‹ L'Hôtel-Dieu de Beaune, 1445-1880Chapitre 27 sur 72 · ET LES ENFANTS DE ROLIN Ç · texte numérisé non relu

ET LES ENFANTS DE ROLIN Ç

A neuf heures, elles annonçaient l'heure de Tierce; l'instant où le Christ fut flagellé, couronné d'épines, condamné à mort et chargé de la croix.

Au milieu du jour, elles rappelaient l'heure de Sexte. « Il est midi, criaient-elles; c'est le moment où Notre-Seigneur fut cloué à la croix, placé entre deux larrons et abreuvé de fiel. »

A trois heures, elles proclamaient l'instant où s'accomplit la Rédemption. « A l'heure sainte de None, disaient-elles, notre Sauveur, pour nous arracher à l'enfer et nous mériter le royaume des eieux, mourut sur la croix et eut le cœur transpercé d'une lance. Aux autres heures, nous vous invitons à réciter sept Pater et sept Ave Maria ; à celle-ci, par reconnaissance, doublons ces prières. »

Au déclin du jour, à six heures du soir, les hospitalières annonçaient ainsi l'heure des Vê~ ;pres : « Voici le moment où Notre-Seigneur, le jour de la très-sainte Cène, institua, dans son infinie bonté, le sacrement de son corps et de son sang ; l'heure a^issi où, le jour de sa douloureuse Passion, il fut détaché de la croix et déposé entre les bras de sa Mère. Adorons et compatissons!..»

A neuf heures du soir, avant le sommeil, les hospitalières rappelaient l'heure de Complies aux malades, et les invitaient à adorer Jésus priant et agonisant au jardin des Olives, Jésus mort et mis au sépulcre.

Dans le dessein de perpétuer ces religieuses coutumes, le noble prélat les enrichit de faveurs spi-

rituelles; le 10 septembre 1466/ il écrivit aux sœurs :

« Jehan Rolin, par la miséricorde diAane, cardinal prêtre, du titre de Saint-Etienne in Celio Monte, sachant que les sœurs attachées, par l'amour de Notre-Seigneur,au service des malades et des pauvres, dans le grand hôpital de Beaune, ne se contentent point de soulager les maladies corporelles, mais dans le but de remédier aux maladies spirituelles, s'appliquent efficacement à porter à la dévotion les infirmes et les pauvres ; Nous, désirant que les prières qui se font aux repas, et les avertissements qui se donnent aux heures des divers offices de l'Eglise, soient continués et se fassent dévotement et perpétuellement, pour l'honneur de Dieu et de Notre-Seigneur, et pour le salut des âmes. Nous accordons aux hospitalières qui feront réciter les prières des repas et annonceront les heures, et à chaque malade qui dira le nombre de Pater et d'Ai'e, ou entendra avec piété l'avertissement, quand il ne pourra pas dire les Pater et les Grâces, nous leur accordons pour chaque fois, cent quarante jours d'indulgence (i). »

Le 8 février 1467, le bon Cardinal adressa à l'Hôtel-Dieu une lettre tout aussi gracieuse. «Dans ces derniers mois, dit-il. Nous avons fondé à perpétuité, en l'église collégiale de Sainte-Marie de Beaune, de notre diocèse d'Autun, la récitation et le chant à haute voix de l'antienne Salve Regina, après l'office des Compiles ; nous avons accordé

(i) Layette 88, n* 3. Nous ne donnons que la substance de cette lettre.

