‹ L'Hotel-Dieu de Paris au moyen âge. Histoire et documents: histoire et documentsChapitre 220 sur 236 · I. Corr, Johannam · texte numérisé non relu

I. Corr, Johannam

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nizandas; — et ne aliqua labe proprietatis aut importabili suspicione ejusdem status tam religiosorum quam religiosarum ac paui)erum infinnoram jacturam sustineat, et ut commodius infirmis subveniatur, ordinamus quod tam religiosi quam religiose, conformiter ad vota sua et ad statuta Domus, omnia in commuai reponant sive aurum sive argentum et omnia alia et singula que per statuta non sunt illis concessa, sub pena illis infligenda que proprietariis, secundum jura, injungitur et imponitur, infra triduum a die presentium reponant, decernentes illis providen prout ration! congruît, tam pro suis quam pauperum necessitatibus, per manus commissariorum ad hoc specialiter per supremam Parlamenti curiam deputatorum, quos in visceribus charitatis hortamur et monemus ut diligentiam, fidelitatem, prudentiam et solicitudinem assumant administrandi cuilibet fratrum et soronim ac pauperum juxta necessitatem suam, ut in die judicii rationem debitam reddere possint et valeant de suscepta per eos administracione.

Lata et pronunciata scripto supra ac verbis galicis declarata per magistros Ludovicum du Bellay, archidyaconum Parisiensem, Jacobum Merlin, penitenciarium, et Johannem Bertoul, canonicos Parisienses, vicarios in hac parte per decanum et capitulum Parisîenses deputatos, dictis fratribus Johanni Parvi et Juliano Lucas, necnon sororibus Hélène la Petite et Johanne la Sirette, presentibus aliis fratribus et sororibus, in loco capitularî propter hoc congregatis, die veneris quinta marcii anno Domini millésime quingentesimo trigesimo quarto. — P. Raoulin.

4«i5 octobre z535.

Enqu£te des vicaires capitulaires sur l'état de Thôpital; interrogatoire du personnel et des malades; visite de la maison. — Extrait.

Arch. nat., L 536^, original, 32 feuillets papier.

Coram penitenciario et Bertoul, vicariis capituli Parisiensis, assistentibus honorabilibus viris Jheronimo de Merle et Roberto le Lieur, provisoribus Domus Dei, per Curiam deputatis, in absencia abbatis Sancti-Victoris ad hoc evocati, qui se excusavit, et prioris Sancti- Lazari, absentis :

Venerabilis et discretus vir, magister Johannes Mailly , doctor theo-

logus, ad presens magister dicte Domus Parisiensis quando eis

remonstrat quod debebant tenere silentium nisi de neccessariis, et tune basse loquendo, ipsi sibi respondent ei quod non intelligit statuta religionis Domus sicut ipsi faciunt

DOCUMSHTt XX a3

354 DEUXliMS PARTIE.

Didt eeiam quod hora débita de sero se retrahuat in dormitorio, sed dicit quod fratres Claudius Stine et Petrus Benard inyenti sunt de sero, a duobus mensibus citra, loquentes separatim cum aliquîbus de sororibus in lods suspectis

Interrogatus si aliquando ludunt fratres in ludis prohibitis, puta ad aléa et ad cartas, dicit quod non, bene tamen ludunt ad palmam supra terraciam

Item, eciam que les religieux ne vivent pas tenant l'ordre de religion selon les statuz d'icelle, par ce qu'il a oy dire aux chappelains ordinaires, et par plusieurs foiz sont entrez ou couvent des religieuses, de soir et matin et de jour et de nujt

Interrogé si les religieux et religieuses luy ont obey tousjours, dit qu'il n'y a pas grant obédience quant aux religieux et religieuses et que ilz ne font pas ce que on leur commande, et vont hors la maison sans congié, et que seur Jaqueline la Vieville en a Ml de bonnes, et spécialement avecquez frère Jehan Petit, en communiquant avecquez lui, après deffenses à elle sur ce fiiittes, et que elle a parlé avecquez led. frère Jehan Petit, luy estant à l'uys de maistre Jehan Ronge- Maille et elle estoit à la porte de TOstel-Dieu

