‹ L'Hôtel-Dieu de Beaune, 1445-1880Chapitre 29 sur 72 · ET LES ENFANTS DE ROLIN I · texte numérisé non relu

ET LES ENFANTS DE ROLIN I

qui f accompliffent jour & nuyt au grand Hoftel- Dieu, litué en votre ville de Beaune, par la Maiftreffe et les feurs, aux malades & autres povres, qui font aucune fois au nombre de cinquante ou soixante ou plus ; votre très-chier feigneur & père, que Dieu absoille, a, pour luy & fes succeffeurs comtes de Bourgoigne, exempté de l'impoft mis ou à me6lre pour la fortification de votre ville de Salins, les mille livres tournois de rente que le le di6l hofpital poffède en votre faulnerie du di6l Salins.

« Et voici que les maire & efchevins de Beaune, de leur autorité privée, frappent de l'impoft de fortification la di6le rente, qui n'eft en rien à la charge de leur ville, mais plutoft à fa commodité & utilité.

« L'expofant très-humblement vous requerre, Monfeigneur, d'empefcher que préjudice & dommaige foient fai6ls au di6l hofpital, qui a beaucoup de charges à lupporter, tant pour alimenter les diz povres et autres y venans & affluans, comme pour le vivre & entretenement des feurs, qui font communément au nombre de dix-huit, & auffi pour païer les gaiges des officiers néceffaires à une telle maifon & le falaire des ouvriers qui y font journellement befoignans. »

Le vingt-neuf janvier de cette année, « de la part de fon amé & féal chevalier, confeiller, chambellan & grand bailly d'Hajmneau, Mefiire Antoine Rolin, patron du grand Hoftel-Dieu,))le duc Charles écrivit de Malines, aux maire et échevins de Beaune, et leur « manda de laiffer le dicl hofpital

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joyrplaiaement & paifiblement de l'exemption qui luy avoit efté ottroyée, & de l'exempter de la dicte contribucion (i). »

Ce fut le dernier acte de bienveillance de nos ducs, envers l'Hôtel-Dieu de Beaune : Antoine Rolin, allait voir tomber cette maison de Bourgogne que son père avait élevée à un si haut degré de puissance. Charles, que ses contemporains appelaient le Hardi, et que l'histoire a surnommé le Téméraire, avait déjà entrepris son duel à mort avec Louis XI ; il était à la veille des désastres de Granson et de Morat (1476) ; et, trahi par Campo- Basso, vendu au roi de France, il allait bientôt mourir sous les murs de Nancy (janvier 1477).

Charles ne laissait qu'une fille, Marie de Bourgogne.Philippe de Commines conseillait à Louis XI de marier cette princesse à son fils, le Dauphin Charles, pour assurer à la France tout l'héritage de la maison de Bourgogne. Le roi repoussa ce conseil. Tout en feignant de négocier le m.ariage et en prodiguant des marques de tendresse à sa bonne filleule Marie, il fit occuper par ses troupes les deux Bourgognes, les villes de la Somme et de l'Artois, et pour que la duchesse, entourée d'embûches de toutes parts, s'en remît entièrement à ses conseils, il excita par ses menées, des troubles parmi les Flamands. Indignée de cette politique déloyale, Marie, pour avoir un appui, épousa le fils de l'empereur Frédéric III, Maximilien d'Autriche, et porta dans une maison déjà puissante, de ses vastes et riches dom.aines etl'hé-

i\) Archives de l'Hôtel-Dieu. — Teiiî cartulaire de i Hôtel-Dieu, p. 82, 83.

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