‹ L'Hôtel-Dieu de Beaune, 1445-1880Chapitre 3 sur 72 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

son, elle gardait encore le parfum de la mémoire du vénérable abbé Barrard.

Le nouvel aumônier continua ces saintes traditions. Deux fois le jour, il parcourut les grandes salles de l'hospice, s'arrêtant à chaque lit, souriant au malade, lui adressant une consolation et une parole d'espérance. Il eut pour le mourant d'ineffables tendresses ; il fut pour lui le bon ange de la dernière heure, apportant le pardon, l'onction sainte et le Viatique. En tous il voyait et honorait Jésus souffrant.

Dans la ville de Beaune, l'Hospitalière a une émule en bonnes œuvres : c'est la sœur de Charité. Partout on voit apparaître sa cornette blanche, son pur et riant visage ; on la trouve dans les asiles de l'enfance et de la vieillesse, au seuil des écoles, à la tête des ouvroirs de jeunes filles, dans la mansarde de l'indigent, au chevet du malade; partout où il y a une larme à essuyer, une misère à alléger, un mort à ensevelir, un vivant à consoler. Pendant dix années, M. l'abbé Boudrot fut l'inspirateur et le directeur de ces saintes filles, entretenant dans leur cœur le feu delà charité et l'esprit de saint Vincent de Paul.

D'autres jouirent aussi du bienfait de sa direction. Chaque jour pendant de longues heures, ce prêtre assis au tribunal des miséricordes semblait dire comme le divin Maître: « Venez à moi vous tous qui êtes fatigués et qui pliez sous le faix, et je vous soulagerai. » Son esprit droit^ ses fortes études

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