‹ L'Hôtel-Dieu de Beaune, 1445-1880Chapitre 36 sur 72 · ORIGINES DU DOMAINE DE L'HOTEL DIEU · texte numérisé non relu

ORIGINES DU DOMAINE DE L'HOTEL DIEU

ouR ne pas rompre la trame de notre récit, nous n'avons dit encore que quelques mots sur le domaine de l'Hôtel-

Dieu ; nous avons attendu qu'il fût créé, afin d'en

mieux raconter l'histoire.

Les mille livres de rente de l'acte defondation ne suffisaient point à l'entretien de l'hospice de Beaune ; aussi le Chancelier s'efforça-t-il de lui procurer des ressources nouvelles. Il trouva dans le bon duc Philippe un généreux coopérateur.

Le chauffage nécessitait une dépense considéble ; Nicolas Rolin le demanda à son doux et gracieux seigneur, qui répondit par cette lettre :

« Phelippe, par la grâce de Dieu duc de Bourgoingne, aïan en confidéracion que bufche pour chauffaige efl requife néceffairement& en grande quantité en l'Hoftel-Dieu nouvellement fondé en noflre bonne ville de Beaune, depar noftre chier & féal Chancelier ;

« Affin que nous & nos fucceffeurs foyons parti-

ii6 . l'hôtel-dieu

cipans en la di6le fondacion, es biens & euvres

méritoires qui fe feront en icelluy,

« Avons, pour nous & nos hoirs, à ceulx du dicl hofpital donné ufaige perpétuel pour leur chaufFaige en nos forefts de Borne & de Chamgerley (i). »

En ce temps, les droits d'entrée de la ville de Beaune appartenaient au duc et étaient lourds. Rolin conjura Philippe d'en affranchir à jamais la maison des pauvres. Aussitôt le duc écrivit :

« Pour l'onneur & révérence de Dieu & en faveur des povres créatures qui font & feront cy après receuz & administrez en l'hofpitalque noftre très-chier & féal Chancelier a notablement fondé en noftre ville de Beaune.

« Et affin que nous foyons accompaigniez es prières & bienfais qui s'y font & s'y feront, avons ordonné & ordonnons, pour nous & nos fucceffeurs, les ducs & ducheffes de Bourgoingne, que le Maiflre qui eft & fera du diêl hofpital ce qu'il achètera & fera acheter pour fes néceffitez &provifions des povres, miniftres, famiiliers & ferviteurs, hommes & femmes, qui font & feront en icelluy hofpital, & auffi ce qu'il vendra, ou fera vendre des fruiz, foient bletz, vins ou aultres .venus & yffus des héritaiges du di6l hofpital, foit franc, quitte & exempt de l'impôt des douze deniers par livre (2). »

Le rêve du Fondateur était de voir son Hôtel-

(i) Archives de l'Hôtel-Dieu. = Petit Caiiukire de ï Hôiel-Tlieu, p. 78. (2) Archives de l'Hôtel-Dieu. — Tetit Cartukire de l' Hôtel-Dieu, p. 80.

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