement composée d'ouvrages ascétiques et aucun ne remonte à l'inventaire de 1501.

(( L'Estude ou petite librairie » sert de vestibule à « la Chambre-Dieu », qui doit son nom « à ung .oratoire regardant fur le grant autel de la Chapelle, d'où les malades peuvent ouyr meffe.» Cette pièce, au temps de la fondation, a dans son ameublement un cachet aristocratique qui annonce qu'elle est destinée à de nobles hôtes : son autel a deux tableaux représentant le couronnement de Notre-Seigneur et Notre-Dame de Pitié ; « fon grand champlit, fa chaiere, & fon beaul buffet font en lambroifferie ; fon ban torniz a un drap rouge & trois quarreaulz semblables (i). » Cette salle a

(i) Inventaire de 1501.

perdu sa destination première ; aujourd'hui, c'est là que se réunissent annuellement les sœurs pour suivre les exercices de la retraite.

« La chambre Nostre-D AME », qui forme maintenant la partie supérieure de la salle Saint-Hugues, offrait au temps de Rolin le même luxe d'ameublement que la Chambre-Dieu ; elle était réservée aux malades de condition. Son autel était surmonté d'un tableau peint sur bois, représentant la Vierge tenant à deux mains le divin Enfant.

C'est à côté de cette salle, dans un lieu plein de calme, d'air et de soleil, que Nicolas et Guigone placèrent « I'Enfermerie des seurs. » Voulant que ces humbles servantes des pauvres, ces nobles épouses de Jésus-Christ reçussent dans la maladie tous les soins que méritaient leur dignité et de loyaux services, ils pourvurent leur Inlîfmerie avec un luxe seigneurial et des attentions maternelles. Là, si nous en jugeons d'après notre inventaire , les lits étaient moelleux et les meubles étaient splendides ; un tapis était jeté sous les pieds des pieuses malades, et elles avaient pour se vêtir des robes de gris fourrées et des garde-corps de drap blanc aussi fourrés. Quand il était besoin, on célébrait la messe devant elles ; durant le jour, ces âmes religieuses se nourrissaient de foi, de force et d'espérance, en contemplant tour à tour « ung beau Crucifîz fur toille rouge » placé sous un pa-

villon, et la Résurrection du Sauveur peinte sur le retable de l'autel (i).

Cette pièce conserve encore sa primitive destination. Elle a huit lits. Son autel, dont le retable représente Jésus acceptant le calice de la passion, est orné de quatre délicieux médaillons peints sur cuivre. On remarque en outre dans cette salle deux images peintes de saint Jérôme et de la Madeleine, et deux portraits du Christ et de la Vierge.

A côté de (d'Enfermerie des Seurs » il y avait une petite chambrette appelée la Fromaigerie. C'était un office : notre inventaire y mentionne « fix douzaines de fromaiges & environ un millier d'eufz )).

Près de là, au temps du Chancelier, se trouvait « rOuvREUR DES Seurs » : c'était le lieu où les hospitalières, après le service des pauvres, se livraient au travail des mains. Cette salle, malgré le silence qui y régnait, avait l'aspect d'un atelier plein de mouvement. Parmi les sœurs, les unes assises devant de petits métiers tissaient la toile, le drap et même des rubans ; d'autres taillaient, sur une grande table, du linge, des vêtements et des linceuls ; d'autres étaient occupées à la couture. C'est grâce à cette activité pleine de sage prévoyance que l'Hôtel-Dieu, avec un revenu d'abord restreint, subvenait largement aux besoins d'une multitude de pauvres et de malades. On respirait dans cet ouvroir une atmosphère de religion et de

(i) Inventaire de 1501.

charité ; il était orné de grandes tapisseries rappelant : les afflictions de Job, le Sauveur descendu de la croix et mis au sépulcre, la vie de saint Jean- Baptiste, la légende de saint Christophe et «les fept vertus cardinales ». Pour que les pieuses ouvrières n'oubliassent point la salutaire pensée de la mort^ elles avaient sous les yeux le drap qui devait servir à leurs funérailles ; il représentait « une feur trefpaffée & une aultre lavant les pieds des povres (i). ))

