‹ L'Hotel-Dieu de Paris au moyen âge. Histoire et documents: histoire et documentsChapitre 56 sur 236 · Cartul. H,'D,, n · texte numérisé non relu

Cartul. H,'D,, n

6o PREMIÈRE PARTIE.

des malades n^auraient pu supporter pareille fatigue; il pouvait se trouver, parmi ces c pauvres », quelques convalescents et même quelques malheureux enrôlés pour la circonstance; les indigents alors hébergés à T Hôtel-Dieu n'en formaient pas moins la plus grande partie ^ Une dernière preuve : de i530 à 1 53o, la vie fut très chère à Paris, la misère y fut grande ; on s'en aperçut bien à PHôtel-Dieu, oti les « pauvres » affluèrent en grand nombre, ce qui n'eût pas eu lieu si, comme on Ta dit, cet établis-* sèment avait été exclusivement consacré aux malades'.

Il y avait, à l'Hôtel^Dieu, une quatrième catégorie d^hôtes, les pensionnaires, qui n^étaient ni des malades, ni des indigents ; ce n'étaient même pas toujours des vieillards, mais parfois des personnes dans la force de Page ou même des jeunes gens. Pour des motife personnels, ils avaient pris le parti de fixer leur séjour à PHôtel-Dieu, les uns dans Tintention d'y demeurer plus ou moins longtemps, les autres dans Tespoir d*y finir paisiblement leurs jours. Chaque pensionnaire passait avec le maître un contrat qui réglait la situation respeaive de Tun et de Pautre. Ces actes offirent la plus grande variété. Ici, c'est une femme qui promet de laisser au maître, en mourant, sa maison de la rue Montmartre et sa vigne des Sablons; dans ces conditions, elle pourra se retirera THôtel-Dieu quand bon lui semblera : on subviendra a tous ses besoins'. Là,

I. Chronique de Mathieu (fEscouchy, II, 429. (Édit. de Beaucourt, Soc. de rhist. de France.)

a. T. II, n"* i960, 1965, 1997, 2o3i. — Maxime du Camp, Paris, ses organes et ses fonctions^ IV, i33.

On lit dans le Mémoire instructif sur Phôpital de Ikimmartin-en'Goéle rédigé par M. Devarennes, avocat au Parlement de Paris (cité par Lemairc, Invent. 'Somm. des arch. départ, de Seine- et- Marne , suppl. à la série H, II, 59) : f Cet hospital a esté anciennement estably par les comtes et principaux habitants du lieu pour le soulagement des pauvres, tant sains que malades. » En 1481, Nicolas Rougeville t fait edifiSer un Hostel^Dieu ou Aumosoe pour recueillir, loger et héberger les povres malades, pèlerins, passans et indigens. 9 (Du Cange, Glossaire, art. Eleemosyna, 3.)

L'hôpital de Condom était, à la fois, un hospice et un asile de nuit, en 1 569 encore. (Art. VII de l'arrêt du Parlement de Bordeaux, de juin 1569, dans V Inventaire des archives hospitalières de Condom, rédigé par J. Gardère. Introd., p. x8.)

Aujourd'hui, la plupart des établissements de province sont i la fois hôpital, — hôpital civil et hôpital militaire dans les villes de garnison, — et hospice pour la vieillesse : Chartres, Dourdan, Meaux, Montlfaéry, Provins, etc.

Page 1