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deux chemises pour donner à maistre Anthoine, serviteur en la maison de quelc'un dont elle ne scet le nom, demourant en la rue Saint* Martin, auquel elle a cognoissance dés devant qu'elle vensist oud. Hostel-Dieu, dont elle luy en bailla une et l'aultre fut mise en la main de la prieure, et que pour ceste cause elle fut mise prisonnière, et après, d'un cop de pied elle rompit la cloison de piastre estant entre ôfiux posteaulz de la prison.
Marguerite la Moynesse, fille blanche, dit qu'elle fut aussi mise prisonnière avecquez lad. d'Avrilly pource qu'elle avoit desrobé une aulne de toille à seur NicoUe Brette, de laquelle elle fîst une chemise à homme qu'elle a baillée à ung nommé Jehan Varlet, tainturier, et luy a envoyée par un sien compaignon de Saint-Marceau ; dit aussi qu'elle a cognoissance aud. Jehan, tainturier, pource qu'elle l'a pensé malade oud. Hostel-Dieu; et oultre, dit qu'il pluvoit en la prison où elles estoient, qui les contraingnit de rompre le piastre de la prison d'un aiz qui servoit de tablete et ne purent passer entre les deux colombes, et pour ce ont esté pugnies au pain et à l'eau long temps.
Hugues Richart, de Nivemoys, premier cuisinier de l'Ostel-Dieu, aagé de zxiiii ans environ, et y a deux ans et demy qu'il est cuisinier, et gaigne xim frans
Dit que les religieux sont fort difficilles à servir de viande et veuUent avoir quatre' ou cinq pères de viande, et de poisson aux jours megres, et gardent le demourant du souper pour leur des)euner, et neantmoins viennent quérir à desjeuner en la cuisine
Dit paraillement qu'il luy semble que les porcions que on baille pour distribuer aux pauvres sont soufiîsantes, pourveu qu'îlz soient entièrement distribuées.
Michel Brun, boucher, aagé de xxiiii ans... dit qu'il gaigne de gaiges xim frans.
Dit aussi que les portiers luy doibvent porter troys fois la sepmaine le nombre des pauvres, selon lequel il fait ses porcions et gobetz
Maistre Pierre Mabillote, prestre, aagé de xxxvi ans ou environ, du diocèse d'Amiens, pannetier, a xl 1. t. de gaiges
Dit que la despense de bled par sepmaine monte deux muys et demy, aucunes fois plus et aucunes fois moins, et dit qu'il a esté vendu des bledz de seigle, pour ce que on ne savoit où le mettre et qu'il en estoit deu beaucop d'aultre
DOCUMBNTS. 365
14 octobre i535.
Lettre d'un malade se plaignant du régime de llidpita]. Axch. nat., L 534S guattr^ original, papier.
[Baillé par Jehan Souchet, pauvre malade, le ziiii* octobre Ve XXXV.]
t Monseigneur,
En ensuyvant les paroUes que me dites ar soir, que je tous baillasse par escript à la vérité comme il en est de tant de habius qui sont céans, monseigneur, il en y a une dozaine céans qui font plus de déluge que ne font quarante malades, et si vous estiés bien adverty du desordre qui font, vous y donneriés ordre; car quant il sont bien yvres, ilz s'entrebatent comme chiens et chas, ce n'est pas ung jour seullement, mais c'est toustesjours. Monseigneur, il ne ce fiault point esbayr si les pouvres malades ce pleignent, car il y a tant de habius soubz les serviteurs des officiers de céans que avant que les povres ayent leur pitance, tout le plus beau et le meilleur en est dehors, et £dct on menger aux povres malades les trippes et fresures, encores qui sont si très ordes qu'il n'y a celuy qui ait le cueur d'en menger, et si les povres malades s'en pleignent, on les apellera « larrons, brigans, cagnardiers », et ne sera injures qu'on ne leur die, les voudra on mettre dehors ; et aussi, monseigneur, si les dames en disent quelque chose, ce sera pitié des injures qu'on leur dira à eux-mesmes. Monseigneur, quant au regart du vin, vous sçavez qu'il est ordonné que les povres malades doivent avoir à disner et à souper chascun demy septier de vin, qui est bien peu, mais encore si on leur bailloit, il se contenteroient, pourveu qu'il fust ainsi qu'il s'apartient; mais il s'en fruit plus de deux doictz que le demy septier ne soit plain, quant on sert, encores n'esse guère que eau, et si on ce plaint à la dame qui en sert, vous n'en aurés autre chose, sinon qu'il fault que tous les autres en ayent comme vous et qu'il n'en yront pas plus prendre noisse à celuy qui en a la cherge pour nous, car il est si injurieux qu'il n'y a personne qui ouse parler à luy ; il en baille bien à qui il luy plaist du meilleur. Quant au regart de ce que je vous dis a soir touchant les brotz de vin qu'on avoit veu enporter^ il ne fault que envoyer en la rue Saint-Denis, prés de la Trinité, et demander Jehan du Moustier, chartier, et ung qu'on apelle le Lensequenet, qui est de l'estrille, il vous en diront toute la vérité.
Je prie à Dieu que par sa bénigne grâce il y veille mettre meilleure
ordre qu'U n'y a.
J. Souchet.
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I. 22 mars i536. Enquête sur la conduite de Antoine Le Barbet, portier de l'Hdtel-Dieu ; extrait. — %3 mars. Mandat d'amener.
Arch. nat«, L 5 34'^ cahier 44, original, 10 feuillets papier.