‹ L'Hôtel-Dieu de Beaune, 1445-1880Chapitre 34 sur 72 · ET LES ENFANTS DE ROLIN III · texte numérisé non relu

ET LES ENFANTS DE ROLIN III

gneur, que par fa grâce il ayt prins fon âme en fa fain6le compaignie,ainfî que je le croys très-fermement, aclendu la bonne & honnefte vie qu'il a menée & y continuée jufques à la fin, comme les dites lettres le contiennent.

« Vous m'efcripvez qu'il vous a efté parlé de meStre en fon lieu ung appelé maiftre Claude Duvernoys, grand clerc & homme de bonne vie & honnefte converfation. Et fur ce délirez favoir mon plailir.

« Le plus grand défir que j'aye, eft que voftre confeffeur foit homme de bien, &. fur ce j'ay heu plufieurs devifes avec Claude le Baul, porteur de ceftes, auquel j'ay donné charge de converfer avec vous fur cette matière, & pour au furplus y befoigner à l'honneur de Dieu & au bien du di6l hofpital, au mieulx que faire fe pourra, en y gardant les folennitez en tel cas accouftumées.

« Je vous prie de toujours vous acquitter au fervice des malades au mieulx que poulrez ; en ayant toufjours recommandéez en vos oraifons les âmes de feu Monfeigneur mon père, & Madame ma mère, auffy moy, ma femme & mes enfans vivans & trefpaffés. Ainly que du tout en vous en ay la confidence.

« Très-chières Filles, tout ce qu'on puiffe faire pour vous & le bien du dicl hofpital, de bon cœur je l'accompliray, aydant N" S^', qui vous donne fa grâce. »

Nos documents se taisent sur le successeur de Jehan Jobard.

ÎI2 L HOTEL-DIEU

An temps où Antoine Rolin était patron de l'hôpital, sa sœur Philippote, ainsi appelée du nom du bon duc Philippe, son parrain, vint achever ses jours à l'Hôtel-Dieu. Cette dame, fille du Chancelier et de Jeanne de Landes, épousa Guillaume d'Oiselet, seigneur de la Villeneuve. Devenue veuve, Philippote se retira dans la chambre Sainte- Anne, encore toute embaumée du souvenir de Guigone, et « ufa le relie de fon eâge » au service de Dieu et des pauvres. Elle eut une prédilection marquée pour les « griefs malades ; » le 14 décembre quatorze cent quatre-vingt trois, elle fit en leur faveur une fondation qui nous révèle combien son âme était chrétienne et élevée.

« Considérant, dit cette noble veuve, qu'il n'est chose plus certaine que la mort & plus incertaine que l'heure d'icelle, & que chacun bon catholique doit difpofer, avant qu'il décède de ce fiècle en l'autre, des biens que Dieu luy a donnez & preftés , affin d'évader le vice d'ingratitude, & auffi que l'on ne peult faire chofe plus plaifante & agréable à Dieu, notre Père & benoift Créateur, que de prier pour les trefpaffez & accomplir les œuvres de charité & miiéricorde ;

« Pour ce eft-il, que, mehue de dévocion, affin d'eftre de plus en plus participante es grands mérites & œuvres de charité qui journellement fe font au grand Hoftel-Dieu, fondé foubs le nom de Monfeigneur Sain6l Jehan-Baptifte, par feu de très-bonne & noble mémoire & mon très-honoré & redoubté feigneur & père, Monfeigneur Meffire Nicolas Rolin, & Dame Guigone de Salins, jaidis

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