‹ L'Hotel-Dieu de Paris au moyen âge. Histoire et documents: histoire et documentsChapitre 69 sur 236 · IV. — LBS MALADES A L^HÔTBL-DIBU. 8i · texte numérisé non relu

IV. — LBS MALADES A L^HÔTBL-DIBU. 8i

Une fois lavé, le linge était, dans la belle saison, mis à sécher sur les galeries ou en File Notre-Dame; durant l'hiver, on retendait dans la Chambre aux draps et dans la Salle-Neuve, oti se trouvait une roue < à qupy est ataché le chasble où Ten pend les draps >^

Le personnel de PHôtel-Dieu se levait à cinq heures. Les ablutions terminées, frères et sœurs descendaient à l'église, tandis que la prieuse foisait sa tournée d'inspection dans les difiérents services*. Matines chantées, les religieuses gagnaient leur poste^ les unes la Chambre aux draps, la Chambre aux coûtes, les autres la salle Saint-Thomasou Saint-Denis^ la Salle-Neuve oul'Infirmerie'. On commençait par éteindre les lampes qui achevaient de brûler et l'on se préparait à accomplir la besogne quotidienne, sous la surveillance de la sœur en chef, la c chevetaine », pendant que le

chaussées de bottes et portaient des cottes fourrées ; un valet les aidait, soulevant les fardeaux^ chargeant et déchargeant le f batel. » La grande cuve avùt presque dix mètres de drconfiérence. — G)mpte8, I, a83 ; III, 244, 256, 274; IX, 145.

1. c Pour un chable de xii toises pour mettre en la chambre aux draps par devers Piaue, pour sechier draps et napes, viii s. » (Comptes, I, 176.) — c Quatre corbeaulx de fer à estandre les draps et lessives en la chambre aux draps. 1 (Ibid., XVII, 56.) — c Le xviii* jour de décembre, aux grans lavendieres, qui avoient sechié au feu nuit et jour leurs draps, vi s. » (Ibid., I, 22S.)

— c Pour un chevilles de fer à teste, chascune d'un pié de long, pour la rœ à quoy est attaché le chasble où l'en pend les draps pour sechier, en la Salle-Neufve, pesans ensemble iiii 1. de fer, m s. un d. 1 (Ibid., IV, 235.)

— c Pour mettre vint perches de boys en lieu de cordes estans en l'essuiement des petites lavendieres, en la Salle-Neuve, xlviii s. » (Ibid., VIII, 134.)

— Livre de vie active, 2o5.

2. c Pour avoir fait deux grans crampons pour pendre la cloche du dor«touer aux" religieuses, qui s'appelle le Chauderon, un s. p. 1 (Comptes, XX, 46. — Documents, n* 25.) — « Pour feire deux corbeaulx de fer pour soustenir ung bâton pour pendre une touaille à essuier les mains, ataché au-dessus du bassin estant ou dortouer aux frères, n s. p. — Pour feire ung serde pour soustenir led. bassin, n s. p. — A Guillaume Michault, tailleur de pierre, pour avoir taillé une pierre en manière d'un bassin, pour mettre ou dortouoir des frères, percer le mur et asseoir lad. pierre pour getter l'eaue en la court, par marchié fait à luy, xn s. — Pour ung petit tuyau de plomb pour conduire Peaue et mis parmy le mur, c'est assavoir pour vi 1. de plomb et pour la façon, vi s. vi d. » (Comptes, IV, 223 ; X, 141.) — « Comme elle "venoet de feira son tour entre les mallades, durant matines..... » (Arch. nat., L S36«.)

3. Livre de vie active, 177. — Arch. nat., L 536». — T. II, n** i3io, i6o3, ao22.

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82 PRSMlàRB PARTIS.

chapelain disait à Tautel Saint-Louis la messe du duc d'Orléans ^ Peu à peu, les malades s^éveillant, la salle s^animait; bientôt les sœurs, un bassin dans une main, une serviette dans l'autre, s^approchaient de toutes les couches, lavant le visage et les mains des malheureux qui les occupaient, faisant boire celui-ci, consolant celui-là, $e prodiguant à tous. On faisait ensuite les lits; les malades un peu valides se levaient un instant; on transportait les autres sur la couche voisine.

Le valet, de son côté, procédait au gros nettoyage, lavant le pavé de la salle à grande eau^. Pour remplir ses seaux, il n'avait pas besoin de sortir de l'office, car, dépuis le milieu du xiv* siècle au plus tard, on avait établi un ingénieux système de distribution d'eau par toute la maison. Grâce aux robinets placés dans les divers services, on économisait beaucoup de temps; en cas dUncendie, les premiers secours n^auraient pas fait défaut. L'eau qui circulait dans les tuyaux descendait d'un grand réservoir en plomb installé dans la partie haute du bâtiment. Des deux puits de FHôtel-Dieu, celui qui alimentait la Pierre à l'eau (c'était le nom donné au réservoir) était celui qu'on avait creusé sur le bord même de la rivière; la maçonnerie qui garnissait ses parois, au lieu de s'arrêter au ras du sol, montait jusqu^à la naissance du comble; du Petit-Pont, on eût pu supposer que cette mince tourelle renfermait un escalier; car on ne pouvait apercevoir de l'extérieur l'appareil de montage des seaux (appareil analogue, peut-être, à celui du puits de Château- Landon) qu^on y avait aménagé et que Ton manœuvrait de la chambre même oti se trouvait le réservoir*, c^est à cette machine que a le puis sur la rivière » devait d'être appelé <c le puis du traiouer. »

L^autre, qui se trouvait dans « la court d'embas i», était un puits ordinaire, à Tusage de la boulangerie, de la sommellerie et de la cuisine'.

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