IV.— LES MALAOBS ▲ L^HÔTEL-DIBU
pintes à boire durant leurs longues heures de service-, depuis 1 337, elles en reçurent cinq, un legs du chanoine Eudes de Sens leur ayant assuré ce supplément * .
Une ou plusieurs ibis pendant ]a nuit, la prieuse faisait une ronde; à la lueur d^ne torche, die parcourait les salles, donnait ses ordres et se retirait.
A six heures, les sœurs de jour venaient relever les « veilleresses »'.
 considérer comment les frères et les sœurs employaient la journée, quels travaux ils accomplissaient d^un bout de Tan à Tautre, on comprend la joie avec laquelle ils voyaient arriver les jours de fête, si nombreux jadis et si assidûment observés, jours oti le maître et la prieuse, se relâchant de leur sévérité et de leur exigence habituelles, laissaient le personnel se livrer à des jeux innocents et nai£i qui lui faisaient oublier les fatigues de la veille et lui donnaient la bonne humeur et Fentrain nécessaires pour affronter le labeur du lendemain.
Les jours Cfriés, Thôpital offrait une physionomie toute particulière : partout de Fherbe et des fleurs; sur les lits des malades étaient étalées de belles couvertures de couleurs, de superbes « tapiz ystoriez » que Ton se fût bien gardé de faire servir à Tusage quotidien; on ne les descendait delà « chambre aux parements » que cinq fois Pan, à l'Ascension, à la Pentecôte, les jours de la Fête- Dieu, de la Saint-Jean et de PAssomption '.
de la grant stUe des paunes gritb malades. » (A. P. Inyent dea revenus de Paria, 1600, I, Si3.) — Comptes, XXI, 3oi. — T. II, n* 1426.
2. Règlement du xvi* siècle, art. lao. — « Item legavit (Jeanne d'Avranches) Domui Dei| ad opua torchie ceree que deffertur per dictam Domum pro Tisitando infirmos, quatuor libraa radditua imperpetuum capiendas... in et super domo Johannia de Sabaudia, in villa Charantoni. » (1349. Arch. nat., K 17910».) — U est à peine besoin de dire que les sœurs de nuit se reposaient durant la journée : c A heure de six heurea ou environ, elle qui
estoet lors veiUeresse dea mallades, soy lepposant en son lict, et alora
s*en retourna au dortouer en sa selle, se abilla pour venir foire sa veille,
comme il eat de couatume A l'heure de dix ou unze heures, ainsi qu'elle
alloit quérir du vin aigre pour les mallades, selon sa charge » (Arch.
nat, L 536*.} — « lad. du Val, qui eatoit couchée au lict Tapprés-disner,
pour ce qu'elle estoit veillarease. > (Arch. nat., L 535**'*.)
3. € A Jehan le Lorrain, tappiasier, demourant devant le Palais, qui a appareillié et rentrait pluseurs paremens et fait pluseurs autrea paremens à parer les lit aux malades, des paremens qui vindrent de la chambre madame
94 PUUIlàRE PARTIE.
Le %3 décembre^ pendant la grand messe dite à Notre-Dame, on chantait, aux frais de Phôpital, la derniàre des Oléries ; un banquet suivait ce service religieux ^ Quatre jours plus tard, on célébrait la fête de saint Jean TÉvangéliste. Arrivait le Jour de Tan, le jour des étrennes : on en donnait aux domestiques et à quelques gens du dehors à Tobligeance desquels on avait souvent besoin de recourir, les huissiers du Trésor, ceux des Généraux, de la Chambre des comptes et de la Chancellerie, les clercs du Changeur et du Receveur de Paris, les messagers de rhôtel du Roi et les sergents du Châtelet^. Le 5 janvier, la prieuse offrait à dîner aux proviseurs et aux « amis » de son office; le lendemain, on tirait les Rois'. Durant tout le carême, les frères allaient chaque jour à Notre-Dame faire le « mandé », c'est-à-dire laver les pieds à treize pai^vres et à deux clercs, auxquels ils donnaient, en partant, un pain et une pinte de vin à se partager^. Le Jeudi saint, la prieuse achetait pour ses sœurs une livre de dragées et du lard; le lendemain, de la cervoise et des échaudés'. Au premier jour de mai, fête de saint Jacques et de saint Philippe : la tronchière payait aux frères des gaufres et du vin. Venaient ensuite l'Ascension, jour où le chapitre de Notre-Dame faisait une procession à THôtel-Dieu*, la Pentecôte,
Marie de France, lxiiii s. t (Comptes, II, iqS.) — < Pour x escustons faiz et pains aux armes de madame la Régente, pour mettre aux coings de m couvertouers, xx s. p. ~ Item, i Guillemin de Paris, chasublier, pour asseoir iceulx escussons, un s. p. » (Ibid., VII, 184, i85.) — c Pour l'achapt de trois douzaines de couvertures de lit semées de fleurs de lis... » (Ibid., XVII, i5i.) — A. P. 873*, n- 4198. — Arch. nat., L 53iw.
I. Comptes, m, 147 ; IV, 144, 145, etc.; XXI, 1086. -* Arch. oat., H 3663, 214. -^ Guérard, CartuL cité, III, 460, 461.
a. c Pour dons fois le premier jour de janTier à aucuns amis de œst hos^ td, zxxii s. 9 (Comptes, VII, S82.) ** Ibid., III, 270; IV, 271, etpanim.
3. « Pour oueÊB et beurre pour les gasteaux de. la Typhaine, vi s. » (Comptes, XI, 145.) — < Pour mettre un pies et deux barres en U fourme du four, refiaire deux jumelles pour la braye en laquelle on broyé la pasts
pour faire les gasteaux de la Thipbaine > (Ibid., VIII, i33.) — Ibid., I,
24a; XIV, 179; XV, i3i, i32, 217, 223. -—A P. 873^ n* 4198. -«"Aich. nat, L 53aS«. -^ Cette fiSte cessa d'être célébrée, à THÔtel-Dieu, en iSoo. (T. II, n* i5o3.)
4. A. P. 873^ n* 4198. «^Comptes du nudtre, pamm, ><«• Guérard, Ourtui, cité, I, 439, 440.
5. Comptes, I, 7, 37, 137; II, i3i ; m, 269; IV, 270; V, 3i8; VI, 46. — Arch. nat., H 3664, 164.