‹ L'Hotel-Dieu de Paris au moyen âge. Histoire et documents: histoire et documentsChapitre 59 sur 236 · IV. — LES uàumes a L^HÔTEL-DIBU · texte numérisé non relu

IV. — LES uàumes a L^HÔTEL-DIBU

« Qui bien vouldroit discourer tous les estas deceulx qui céans arrivent, trouveroit partout matière de tristesse. » Soldats et bour-* geois, religieux et laïques, juifs et mahométans se rendaient, au besoin, à THôtel-Dieu; et tous étaient reçus, car tous « portoient l'enseigne de povreté et de misère ». On n'en demandait pas plus. Peu importait le Dieu quUls servaient, la maladie qui les accablait ; seuls, les lépreux étaient repoussés; il n^était pas jusqu'aux aliénés et aux syphilitiques qu^on n'accueillît. Un jour, un Écossais, aveugle et sans ressources, se présenta aux Quinze* Vingts : on renvoya à T Hôtel-Dieu, « où il est allé de vie à trespas^ qui est ung grant scandalle pour TospitaP. »

On pouvait pénétrer à Tintérieur de T Hôtel-Dieu soit par la porte de la rue du Marché-Palu, soit par la porte de service, qui donnait sur le Parvis Notre-Dame. Ouvertes le matin à six heures, les portes étaient fermées le soir à pareille heure '•

Cest à la porte de service que se présentait le malade qui voulait être admis à THôtel-Dieu : une sœur portière le recevait et l'examinait'. Le médecin, dont nous étudierons plus loin le rôle

1 . c Atlendentes multitudinem pauperum, infirmonim, pupillonim, oq>hftnorum, Tiduarutn et mulierum pregnancium^ sîngulis diebus, de undique

mnndi ptitibus ad Domum Dei Parisiensem confluentium » {Cartul,

H.'D,f n* 747.) — « puerpere, gravide, aenes et valitudinarii foTebantur,

vulnerati item curabantur. » (Arch. nat.^ ancienne couverture du registre H 3666^ aujourd'hui dans le carton L 532.) — Archives de la Faculté de médedne de Paris. Commentaires, IV, fol. io5 v*.

« A une fille de Mante qui est maUade en cest hostel, xi s. » (Comptes, XI, 147.) -» c Instituent unum capellanum Britonem, fratrem domus sue, qui in predicta Domo audiet confessiones pauperum Britonum infirmorum. » {Cartul, H.'D.j n* 325.) — « Pour ung seigneur de prestre angloiz, pour sa pdne d*estre venu confesser par pluseurs foiz les persofanes du pafz d'Angleterre estans malades en cest hostel', viii s. (Comptes, X, i58.) — Voir ibid., XIV, 70, 182.— f Soubz iceluy comble de charité sont logés et receus toutes manières de gens, de quelque langue quliz soient, amis ou ennemis, con-

gneus ou incongneus, sans accepcion de personnes > (Livre de vie active,

25.) Voir ibid., 209. — Arch. nat., H 3663, ii3, 2i5, 216; H 3664, 2t, t32. Parlement. Matinées, XIA4838, fol. 59 v*. — T. Il, n* 1918. — Ordon- Hancetf XVII, 589. — Hittùriens de France, XXII, 590.

2. Règlement du xvi« siècle, art^ 68. (A. P. 866Q, n* 4137.) ^ A. P. Fonds des Enlants-Rouges, pièce i, p. 9. — Documents, n** 37 et 39.

3. Au commencement du xvi* siècle, époque où le plus grand désordre régnait à THdtel-Dîeu, il nV avait souvent personne à la porte : entrait qui voulait, malade ou non; marauds et filles envahissaient les lits, sans qu'on pût les en chasser. — « En ceste ville de Paris se sont trouvés des gens qui,

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et les fonctions, n'intervenait pas à ce moment ; car le mode de répartition des malades dans les diverses salles était tout différent de celui qu'on observe de nos jours : il ne s'agissait pas d^tablir la nature du mal dont souffrait le postulant, mais de constater seulement la gravité de son état. On conçoit dès lors que l'expérience d^une sœur déjà ancienne dans la maison y pût suffire ^

Il y avait à THôtel-Dieu quatre salles : Tlnfirmerie, pour les (c griefz malades »^ ; la salle Saint- Denis, « où sont recueillis ceulx qui sont malades de maladie legiere, facille à guarir, ésqueb n'est pas eztainct du tout le principe de vie » ; on y recevait aussi les blessés. Les convalescents de Tune ou Tautre de ces deux salles, « verres fellés qu'il faut choyer et manier délicatement », étaient envoyés à la salle Saint-Thomas. Les femmes occupaient la Salle- Neuve; celles qui étaient gravement atteintes étaient dirigées sur

avec l'aide de tels maistres, ayant fait entendre à leur ennemy qu*il avoit la peste, sans avoir mal quelconque, et le jour qu'il devoit parler de son procès ou hWe quelque acte où sa présence estoit requise, l'ont fait ravir et emporter à PHostel-Dieu par la force de ces galands, quelque résistance qu'il put faire, estant plusieurs contre un, et si de fortune il imploroit l'aide et miséricorde du peuple qui le voyoit, les larrons et meurtriers l'empeschoient et crioient encore plus fort que luy, afin qu'il ne fust entendu, ou bien ils donnoient à entendre que le mal Pavoit rendu furieux et démoniaque, pour faire iiiyr chacun d'auprès et ce pendant avoir moyen de le poulser audit Hostel- Dieu et le faire lier et coucher avec les pestiférés ; et quelques jours après mouroit, tant de déplaisir que de l'air infecté, ayant esté sa mort auparavant vendue et achaptée d beaux deniers comtants. » (A. Paré, dans A. Chéreau, Les ordonnances pour éviter le dangier de peste^ année i53iy p. 84, dans la CoiL de documents rares ou inédits relatifs à Vhistoire de Paris.) — Règlement du xiii* siècle, art. 22 (A. P. 866R, n* 4i38); règlement du xvi« s., art. i54 et suiv. — Livre de vie active, 2. ~ Documents, n* 29. — T. II, n~ i523, i53i.

1. c Affîn de doresenavant séparer les malades attaincts de peste des autres. » [Doc* hospit,^ III, x52.} — c Comme la portière de la Maison-Dieu envoyé les malades qu'elle reçoit en diverses salles et à diverses cfaevetaines

pour estre pensés selon la qualité des maladies » (Livre de vie active, gS.)

Voir ibid., 26. — Documents, n" 22.

2. < Regarde en ceste maison, es bas lis de l'Enfermerie, jeunesse si floîbe par maladie es jeunes gens malades que n'ont jambe qui les puisse sostenir, bras qui les puisse deffendre, main qui les puisse paistre, pié qui les puisse porter, et si débilités que, si le feu estoit aux quatre coings de leur lit, ne pourroient eulx mouvoir, et les convient par troys ou quatre religieuses de

cest hostel d'un lieu en Pautre remuer » (Livre de vie active, 173.) Voir

ibid., 26, 93. — Règlement du xiii* siècle, art. 23. — Arch. nat, H 3664, 17, 38. — Documents, n* 29.

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