ORIGINES DU DOMAINE DE L'HOTEL DIEU
ouR ne pas rompre la trame de notre récit, nous n'avons dit encore que quelques mots sur le domaine de l'Hôtel-
Dieu ; nous avons attendu qu'il fût créé, afin d'en
mieux raconter l'histoire.
Les mille livres de rente de l'acte defondation ne suffisaient point à l'entretien de l'hospice de Beaune ; aussi le Chancelier s'efforça-t-il de lui procurer des ressources nouvelles. Il trouva dans le bon duc Philippe un généreux coopérateur.
Le chauffage nécessitait une dépense considéble ; Nicolas Rolin le demanda à son doux et gracieux seigneur, qui répondit par cette lettre :
« Phelippe, par la grâce de Dieu duc de Bourgoingne, aïan en confidéracion que bufche pour chauffaige efl requife néceffairement& en grande quantité en l'Hoftel-Dieu nouvellement fondé en noflre bonne ville de Beaune, depar noftre chier & féal Chancelier ;
« Affin que nous & nos fucceffeurs foyons parti-
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cipans en la di6le fondacion, es biens & euvres
méritoires qui fe feront en icelluy,
« Avons, pour nous & nos hoirs, à ceulx du dicl hofpital donné ufaige perpétuel pour leur chaufFaige en nos forefts de Borne & de Chamgerley (i). »
En ce temps, les droits d'entrée de la ville de Beaune appartenaient au duc et étaient lourds. Rolin conjura Philippe d'en affranchir à jamais la maison des pauvres. Aussitôt le duc écrivit :
« Pour l'onneur & révérence de Dieu & en faveur des povres créatures qui font & feront cy après receuz & administrez en l'hofpitalque noftre très-chier & féal Chancelier a notablement fondé en noftre ville de Beaune.
« Et affin que nous foyons accompaigniez es prières & bienfais qui s'y font & s'y feront, avons ordonné & ordonnons, pour nous & nos fucceffeurs, les ducs & ducheffes de Bourgoingne, que le Maiflre qui eft & fera du diêl hofpital ce qu'il achètera & fera acheter pour fes néceffitez &provifions des povres, miniftres, famiiliers & ferviteurs, hommes & femmes, qui font & feront en icelluy hofpital, & auffi ce qu'il vendra, ou fera vendre des fruiz, foient bletz, vins ou aultres .venus & yffus des héritaiges du di6l hofpital, foit franc, quitte & exempt de l'impôt des douze deniers par livre (2). »
Le rêve du Fondateur était de voir son Hôtel-
(i) Archives de l'Hôtel-Dieu. = Petit Caiiukire de ï Hôiel-Tlieu, p. 78. (2) Archives de l'Hôtel-Dieu. — Tetit Cartukire de l' Hôtel-Dieu, p. 80.