Dit aussi que il y a ung moys que une femme fut trouvée portant des pains et des gobetz de char et sortoit par la lavanderie sur la rivière pour s'en aller par le caignart

Frater Claudius Paris, presbiter

Dit qu'il est aagé de xxx ans, natif de Paris

Interrogé qui Ta meu de parler par témérité ausd. gouverneurs et leur dire qullz gastoient tout et perdoient le revenu de la maison, dit que non

Interrogé s'il a pas dit aux religieuses qu'iiz tinssent bon contre la reformation et que on chasseroit les proviseurs bourgeoys et le maistre derrenier, dit que non

Dicît eciam qu'il a dancé avecquez les religieuses aud. Pressouer et Porcherons

Interrogé si les maistres gouverneurs ont tousjours bien foumy toutes les neccessitez de tous les religieulx et religieuses et aussi des pauvres, dit que par quelque temps et spécialement depuis l'institucion du derrenier maistre, il y a eu bien pauvre gouvernement et les porcions ont esté trop petites et non selon le nombre des pauvres, et en ont fait les religieuses plainte à mess" les proviseurs ordonnez par le chappitre, quant ilz sont venuz en la maison, lesquelz virent lors lesd. porcions

Interrogé s'il ne scet pas bien que en la maison fréquentent plusieurs jeunes gens et garsons avec les religieuses tous les jours, dit qu'il y en a beaucop qui font beaucop d'ennuy à la maison

Frère Claude Stine, prestre, aagé de xxm ans ou environ, natif de

DOGUMBNTS. 355

Paris y ad dia qu'il y a ung an et demy qu'il est religieux profés

et quinze ans qu'il a esté receu en la maison

Interrogé s'il est sorty de la maison pour aller en ville, dit qu'il a esté à Nostre-Dame, à Saint-Xristofle et à la place Maubert pour veoir brûler les hérétiques, et ce sans l'abit et chappe de religion.

Interrogé s'il a point esté sans abit au Pressouer, aux Porcherons, à Clamard et ailleurs, dit que oy, avecquez les maistres et aultres, comme le procureur Bacot, Clerc, Gerbe, et aussi des religieuses, avecquez lesquelles il a dancé, et a couché à Clamart à l'ostellerie Saint-Martin, et les religieuses couchèrent en la ferme de l'Ostel-

Dieu

Frère Jehan Clément, prestre, a quatorze ans qu'il est dud. Hostel-Dieu, et profés en icelle y a deux ans ou environ, aagé de

xxnn ans

Interrogé pour quoy il jouoit, dit que pour choppine ou pinte de

vin et non plus

A dit aussi que le lundi gras il trouva le celerier qui est à présent, ou petit cabaret prochain du celier, et deux filles blanches, l'une nommée la Tache et l'aultre Perrete, dont lad. la Tache estoit couchée sur le lit et led. celerier, nommé Pierre, prés d'elle, et luy semble qu'ele se leva de dessus la selle qui estoit contre le lit.

Dit aussi que led. Pierre, celerier, enferma ou celier une fille

blanche, qui estoit soubz la Cacheleu et n'est plus de lad. maison,

et oultre que led. celerier se boit et s'enyvre tellement que le des-

pensier l'a relevé de terre quelquefois.

Frater Petrus Bernard, religiosus professus sunt duo anni, etatis

xxiiiio' annorum, de Bonneul en Brye

Du service divin, dit qu'il est faict assez convenablement, non pas

ainsi qu'il appartient

Des serviteurs de la maison, dit : quelque jour le celerier revenoit de la ville avecques maistre Guillaume, despensier, et avoit bien beu, et s'asist sur le lit d'un grief malade et dist quelques folles paroles, dont le pauvre se sourrist, et alors il dist aud. malade qu'il n'estoit point malade, et alors une des seurs l'emmena ; mais tantost il revint

et tira led. malade hors du lit et le mist par terre, et puis s'en alla

Dit que les officiers de panneterie, de cuisine et aultres que mess** les gouverneurs ont commis, ne font pas si bien leur devoir ésd. offices comme feroient les religieux, s'ilz y estoient comme ilz souloient

estre

Seur Perrenelle la Tache, prieure, aagée de Lxn ans ou environ,

et y a xxx ans qu'elle est professe

Dit aussi que on ne &ict laissive que on ne perde des draps de lit à la rivière, et aussi que aucunes femmes qui ont esté malades, quant ilz s'en vont, ilz emportent soubz leurs vestemens dés draps, et en a