Nous ne jetterons qu'un coup-d'œil sur la «Chambre Saincte-Katherine ». Son ameublement était aristocratique comme celui des salles destinées à de nobles hôtes ; elle n'avait de curieux que ses peintures. Outre trois tableaux qui décoraient son autel et qui représentaient la Vierge couronnée par sainte Catherine et sainte Barbe, «Noilre-Dame enchâffée », et la Nativité de Notre-Seigneur, on y voyait une longue toile peinte où, environné des docteurs de l'Eglise, Jésus en un pressoir épanchait son sang. Cette salle a gardé son nom, mais elle a perdu son autel et ses peintures.

Nous nous arrêtons dans « la Chambre de la Croix ». Sa somptuosité annonce qu'elle est réservée à de hauts personnages. Son autel, garni de belles nappes de lin ouvrées et couvert d'un ciel d'où pendent deux courtines blanches délicatement frangées, porte une croix « bien dévote» dont le Christ a une navrante expression. De chaque côté

(0 Inventaire de 1501. — L'Ouvroir des sœurs est aujourd'hui la partie supérieure de la nouvelle salle Notre-Dame.

de l'autel sont deux magnifiques peintures : l'une est le Jugement dernier et l'autre représente sainte Anne, sainte Barbe et sainte Catherine. Il y a dans cet appartement deux lits somptueux « en boys de lambroifferie », ils sont parés de cortines de lin et de couvertures rouges. Sur un beau buffet à ciel et à deux armoires on voit resplendir de grandes cymaires, des aiguières, de grands plats et cent autres vases de formes pittoresques et gracieuses en fin « eftain de Cornuaille ». Près du foyer sont deux archebancs drapés de tapisseries de riches couleurs. Les linges qui doivent servir aux nobles hôtes sont « molt beaulz » ; les uns sont en lin et les autres en toile de Hollande.

Plus tard, quand des rois de France (i) eurent visité notre hôpital, cette salle où ils furent reçus prit le nom de Chambre du Roy.

La Chambre de la Croix est demeurée le salon d'honneur de l'Hôtel-Dieu ; c'est aujourd'hui le GRAND Bureau ; c'est là que les administrateurs, assis autour d'une longue table couverte d'un tapis vert orné aux quatre coins des armes des fondateurs, qui sont celles de l'hospice, tiennent leurs séances solennelles. Cette salle, grâce à ses tapisseries et à ses peintures, a gardé quelque chose de son ancienne splendeur.

Les tapisseries représentent plusieurs scènes du temps des patriarches. C'est d'abord Abraham, la main levée pour immoler Isaac, et l'ange détournant le glaive et indiquant dans l'agneau cou-

(0 Charles V1!I et Louis XIV.

ronné d'épines la victime du sacrifice. Cette tapisserie, qui porte les clefs et la tour d'or, remonte à la fondation et a un véritable cachet artistique. Les quatre autres datent seulement de 1749, elles sont d'Aubusson (i). Dans la première, le vieil Isaac, aveugle et soutenu par Rébecca, envoie Esaû, son fils, à la chasse, lui promettant sa bénédiction au retour. Le jeune homme, suivi de deux lévriers, et armé de la lance, de l'arc et du carquois, part pour la forêt voisine. Dans la seconde, Isaac, après un repas succulent dont on voit encore les restes, bénit Jacob, derrière qui se tient Rébecca toute tremblante. Plus loin, Jacob, qui a fui la fureur d'Esaù, est endormi au désert; il voit l'échelle mystérieuse couverte d'ang-es et reçoit les promesses du Tout-Puissant ; un paysage plein de fraîcheur ajoute aux charmes de cette vision céleste. Enfin Jacob, arrivé au pays d'Haran, se fait connaître à Rachel, sa cousine, et l'embrasse près du puits où elle a conduit son troupeau ; c'est une délicieuse pastorale. Toutes ces scènes sont admirablement rendues ; elles ont le charme et la simplicité du récit biblique.

