‹ L'Hotel-Dieu de Paris au moyen âge. Histoire et documents: histoire et documentsChapitre 123 sur 236 · VI. — LES BATIMENTS DE L^HÔTBL-DIEU. l6l · texte numérisé non relu

VI. — LES BATIMENTS DE L^HÔTBL-DIEU. l6l

Lorsqu'on descendait de l'Université par la rue Saint-Jacques et la rue du Petit-Pont, on s^engageait sous la voûte du Petit- Cbâtelet, puis on franchissait la rivière; le côté droit de la dernière arche du pont appartenait à THôtel-Dieu; le maître y avait feit élever trois « maisonnettes », trois échoppes, louées, au . XV* siècle, à des chaudronniers * . Aussitôt entré dans la rue du Marché-Palu, on apercevait, à droite, les deux portes, bardées de fer, de la chapelle de Petit-Pont, élevée à l'extrémité occidentale de la Salle-Neuve-, on passait ensuite devant la maison du Chef- Saint-Quentin et celle du Chat-qui-Péche, qui disait le coin de la rue du Sablon. De cette rue, le côté méridional était formé, d'abord par des maisons particulières, puis, au delà xle certaine ruelle dont nous parlerons tout à rheure,'par les bâtiments de Fhôpital; en suivant cette voie, on gagnait la Rue-Neuve et le Parvis. Tournant à droite et longeant Péglise de PHôtel-Dieu, la maison du Plomb, celle de la Fleur-de-Lys, une troisième, sans désignation, le dortoir des frères et la salle Saint-Thomas, on arrivait à la maison du Chantier, propriété de la fabrique de Notre-Dame, et au mur de clôture du palais épiscopal.

La situation de PHôtel-Dieu était-elle salubre, hygiénique ? Il convient, pour répondre à cette question, de parcourir les alentours de l'hôpital.

Notons d^abord que le voisinage d^une rivière était jadis considéré comme fort avantageux pour un établissement hospitalier ; à une époque où les égouts étaient inconnus, le cours d'eau en remplissait l'office, entraînant au loin les immondices de toutes sortes*. La proximité de la Seine procurait aux gens de l'Hôtel-

1. De 141 5 à 14 18, les troU échoppes furent louées séparément : la première, à Jean de Douai, sans profession désignée, pour 10 livres (141 3), 8 livres (14 16}, 10 livres (141 7) par an; la seconde, à Jean Anlroi^ libraire, pour 6 1. 8 s. (1415], 112 s. (1416}, 8 livres (i4i7)paran; la dernière, à un patinier, Hennequin de Bruxelles, pour 9 livres (141 5 et 1417) et 6 1. 8 s.

^ en 141 6. A partir de 1427, les trois maisonnettes furent louées ensemble à la veuve de Simonet Paulon, chaudronnier, pour 9 1. 12 s., puis à Colin Lécuier, aussi chaudronnier, pour 48 s. (1442], 100 s. (1443), 4 1. (1444 et 1445). — (Comptes, m, 65, 23o; IV, 66; V, 80; VIII, 46, 134; IX, 47; X, 142 ; XI, 53 ; XII, 5i ; XIII, 60; XIV, 55, 145.)

2. L*aile méridionale de THôtel-Dieu d'Amiens s'élève ainsi sur Tun des bras de la Somme; les latrines, placées en encorbellement, se déversent directement dans la rivière, comme, du reste, celles de la plupart des mai* sons construites sur le bord de la Somme.

DOCUMBNTS IX II

l62 PREMIÈRE PARTIE.

Dieu un air plus pur, se renouvelant plus vite; en outre, les immeubles les plus rapprochés de Thôpital de ce côté, le côté du midi, étaient tenus à une distance suffisante et ne pouvaient devenir un obstacle au passage des rayons du soleiP.

Des inondations, rien à craindre; on s^était bien gardé de rétrécir le lit de la Seine, sur laquelle on construisait une portion de r Hôtel-Dieu; on avait seulement élevé de distance en distance des piles, reliées entre elles par dts voûtes qui supportaient une partie de l'édifice ; telle est Torigine des « cagnards », convertis plus tard en caves, mais qui n'avaient pas été construits pour cet usagée Le niveau des salles étant bien plus élevé que celui qu^atteignait la Seine dans ses plus fortes crues, les eaux n^envahissaient jamais que les parties basses de THôtel-Dieu'.

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