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on trouvé aucunes, et par &ulte des portiers, qui n'y pregnent pas garde comme ilz doibvent.

Dit aussi qu4l y a à présent deux des filles blanches prisonnières pour avoir desrobé des draps, c'est assavoir Marguerite la Moynesse et Marion d'Avrilly, qui en ont feiict des chemises à homme, et lesd. filles assez hardies à parler

Dit aussi que en chappitre a esté dit au maistre que ung des chappelains, nommé messire Jehan Fabry, en feignant confesser les acouchées, il les besoit

Interrogée sur le pensement des pauvres, dit que depuis Pasques ença, les pauvres n'ont eu que du mouton et du beuf et n'ont point eu de veau ne de volaille, ainsi que leur avoit esté ordonné par mess" les proviseurs; et aussi on ne administre la mesure de vin souffisante, et bien souvent trop plain de eaue

Dit aussi que les gouverneurs ne leur fournissent de toille pour leurs touretz ne de voiles, couvrechefz et aultres leurs petites choses, si non de troys soupeliz et troys chemises, et fiault que les parens et amis des religieuses fournissent le demourant, ou qu'ilz trouvent façon d'avoir argent pour leur en pourvoir.

Interrogée s'il ont ung médecin pour penser les seurs et filles malades, dit que non et qu'il y a environ six ans qu'ilz n'en ont eu

Fuit interrogatus [magister] super contentione habita inter sororem Johannam la Cacheleue et ipsum magistrum die festi Sancte Anne ultimi : dixit quod dicta la Cacheleue extendit brachium et pugnum contra faciem ejus in tantum quod ei malum fecit ; erant tune multe persone extranee de villa présentes et videntes, inter quas quatuor mulieres burgenses que de hoc recusaverunt deponere, prohibentibus earum maritis.

Soror Johanna de Costes, suppriorissa, etatis xxxvn annorum, professa sunt xim anni, et sunt xziu anni quod ipsa fuit recepta

Dit que entre les filles blanches y a une fille nommée Marie la Coque, laquelle, a huit jours ou environ, dist à elle qui parle plusieurs injures, en l'appellant t gros bec, grosse effondrée, grosse truye i, pour ce qu'elle l'exortoit de se absenter de Touvrouer du cordonnier de la maison, en la court basse, disant au maistre, qui estoit présent, qui luy commandast s'en aller penser les malades et se retirer; et depuis, quant la prieure Ta voulu pugnir en couvent pour les injures attroces qu'elle avoit dit à elle qui parle, respondit qu'elle ne feroit point ce que la prieure luy ordonnoit; et par après, ou chappitre, quant led. maistre l'a voulu corriger et menacer de la mettre en prison, n'a voulu demander pardon à personne, mais dbt que pour le maistre ne la prieure ne aultre personne elle n'y yroit en prison.

Dit aussi que aux jours de mercredi, vendredi et samedi, on ne

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baille aux griefr malades, 2 chascun d'eux, ung oeuf à disner et ung à soupper, en charnaige, et en quaresme ung harenc seul pour tout le jour.