Les peintures ne sont pas moins remarquables : ce sont les portraits des quatre derniers ducs de Bourgogne et ceux des fondateurs. Philippe le Hardi a conservé dans ses traits la valeur et la grâce de l'héroïque enfant de la bataille de Poitiers ; il porte une toque ornée d'un rubis, un manteau rouge et un collier de rubis et de perles. Jean sans Peur a les mains jointes; son visage, for- Ci) Archives de l'Hôtel-Dieu. Layette 113.

tement caractérisé, est empreint d'une sombre énergie que font encore ressortir davantage son attitude pieuse et son manteau de pourpre. Revêtu d'écarlate, la couronne au front et le collier de la Toison d'or sur la poltrmQ ^Philippe le Bon ressemble plutôt à un homme d'Etat qu'à un guerrier. Charles le Téméraire porte aussi le collier de la Toison d'or, mais une vive anxiété est empreinte sur ses traits : on dirait que l'artiste aurait voulu le peindre au moment de sa défaite. A l'arrière-plan, le peintre représente un guerrier agenouillé, tenant un étendard blanc marqué d'une croix; un animal féroce sorti de la m-ontagne fond sur le guerrier qui est dépouillé de son casque et de son écu : plus loin un cygne joue dans les eaux. N'y a-t-il pas là une allusion à l'innocence, à l'isolement de la jeune Marie de Bourgogne et à la fin tragique de son malheureux père?

Dans cette salle, le Chancelier et Guigone tiennent compagnie à leurs nobles et aimés seigneurs; Nicolas Rolin, vêtu d'une robe noire garnie de fourrures fauves, est agenouillé sur un prie-Dieu devant un livre ouvert, et semble méditer un grand projet. Dans la partie supérieure du tableau, apparaît comme une vision l'Hôtel-Dieu avec sa porte d'honneur, sa Grand'Chambre, sa Chapelle, sa flèche, les statues et la dentelle du grand toit. Guigone, en robe noire et à genoux devant un livre ouvert, est aussi en méditation. Au-dessus d'elle, on voit une vision céleste : la Vierge étend son long manteau bleu sur huit hospitalières agenouillées. Ces deux portraits, sans avoir la beauté ar-

tistîque de ceux du célèbre Jugement dernier^ ne sont pas sans valeur.

Près du grand Bureau, dans une petite salle voûtée munie d'une porte en fer, on a placé en 1749 les Archives de la maison. On conserve dans ce cabinet ce qui reste des riches manuscrits et des précieux incunables de la « petite librairie, » et des titres accumulés pendant plus de quatre siècles.

Ces titres, qui gardent les souvenirs historiques, les franchises, les privilèges et les droits de propriété de l'Hôtel-Dieu, forment un inappréciable trésor. On trouve parmi eux : des bulles d'Eugène IV, de Nicolas V, de Galixte III, de Pie II, de Sixte IV, d'Innocent VIII , d'Alexandre VI , de Léon X; des lettres-patentes de Philippe le Bon, de Charles le Téméraire, de Louis XI, de Charles VIII, de Maximilien et de Philippe d'Autriche' de Marguerite d'Autriche, comtesse de Bourgogne, de Louis XII, de François P'', de Henri II, de François II, de Henri IV, de Louis XIV et de Louis XV. Depuis l'acte de fondation, les titres de propriété se sont entassés si nombreux dans ces archives, qu'ils annoncent à eux seuls que l'hospice de Beaune est l'un des plus riches de France. Parmi ses propriétés figurent de si grands crûs, que cet Hôtel-Dieu mérite, après nos ducs, de porter le glorieux titre de Seigneur des meilleurs vins de la Chrétienté.

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