Ibid.,H 3664, 3i
62 PRÉMliSRB PARTIE.
Hostel-Dieu, en icelluy, pain, vin et pitance comme à ung des frères, tant seulement la vie durant dud. Hemery Pèlerin, laquelle provision de pain, vin et pitance led. Peleriaje pourra prandre et avoir avecques lesd. frères et à leur table, ou Tenvoier querre, quelque part qu'il soit. Et led. Pèlerin se querra logeis...^ » En i5o7, enfin, c'est la veuve d^un avocat au Parlement, Jean le Maréchal, qui, « considérant son ancien aage et floiblesse de sa personne i, déclare au maître qu^elle consent à lui abandonner le reste du terrain dont on lui avait pris « aucune part et portion pour accroistre les chambres que le Roy avoit faittes &ire aud. Hostel-Dieu, se son vouloir estoit de la recevoir », ce que le maître s'empresse d^accepter'.
S^il est inexact de dire que T Hôtel-Dieu était exclusivement consacré aux malades, il faut pourtant reconnaître que ces derniers constituaient le principal élément de sa population'.
Hommes, femmes, enfrints étaient admis à THôtel-Dieu, quel que fût leur âge, quelle que fût leur nationalité. La plupart étaient originaires de Paris ou des environs, les autres de la province ou de l'étranger, de la Bretagne ou de la Flandre, de l'Allemagne ou de l'Angleterre, de l'Espagne ou de l'Ecosse. Pour confesser ces malades « d'oultre montaignes », il fallait des prêtres versés dans la connaissance des « langues estranges » qu'ils parlaient; c'est chez les Jacobins ou les Cordeliers, les Carmes ou les Augustins qu'on s'adressait dWdinaire.
t. A. P. i4Kk, n» 143. — Voir t. II, n* t3i^,
a. A. P. 6X, n* 75. ^ z527 : c De damoyselle Jehanne du Betz, nagueres servante de feu maistre Deujrs Peaquet, eu son vivaut notaire et secrétaire du Roy et Pun de measeigneurs les gouverneurs dud. Hostel-Dieu^ vio xv 1. 1., à la charge que led. Hostel-Dieu sera tenu, sa vie durant, la loger, luy fournir son boire et son menger, et de sa chamberiere, luy quérir aussi feu et lumière. » {Doc, hospit., III, 186.) — Voir ibid., III, 190, aSo.
3. Ayant'rencontré pour la première fois dans un acte de 1 19g l'expression t egrotantes », Husson a cru pouvoir dire : c Cest seulement à partir du règne de Philippe-Auguste quMl est fait mention de la présence de pauvres malades à THÔtel-Dieu > ; cela revient à dire qu'on n'admit de malades à l'Hôtel-Oieu qu'à partir de 1180 environ. Cette assertion nous pan^t insoutenable : il est inadmissible que l'on n'ait pas toujours reçu les malades dans cet établissement. Si d'ailleurs l'auteur de V Étude sur Us hôpitaux avait pris soin d'étudier les chartes du xiii* siècle, il eût constaté qu'à cette époque même l'expression f pauperea 1 est beaucoup plus fréquente que celles-ci : c pauperes infirmi, pauperes egrotantes, pauperea infirmantes, jacentes. »