Dit aussi que voyant la pitié et neccessité des pauvres malades, a esté contraincte souventefoiz acheter des marlencs, des petitz carre* letz à frire, pour la sustance desd. mallades, et demandoit argent à ce faire à ses parens et ailleurs, et est records que les deux yvers pas* sez derrenierement a esté contrainte de chauffer et seicher les draps des malades de feurre ; et dit que une journée le président Brissonnet arriva i l'office de la salle Saint-Denis, où elle se plaignoit que les pauvres n'avoient que ung petit harenc pour le jour, qui luy dîst ces motz : f Quant on me présente à la table des harencs, je me prens au plus petit. •

Dit oultre que si mons' l'abbé de Saint-Victor ne luy eust envoyé une charretée de boys, que il y eust eu en son office plus de quarente pauvres qui fussent mors de froit ; car lesd. pauvres crioient que on leur baillast plustost à les chauffer que à les nourrir et à menger. Et oultre dit que ung pauvre homme de ville porta deux maquereaulx froys pour sa femme et une de ses voisines qui estoient malades; et pour ce que elle qui parle, par faulte de feu, ne les peut faire cuyre, led. pauvre homme sallit hors dud. hostel, à la porte de Petit-Pont, criant à haultes voix : a Ces grosses villaines de TOstel-Dieu laissent mourir les pauvres de faim, et quant on leur porte à menger, il ne le veuUent faire cuyre et préparer, i

Dit oultre que lendemain matin elle s'en alla au bureau desd. gouverneurs et dist à iceulx les choses dessusd., qui luy respondirent : c S'en voisent à leurs maisons les Êûre cuyre, car on n'est pas tenu de les faire cuire céans •

Seur Jehanne la Cirete, professe a plus de trente ans, et y a cinquante ans qu'elle est en la maison, aagée environ de lx ans

Dit que on permect aucunes foiz aux filles blanches de la lavanderie dire des chaussons pour passer plus facillement les peines et douleurs qu'ilz ont en yver

Dit pareillement qu'ilz ont esté deux yvers qu'ilz ont esté contraintes souventesfoiz de chauffer les malades des feurres des litz, non obstant que plusieurs foiz ilz s'en spient plaintes, mesmes elle qui parle, aux gouverneurs, et n'avoient que des bourrées et costeretz, avecquez lesquelz ne povoient eschauffer les estuves des pauvres es officines des salles

Seur M^rie Gilles, aagée de xl ans ou environ, et a dix-sept ans qu'elle est professe

Dit que le plus souvent les gobetz et porcions des malades sont si très petiz qu'elle ne les ose présenter aux malades, et que dimenche passé on luy bailla des gobetz grans tant que ung en valloit bien

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troys; de quoy elle fut toute esbaye et ne savoit â quelle fin cela se faisoit, et les pauvres mesmes en estoient esmenrellez, et le despensier vouloit estre présent au service, et demandoit à chascun des mallades si elle qui parle ne Favoit pas appelle « larron i ; et après led. despensier démentit elle qui parle et elle aussi le démentit.

Dit que depuis quelque temps ença elle a baillé quelque petite quantité de gresse, valant troys douzaîns, à une femme de la ville, qu'elle avoit prinse es environ des chandeliers et escuelles, quant ilz servent les malades, et qu'elle n'en a point prins sur les potalges que les cuisiniers ballent pour les pauvres, car les potaiges sont aucunes foys si megres que les pauvres dient qu'il semble de laveures d'escuelles

Et dît que led. celerier s'enyvre bien souvent et n'a point d'heure certaine pour bailler le vin des malades, et souventesfoys le fait bailler par quelques happeloppins qu'il prend pour luy aider, et dît que les malades de l'office de Saint-Denis ont demeuré deux ans sans avoir vin, à cause que le vin estoit trop cher, et bevoient de l'eaue, et s'il avoient de l'argent, en envoyst quérir en la ville....

Dit oultre que depuis Pasques les serviteurs de la maison estoient en la court basse, en chantant, criant, jouant des flûtes et jettans des canons, au soir, environ dix heures, tellement que les malades et religieuses en estoient fâchez, et quant elle leur disoit qu'ilz cessassent, ilz n'en tenoient compte, mais disent injures bien souvent aux religieuses, ainsi qu'elle a oy dire, en les appellant c paillardes, ribauldes » et aultres injures.

