ET LES ENFANTS DE ROLIN
parle très généreux Distributeur de tous les biens, sur ceux qui, enchaînés par la divine charité, servent les pauvres et les infirmes dans cet hôpital ; pour que nous entendions, au rigoureux jugement du dernier jour, notre très-doux Sauveur, juge de la plus parfaite équité, nous dire : « Venez à moi les bénis de mon Père, car j'ai été malade et vous m'avez visité ; possédez le royaume éternel ; » Et afin que nous fournissions aux nombreux fidèles du Christ, un motif de plus de faire du bien à cette très-pieuse Maison ;
« Appuyés sur la miséricorde du Dieu tout-puissant,
« A tous les fidèles qui, pendant les dix ans qui suivront, auront donné ou promis des biens qu'ils tiennent de la bonté divine, tant pour la sustentation des personnes qui desservent avec un si grand dévouement ce magnifique hôpital, que pour l'entretien des infirmes et des pauvres, ou leur seront autrement venus en aide,
« Nous accordons une participation et une association spéciale et entière à tous nos biens spirituels, savoir : aux heures canoniques, messes, oraisons, jeûnes, veilles, pénitences, disciplines, abstinences, aumônes, hospitalités, travaux et autres avantages du culte divin, qui se font actuellement et se feront à l'avenir dans tout notre Ordre, répandu par la protection divine dans tout l'univers; et cette concession est à la vie et à la mort(i).))
En cette année 1494, mourut maître Jehan Jo-
(0 Archives de l' Hôtel-Dieu. Layette 88, n° 12.
IIO L HOTEL-DIEU
bard, celui qui par sa parole et ses exemples était l'inspirateur et l'âme de cette communauté si fervente. Après Dieu, c'est à lui que revient la gloire d'avoir créé l'hospitalière de Beaune ; il entrapleinement dans les vues de Nicolas Rolin et forma, pour servir les pauvres, une vierge admirable de force, d'héroïsme, de modestie, de piété, d'humilité et de charité. Ce prêtre, « do6leur en tous droiélz, » était encore plus éminent en vertu qu'en science ; il passa plus de vingt-cinq ans au service des indigents et des malades. Avant de mourir, il leur légua «tous fes biens meubles, or, argent monnoyé & non monnoyé ; voulant, dit-il, reconnoître pluiieurs bons fervices, charités & courtoifies a luy fai6ls par les feurs, & éviter le péché d'ingratitude qui eft à Dieu, noftre créateur, moult déplaifant (i). » Parmi ces legs, le plus précieux fut a la vie de sainéle Colète, efcripte de la main de maiflre Jehan Jobard (2). » Malheureusement ce livre a disparu.
Les hospitalières firent part de la mort de leur Père spirituel à Antoine Rolin, et le consultèrent sur le choix d'un Confesseur. Il leur écrivit de Mons, le 23 septembre 1494 :
« Très-chières Filles, je me recommande à vous tant comme je puis. J'ai nagaire receu vos lettres efcriptes à Beaune, le dernier jour d'aouft dernier, par lefquelles vous me avertiffez du trefpas de voftre confeffeur, maiftre Jehan Jobart, ce dont j'ay efté & fuis bien déplaifant. Priant Notre-Sei-
[il
Archives de l'Hôtel-Dieu. Testament de maître Jehan Johard. Inventaire de 1501. — Petit cartulaire de l'Hôtel-Dieu, p. 17.