‹ L'Hôtel-Dieu de Beaune, 1445-1880Chapitre 2 sur 72 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

sant un mot de Dieu au berger, au pâtre, au laboureur qu'il rencontrait sur son chemin. Pour cette âme saderdotale la création était, avec l'Evangile, le plus beau des livres : un lever ou un coucher de soleil, l'étang de Larrey avec ses belles eaux, une haie en fleurs, une prairie, un champ de blé éveillaient en lui de pieuses et ravissantes pensées. Au déclin du jour, le jeune prêtre se retirait dans la chapelle de Poinçon : il passait là de délicieux moments^ récitant l'office divin et parlant cœur à cœur au prisonnier du Tabernacle. Quand la nuit était venue, il s'éloignait, après avoir ranimé la lampe du sanctuaire, qu'il laissait là comme un symbole de sa foi et de son amour pour Dieu.

Depuis longtemps, M. l'abbé Boudrot demandait à son Evêque un poste où il pût se dévouer et travailler davantage. Au mois d'août 1864, il fut nommé second aumônier de l'Hôtel-Dieu de Beaune: cette position était plus humble que celle qu'il occupait ; il l'accepta néanmoinsavec une vive allégresse, parce qu'elle répondait à ses aspirations.

L'hospice de Beaune est appelé avec raison l'Hôtel-Dieu : Jésus y réside dans l'Eucharistie, et il y vit dans le pauvre et le malade. C'est aussi l'hôtellerie des anges ; on a dit des religieuses qui le desservent :

Combien d'hommes font-ils, en toute leur carrière, Le bien qu'en un seul jour fait cette hospitalière (i) ?

Quand M. l'abbé Boudrot arriva dans cette mai-

(i) Tampresde Bourgogne, poésies par M. Sinion Gauthey.

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