Dit aussi que led. celerier, ainsi qu'elle estoit allée quérir du vin pour les malades, pour ce qu'elle n'en avoit eu assez, adonc led. celerier l'enferma dedens le celier avecquez ung des serviteurs de la maison, où elle fut bien environ demy heure, quelque chose qu'elle peust faire décrier et tabourer, et ne fut jamais plus courroussée

Seur Françoise Culote, aagée de xlv ans, et y a xxv ans qu'elle est oud. Hostel-Dieu et quinze ans qu'el est professe, et est chevetaine en la salle des femmes

Interrogée, a repondu qu'il n'y a en son office que les famés malades, et de celles qui viennent à convalescense aucune foiz plusieurs d'îcelles, qui sont plus fortes, luy aident à distribuer les percions, et portent les porcions, le vin, le vinaigre, et y a ifng petit garson de xvni ans ou environ qui ballaye la place

Dit aussi que on ne luy baille tousjours que du mouton pour les malades, tant grefz malades que aultres, et ne luy baille-t-on aucunes doulceurs; bien dit que chascune sepmaine on luy baille de la poullerie dix solz, de quoy elle achette des firommaiges, des poires, raisins, pour distribuer aux pauvres, mais c'est trop peu et en faldroit beaucoup plus

DOCfJMBHtS. 359

Seur Jaqueline la VielzviUe, aagée de xzxvu ans ou environ, et a xzy ans qu'elle iut receue en la maison, et a uni ans qu'elle est pro« fesse, et à présent est portière à la porte devers l'église de Paris pour recevoir les pauvres

Dit que le cuysinier ne fait pas son devoir, car souvent la char n'est pas cuyte et la souppe mal assisonnée ; et au regard du vin, il est le plus souvent tout aigre; et le boullenger souvent foumist de pain si très dur que les pauvres malades n'en pevent manger

Seur Alis Lanbine, aagée de cinquante et ung an, et a zzzv ans ou environ que elle est de la maison, et a esté professe y a zxix ans ou environ

Dit que ce qui est plus neccessaire à reformer en la maison, ainsi qui luy semble, c'est que les seurs et filles blanches soient contraintes a garder leurs langues de parler

Seur Jehanne la Cacheleue, aagée de xzzvi ans, et y a douze ans qu'elle est professe et xziii ans qu'elle est en lad. maison

Dit que les religieuses ne sont pas si obedientes, et elle-mesmes, comme elle devroient estre, et ne sache point qu'il y en ait de plus inobedientes que elle

Dit aussi que aultre fois y a eu des religieuses qui ont eu des enffans, qui n'ont pas esté pugnies si rigoreusement comme on a faict elle qui parle

Seur Jehanne Vauverde, aagée de zxzvii ans ou environ, et y a XXII ans qu'elle est oud. Hostel-Dieu, et y a dix ans qu'elle est professe

Dit que quant les seurs sont malades, il fault que leurs parens leur envoyent le mede(de)cin et des médecines, pour ce que on leur en bailloit point de la maison, et que en l'appothicairie à grant peine y en a pour les pauvres ; et aussi n'y a point de médecin pour visiter les religieux et religieuses, quant ilz sont malades

Seur CeciUe la Mareschalle, aagé de xliiii ans ou environ, y a xviii ou XIX ans qu'elle est religieuse oud. Hostel-Dieu, en l'office du grant essuymant en la lavanderie

Dict qu'on a vendu les bleds, qui eussent bien servy à Tadvenir pour la maison, et que on n'a point coustume de vendre les bleds de la maison.

