‹ L'Hôtel-Dieu de Beaune, 1445-1880Chapitre 37 sur 72 · ORIGINES DE SON DOMAINE II · texte numérisé non relu

ORIGINES DE SON DOMAINE II

Dieu pourvu de deux mille livres de rente. Il profita des dispositions généreuses de son noble seigneur pour obtenir que les mille livres qui restaient à créer fussent amorties à l'avance et déclarées à jamais exemptes des droits du fisc. Le bon prince remit cette lettre à son Chancelier :

« Aïan dévocion & affection fingulière pour l'holpital fondé en noftre ville de Beaune ; nous avons donné & octroyé aux maiflres & gouverneurs du dicl hofpital, licence & faculté de pouvoir acquérir pour le di£l hofpital en nos païs de Bourgoingne, en héritaiges, rentes, revenus, & autres poffeffîons, & tant par achats que par donacions que lui feront nos fubgez & autres, jufques à mil livres tournois de revenu annuel & perpétuel.

« Et pour que les dicls maiftres & gouverneurs ufent des dictes mil livres tournois de revenu, & en joiffent paifiblement perpétuellement, nous voulons & octroyons quelles foient comme chofe admortie, donnée & dédiée à Dieu &à Eglife (i). »

Sous l'inspiration de son sage conseiller, le duc de Bourgogne créa des revenus à l'Hôtel-Dieu, même au moyen des malades qui venaient y chercher un abri et y mourir.

« Défirant, dit-il, l'augmentacion en revenu & le bon entretennement de l'hofpital que noftre très-chier & féal Chancelier a nouvellement conftruit & fondé en grand & notable édiffice en noftre ville de Beaune,

(i) Archives de l'Hôtel-Dieu.— Teiil Çartuhirede l'Hôtel-'Dieu, p, 8u

ii8 l'hôtel-dieu

« Avons, pour nous & nos hoirs & fucceffeurs ducs & ducheffes de Bourgoingne, octroie & octroions pour toujours perpétuellement que ceulx qui trefpafferont en icellui, les biens qu'ils auront porté ou fai6l porter & les auront au jour de leur trefpas au dicl hofpital foient, appartiengnent & demeurent au di6l hoipital.

« Voulons en outre que ceulx qui finiront leurs jours en icellui, pofé même qu'ils foient baftards, puiffent leurs biens meubles & héritaiges, par teftament ou en leur vivant, donner au di6l hofpital pour le bien & foutennement d'icellui, nouriffem.ent & gouvernement des povres, perpétuellem.ent & à touijours (i). »

Ces quatre lettres, datées de Dijon le 29 janvier 1454, furent pour notre Hôtel-Dieu une véritable et riche dotation ; elles méritaient au bon duc Philippe la place que son portrait et ses armes occupaient à la Chapelle et en la Grand' Chambre.

Une chose contribua encore plus puissamment à la prospérité et à la fortune de l'hospice de Nicolas Rolin ; ce fut la vertu des serviteurs et des servantes des pauvres. Les malades se sentirent émus en présence de la sollicitude des prêtres et de dévouement des sœurs qui les entouraient, sans que jamais une obole leur fut demandée; ce fut pour eux un besoin de cœur de donner à la maison où Ton était si cordialement reçu, et de s'associer aux mérites de ceux qui pratiquaient si bien

(i) Archives de l'Hôtel- Dieu. — Peîii Cariulaire de l'Hètel-T^ieu, p. 78.

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