‹ L'Hôtel-Dieu de Beaune, 1445-1880Chapitre 8 sur 72 · INTRODUCTION XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XV

là !.. . » Ce fut avec résignation et sans regret que M. l'abbé Boudrot vit apparaître la mort. Il se frappa la poitrine en humble pénitent, il demanda l'onction sainte et le Viatique ; il disposa de ses manuscrits, son unique richesse, joignit les mains, baisa la croix et remit son âme à Dieu, le 27 janvieri 880, laissant dans sa vie et dans sa mort, à ses frères dans le sacerdoce et à tous ceux qui l'ont connu, un grand exemple et un doux souvenir.

A la vue du cercueil de ce savant si modeste , de ce prêtre si zélé, un Poète s'écria :

Voyez à son convoi cette foule empressée, Recueillie et pensive, ayant l'air abattu. Sur ses traits on peut lire une même pensée : L'hommage intérieur qu'on doit à la vertu.

Savant archéologue, il aimait la science, Il aimait à pâlir sur les vieux manuscrits ; Et poursuivait son œuvre avec persévérance. On le comptait déjà parmi les érudits.

Dans la discussion plein de délicatesse,

Il ne blessa jamais un interlocuteur ;

Il possédait surtout l'exquise politesse,

Cachet d'une belle âme et marque d'un grand cœur.

Il était l'épi mûr pour la gerbe céleste ?.,. Il a de ses vertus la couronne et le prix (i).

Héritier des manuscrits de M. l'abbé Boudrot et de V^LBUM qu'il avait préparé, nous n'avons pu nous résoudre à voir périr tant de labeurs et tant de richesses. Par respect pour la mémoire de notre ami, nous avons écrit le livre qu'il rêvait.

Avant de nous mettre à l'œuvre, nous avons glané dans le champ où il avait moissonné ; nous

(i) L'abbé Boudrot, poésie de M.Joseph Pétasse.

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avons interrogé à notre tour les historiens, les poètes et les érudits bourguignons. Nous avons rencontré de riches épis.

Nous sommes heureux d'offrir ici l'hommage de notre gratitude à Mesdames les Religieuses qui nous ont ouvert si gracieusement leurs Archives, et à M. Louis Cyrot, l'un des anciens intendants de l'hospice, qui a eu l'obligeance de nous communiquer des notes précieuses et son excellent travail sur les Bâtiments du grand Hôtel-IDieu de Beaune, depuis la fondation jusqu'enmar s 18J9. Nous devons aussi de vifs remerciements à MM. Aubertin et A. Batault qui ont corrigé les épreuves de ce livre, et à M. A. Montoy qui l'a orné de charmantes vignettes.

Nous adopterons dans notre récit l'ordre chronologique. Nous assisterons à la création de l'Hotel- Dieu ; puis, descendante cours des âges, nous rapporterons les faits marquants dont cette maison fut le théâtre ; nous signalerons ses transformations et ses divers accroissements. Pour écrire cette page, l'une des plus belles et des plus intéressantes des Annales de Bourgogne et de l'art flamand, nous voudrions avoir le génie du Maître qui réalisa si bien la pensée de Nicolas Rolin. Désespérant d'atteindre cet idéal, nous nous efforcerons du moins d'être vrai et exact comme cet inconnu qui façonna ce modeste Hôpital en paille, qui est l'un des joyaux du Musée de notre Hôtel-Dieu.

E. Bavard,

Curé de Volnay.

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