Seur Ysabeau Herouf, aagé de xluii ans, ne sçait combien il y a qu'elle est religieuse dud. Hostel-Dieu, sinon qu'il y a environ xviii ans

Dict que les religieuses ont esté fort scandalisée qu'il y avoit plus de dix à xi religieuses qui estoient grosses

Catherine Cheneveau a supplié qu'on ne deffende à la prieuse, quant elle a fitict quelque chose, qu'elle ne dye aux religieuses ; aussy dict

36o DBUZlilCB PA11TI9.

que la Grimaulde luy reproche qu'elle a la veroUe, parce qu'elle qui parle a ung catherre en la teste

Noël Tresmet, Nicolas le Gros, de l'office Saint-Thomas, aagex, c'est assavoir Tresmet de xxz et Faultre de xxv ans, tous deux malades de fiebvres :

Led. Nicolas, a deux mois qu'il est malade de fiebvres, est natif de Gournay et est compaignon barbier; dict : au matin a du potaige et à disner a ung gobet de chair, et du vin qui est fort chargé de eaue, et du pain on en faict aucunesfoiz pour six, et quant led. pain blanc est failli, on baille du pain bis; à desjeuner n'ont point de vin; les religieuses font leur debvoir de eulx servir; la poursion pour ung malade est suffisante, mais pour ung qui recouvre la santé elle est moins que suffisante, et n'est pas pour sustente[r] la personne; les draps sont hors, fort salles, et depuys cinq sepmaines n'a eu que deux draps, et ne sçayt, quant luy furent baillez, s'ilz estoient nectz.

Led. Tresmetz dict qu'il est malade de fiebvre, repond comme le précèdent

Martin Cheval et Pierre Marchai, tous deux malades à l'office de Saînt-Denys, sont oud. Hostel-Dieu malades, c'est assavoir led. Cheval depuys la Magdaieine et led. Marchai depuys cinq sepmaines : dict que les religieuses font bien leur debvoir de eulx servir ; respondent aussy que les portions sont fort petites, et souvent manjeussent des tripes, et n'ont que ung demy sextier de vin, et souventes foiz n'est plain, et encores est fort chargé de eaue, et n'est le plus souvent que vinaigre

Michelle Derrée, de la parroisse de Saint-Paul, à Saint-Denys en France, et Girarde du Val, malades en la chambre des griefz malades, respondent que les religieuses les traitiez très bien, mais le vin et la pintence n'est pas suffisante ; et y a bien deux moys qui sont malades oud. Hostel-Dieu ; dirent oultre que depuys qu'ilz sont malades, n'ont veuz le feu

Anthoyne Roussel, natif de Paris, rue des Lombars, aagé de xxx ans ou environ, homme mariez, portier de i'Hostel-Dieu du cousté de Rue-Neufve

Dict qu'il y a ung nommé Loys, jeune enffans de cueur, que il qui parle a rencontré crochetant le tronc des reliques, qu'il reprint en Tappellant « larron i et led. Loys ne luy respondit auchun mot

A dict aussy lad. Cachelleuse, en la présence dud. portier, que la femme dud. portier a dict qu'il est portier pour garder que cinq ou six religieuse grosses ne sortissent, et que lesd. religieuses feisoient faire des maisons aux faulbourgs pour les faire gesirs

Mahyet Chocquet, natif de Tieucourt en Beauvoysis, aagé de lvii ou Lviu ans, portier de la porte du cousté de Petit- Pont...

Dict que les pauvres sont très mal traictez ; dict en oultre que il

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qui parle entra en la Salle-NeufVe pour veoir les malades et veit deux pauvres qui tiroient 2 la fin, et n'y avoit auchunes religieuses, excepté maistre Jehan le Febvre, qui y estoit

Dict aussy que la Cacheleuse une journée s'aprocha de luy, cuydant luy bailler un coup de pied contre les genitoires, et tira ung Cousteau contre il qui parle, et par deux foys lad. Cacheleuse a voulu blesser il qui parle en luy gettant deux pot2 de immundices

Messire Anthoine Thomtfs, prestre, du diocèse de Clermont, aagé de Lx ans ou environ, chappelain dud. Hostel-Dieu, a dit qu'il y a troys ans qu'il est demourant aud. Hostel-Dieu et a pour pension huit livres tournois, avecquez son logis et nourriture ; et sert au service de l'église et à administrer les sacremens aux pauvres et aller aux convoys et aussi ensepulturer les pauvres.

