ET LES ENFANTS DE ROLIN
PRESTRE, LEUR CONFESSEUR. Et AFFIN QUE DE CE FUST PERPÉTUELLE MÉMOIRE, A ESTÉ MIS EN CE PRÉSENT TA- BLEAU, CÉANS. Le VI" jour de NOVEMBRE, l'aN DE
l'Incarnation de Notre-Seigneur Jhésus-Crist,
MIL CCCCLXXIJ. »
Au mois de juillet de l'année 1483, les hospitalières récitèrent ces prières avec un redoublement de ferveur ; elles apprirent que, |le premier de ce mois, l'illustre Cardinal, revenant de Paris, était mort à Cravan, dans le voisinage d'Auxerre, à l'âge de soixante-quinze ans, et qu'on ramenait son corps en grand deuil, pour l'inhumer dans la cathédrale d'Autun (i).
On grava sur son tombeau, — qui fut détruit en 1793 : — Hicjacet cadaver Domîni Johannis Rolin, titiilo Sancti-Stephani cardinalis, et hiijus sanctœ ecclesiœ episcopi, citi presedit per annos ^7. Anima ej'us requiescat inpace. — Ici repose le corps de Monseigneur Jehan Rolin, cardinal, du titre de Saint-Etienne, et évêque de cette sainte église, qu'il gOLiverna pendant 47 ans. Que son âme repose en paix.
Le Cardinal aimait Beaune et se plaisait à y séjourner; sa maison est aujourd'hui le presbytère; de là il avait vue sur le chœur de Notre-Dame et pouvait entendre la messe sans sortir. Il construisit, dans l'insigne collégiale, un jubé et la seconde chapelle à gauche; où il se fit représenter à genoux sur le vitrail. Il choisit même sa sépulture dans
CO U'Qotice chronologique sur V églice d'Auiun; Dejussieu, 1847.
cette église. Avant la Révolution, on lisait sur l'une des grandes dalles du sanctuaire, cette épitaphe fictive ; Ci gist Mons. Jehan Rolin, jadis cardinal, evefque d'OJîun, qui tref-pafja le dernier jour dejuing 148-^. Prie:<^ Dieu pour lui (i).
Antoine Rolin nous est moins connu ; il était fils de Nicolas et de Guigone, et fut seigneur d'Aymeries, d'Authume et d'Oigny. Il eut, après le décès de sa mère, le patronage de l'Hôtel-Dieu. Marie d'Arlyx, sa femme, en prit possession en son nom, le 18 février 1471. Cette noble dame, accompagnée de Claude de Chaulmoy, veuve de Jehan le Mairet, seigneur de Mavilly et frère utérin du Chancelier, de Philippote Rolin, dame de la Villeneuve, de Pierre Clément et d'autres témoins, se rendit à l'hospice. Là, elle fit comparaître devant elle la Maîtresse, les sœurs et tous les officiers de la maison ; elle les déposa, les rétablit en fonctions et reçut leurs serments. Elle se fit conduire, au son des cloches, à la porte d'honneur, reçut les clefs, puis elle entra dans la Grand' Chambre et ouvrit les troncs des pauvres (2).
Antoine exerça noblement son patronage. Il arriva qu'en 1475, la ville de Beaune voulut frapper d'un impôt la rente de mille livres, que l'Hôtel- Dieu prélevait à Salins. Aussitôt, Rolin adressa cette requête au duc Charles :
« Monfeigneur, afin d'eflre participans es biens faits & euvres méritoires de piété & miféricorde
(i) Manuscrit de l'abbé Bredault sur l'Histoire de Beaune. (2) Archives de l'Hôîel-Dieu. Layette 82, n" a.