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cent quarante jours d'indulgence à tous ceux et à chacun des fidèles qui entendraient cette antienne. Gomme les sœurs, les officiers et les infirmes de l'hôpital de Beaune ne peuvent pas facilement sortir pour gagner cette indulgence, Nous leur accordons à tous et à chacun cent jours d'indulgence, comme cardinal et quarante comme évêque, pourvu que, confessés et contrits, ils récitent, à genoux ou autrement, mais avec dévotion, cinq Pater et cinq Ave, au moment où la cloche annoncera le chant de l'antienne dans la collégiale. Les présentes dureront à perpétuité (i). »

Le fils du Chancelier pourvut aussi aux besoins corporels des pauvres ; en retour de son aumône il demanda une prière à leurs pieuses servantes. Afin qu'on n'oubliât point d'implorer la miséricorde divine pour son âme, il fît graver sur cuivre cette inscription qu'on lit dans la chapelle: «Très- Révérend Père en Dieu, Monseigneur Messire Jehan Rolin, par la grâce de Dieu, cardinal et evesque d'Ostun, fils aisné de feu de bonne mémoire, noble et puissant seigneur. Monseigneur Messire Nicolas Rolin, chevalier, seigneur d'Authume et d'Aymeries, a son vivant Chancelier de Bourgogne, fondateur de ce noble Hostel-Dieu, et feue noble et puissante dame, Guigone de Salins, aussi dame des dicts lieux, sa femme, dont Dieu ait les âmes ; Meu de dévotion, en augmentation de la fondation du dict Hostel-Dieu, a donné pour une fois, la somme de mille francs,

(i) Layette 2, n' 9.

POUR ACQUÉRIR RENTES DE BLÉ POUR LA SUSTENTATION DE LEURS POYRES ET MALADES d'iCELUI. Et EN RE- COGNOISSANCE DE CE ENVERS DiEU, NOTRE CrÉATEUR, VÉNÉRABLES ET DÉVOTES SEURS OdETE GÉLIOTE DE

Beaunë, Maistresse, Jehanete Morin de Saulieu,

SA C0MPAIGNE, AnTHOINNE DE LA ChEMINÉE, ClÉ-

mence de Chasnoy, Mariete Lamour de Lisle en Flandre, Jehanete la Noble, Jacquete Girard, Jehane Filière, Otheline Hélyote d'Ostun, Marguerite GiROTEAU, GuiOTE DE LA FoRGE, PeRNETTE PoiGEAU, GuiLLEMETTE ClERC, JeHANE DeSCHAMPS,

Symone et Marguerite de Gigny et toutes les dictes SŒURS du dict Hostel-Dieu, auiourd'huÏ, date

des présentes, personnellement COnSTITUÉES ET ASSEMBLÉES POUR CE QUE SEN SUIT, AU LIEU ACCOUS- TUMÉ DU DICT HOSTEL, TANT POUR ET AU NOM d'eLLES QUE DES SEURS QUI LEUR SUCCEDERONT AU TEMPS AD- VENIR, ONT CONSENTI ET ACCORDÉ CHACUNE d'eLLES DIRE POUR l'intention DU DICT TRÈS-RÉVÉREND, CHA- CUN JOUR PERPÉTUELLEMENT AINSI Qu'eLLES AURONT LE TEMPS AU PARTIR DE LA MESSE ORDINAIRE, QUE l'on CÉLÈBRE CHACUN JOUR EN LA CHAPELLE DU DICT HoSTEL-DiEU, UNE FOIS, A GENOULZ DEVANT l'ymAIGE

Nostre-Dame, l'^ï^ <|jKam comme s'ensuit : ^v^ ^Rvh, p[(dh i^Um, go-mmu^ Ucmtt, Uict^àuh tu m mulwrjius ^t ktt«5ktus fruduB îi^ntr^is tu: Rhésus. (^'a;tt^;ta ja:aria;, Jj^a- H\ g«t, ûra $xa mVii çe^uato-rxîrus, ^mm. Et a la fin : ^ntma 4Jus ^t atthitae ûmntum |id«Uum r44uks<:ttttt In $ar.«. ^men. De quoy le dict Très-Révérend Père les a priées et cordialement requises. Ce qu'elles luy ont octroyé et accordé de bon vouloir, du conseil de vénérable personne, Messire Jehan Jobard,

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