Dit que le service est bien faict, et aux services des trespassez que on fait dire leans, il et ses compaignons ont distribucion aucunesfoiz, tant pour leurs messes que pour l'assistence, quatre solz et cinq solz tournois^ et aussi lesd. chappellaîns font leurs devoir de administrer les sacremens ; et n'a riens veu en la maison qu'il ne soit honeste.

Dict que messire Jehan Fabri quelque journée le voulloit corriger quant il faisoit ung baptesme, disant qu'il falloit dire c effectat » et il qui parle c affecta » ; et luy bailla led. Fabri sus l'ueil et luy cuida boucher l'ueil, et le menassa de le getter dedens les retraictz ; dict oultre : t II faut demander aud. Fabry le registre des enfians qui ont esté baptisez et de ceulx qui ont hict les testamens. i

Messire Jehan le Fevre, prestre, l'un des quatre chappellains, du diocèse de Paris, aagé de xliiii ou xlv ans ou environ

Dit que jamais ne baisa femme en la chambre des accouchées

Dit aussi, quant aux serviteurs, que l'un d'iceulx, appelle l'ambaleur, qui a la charge de acoustrer les mors au cheriot, en &it mal son devoir

Messire Guillaume Delaunay, prestre, du diocèse de Rennes en Bretaigne, aagé de xxix ans ou environ, et y a environ treze moys qu'il est chappelain

Dit que seur Jehanne Haudrye, quant il faisoit le testament de quelque pauvre, estoit présente ; que seur Françoise Culote solicita led. pauvre de luy laisser ung escu, disant qu'elle le penseroit bien ; et plus n'en dit.

Messire Xristofle le Roy, prestre, du diocèse de Bayeux, aagé de XL ans ou environ, et y a troys moys qu'il est chappelain, demourant en rOstel-Dieu de Paris

Dit que la poulliere souvent fiiit refaire les testamens des pauvres malades, qu'il qui parle a faictz, s'ilz ne sont à son plaisir, par ung aultre des chappellains

36l DEUXIÈMB PARTIE.

Messire Sulpice Gasse, prestre, du diocèse de Chartres, aagé da xzx ans ou enriroD, et a quinze moys qu'il est de lad. maison

Dit qu'il est subgect au service non pas comme les chappelains, pour cause de vacquer aux lecçons des enfiGuis, qui sont douze^ et a xn 1. 1. de gaiges

Dit aussi que ses gaiges sont trop petis

Pierre d'Yars, de la rue de la Huchete; Ânthoine Gastelier, de la rue de Harpe; Anthoine Molet, filz du mareschal de céans; Remy Molety de Cresteil; Bastianus Fournier, de Picardia ; Natalis du Boys, de vico Nostre*Domine ; Mathieu Lamoureux, de Paris ; Pierre de la Planche, de Paris ; Loys Beschu, de Paris ; Jacobus Morisse, de Parisius, infirmus, pueri novicii, moniti fuerunt de studendo et adiscendo ac de serviendo diligenter in ecclesia et inter pauperes.

Messire Estienne Dujust, prestre, diocesis Autissiodorensis, a dit qu'il sert en la maison de recevoir les legtz et à fermer les portes chascun jour et rendre les clefz au maistre, et a xxx 1. de gaiges

Dit aussi que les serviteurs de la maison ont dit que les religieux souvent parlent des fenestres de leur dortouer et chambre aux religieuses qui sont en Tappothicairerie, en laquelle lesd. religieux fréquentent trop souvent, à diverses heures

Dit aussi que gens de tous estatz de ville viennent souvent es offices des salles^ où se font banquetz, mais ne scet à quelz despens, si non qu'il presupose que c'est aux despens de l'Ostel.

Dit que souventesfois il a veu compter les gobetz des pauvres et mesurer le vin et de là s'est transporté à la distribucion que on feisoit aux pauvres et ne trouvoit on pas le nombre qu'il avoit veu compter.

Dit que hier au soir il vit faire les gobetz de la Salle-Neufve et de là se transporta en lad. salle, où il parla à une femme malade qui luy monstra le gobet qu'elle avoit eu, où il n'y avoit de cher aussi gros que le doit, et luy dist lad. femme que l'officiere se retiroit en une chappelle où elle appetissoit lesd. gobetz

Maistre Guillaume Rebours, prestre, despensier, aagéde xxxv ans... T.

Dit oultre que les religieux, par force, quelque jour de mercredi, en son absence, entrèrent en la cuisine, prîndrent de la char qui portèrent et mengerent en leur refectoir et getterent le serviteur dedens le feu et luy firent brûler la jambe, dont il a esté longtemps malade, et depuis lesd. religieux par plusieurs fois ont batu led. serviteur

Dit oultre que ung samedi de Pasques, luy disant messe à Tautel du Saint-Esperit, en se retournant pour dire < Dominus vobiscum >, seur Anne Rotye, portière de Petit- Pont, qui estoit illec, luy respondit à haulte voix : c le diable te puisse emporter », et ce oyt Pierre Conseil, Pun des serviteurs, qui luy aidoit à dire messe.

Dit oultre que en disant par luy la messe ung aultre fois, en l'office

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de Saiût-Denh, lad. seur Anne dist à haulte voix : « c'est ung tour de Normant ; le diable emporte les Normans », dont toutes les seurs et pauvres assistans à lad. messe furent tous esmeuz et scandalises

Anthoine Roussel, portier de la porte devers Teglise de Paris, a apporté six grosses pièces et porcions de pain bis, disant que il avoit trouvé la femme d'un pauvre, estant en la salle des navrez, qui empor* toit led. pain hors de la maison, et a avecquez luy amené lad. femme devant mesd. s'*, qui a confessé que sond. mary luy avoit baillé led. pain, lequel il avoit réservé de ses porcions, pource que il ne povoit menger dud. pain et pource qu'elle luy apportoit du pain blanc de la ville. Est aussi venu devant mesd. s" led. pauvre navré, claudicant, qui a pareillement confessé avoir baillé a sa femme led. pain pour la cause dessusd. et pour nourrir ses pauvres enfians; et ont promis de jamais fiiire telle chose, affermans que jamais ne leur estoit advenu.

Ce fait, mesd. s** ont délibéré visiter les officines de la maison, et premièrement ont visité la cuisine et la boucherie ; et après, le couvent et dortouer des frères et leurs chambres, et aussi des chappelains, et après l'office de l'appoticalrie, et semblablement le couvent des seurs et des filles blanches ; consequamment, le dortouer desd. filles blanches, et puis le dortouer des seurs et leurs singulières chambres; puis après, les prisons des seurs et filles, au-dessus du dortouer desd. filles, et ont trouvé une des prisons rompue en la cloison, et disent les seurs qui estotent présentes, que deux filles blanches, qui avoient esté emprisonnées, avoient fait lad. rompture. En visitant aussi les chambres des seurs, ont esté trouvez plusieurs petit chiens, et en chambre de la prieure antique petis chiens et oiseaulx, et par tout, singulièrement en chambre de lad. antique prieure, trop grans acoustremens.

Jehan Souchet, de Chartres, aagé de zl ans ou environ, dit qu'il y a dix-neuf moys et demy qu'il est en lad. maison, malade d'une chute es fossez du Louvre, par inconvénient, par faulte de deffenses.

Dit aussi que en lad. maison y a tous les jours bien une douzaine de happelopins, mauvays garsons, grans et petis, qui mengent le plus bon et le plus beau des porcions des pauvres, et les soirs s'entrebatent comme chiens et se mussent souvent soubz les litz, quant on les veust chasser, et desrobent tout ce qu'ilz peuvent desrober, et vont par la cuisine et par toute la maison, et aucunes fois aident à porter et rapporter fés pour les offices. Au surplus, il a baillé par escript et par mémoire beaucoup d'aultres choses, contenues oud. mémoire, lequel il a signé et a afTermé contenir vérité ^

Marion d'Avrilly, fille blanche, dit qu'elle avoit desrobé à seur Claude Gounet quelque quantité de toille de lin, dont elle fist faire

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